Alors que les Mayas avaient prédit une fin du monde censée nous anéantir, je brave le danger pour me rendre en Suisse, plus précisément dans la ville de Moudon dans le comté de Vaud. Malgré tout le tapage médiatique autour de ce 21 décembre, la nuit est calme ici. Sauf aux Prisons, le lieu où se tient le « The End Festival ». Récit d’une fête pleinement réussie…

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EDESSE

L’établissement « Les Prisons » à la particularité d’avoir deux scènes, l’une au rez-de-chaussée et l’autre au 1er étage et les salles sont relativement grandes. Edesse monte sur les planches de la plus petite des scènes, en bas et ouvre le festival autour de 20 heures.

Petite scène, grosse performance. Les présentations faites, le groupe entame le set avec une courte intro puis « Spray The Infection » met les choses aux claires immédiatement : on va avoir droit à du gros metalcore bien bourrin. Le public, présent en nombre, entre dans le show rapidement au point qu’après quelques minutes de set, les premiers pogos de la soirée sont déclenchés ! L’ambiance est là et ne quittera plus les Prisons. Le son est vraiment puissant et chaque musicien est dynamique, en particulier le chanteur Mick qui n’est pas sur scène mais dans la fosse, au plus près de son public. La musique de Edesse est soutenue par une batterie dantesque et le cogneur, Tomtom, prend son pied derrière ses fûts. On le verra jongler avec ses baguettes régulièrement tandis que le Mick arpente la fosse de long en large. Les compos sont bien structurées et parfaitement interprétées. Les guitares, tenues en main par Flavio et Jerem, dégueulent des riffs tranchant comme du verre. Ils sont secondés par la basse pesante et groovy de Bebet. Après une trentaine de minutes, le set se termine par une chanson écrite spécialement pour l’occasion, « Our Vision Of The End », clin d’œil à la supposée fin du monde. Le band quitte la scène sous les applaudissements et nous invite à monter à l’étage pour assister au set des Parisiens de Idensity.

SETLIST EDESSE :

  1.  Intro
  2. Spray The Infection
  3. No God Can Judge Me
  4. Angry Kidz
  5. Baby One More Notch (reprise Blind Witness)
  6. Interlude
  7. Skit Funky Shit
  8. N.R.N.S
  9. Fall First Rise Then
  10. Our Vision Of The End

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Idensity s’installe sur la grande scène et entame sa prestation devant un public plus nombreux qu’en bas. Les Parisiens vont interpréter une musique quasi envoutante, dû en partie à la présence d’une violoniste, Mayline et du chant alterné entre voix claire et grave de Christophe. Leur musique, très élaborée, contient certaines influences modernes comme Opeth ou même Katatonia. Le chanteur maîtrise bien sa voix, à tel point qu’il nous emmène dans son univers sans qu’on puisse résister. Les interventions de Mayline ajoutent une touche de rêve et de légèreté presque romantique tandis que les deux guitaristes, Antoine et Alain, nous envoie des riffs bien pêchus purement typé Death mélodique. Le mixage est bon et rend honneur au violon qui malgré les apparences ou les préjugés, à parfaitement sa place dans cet univers. Le public adhère et accueille généreusement ce groupe atypique. Un groupe à voir absolument pour son originalité. Une vraie surprise parmi les groupes présents ce soir. Mais ce ne seront pas les seuls à vrai dire…

SETLIST IDENSITY :

