AD PATRES

Posté le : 04 novembre 2012 par dans la catégorie Interviews

Ad Patres est un groupe de death metal Bordelais. Arnaud (basse) et Canard (guitare) ont acceptés de répondre aux questions de l’équipe de Sons Of Metal ainsi qu’à celles des chateurs invités pour l’occasion. Interview réalisée le 24 octobre 2012 sur le chat de Sons Of Metal:

SOM: Bonsoir, Ad Patres. Comment ça va?

Arnaud: Salut, ça va nickel et toi?

Canard: Une bonne journée dans les pattes mais la pêche, merci!

SOM: Scorn Aesthetics, votre premier album, vient de sortir. Votre ressenti?

Arnaud: C’est un très bon album! (rires)

Canard: Content, déjà qu’il soit sorti après pas mal de temps quand même et aussi super content des bons retours.

Arnaud: En effet, les retours que nous avons sont tous positifs, très positifs même pour certains. Ça nous fait vraiment plaisir.

SOM: Comment se sont déroulés les processus d’écriture et d’enregistrement de cet album?

Arnaud: Comme c’est notre premier album, les morceaux ont été écrits sans viser précisément ce résultat. Des morceaux d’un groupe qui démarre, en quelque sorte! Bien sûr, certains ont été abandonnés depuis la création du groupe mais cela reste différent de la façon dont on aborde un album quand on a déjà une vraie expérience commune. J’écris les paroles en prenant des notes, ça peut être des thèmes, des phrases,des formules, des titres. Un peu de tout et n’importe quoi. Ça vient souvent de trucs que j’entend à la radio ou de films qui m’inspirent, mais seulement pour les idées de départ. Souvent, j’essaie de prendre plusieurs idées sans trop de rapport, de tracer des connexions. Je peux aussi parler de choses très personnelles.

Canard: Pour l’enregistrement, c’était un peu compliqué. On a tout fait par étapes. Nous ne sommes pas enfermés en studio H24 car il fallait faire avec les dispos de Mat qui était sur les routes avec Gorod, donc on a pris notre temps, quoi, sur environ cinq mois. Mais au final, le résultat est top.

SOM: Vous avez choisi d’officier dans un death plutôt classique. Pourquoi ce choix?

Arnaud: Disons que dans notre approche, nous nous sentons plus proches du death old-school que des nouvelles modes.

Canard: Nos influences communes sont concentrés dans le bon gros death ricain des 90’s: Death, Suffocation, Immolation, Hate Eternal, Monstrosity, Malevolent Creation, Morbid Angel et j’en passe. Ceci dit, nous avons chacun des influences à nous dues à nos parcours, nos âges assez éloignés les uns des autres. En somme, un mélange des canons du death et d’influences personnelles assez variées.

SOM: Vous avez des parcours assez variés en effet…

Arnaud: C’est une spécificité, on fait en sorte d’en tirer le meilleur parti, tout simplement.

Canard: D’une certaine façon, et malgré ce qu’on peut lire un peu partout comme quoi, nous ne sommes pas très originaux…ce qui est fondé. Et je pense que ça nous évite aussi de tomber trop dans les clichés comme si on était tous de mecs de 35 piges qui font un tribute band à peine déguisé.

SOM: Et justement, puisque vous vous accrochez au death dit classique, que pensez-vous de la scène death actuelle s’éloignant du metal extreme?

Canard: Bah en fait, la scène death est quand même super variée et pour ça, on a de la chance, bien que l’on ne voit surtout que la partie émergée de l’iceberg: des groupes à mèche/t-shirt-du-p’tit-frère/riff monocorde. Mais il y a un putain de vivier de super groupes, et le death au sens large se porte bien à mon sens, je pense à des groupes qui pètent comme Offnding, des groupes virent vaguement prog comme The Faceless. Bref, si t’aimes pas, t’écoutes pas, mais faut faire l’effort de chercher ailleurs.

Arnaud: Dans la scène actuelle, on peut aussi inclure tous les groupe méga-techniques à guitares neuf cordes avec sweeping et tapping de basse à tous les étages. Nous sommes bien incapables techniquement d’en faire autant et je reconnais leur dextérité, mais de toute manière, nous n’y trouvons pas notre compte au niveau du feeling, de l’intention, de l’efficacité et de la puissance.

SOM: Les critiques dans les différents médias changent-elles quelque chose à votre manière d’envisager votre musique? Ressentez-vous une certaine pression? Avez-vous envie de faire quelques chose de très similaire pour le prochain skeud afin de ne pas décevoir?

Arnaud: C’est une réponse personnelle car nous ne faisons pas de réunion pour échanger nos ressentis, ni faire des plans sur l’avenir. Mais perso, effectivement, j’y pense en me rasant. Non pas que j’ai envie de faire quelque chose dans la même veine, mais je me demande plutôt ce qu’on va bien pouvoir faire pour se renouveler et proposer quelque chose d’intéressant. Une des critiques qui revient pas mal est que les morceaux sont tous très cohérents. Je me dis que finalement, ce serait bien qu’on arrive à la fois à rester dans le même délire et proposer du frais par rapport à Scorn Aesthetics, et pas faire un album qui sonnerait comme une suite. Il faut faire mieux.

(Intervention intempestive de Vordai, une invitée: « Ouais, elle était crevée, elle venait de couvrir Gotthard! Mince… gourage de chat! »)

Canard: Pareil, pas forcément envie de faire un Scorn II, mais plutôt de faire un truc au moins aussi bon pour ne pas décevoir.

Arnaud: Ne serait-ce que pour nous, on a toujours envie de se renouveler et de proposer quelque chose qui nous fait tripper.

SOM: Toujours dans l’extreme, rassurez-nous…

Canard: non, dans le genre ragga/dancehall!

