C’est sur la péniche La Marquise, amarrée au Quai Victor Augagneur à Lyon que se déroule pour le troisième soir consécutif le tremplin pour le Motocultor Festival. L’évènement se nomme Headbang Contest et met en scène cinq groupes issus de la région lyonnaise. Après m’être vêtu de fringues de marin pêcheur et de mon fidèle Nikon, je monte sur la dite péniche et prend place au premier rang. Première constatation très réjouissante : la salle (située au pont inférieur de la péniche) est pleine ! L’ambiance est déjà bonne et détendue, on attend plus que les hostilités commencent.

DEADLYSINS

Les hostilités sont lancées par Deadlysins avec « Skinned Alive ». En pleine forme et disposant d’un très bon son, le groupe envoie les steaks premier choix d’entrée de jeu. Mat, le chanteur, possède une grosse énergie et ne tarde pas à en faire profiter les spectateurs en descendant dans la fosse quelques minutes. Le public semble très réceptif et quelques pogos font leur apparition, principalement sur le titre « Brainstorm ». Le dynamisme de Mat trouve un écho du côté des guitaristes, eux aussi au taquet et appliqués. Les riffs sont puissants et les solos sont parfaitement exécutés. La section rythmique, bien que nouvelle avec Kévin à la batterie et Lambert à la basse, semble avoir bien trouvée ses marques et ajoute encore de la pêche à des compositions conçues pour le headbanging effréné. Les musiciens s’éclatent sur scène tout comme le public, au sens propre comme au figuré. Pas de temps mort dans le set, ça va vite, très vite même car le temps imparti à chaque groupe n’est que d’une trentaine de minutes. Une première demi-heure assez intense qui place la barre assez haut, surtout avec le titre « Zombies Paradise », très efficace et fédérateur. Certainement une des chansons qui retiendra l’attention du public puisqu’un nouveau pogo naîtra dans la fosse. Pourtant, il est temps de quitter les zombies pour accueillir le second groupe…

Setlist Deadlysins :

  1. Skinned Alive
  2. DEPC (Depth Ethyl Pogo Crew)
  3. Thrash Metal Necronaut
  4. Brainstorm
  5. Cannibal Holocaust
  6. Zombies Paradise

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CORKAGE

Lorsque j’ai vu Corkage au bar Le Moko en décembre dernier, j’avais écrit dans mon article qu’il faudrait les revoir dans de meilleures conditions pour apprécier leur univers musical si particulier. Et bien mes vœux ont été exaucés car ce soir le groupe dispose d’un mixage adéquat. Nous entrons dans leur monde avec « Ourselves Alone », un titre sombre et lourd mais très puissant. « Mope » va permettre aux spectateurs de monter d’un niveau dans le fracassage de cervicales et certains viennent déjà headbanger tout près des retours micro. Amine est très en voix et balade le public en alternant brillamment voix claire et growls. Certainement un des chanteurs les plus doué et charismatique que j’ai pu entendre, avec son timbre vocal se rapprochant de celui du défunt Peter Steele (Type O Negative) mais aussi capable de bien gueuler avec une voix claire. Un vrai plaisir à écouter, tout comme la partie instrumentale d’ailleurs. Les compositions sont à la fois techniques et mélodiques, et contiennent plusieurs parties différentes. On se laisse emporter dans leur univers torturé avec comme guides Olivier (guitare), Fabien (guitare), Benoît (basse) et Laurent à la batterie. L’instrumental « Ta Gueule » va justement laisser l’expression libre aux musiciens et Amine donnera la parole aux spectateurs en leur tendant le micro. Chacun est libre de chanter (ou hurler) ce qu’il veut. Le public se prend au jeu et on peut voir quelques courageux prendre le micro. Le set se poursuit et le groupe a choisi ses deux titres phares, « Phinéas » et « SMD » pour mettre un terme à leur prestation. Ces deux compositions remportent beaucoup de succès dans la fosse et le groupe part sous les applaudissements. On ressort de l’univers sombre et torturé de Corkage pour entrer dans l’horreur et le morbide…

Setlist Corkage :

  1. Ourselves Alone
  2. Mope
  3. Ta Gueule
  4. D.T.T.D.
  5. Phinéas
  6. SMD (Sado Maso Diplomat)

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F.O.D.T.