  1.  Sekhmet
  2. Seven Seal
  3. New Year’s Eve
  4. Ocean Of Sand
  5. Serenity
  6. Over The Abyss

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MESMERISED

La majorité des groupes venus nous donner notre dose de Metal sont plutôt dans un registre Metalcore ou Death. Le trio Mesmerised, originaire de Friburg, évolue quant à lui dans du Thrash et Metal Power moderne. Mes goûts personnels tendent vers cette musique alors je m’attend à du lourd. Et je vais être servis. Ils ne sont peut-être que trois mais ils ont la puissance de dix métalleux ! Le concert démarre très fortement avec « Fake » suivi de près par le hit « Nothing At All ». Et déjà je suis surpris par la ressemblance de la voix de Seb (chant et guitare) avec celle de James Hetfield (Metallica) période Black Album. Le lourdeur et le groove des riffs entraînent les spectateurs dans un headbanging effréné tandis que les coups de basse soulèvent les cœurs de la foule. Martin, le batteur n’est pas en reste et martèle ses peaux qui doivent bien souffrir. Les morceaux sont variés, on entend jamais le même riff et le chant, toujours juste, est rempli d’agressivité. C’est difficile de rester insensible à ce déballage de Thrash. Tout le monde à l’air de passer un bon moment et les Mesmerised s’éclatent eux aussi. Pat (basse) descendra même de scène pour s’amuser avec les plus proches spectateurs. On sent les musiciens impliqués et heureux d’en découdre avec nous. Résultat : une grosse tuerie ! Le bassiste joue une intro rapide à base de slap avant d’entamer « Contradiction ». La tension ne baisse jamais, même avec les derniers morceaux, »Until The End » et « War Of Lies » qui marquera la fin d’un concert époustouflant. En tout cas, ils viennent de gagner un nouveau fan et j’espères qu’il y en a de nombreux autres dans la salle !

SETLIST MESMERISED :

  1.  Fake
  2. Nothing At All
  3. Struggle
  4. Emotionnal Pressure
  5. Greed
  6. A New Beginning
  7. Contradiction
  8. Until The End
  9. War Of Lies

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FAKE MESSIAH

Il est temps de remonter pour assister au set de Fake Messiah sur la grande scène. Les musiciens montent tout à tour sur scène et quand on voit Audrey, la chanteuse, on n’imagine pas la puissance vocale qu’elle peut avoir. Le ton est donné avec « Fuck People » qui ouvre les hostilités. L’ambiance sombre et lourde dégagée par la musique du combo suisse plonge le public dans un état de démence. Les pogos ne tardent pas à être lancés et les fans sont présents en nombre. Audrey s’amuse avec le public, le tient bien en main et descend de scène pour effrayer les jeunes auditeurs durant « I Want To Scream ». Sa voix death est réellement impressionnante, d’autant que la chanteuse semble vivre ses paroles. Ses lieutenants, Valentin à la basse, Mathieu à la batterie, Joachim et Mathias aux guitares, assurent dans l’interprétation des compos sombres mais mélodiques et tous arborent de larges sourires, trop heureux de jouer devant leur public à domicile.

Le groupe nous fe
ra un cadeau de Noël en avance avec « Sip Of Madness », jouée pour la première fois en live. Le mixage du son est bon et permet de rentrer dans la musique. Après cette exclusivité, le groupe reprend une chanson de Sepultura, « Roots » qui provoque à nouveau un circle pit. La salle est chauffée à blanc et la température ne baissera qu’après la fin de la performance des Moudonnois avec « This Sign Will Come Alone ». Les « faux Messie » auront réalisés un concert particulièrement efficace, à tel point qu’ils m’ont réconcilié avec cette musique que je n’apprécie que moyennement (esquive les jets de pierre). À entendre les spectateurs derrière moi, il semble que tout le monde a apprécié. Un groupe à voir dés que possible, d’ailleurs leur prochaine date en France est le 16 mars 2013 à Lyon. Allez-y !

SETLIST FAKE MESSIAH :

  1.  Fuck People
  2. Red Earth
  3. Your Time Is Your Fight
  4. I Want To Scream
  5. Cut The Tie
  6. Resurection
  7. Sip Of Madness (exclusivité The End Festival)
  8. Roots (reprise Sepultura)
  9. Jump
  10. Dear Mum
  11. This Sign Will Come Alone

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PROMETHEE

À nouveau il faut redescendre pour voir le groupe Prométhée, originaire de Genève. Comme le Titan grec, ce groupe va littéralement mettre le feu à la « petite » salle. À ceci près que Prométhée n’était pas fan de metalcore, mais il aurait dû. Dés la 1ère chanson, « Banner Of Lies », des circles pits démarrent. Sur scène ça bouge aussi, les gratteux Ludovic et Elric ainsi que le bassiste Mathieu ne tiennent pas en place. Quant à Joshua, le chanteur, il escalade carrément le rack de batterie, tenue par Nils. Leurs compositions oscillent entre metalcore et prog, donnant un cachet particulier aux chansons. Cela donne un aspect aérien aux morceaux et laisse respirer des compositions élaborées, taillées pour la scène. Bien sûr, le côté énergique du metalcore n’est pas oublié et chaque morceau joué voit son quota de pogos augmenter au fil du concert. C’est tellement le bordel dans la fosse que j’ai du mal à me trouver une place sûre pour photographier le groupe ! En plus le chanteur vient faire un moshe avec les spectateur. L’ambiance est au top jusqu’à la fin et c’est avec tristesse que l’on quitte les Genevois sur « The Great Deception ». Un concert époustouflant ! On a quelques minutes de répit avant de rejoindre la tête d’affiche du festival : Dagoba !

