En ce froid vendredi soir, je me rend au Ninkasi Café, situé dans le 7ème arrondissement de la ville de Lyon pour écouter du bon gros rock et du stoner. Le parking est plein, la salle est bien remplie et je m’attend à suivre un bon concert. Mais je ne m’attendais à recevoir ma plus grosse claque depuis le festival « Non Mais Non »… Le temps de prendre place devant la scène et de sortir mon matériel photographique que déjà les gars de Sport s’installent…

SPORT

Dés le départ, ce quatuor très énergique fait remuer le public du Ninkasi. Et pour cause, leurs compositions sont riches et variées, évoluant dans un style punk rock indé bien maîtrisé. Le mixage est plutôt bien réglé et rend honneur à une interprétation carrée de la part du groupe. Quelques instrumentaux sont joués afin de laisser s’exprimer pleinement les musiciens, manifestement ravis d’être là ce soir. Les guitares sont tranchantes et possèdent un son « crado » typique de ce style. Le bassiste cassera la corde LA à quelques chansons de la fin mais arrivera à terminer le set en transposant ses lignes de basse. Un bon concert, un peu court mais qui aura bien entamé cette soirée.

SETLIST SPORT :

  1. Calgary
  2. Barcelone
  3. Helsinki
  4. Melbourne
  5. St Louis
  6. Paris
  7. Athènes
  8. Lake Placid
  9. Lillehammer
  10. Los Angeles

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KEPI GHOULIE

Le groupe Franco-Californien (qui compte dans ses rangs Motor Ed des Uncommonmenfrommars) arrive sur scène et les présentations étant rapidement faites, le trio se lance dans un set purement punk qui défile à 200 km/h ! Le chanteur, arrivant tout droit du pays de l’Oncle Sam, parle souvent avec le public lyonnais. Parfois même un peu trop longuement, ce qui casse le rythme du set. D’autant que les spectateurs n’ont pas l’air bien intéressés par les propos du Californien. En parlant des USA, Motor Ed, le gratteux des UNCO, officie à la batterie et il faut reconnaître qu’il sait bien cogner sur des fûts sans défense. La basse est puissante et profonde, bien mixée et plutôt en avant nous permettant d’entendre chaque coup de médiator. Quant au guitariste-chanteur, s’il est bon vocalement, ses riffs sont malheureusement répétitifs. Passés les cinq premiers titres, on a un peu l’impression d’entendre la même partition, la même rythmique, les mêmes accords. Le punk est un style minimaliste, c’est avéré mais un peu de variété aurait permis de rendre ce set beaucoup plus intéressant. D’autant que la bonne volonté et l’énergie était au rendez-vous avec les nombreux sauts et blagues réalisées par le chanteur. Dommage que le fond ne soit pas aussi fructueux que la forme. Cela dit, le concert passe plutôt bien mais on a cette impression que le groupe était là pour nous faire patienter en attendant les Slut Machine.

SETLIST KEPI GHOULIE :

  1. Rat Race
  2. Jet Pack
  3. Graveyard
  4. Nikki Lee
  5. She gests all the
  6. Passionate
  7. King Kong
  8. Highway Man
  9. Big Foot
  10. Roméo
  11. Beast 12345
  12. RNR Shark
  13. Fortune Teller
  14. I Bleed Rock n’ Roll
  15. Vampire
  16. Do It Again
  17. Next in line
  18. Bye Bye Brain
  19. Fever
  20. Love on demand
  21. Till Death
  22. Doin fine
  23. Free bird
  24. New England
  25. Hair of gold
  26. Brain scramb
  27. Chupacabra
  28. Carly Simon
  29. Girlfriend
  30. Hey Kepi Let’s Go
  31. I don’t wanna be me
  32. Tunnel of love