La lumière rouge baigne la scène investie par les membres costumés de F.O.D.T. (Faces Of Deep Terror). Calmes et immobiles, les musiciens laissent la batteuse Sweeney marteler sa caisse claire et donner le coup d’envoi du set macabre. Si vous aimez les ambiances glauques et malsaines genre vieux films d’horreur ou Alone In The Dark, vous êtes au bon endroit. Butcher hurle et menace le public avec son micro-couteau de boucher imprégné de sang. Nigma mime les mouvements d’un déséquilibré mental durant « Azylum » tandis que Dante (guitare) et Doom (basse) envoient de bons gros riffs bien saignants. Sweeney fait honneur à la gente féminine en jouant avec brio et finesse mais en faisant également preuve de puissance et vitesse quand il le faut. Elle tabasse ses fûts comme si sa vie en dépendait et remplit son rôle de moteur rythmique à des compositions alambiquées et asservissantes. L’univers de F.O.D.T. est palpable grâce à ce son énorme et l’éclairage rouge sombre. Les musiciens sont carrés, tous en place et on ne relève aucune erreur. Seul problème : la scène est bien trop petite pour le groupe qui se marche un peu dessus. Mais bon, on est sur une péniche et non un paquebot (qui risquerait de connaître le même sort que le Costa Concordia, vu ce qui va suivre). Sweeney profite d’un court laps de temps entre deux morceaux pour descendre vivement dans la fosse et séparer le public en deux groupes pour créer un wall of death. Les intentions de la batteuse sont claires : il faut faire un carnage ! Et c’est ce qui va se passer à peine les premières notes jouées. Les spectateurs se percutent brutalement et un énorme circle pit s’en suit. La péniche tangue mais tient bon ! Les survivants se relèvent et acclament FODT qui envoie maintenant son tout récent « God Of Chaos » avec un lancer de tête de cheval au milieu de la fosse. C’est maintenant certain, le public est maintenant acquis et remerciera chaleureusement le groupe masqué. Avec une musique et un concept original, F.O.D.T. aura marqué La Marquise de son violent passage. Et je conseille aux propriétaires de vérifier l’état des amarres par la même occasion…

Setlist FODT :

  1. Intro (Fuck Off)
  2. Hate
  3. Oppressor
  4. Azylum
  5. Reptile
  6. God Of Chaos
  7. Outro (Fuck Off)

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DREAMSLAVE

Changement radical d’ambiance avec Dreamslave. On quitte l’horreur, les asiles mal fréquentés et les zombies pour un monde teinté de fantasy. En effet, le groupe lyonnais évolue dans la sphère metal symphonique avec comme influences Nigthwish (période Tarja Turunen), Epica mais aussi la musique celtique. Le groupe dispose de toute évidence d’une bonne base de fans car à peine installés, les premiers rangs sont pris d’assaut par un nombre assez important de spectateurs. À tel point que j’aurai du mal à conserver ma place. Comme dans les groupes précités, c’est une chanteuse, en l’occurrence Emma qui se charge de nous conter les paroles en usant d’un chant lyrique. Et il faut reconnaître qu’elle maîtrise parfaitement ce type de chant. Chaque note chantée est juste et mieux, la belle arrive à transmettre ses émotions. Elle est secondée dans sa tâche par Cédric, le claviériste mais aussi chanteur orné d’un couvre-chef style 17ème siècle. Intervenant au micro à plusieurs reprises, sa voix grave s’accorde avec le chant d’Emma. Cédric s’accordera également quelques solos en binôme avec Mickaël qui fera preuve d’une grande maîtrise à la guitare. Les riffs sont bien ancrés dans le style metal symphonique avec des grandes envolées au clavier et des solos fluides. On regrette toutefois que le mixage ne rende pas hommage aux efforts de la cantatrice et aux ambiances musicales très recherchées. Pour la première fois de la soirée et c’est surprenant, le son global n’est pas terrible. Souvent, on peine à entendre distinctement le chant et les différents instruments. Dreamslave met pourtant le paquet et réussit à créer une ambiance tout simplement énorme. Le public saute, chante et headbange dés que l’occasion se présente. Emma scande des « hey hey » et est suivie par une bonne moitié du public. Nous pouvons même sentir la péniche tanguer sensiblement sous les sauts répétés des spectateurs. Un set réussi malgré des conditions sonores moyennes.

