Obscurcis Romancia – Theatre of Deception

Posté le : 30 janvier 2013 par dans la catégorie Chroniques

Genre: Black Metal Symphonique/Néo Classique ©2012

« Un album loin d’être le Théâtre de la Déception. »

La scène québécoise compte beaucoup de groupes à forte renommée notamment Martyr ou Kataklysm au Death Metal, Despiced Icon en Deathcore, Voivod ou Anonymous en Thrash Metal.
La scène Black Metal est également omniprésente en ces terres froides d’Amérique du Nord et à la différence près de leurs comparses norvégiens, les québécois tirent plutôt profits d’un style plus atmosphérique ou « ambient » à l’image de Forteresse ou Sombres Forêts.
Dans la grande lignée de ces groupes s’inscrit Obscurcis Romancia, formé en 1998 à Montréal.
Revendiquant comme principales influences les groupes Dimmu Borgir ou Cradle of Filth, leur première démo «Le Règne du Seigneur de Perdition» parait en 2001, quelque peu brouillon mais le groupe expose déjà une musique audacieuse où les orchestrations y sont bien mises en avant.
Le premier album sobrement intitulé Obscurcis Romancia en 2003 reprend simplement les titres de la démo plus trois morceaux supplémentaires mais après de longs mois passés sur scène, en partageant l’affiche avec Unexpect ou encore Neuraxis.
Le lancement de ce second album «Theatre of Deception» fut quelque peu ralentit par une longue tournée et le départ de leur vocaliste Sylvain. Le groupe ne désemplit pas, tout ce temps passé sur scène a porté ses fruits et les fans sont au rendez-vous.

Le contenu musical est d’une grande qualité, les influences y sont clairement représentées, des riffs de guitare empruntés à Dimmu Borgir auquels se mêlent des vocaux criés de quoi faire pâlir un certain Danny Filth car ils sont magnifiquement exécutés et savent descendre brutalement de tonalité pour devenir un growl saisissant. À cela s’ajoute des orchestrations et morceaux de piano savamment dosés rappelant Enthroned Darkness Triumphant ou Spiritual Black Dimensions jusqu’aux atmosphères gothiques de Théâtre des Vampires.
Mais pour ne pas tourner en rond, le groupe joue également sur un côté néo-classique très présent ou en virant subitement au death metal mais en conservant cette atmosphère.
Les québécois ne prennent pas de risques pour la structure de leur album, on débute sur «Awakening in Spiritual Madness» en guise d’introduction avec une montée progressive illustrant pleinement le titre qui devient un Black Symphonique des plus efficaces.
On retiendra les morceaux «Sanctuaire Damné», «Le Quatrième Acte» et «In Memoriam» exécutés en français afin de garder l’attachement à leurs origines québécoises et sans entrer dans la banalité de titres exclusivement écrits en anglais.
«In Memoriam» et «Season of Infinite Sorrow» d’ailleurs s’enchaînent avec une perfection quasi indiscutable et ce dernier conclu l’album en gardant la recette qui fait les bons albums de Black Symphonique avec un final plutôt réussi.
On ne pourrait que reprocher la longueur de cet album même si cela s’ancre dans le côté progressif de leur musique, les titres sont d’une longueur assez inégale et ont tendance à s’arrêter nets pour attaquer le titre suivant. On peut également buter sur les vocaux criards si nous ne sommes pas inconditionnels du groupe Cradle of Filth.

Obscurcis Romancia a toutefois le mérite de perpétuer dans le Black Metal Symphonique qui semble s’essouffler depuis quelques temps sur la scène internationale et surprend par ses références et son atmosphère particulière révélant une grande maturité chez ce groupe qui ne demande et mérite qu’à être reconnu davantage sans se limiter au Québec.
C’est sans doute la raison pour laquelle, dans le cadre de la promotion de leur album en France, qu’ils rejoignent le label breton Finisterian Dead End, encore jeune mais plein de promesses.

AbFoRs.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=5hYJGG0Vpy4]

  1. Jazzman dit :

    Il y a « déception » dans le titre de leur album et c’est bien ce qui résume cet album. La musique est nulle et le chanteur, si on peut appeler cela un chanteur, se contente de gueuler des paroles inaudibles. Il devrait prendre des pastilles Valda pour adoucir sa gorge, le bougre! A ne pas recommander!

    • abfors dit :

      Chacun son avis, tu a donné le tiens. Il est vrai que la première écoute est assez intrigante, un peu comme la voix de Dani Filth on aime ou on aime pas, mais si l’on se penche plus sur l’aspect musical le contenu est assez varié et arrive à se démarquer assez de ce qui se fait sur la scène Black Symphonique.
      Je reste persuadé que c’est un bel album qui mérite quand même d’être écouter, aussi difficilement accessible soit-il, mais comme on dit, le goût et les couleurs…