C’est l’histoire d’un jeune reporter-photographe qui travaillait pour le célèbre webzine Sons Of Metal. Un jour, il se vit confier la mission de voyager par grand froid et de réaliser un reportage sur le tout aussi célèbre groupe anglais Marillion. Ces derniers se produisaient sur la scène du Transbordeur, situé à Villeurbanne. Après avoir traversé des contrées enneigées et affronté un vent violent projetant des flocons de neige, le jeune reporter arriva enfin aux portes de la salle de concert. Celle-ci affichait complet et malgré le mauvais temps et la crise financière, de nombreux fans venus de tout le pays et même de l’autre côté de la Manche, avaient fait le déplacement. À tel point qu’une file d’attente de près de 800 mètres avançait péniblement sous la pluie. Après de longues minutes de patience, le jeune reporter pût enfin entrer et se mettre au travail.

AZIZ

Pour débuter la soirée, le guitariste anglo-pakistanais Aziz Ibrahim va nous faire une démonstration de grattage de guitare électro-acoustique. Influencé par le prog-rock et la musique traditionnelle du sous-continent indien, cet artiste va réaliser de véritables prouesses avec ses guitares Godin à six et douze cordes. Très complexes et inspirées, les compositions d’Aziz (accompagné d’un percussionniste) va faire voyager le Transbordeur au Moyen-Orient et en Inde. Un (trop) court voyage d’un quart d’heure qui verra le guitariste mélanger les genres et utiliser des techniques de jeux aussi variées que techniquement difficiles. Le rythme élevé de ses solos ajoute à la difficulté de leur exécution voire même de la partition entière. Sans pouvoir parler de riff au sens propre, il s’agit plutôt d’un enchaînement de notes et d’arpèges assez mélodiques avec une forte sonorité orientale. Le dépaysement est très apprécié par le public, d’autant qu’Aziz à le sens de l’humour et n’hésite pas à sortir quelques blagues ou à utiliser l’auto-dérision. Un vraie belle surprise, trop courte malheureusement mais qui aura parfaitement mis les spectateurs dans l’ambiance prog.

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MARILLION

Les vieux briscards anglais du rock progressif sont de retour en France pour la promotion de leur nouvel album, « The Sounds That Can’t Be Made » et ils ont décidé de revenir au Transbordeur. En effet, leur dernier passage à Villeurbanne datait de 2009 et à entendre certains fans autour de moi, c’était déjà une grosse claque. Après vingt longues minutes d’attente et des réclamations de spectateurs impatients, les membres de Marillion montent enfin sur scène sous les applaudissements d’un public déjà acquis à leur cause. Steve Hogarth (chant) arbore un sweat-shirt blanc orné du symbole hippie « peace and love ». Aucun doute sur les intentions et l’humeur du groupe. Le set commence assez fort, Steve est d’excellente humeur et joue avec les spectateurs du premier rang. Ces derniers sont à bloc et donneront de la voix sur chacune des chansons. On peut déjà constater que la production est léchée : les lumières et effets sont sublimes, le son juste excellent. On entend distinctement chaque instrument, en particulier la guitare, maniée avec brio par Steve Rothery (seul membre survivant du line-up original). Ce gars est tout simplement un guitar-hero. Pas ce genre de guitar-hero qui va jouer trente-six notes par secondes ou faire du shredder effréné. Non, c’est un guitariste capable de transmettre une profonde émotion avec chaque note. Son jeu, très technique et lent (un peu semblable au jeu de guitare de David Gilmour de Pink Floyd) contribue énormément à la musique du groupe et à l’ambiance de chaque chanson. Ses solos sont limpides, fluides et clairs comme du crystal. Pete Trewavas joue de belles mélodies avec sa basse et ne se contente jamais du rôle d’accompagnateur. Au même titre que la guitare, il est essentiel pour constituer la base des envolées mélodiques, tout comme le clavier tenu par Mark Kelly, un poil en retrait dans le mixage global. N’oublions pas le batteur, Ian Mosley et même s’il est invisible à cause de son kit monstrueux, il ne l’est pas d’un point de vue sonore. Hogarth se mettra au piano pour quelques chansons très touchantes dont une « dédié à sa femme » dira le chanteur en pointant malicieusement le claviériste. L’humour fait partie intégrante du spectacle et entre chaque morceau, Steve se fendra d’un petit speech pour plaisanter avec son public. Son jeu de scène est également un point central de la performance du chanteur car on a vraiment l’impression que Steve vit ses paroles. Tantôt triste, tantôt joyeux, ses émotions transpirent comme sa sueur sur son front et on n’arrive pas à le quitter des yeux. Après deux heures de performance, Marillion quitte la scène met revient pour un premier rappel. Le public explose alors à l’écoute du titre « A Few Words for the Dead ». Le groupe quitte encore la scène mais va remettre le couvert une dernière fois avec « Lavender ». Steve Hogarth apparaît avec un fusil Kalachnikov AK-47 à la main et porte une veste kaki. Le titre, aussi puissant que les autres joués ce soir remporte un énorme succès auprès du public. Vers la moitié du morceau, le chanteur reprend son arme mais une fleur au canon et un collier de fleurs autour du cou. Jolie façon de boucler la boucle en faisant un lien avec le sweet-shirt porté en début de concert. Marillion nous salue une dernière fois, le public est aux anges et remercie le groupe pour ce set splendide en tous points.

SETLIST MARILLION :

  1. Gaza
  2. Warm Wet Circles
  3. That Time of the Night (The Short Straw)
  4. The Sky Above the Rain
  5. You’re Gone
  6. Pour My Love
  7. Power
  8. Neverland
  9. Sounds That Can’t Be Made
  10. The Great Escape
  11. King
  12. Man of a Thousand Faces

1er rappel :

  1. A Few Words for the Dead

2ème rappel :

  1. Kayleigh
  2. Lavender

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Notre voyage se termine ici et il est maintenant temps de rentrer chez soit pour se reposer avant de repartir pour de nouvelles aventures.

Merci à Aziz Ibrahim, Marillion, Base Productions et au personnel du Transbordeur pour cette soirée magnifique.

KOUNI