Michaël, chanteur de Deadside.

Mickael, chanteur de Deadside.

Profitant de la pause après le set de Deadside, j’invite les membres du groupe à participer à une interview dans les loges artistes pendant que T.A.N.K. délivre son concert. Entretien (très) détendu sur l’actu et la vie de la formation drômoise.

  • Votre dernier EP, « Before Chaos » est sorti en 2011. Avec le recul, comment percevez-vous cet enregistrement ?

Mickael (chant) : Bien ! (rires). Il est sorti en 2011 comme tu le dis et c’était un EP de transition en fait parce qu’on avait commencé à composer notre premier album et notre bassiste de l’époque est parti. On a accueilli Rémy pour le remplacer puis quand on a commencé à jouer ensemble, on s’est dit : « bon qu’est ce qu’on fait ? est ce qu’on lui fait bosser les morceaux que nous avions ou bien on repart de zéro ? ». On a décidé de repartir de zéro car Rémy n’avait pas le même style de jeu, c’était différent et vu qu’on avait rien sorti depuis 2009, on repris quelques morceaux pour faire un nouvel EP comme ça nous aurons plus de temps pour faire ensuite notre album.

Criss (guitare) : Ça nous a aussi permet d’avancer, de monter d’un cran dans notre niveau de jeu et de trouver notre direction. Avant on cherchait un peu notre voie et avec « Before Chaos », on a réussi à la trouver.

Mickael : Oui parce que Rémy avait des influences différentes des nôtres à l’époque. Il nous les a apportées et ça nous a permis de progresser en tant que musiciens.

Rémy (bassiste) : En tant qu’humains aussi… (rires)

  • Vous avez annoncé la sortie de votre premier album pour cette année. Où en est-il ?

Criss : On en a composé une bonne partie, on a sept morceaux et nous sommes en train d’en composer d’autres. 75% de l’album est fait.

Mickael : On va bientôt commencer les pré-prod en mars puis ensuite nous démarcheront les labels.

  • Vous avez des pistes concernant les labels ?

Michaël : Pour l’instant, nous n’avons pas grand chose. On a juste une proposition mais on essaye d’élargir un peu la recherche pour voir ce que les labels ont à nous proposer. On tâtonne. Il y a Dom (batterie) qui suce des b**** sur le bord de la route mais ça suffit pas… (rires).

  • En parlant de la composition de l’album, pouvez-vous expliquer le processus de création ?

Criss : Alors, on joue des notes au hasard et après on voit (rires).

Mickael : Jusque là, on faisait tout en répèt. On était là, on se regardait dans le blanc des yeux et c’était le premier qui sortait un riff. Alors que là, on a essayé de faire un truc différent en composant chez nous avec le logiciel Guitar Pro 6. Dés qu’il y en a un qui a une idée, il table sur GP et il envoie la partition aux autres par email. On place ensuite une batterie. Dom retravaille la batterie, baisse un peu le tempo alors que nous on le remonte un peu, on négocie quoi (rires).

Criss : Les tablatures tournent par email, chacun y met sa sauce, modifie quelques trucs et refait écouter aux autres. Et de temps en temps, on se retrouve tous chez l’un d’entre nous le week-end pour jouer ce qu’on a composé et on essaye de peaufiner les morceaux ensemble.

Mickael : Un problème que nous avons eu au début, c’est que nous voulions faire de la scène rapidement et du coup, on a bâclé tous nos morceaux. Là, on veut pas refaire la même erreur et prendre vraiment le temps pour travailler, peaufiner, histoire de sortir un album béton.

Criss : Le fait de composer durant les répèts, comme on faisait avant alors que n’avions pas trop d’idées et bien, nous faisions des trucs à la con.

Mickael : On finissait par se jeter des canettes tellement on en avait marre (rires). On se tapait et tout, c’était n’importe quoi (rires).

  • Ça met une bonne ambiance…

Michaël : Oh oui (rires).

  • Michaël, c’est toi qui écrit les paroles. Des paroles assez hargneuses, virulentes. Quelles sont inspirations ? Comment écris tu tes textes ?