Setlist Dreamslave :

  1. Masquerade
  2. Fallen Leaves
  3. Wishes Of Revenge
  4. The Vinland Saga Acoustic
  5. Torments Of Dementia
  6. End Of Innocence

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LUGH

Pour terminer ce tremplin, Lugh monte sur les planches et on retrouve Lambert, le bassiste chevelu de Deadlysins au micro. Ce dernier possède une voix claire et rugueuse et donne un côté très rock aux compositions du groupe. Celles-ci oscillent entre plusieurs genres : prog, gothique, heavy et death mais Lugh parvient à les mélanger pour en faire des compos originales. On se surprend parfois à les comparer à Noir Désir. La recette fonctionne très bien car le public, déjà bien chauffé par les déflagrations précédentes, est au taquet dés l’entame du set. La maturité des paroles et des partitions est assez bluffante vu la jeunesse du combo formé il y a trois ans seulement. Lambert s’imprègne de ses paroles et transmet les émotions avec beaucoup de talent. Bien sûr les autres musiciens ne déméritent absolument pas et jouent leurs partitions sans fausse note. La basse de Manon, tout en mélodie et le tranchant des guitares de Gabriel et Christopher nous envoie du bois en pleine gueule. Sans oublier le martelage en règle de Cyril qui propulse les compos. Le mixage général est très bon et restitue bien la hargne de la musique du groupe. Lugh ne joue que cinq titres mais tous débordent d’énergie. Cette même énergie renvoyée par les spectateurs qui ne décrochent plus de la scène. C’est maintenant le bordel dans la fosse et Lambert va faire un peu de ménage en demandant au public de se séparer en deux pour un nouveau wall of death. Bien que moins meurtrier que celui de FODT, le pogo sera tout de même assez brutal. La communication entre le groupe et le public passe très bien et l’ambiance est au beau fixe mais malgré les demandes répétées de certains fans, Lambert ne se mettra pas à poil. Il sera toutefois en sueur au moment de terminer le set par « The Other One » et un dernier wall of death qui mettra le feu une dernière fois à La Marquise. C’est sous les vivats que Lugh quitte les planches et remercie le public. La salle se vide mais les têtes sont pleines de souvenirs, à n’en pas douter.

Setlist Lugh :

  1. Immolation
  2. Lir’s Empire
  3. Rêves
  4. Dressed In White
  5. The Other One

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Touchée mais pas coulée, la péniche La Marquise aura subi de violents assauts avec les torpilles de Deadlysins, les vagues scélérates de Corkage, l’abordage sanglant  et sans quartier de FODT, l’iceberg Dreamslave et la tempête Lugh. Le capitaine de bord nous avait promis une grosse soirée, il ne nous a pas menti. La péniche peut faire flotter fièrement l’étendard du métal et on est impatients de remonter à bord pour une nouvelle virée dans l’océan du rock. Un instant, on me dit dans l’oreillette que les péniches ne peuvent pas naviguer sur les océans. Au temps pour moi…

 Tous nos métalliques remerciements aux groupes, à La Marquise et son personnel ainsi qu’à Access Live Production.

Pour découvrir ces groupes, cliquez sur leur nom : Deadlysins, Corkage, FODT, Dreamslave, Lugh

Pour voir toutes les photos du festival, c’est par ici : galerie Metalkouni

KOUNI

  1. Merci pour cette review ! notre première pour Lugh ! :’)

    On risque pas d’oublier cette soirée en tout cas !

  2. Elegy Emma dit :

    Merci également de la part de Dreamslave !! Nous non plus on n’oubliera sûrement pas cette soirée où on a fait tanguer La Marquise 🙂