SETLIST PROMETHEE :

  1.  Intro
  2. Banner Of Lies
  3. Buried
  4. Life/Less
  5. Sink Or Swim
  6. And Then The Earth Was Shaken
  7. Of Loss and Disgust
  8. Genesis
  9. The New Face Of Mankind
  10. Dark Souls
  11. Sickness Unto Death
  12. The Great Deception

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DAGOBA

On y est ! Les Français de Dagoba prennent place sur la scène à l’étage. La salle est quasiment remplie et le bar est pris d’assaut en attendant le début du set qui sera dévastateur. Parfaitement. Notre monde ne s’écroulera peut-être pas ce soir mais j’espère que les murs et les fondations des Prisons sont suffisamment solides pour contenir les assauts de Franky Costanza, le batteur du combo marseillais. Ce dernier réalise un véritable festival de breaks, roulements et de double grosse caisse tout au long du set. La batterie est tellement mixée en avant qu’il est parfois difficile de distinguer la basse et la guitare. Franky se fait plaisir et ça se voit ! Shawter (chant) est également ravi d’être là pour « la dernière date de la tournée ». Les Dagoba sont là pour tout donner une dernière fois et ils vont pas être tendre avec nous. On leur demande pas non plus de l’être. Le public est à fond dés le début et un gigantesque circle pit va naître au milieu de la salle. Un enfant, 7-8 ans je dirais, est tellement excité au milieu d’un pogo qu’il sera remarqué par Shawter qui le prendra sur ses épaules et jouera avec devant un public hilare. Le chanteur ne fera pas descendre le jeune metalleux de la manière conventionnelle, il le fera slammer au dessus de la foule ! Franky lui fera un superbe cadeau de Noël en posant avec lui pour une photo après le concert. De quoi rendre cette soirée inoubliable pour ce petit fan ! À mon humble avis, on devrait en faire la mascotte du festival mais ça n’engage que moi… Bref, le set se poursuit et à chaque chanson son lot de surprises. Une spectatrice montera à deux reprises sur scène pour offrir un baiser à Shawter qui doit se dire qu’il fait le meilleur métier au monde… Sur les côtés de la scène, Yves Terzibachian, le nouveau six-cordistes (en poste depuis Juillet suite au départ d’Izakar) assure sur chaque chanson, aussi bien au niveau rythmique qu’au niveau des solos et Werther rempli parfaitement son rôle de pilier rythmique avec sa Stingray 5. C’est carré, propre et puissant. Derrière, Franky fait le show avec maints jonglages et une technique irréprochable. Shawter est en grande forme et ses parties vocales sont nettes. Tout le monde est au taquet. « Je sais pas quelle heure il est mais je crois qu’on a passé la fin du monde sans encombres » plaisante le chanteur avant d’envoyer « Waves Of Doom ». La fin du set sera du même tonneau, les fans ne relâchant jamais la pression et le groupe ne se relâche pas non plus jusqu’à la dernière note.

Un concert terrible dans une ambiance terrible. Que demander de plus ? Nous en tout cas à Moudon, on a eu ce qu’on voulait et même carrément plus !

SETLIST DAGOBA :

  1.  Intro
  2. Blood Offshoke
  3. Man You’re Not
  4. Nightfall
  5. Black Smockers
  6. Fall Of Men
  7. Time
  8. Degree Zero
  9. Waves Of Doom
  10. Rush
  11. Another Day
  12. Maniak
  13. Thing Within
  14. White Guy

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Voici comment c’est passé cette soirée dans le paisible Vaud. Des festivals comme celui-là on en voudrait toujours plus. Tous nos métalliques remerciements à Audrey, l’organisatrice, au personnel des Prisons et bien sûr à tous les groupes qui nous ont fait rêver ce soir !

Rappel : pour voir toutes les photos du festival, il faut cliquer sur cette adresse : www.flickr.com/photos/metalkouni/  . Bonne visite à tous !

Aperçus des groupes (cliquez sur les noms) : EDESSE, IDENSITY, MESMERISED, FAKE MESSIAH, PROMETHEE, DAGOBA.

KOUNI