Depuis début novembre, les concerts de métal en France s’enchaînent et ne se ressemblent pas. En effet, chaque date proposée au public français comporte son lot de surprises. C’est donc en ce jour jeudi 22 novembre que nous nous rendons à la Cigale ; cette salle de paris située à quelques pas de Pigalle et de la basilique du Sacré-Cœur ; où Base Production a décidé d’offrir un cadeau de Noël en avance aux Parisiens. Nous aurons donc la possibilité de voir un melting pot scénique ce soir car aujourd’hui l’affiche est belle et variée avec les Allemands de Kissin Dynamite, les Américains de Huntress et enfin le groupe inter-mondialiste Dragonforce.

Kissin Dynamite

La soirée commence par le groupe tout droit arrivé d’Allemagne, Kissin Dynamite. Leur nom est pour l’occasion très bien trouvé étant donné qu’après quelques secondes sur scène, le public est déjà tout feu tout flamme. En effet, les musiciens font péter la dynamite super rapidement avec leur glam à tendance heavy qu’il est facile d’être envoûté à toute vitesse. Les chansons sont directes mais efficaces et font le bonheur de tous, car même après quelques écoutes, il est simple de retenir les paroles des tracks comme le titre « I Will be King ». Ces jeunes rocks stars aux allures de Tokyo Hotel  (comme la coiffure du chanteur Hannes Braun) ou de Mötley Crue (avec leurs pantalons en cuirs moulants) nous lâchent leur talent à la figure. Ils produisent un jeu scénique de toute beauté et  très professionnel en enchaînant pose sur pose pour les photographes et le public. De même, le côté instrumental tient superbement bien les rangs comme sur la chanson « Money, Sex and Power » rendant hommage à leur dernier opus sorti quelques mois auparavant. Un groupe aussi sérieux que déjanté avec des musiciens chaleureux au contact de la foule. À aller voir de toute urgence pour dynamiter votre soirée.

Huntress

Quelques minutes plus tard, c’est au tour de Huntress de rentrer sur scène. Ces Américains venus de Californie procurent un heavy métal lourd et rapide avec la présence d’une double pédale monstrueusement efficace dominée par Carl Wierzbicky, ce qui amène au headbanguing à vitesse grand V. Les Californiens sont parfaits et ne laissent aucun détail de côté.  Les 4 musiciens sont accompagnés de leur chanteuse Jill Janus, une jolie blonde rappelant Doro la reine du métal par la prestance scénique. Huntress est vraiment irréprochable et allie aussi bien les passages trash et les ambiances black avec les cornes de cerf endossées par Jill.  Les Parisiens apprécient tellement que les mains se hissent en l’air de plus en plus vite.  Il est vrai qu’après Kissin Dynamite, la soirée s’accélère au niveau du tempo tout comme les Parisiens prenant claque sur claque au fil du set du groupe made in California. Jill nous sortira quelques mots en français écrits avec soin par le bassiste de Dragonforce Frédéric Leclerq, « après le show nous devons tous nous embrasser à la Française » (rires dans la salle). Une poignée de minutes plus tard, Huntress nous quitte sur une superbe prestation qui aura marqué les esprits.

Dragonforce

Il faudra un petit changement de plateau, avec installation de la batterie et des claviers… et quelques tests de micro plus tard, pour  que le groupe inter mondialiste Dragonforce se décide à faire son entrée. Quand les musiciens arrivent sur scène, c’est l’hystérie parmi les fans car si la salle n’est pas bondée, l’engouement du public  pour le groupe britannique est là et bien là. Au moment où l’Ukrainien Vadim Pruzhanov tire les premières notes de son clavier pour « Holding On », les personnes se soulèvent comme un seul homme. C’est parti pour 1h30 de Power Métal énergique et puissant. Comme le démontrent les riffs  des guitares saturées de Herman Li et Sam Totman étant maîtrisés à la perfection.  Tout est millimétré à la seconde si bien qu’en comparaison aux albums, on ne voit aucune différence. Juste peut-être la voix du frontman qui est cachée par les basses.  Cependant, on le lui pardonnera vite vu sa présence et l’énergie qu’il met dans chaque titre pour les faire vivre intensément. Les musiciens sont hyper contents d’être devant ce public et on le ressent par les petites blagues sorties par le chanteur Marc Hudson. Comme la vanne sur Frédéric « Je connais quelqu’un avec un petit zizi, il a les cheveux noirs et joue de la basse » et en français messieurs dames. Leur musique est splendide et les années d’expérience parlent d’elles-mêmes. En effet, jouer des titres de plus de 5 minutes chacun au minimum n’est pas simple. Ce n’est pas tous les groupes qui le peuvent, mais Dragonforce a réussi à le faire en alliant les longs solos envoûtants de guitare et de clavier ainsi qu’une prestance scénique magique. Au moment où arrive « Cry Thunder » (dernière chanson avant le rappel), le public toujours aussi à fond lâchera une chenille au travers de la foule. Pour ma part, je ne l’avais jamais vu dans un concert. Quand le dernier titre « Valley Of The Damned » joué par le groupe britannique prend fin, une sensation de bien-être s’est installée au sein de chacun et nous pouvons aller dormir tranquilles.

Ce fut encore un splendide show avec son lot de surprises. Des rôles qui ont été tenus à la perfection par trois line-up impeccables et formidables. Un public magnifique, qui a toujours été présent malgré les styles totalement différents de la soirée. Félicitations à Base Prod, pour nous avoir permis de vivre ce concert et d’avoir tenté le mélange détonnant du Glam, Heavy et Power sur la même scène. Un pari risqué mais remporté haut la main. À la prochaine.

ELOVITE