Mickael : Oh pas si virulentes que ça en fait parce que j’ai un côté hippie, je parle des fleurs, des arbres… non je déconne. Mes influences sont.. (une personne entre dans les loges et appelle Mickael, ce dernier va la rejoindre quelques minutes puis revient). Alors en gros, au niveau des thèmes je prend tout ce qu’il y a de plus mauvais dans ma vie. Sachant que je n’ai pas non plus une vie très mauvaise hein… Je m’inspire de tout ce qui est négatif mais j’essaye d’y apporter un peu de positif. Je vois la musique comme une sorte de défouloir en fait. Une sorte d’introspection. Je balance tout ce qui me passe par la tête, tout ce qui m’empêche de vivre la vie à 100%. Je vais le mettre sur papier pour l’exorciser. Après, au niveau des influences, j’aime beaucoup les chanteurs « émotionnels » comme Jonathan Davis (Korn), ou Corey Taylor (Slipknot) qui est mon coup de cœur au niveau chant. Ce sont des mecs qui lâchent tout sur scène, qui donnent tout ce qu’ils ont. C’est vraiment ce genre de chanteur qui me plaît, ceux qui mettent l’émotion avant la technique.

  • Votre musique étant un mélange de plusieurs styles, je suis curieux de savoir quelles sont les influences des autres membres du groupe…

Dom (batterie) : Pour moi, ça va de Slipknot à Machine Head, Walls Of Jericho. C’est très varié.

Mickael : On a tous une base Néo-Metal car on a tous grandi avec ça dans les années 90, notamment avec les premiers albums de Korn et Machine Head.

Rémy : Le premier album de Mozart aussi… Beethoven… (rires)

Mickael : Pour moi mes influences sont Slipknot et Korn comme je l’ai dit, il y a aussi Deftones et la scène Hardcore aussi que j’aime bien. J’étais un grand fan de Ill Nino aussi.

Rémy : Moi c’est Deftones, Behemoth, Cradle Of Fifth. Ça varie parce que d’un côté j’aime bien écouter du jazz ou de la musique classique, du blues…

Criss : On s’en branle de ta vie ! (rires)

Rémy : Non mais ça va avec mes influences et donc toi tu te tais, tu sors et tu va te pendre ! (rires)

Criss : Pour moi, c’est Soulfly, Sepultura, Walls Of Jericho, Slipknot, The Arrs… Francis Cabrel, Christophe Maé… (rires). Non, je déconne !

  • Votre tournée débute à peine puisque ce soir était la première date que vous assuriez…

Mickael : En fait, elle a pas encore débutée puisqu’on attend de sortir l’album avant de jouer. Fin 2012, on s’est dit : on ne prend pas de dates avant l’album. Et là, on a eu la proposition de la MJC d’organiser un concert ici (ndlr : la salle Louis Pommier, à St Paul Trois Châteaux). Du coup on a accepté parce que c’est notre maison, on est d’ici et ça faisait longtemps que nous n’avions pas joué ici. C’est une sorte de « one shot », histoire de ne pas perdre la main non plus. La scène est primordiale pour nous. Si on fait pas de scène, on s’entretue (rires).

  • Preuve de votre ouverture d’esprit, en plus de mélanger des styles, vous avez ouvert pour des groupes tout aussi variés que Lofofora, Blazing War Machine et Shaka Ponk. Qu’est ce que ça fait de se retrouvé à partager l’affiche avec ces noms là ?

Mickael : Ben en fait, ça fait chier quoi (rires).

Rémy : C’est surtout de jouer après Lofofora qui fait chier. Pendant une heure, les mecs ont mis une claque phénoménale au public et toi t’arrives sur scène après, t’es là devant tout le monde… « maman !!! » (rires).