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SLUT MACHINE

Autant vous le dire tout de suite : là, j’ai pris ZE poing in my face ! Parfaitement. Un immense uppercut qui retourne le cerveau genre Mike Tyson. J’exagère ? À peine ! Car les Slut Machine vont réaliser une prestation  purement transcendante. Ce quintet originaire du Jura joue du stoner teinté de grunge et de psychédélique. En les écoutant, on pense à Kyuss, Orange Gobelin mais aussi à Soundgarden. Mais ne croyez pas qu’ils copient leurs glorieux aînés ! Ce soir ils s’apprêtent à nous rendre leur feuille d’examen sur le rock avec leurs compositions originales. Le set commence très fort avec  le bien nommé « Welcome To The Machine« . Chanson idéale pour nous expliquer ce qui nous attend. Malgré un son pas terrible dû au fait que le groupe n’a eu que très peu de temps pour peaufiner ses réglages, nous plongeons facilement dans leur univers si personnel et passionnant.  Les guitares sont puissantes, d’autant que ce soir marque le retour de Clément « Sky » au poste de guitariste. Ce sont donc trois gratteux qui évoluent sur scène mais les parties de guitares ne s’emmêlent pas pour autant. Chaque six-cordiste à une partition spécifique à jouer et s’associe parfaitement avec les autres. On note l’apparition de nombreuses harmonies, belles et envoutantes, interprétées par Clément. Le fantôme de Kyuss est venu hanter ce jeune groupe car leurs compositions sont aussi travaillées que celles de l’ancienne bande à Homme/Garcia. Le chant de Rick est net et juste bien que le mixage rend son audition parfois difficile. Sa voix aigue se cale parfaitement avec la tonalité très grave des instruments. La basse de Tank est elle aussi victime du réglage hâtif car on l’entend à peine. Pourtant le bassiste ne se laisse pas faire et se donne à fond jusqu’à descendre dans la fosse au milieu des spectateurs. Ces derniers sont en transe dés le début du concert et la salle est complètement blindée. Tout le monde s’éclate et en regardant derrière moi, j’aperçois un malheureux handicapé coincé dans un fauteuil roulant électrique mais qui headbangue et s’agite autant qu’une personne en parfaite santé. La musique de Slut Machine devrait être prescrite sur les ordonnances médicales ! Les titres s’enchaînent sans temps morts et les ambiances changent au fur et à mesure. Tantôt sombre et mystérieuse, tantôt lumineuse et rayonnante, on est transportés dans les méandres de la machine. Vient la reprise de « School’s Out », d’Alice Cooper dont le refrain sera repris en chœur par le public. Si chaque écolier aimerait voir son école fermer, chaque auditeur présent ce soir aimerait que le concert des Slut Machine continue encore. Pourtant il doit bien se terminer, mais avec classe. C’est ce qui va se passer car le groupe a choisi son meilleur titre pour nous achever. Il s’agit de « Tornado ». Une pièce magistrale de huit minutes. Huit minutes de poésie musicale qui donne l’impression que le temps est suspendu. Rick semble vivre ses paroles tandis que Tank matraque sa Jaguar Bass et Clément nous ballade avec ses solos pleins de justesse et d’émotions. Adrien « Noune », le batteur, joue puissamment mais avec aussi beaucoup de subtilité. La grosse claque cette chanson, qui vient mettre un point final à ce concert excellent. Certes le son n’était pas à la hauteur mais qu’importe, le feeling était là, l’interprétation carrée et solide et chaque membre du groupe à tout donné pour nous mettre K.O. Ils ont réussi haut la main.

SETLIST SLUT MACHINE :

  1. Welcome to the Machine
  2. Outta Control
  3. Magnetic
  4. Clouds
  5. Nevertheless
  6. Eye Of The Storm
  7. School’s Out (Alice Cooper)
  8. Collapse
  9. Tornado

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Une très bonne soirée donc, avec des groupes solides et prometteurs. On surveillera d’autant plus Slut Machine car ces derniers nous préparent un nouvel album pour 2014. Vous en saurez plus dans l’interview du groupe qui sera publiée prochainement dans nos pages. En attendant, je vous invite à découvrir ces groupes avec les liens qui figurent en bas de page.

Tous nos remerciements à l’organisation du Ninkasi et aux groupes pour cette soirée de qualité.

Cliquez sur les noms des bands pour les découvrir : Slut Machine ; Kepi Ghoulie.

KOUNI