OOMPH! + Blowsight au Trabendo (Paris) le 12/10/2012

Posté le : 04 novembre 2012 par dans la catégorie Lives Reports

Depuis tout ce temps, il fut enfin possible d’assister à un show des piliers du metal industriel allemand, les bien nommés OOMPH!, appréciés pour le mélange irrésistible de guitares plombées, de rythmes dansants et de mélodies parfois très pop. Pour cette tournée du mois d’octobre, le trio est accompagné par les beaux gosses suédois de Blowsight, ce qui promet un concert détonant et varié.

Blowsight

On pourrait facilement croire que Blowsight nous vient des terres nord-américaines avec son rock façon Three Doors Down ou Crossfade, mais il n’en est rien. A l’instar de Sonic Syndicate dans un registre similaire, les quatre bonhommes sont suédois et ont le challenge de convaincre un public en majorité présent uniquement pour la tête d’affiche. Il faut dire que le rock alternatif de Blowsight, même s’il est beaucoup plus attrayant sur scène qu’en studio, est un choix surprenant en ouverture d’un groupe comme OOMPH!. Malgré ce goût de déjà entendu, on se laisse facilement porter par les mélodies faciles du quatuor qui aura fait la joie de bon nombre de personnes en revisitant « Poker Face ». En vue du nombre de chevelus qui marmonnaient les paroles, il semblerait que Lady Gaga ne soit pas aussi ridicule aux yeux du public metal qu’on nous le fait croire sur les réseaux sociaux. Finalement, Blowsight s’en sort bien et repart après un show d’une quarantaine de minutes sous une pluie d’applaudissement, laissant derrière lui un public chaud bouillant pour le groupe fétiche à venir.

Oomph!

Les lumières s’éteignent après vingt minutes d’attente et une fumée épaisse envahit le Trabendo. Le set n’a même pas encore commencé que tout le monde se met à se trémousser en voyant apparaître un par un les membres de Oomph!, au nombre de six en live pour les besoins de la batterie, de la basse et des claviers. Une salle en furie complète lorsque Dero, le chanteur, entre en scène vêtu d’un costume de super-héros. Comme l’annonçait le décor en arrière-plan, la mise en scène de la soirée est consacrée à la marine, et chaque musicien, même Dero sous son costume, porte un uniforme de mousse.

Sans plus attendre, le groupe balance un « Unzerstörbar » provocant une exalte générale. Le son est pour une fois (au Trabendo) quasiment parfait, ni trop fort ni trop léger, ce qui nous permet de profiter de A à Z à la performance d’un groupe qui n’a visiblement et « audiblement » rien perdu de sa superbe. Ce dernier nous a concocté une playlist de ses plus grands tubes, ainsi la fosse n’aura jamais fini de sauter sur place en entendant des « Träumst Du », « Sandmann », « Augen Auf » ou « Labyrinth », et même un « Sex Hat Keine Macht » en version acoustique. Afin de ne pas faire oublier d’où ils viennent, nos amis allemands ont ressortis des reliques tels « Wunschkind » ou « Gekreuzigt », mais le plus surprenant fut le choix de jouer des morceaux issus de leurs premières sessions de répétition en 1989, « Der Neue Gott » et « Mein Herz », à la guitare encore absente. De la pure new-wave germanophone, un concert de metal subitement métamorphosé en boite de nuit, du gros délire en somme. En matière de communication avec le public, Dero est un chef: entre sexe et politique, notre idole n’aura pas fini de nous amuser entre chaque morceau, provocant également le rire de ses comparses dont la complicité évidente ajoute un charme certain à l’ambiance.

Un a priori subsistait néanmoins: comment passerait le dernier album sur scène? Pas appréciés plus que ça par votre serviteur en version studio, les quelques morceaux issus de Des Wahnsinns feutte Beute l’ont finalement comblé par leur relative douceur. De l’accordéon de « Seemannrose » à l’espèce de rock pour stade de « Zwei Schritte Vor » en passant par le touchant duo Dero/piano sur « Regen », le passage sur scène s’est fait comme une lettre à La Poste.

Pour terminer, un rappel de trois morceaux après les hurlements d’un public qui peine à user de la totalité de ses cordes vocales: « Aus Meiner Haut », « Gott Is Ein Popstar » et une reprise enthousiasmante du « Always Look On The Bright Side Of Life » du Monthy Python histoire de pouvoir repartir avec un sourire jusqu’aux oreilles. Un concert mémorable avec deux groupes qui savent tenir un public entre leurs mains, et même si la musique de Blowsight nous a légèrement moins conquise, on retient tout de même un groupe divertissant et prometteur. Quant à Oomph!, un show parfait car on en attendait ni plus ni moins de leur part. A vivre au moins une fois dans sa vie.

Noisyness.