Arnaud: Ou un brass band!

SOM: Plus sérieusement, oseriez-vous une évolution comme celle de Pestilence sur leur dernier album Doctrine?

Canard: Alors là, j’avoue ne pas l’avoir encore écouté/acheté, je suis bien en peine de te répondre…

SOM: Un gros son à la Meshuggah.

Canard; Je ne pense pas d’une qu’on aurait les moyens techniques de faire un truc dans cette veine, et de deux, qu’on en aurait l’envie. Mais si un jour ça nous pète, on na va pas se dégonfler à cause de la peur du public. C’est à nous de voir, quite à se prendre des cailloux dans la gueule. Au pire, on se plaquera derrière les amplis. On assume.

(Intervention intempestive de Sylvainheathenreaper, un invité: « Vive Ad Patres!!!!!!!!! Fallait que je le dise! (rires) »)

SOM: Il semble y avoir pas mal de bons groupes sur Bordeaux et en même temps, on dirait que ça ne bouge pas beaucoup chez vous niveau concerts.

Arnaud: Effectivement, il y a un souci au niveau des structures à Bordeaux. Il y a peu de salles, trop peu. Heureusement qu’en bonne structure, il y a le Lion Bleu Place Stalingrad! (Rire général)

SOM: Avez-vous quelques relations avec des poids lourd de la scène française comme par exemple Benighted?

Canard: J’ai eu une relation très intime avec ces derniers pas plus tard que samedi dernier.

Arnaud: Non, en vérité nous ne connaissons pas les Benighted, en revanche, les mecs de Gorod nous ont affirmés qu’ils étaient super cools.

SOM: Parlez-nous de vos relations avec Writhing.

Canard: Writhing est un groupe de Detroit avec qui Gab de Nihilistic Holocaust nous a proposé de sortir une tape. Il avait écouté notre démo en autoprod et nous a proposé ça pas longtemps après. Pour nous tous (Gab et nous), c’était un genre de « coup d’un soir », il voulait se bouger le cul comme il le fait tout le temps pour filer un coup de pouce à des groupes qu’il aime.

Arnaud: Ouais, allez tous écouter Indomitable de Writhing, c’est de la bombe!

SOM: D’ailleurs, ça ne vous a pas surpris qu’en 2012, un label vous propose une tape?

Arnaud: Oui un peu mais ça nous a aussi amusé. Comme c’était la réédition de notre EP promo, c’était bien de changer de support. Mon autoradio à cassette a droit à une seconde jeunesse!

SOM: Parallèlement aux critiques positives, que pensez-vous du chiffre de vente de votre album quand on voit ce qu’est devenue l’industrie du disque aujourd’hui?

Arnaud: Le truc, c’est qu’il est encore trop tôt pour savoir au juste combien on en a vendu, mais j’ai eu une info OFF aujourd’hui d’un indic’ qui voudrait que ça ne se passe pas trop mal, donc ça nous fait énormément plaisir. Et nous sommes super contents également pour Nico de notre label Kaotoxin. Il s’investit beaucoup en y mettant ses propres deniers, et ça fait plaisir de se dire qu’il ne fait pas tout ça à fonds perdus. En toute lucidité, il n’en tirera pas de quoi vivre, néanmoins il peut continuer, faire plus de promo, signer d’autres super groupes comme il le fait en ce moment. C’est cool de pouvoir y contribuer (il annonce qu’il se met à pleurer).

SOM: Un petit mot sur la pochette?

(Intervention intempestive de Gil-pap, un invité: « J’imagine que vous connaissez Dream Theater?)

Arnaud (en réponse à l’intervention de Gil-pap): Non.

Arnaud: L’artwork a été fait par Xenoyr, le chanteur du groupe australien Ne Obliviscaris. Je recommande chaudement l’écoute du dernier album.

SOM: Les gens assimilent souvent la musique extreme a un manque d’ouverture d’esprit. Pouvez-vous leur prouver le contraire en désignant quelques influences hors musique?

Arnaud: Difficile de donner autre chose qu’une réponse très personnelle là-dessus. Je ne suis pas un grand lecteur, mais un inconditionnel de Queneau. J’ai horreur tout ce qui est fantasy, SF. Et pour le cinéma, j’évite les blockbusters, le cinéma à pop-corn au profit du cinéma indépendant. Niveau peinture, j’aime Magritte et dans la sculpture, c’est Delage.

Canard: Et bien moi en gros, c’est l’inverse! Je kiffe la SF et la Fantasy, mais en général le ciné, ce n’est pas ma pinte de brune. En peinture, je n’y connais pas grand chose, j’aime bien les classique de Münch. Après, je ne vais pas forcément chercher plus loin. Sinon j’avais vu un truc sur « Tous égaux » à l’époque sur les sculpteurs sur spaghetti de l’Indre-et-Loire!

SOM: Une dernière question: pourquoi ce nom?

Canard: En fait, ça signifie « vers les Pères » en latin. Envoyer quelqu’un « ad patres », c’est le tuer, donc ça colle pas mal. Mais au départ, c’est la sonorité qui nous a plu. On voulait aussi un peu éviter un nom qui passerait trop inaperçu genre « Pathological Infection ».

Arnaud (à Canard): Je crois que c’est déjà pris, en plus.

Canard: En fait, c’est à la fois une manière d’assumer nos influences envers les « pères » du death et en même temps la notion de mort qui est présente donc le death, c’est un peu le nombre d’or des noms de groupe de death, quoi. (ndlr: il semblerait, selon la dernière phrase de Canard, que les effets de la bière s’accentuent en fin d’interview)

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Album Scorn Aesthetics :http://shop.kaotoxin.com/product/ad-patres-scorn-aesthetics-cd

L’équipe de Sons Of Metal.

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