Mickael : Non mais plus sérieusement, c’est cool. On a aussi ouvert pour Eiffel. Après, pour Shaka Ponk, ça c’est fait dans des circonstances un peu particulières car c’était dans un tremplin pour lequel nous avions été présélectionnés. C’était génial car c’était d’excellentes scènes mais on faisait un peu figure d’outsider. Shaka Ponk encore ça va mais avec Eiffel… Nous étions le premier et unique groupe métal, on a joué à 19 heures et ça piquait un peu les yeux. Mais c’était super d’avoir l’occasion de jouer avec des groupes comme ça. Un jour avant, tu joue dans un bar et après tu fais ça… parfait ! Ça permet de rencontrer des groupes plus costauds. Bon, Eiffel et Shaka Ponk, je vais être honnête, on s’en foutait un peu. Lofo c’était génial, The Arrs avec qui on a joué il n’y a pas longtemps c’était génial aussi. Blazing War Machine c’était bien cool. Ça nous fait toujours plaisir de nous frotter à des groupes plus gros. De se prendre une branlée en fait car que tu passe avant ou après Lofofora, même si tu t’en sors bien, tu te prend une vraie tanée tellement ces mecs sont pros. Ça permet aussi de progresser en tant que musicien. C’est une leçon d’humilité aussi car tu commence à te la péter parce que tu joue dans des bars devant beaucoup de monde et finalement tu redescend de suite sur terre quand tu joue après Lofofora.

Criss : Quand tu joue avec des gros groupes comme ça, ça te donne encore plus la hargne.

Mickael : Ouais, ça te donne envie de progresser, de mettre les bouchées doubles.

Rémy : On a joué pour Flagada Jones aussi (rires).

Mickael : Ah oui on avait joué avec Tagada Jones. C’était bien sympa aussi.

  • Du coup, t’a le numéro de Samaha (chanteuse de Shaka Ponk) ?

Mickael : Non. Car on les a pas vus du tout. Ils sont restés dans leur tour-bus et on ne les a pas vu de la journée. En fait, on ne savait même pas à quoi ils ressemblaient donc autant on a bu un coup avec eux, mais on ne le sait pas.

Rémy (s’adressant à Michaël) : Tiens d’ailleurs, tu peux me passer les deux bouteilles qui sont à côté de toi ?

Mickael : Ouais, tiens… Du coup, non on n’a pas le « 06 » de Samaha.

  • Et pour finir, avez-vous une petite anecdote de tournée ?

Dom : Criss qui était bourré…

Rémy : Moi qui suis incapable de me rappeler d’une scène. À partir de la deuxième chanson, j’ai fait un coma éthylique…

Mickael : Ah ouais, non mais génial, c’était pour la K-Yet Prod ça…

Rémy : Ouais c’était pour la K-Yet… Et après être sorti de scène, j’ai vomi.

Mickael : On est bien potes avec les gars de la K-Yet Prod, on fait parti de leur roster en fait. On a fait un concert pour eux mais ils ont eu le malheur de nous faire jouer à une heure du matin. Et nous, on est pas du tout patients…

Rémy : C’est surtout qu’ils ont eu la super mauvaise idée de nous mettre au bar !

Mickael : On était au bar et du coup, impatience oblige, on est obligé de picoler. Bon alors Criss, Dom et moi ça va mais Rémy ne se souvient pas du tout de la scène. Le lendemain du concert, il m’envoie un texto disant : « j’ai fait quoi hier soir ? j’ai bien joué ou pas ? » (rires). C’était un peu chaotique. C’est là qu’on s’est dit qu’il faut qu’on arrête de boire avant un concert. Maintenant, on arrive à se modérer un peu, quand même.

  • Mais tu a réussi à jouer un peu ou pas du tout ?

Rémy : Ouais si, un peu…

Criss : Ben c’est là que tu te rend compte qu’un bassiste, ça sert à rien (rires).

Rémy : Hey, vaut mieux un bassiste qui sert à rien plutôt qu’un gratteux qui ne sait pas jouer…

Criss : C’est pas faux…

Dom (parlant à Rémy) : T’a fait ça deux fois. À la fête de la musique à Nîmes t’étais bien aussi… Et Ste Cécile, c’était folklo aussi. Je dirai pas le reste mais, t’étais bien…

Rémy : J’étais bien chaud quoi. Ouais mais ça faut pas en parler… (rires). Mais j’ai arrêté de boire, la preuve, c’est du sirop pour la toux ! (il me montre ses deux bouteilles de bière)…

C’est donc sur un dernier verre que se termine ma rencontre avec Deadside. Je vous invite à les découvrir via leur Myspace et leur page Facebook. Bonne écoute à tous et à bientôt !

KOUNI