Ce soir, je suis de retour dans la splendide salle du Brin de Zinc pour assister à un concert mémorable. Que dis-je, plutôt pour essayer de survivre à un carnage meurtrier ! Deux groupes bien violents et fédérateurs viennent apposer leurs marques au fer rouge sur les visages des spectateurs. Il s’agit de Coredump et Tagada Jones. Récit d’une bataille sanglante…

Coredump

Il est 21h30 lorsque les Mâconnais de Coredump montent sur les planches. Tous, sauf Max, le chanteur restant au milieu du public durant l’intro jouée par Alex (guitare), Jean-Matt (basse) et Guillaume (batterie). L’intro finie, Max monte sur scène et présente rapidement son groupe avant de lancer « Planète de singes ». La salle est blindée et le public est chopé par la hargne du hardcore n’ roll de Coredump. On entre rapidement dans le tsunami Coredump, notamment grâce au son très puissant qui enveloppe la salle. Si Alex rencontre de nombreux problèmes techniques avec sa guitare au début de set, ceux-ci seront réglés rapidement et le six-cordiste pourra nous envoyer les riffs assassins de « L’empire du seigneur du pire », titre d’ouverture de leur premier album « Heyj Tan Mayrd ».

Si le début du set est délicat et met du temps à véritablement démarrer, le public commencera à bien s’échauffer dés le troisième morceau pour ne plus s’arrêter jusqu’à la fin. À certains moments, les moshers feront même basculer les retours ainsi que certains spectateurs quasiment projetés sur la scène. Max, amusé par ce débordement d’énergie, rappellera tout de même aux moshers de respecter les autres spectateurs et le matériel. Le groupe nous offrira ses deux habituelles reprises qui rencontrent à chaque fois un grand succès : « Whiplash » (Metallica) et « Aces Of Spades » (Motörhead). Revisiter ses deux titres speed-metal à la sauce harcore n’ roll est une excellente idée car le public adhère à fond et remet le bordel dans la fosse. Coredump enchaîne les tirs nourris avec le monstrueux « Fuckin Species » qui soulève littéralement le Brin de Zinc. Riffs tranchants comme du verre et lignes de basses bien pesantes enfoncent un clou déjà bien planté avec « Assologie ». Max s’empare de la caméra de son roadie pour la mettre sur son front et filmer le public. La formation mâconnaise est en grande forme car en plus de livrer une excellente prestation scénique, chaque musicien affiche un large sourire et Max est d’humeur bavarde avec le public. Ce dernier, finalement acquis à la cause Coredump, va littéralement péter les plombs sur le final du set. Les « à poils ! » auront fusés durant tout le concert mais Max aura tenu à garder ses vêtements sur lui. Une fois de plus.

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Tagada Jones

Alors là messieurs dames, accrochez vous bien car c’est parti pour 2h20 de pure carnage. Et je ne plaisante pas. Le Brin de Zinc est archi bondé de fans purs et durs venus prendre d’assaut les premiers rangs. Si Coredump avait bien chauffé la salle à blanc, là ça va carrément devenir une fournaise. Bienvenue dans l’Enfer de Dante ! Car c’est bien là que sommes désormais. L’intro débute à peine qu’un gigantesque pogo apparaît et propulse votre serviteur du troisième rang au pied de la scène (méthode très efficace pour gagner des places ceci dit). Ce pogo sera ininterrompu jusqu’à la fin du set à 00h20 !!! Tagada Jones est venu pour en découdre et n’a visiblement pas vraiment besoin d’encourager son public pour mettre l’ambiance. Niko (chant, guitare) s’enthousiasmera « On a joué dans pas mal d’endroits différents, des petites salles à de grandes salles mais les endroits qu’on préfère ce sont les cafés-concerts comme le Brin de Zinc car il y a toujours une putain d’ambiance ! Mettez le bordel !!! ». Pas besoin de le dire deux fois aux fans surexcités.

Les t-shirts tombent, aussi bien dans la fosse que sur la scène. Les Bretons mouillent la chemise et très vite des gouttes de sueurs coulent le long des bras et des instruments. Steph (guitare), jouera avec ses fans tandis que Seb (basse) restera plus statique mais sera tout aussi efficace avec ses lignes de basses claquantes et groovy. Job, derrière les fûts, réalise un véritable festival de cymbales et de roulements de toms. Sur « Zéro de conduite », il jouera quelques secondes debout pour mieux massacrer ses peaux. Le mixage est très bon mais la basse aurait sans doute gagné à être un peu plus mise en avant. Cela n’empêche pas de ressentir l’énorme quantité d’énergie déployée par le groupe et les deux heures de concert passent très vite. Les slammers sont légions (en moyenne un slam tous les deux morceaux) et l’un d’eux manquera de décrocher un projecteur au dessus du premier rang. « Descente aux enfers » et « Les compteurs à zéro » provoqueront une quasi émeute.

Si je suis resté coincé dans mon coin (merci à la marque Ampeg de fabriquer des amplis aussi durs), mes confrères photographes iront se réfugier sur les bancs disposés sur les côtés de la salle pour échapper aux circle-pits incessants. C’est la guerre ici ! Le groupe se nourrit de ça et met le paquet à chaque chanson, chaque mesure, chaque note. Les poses, sauts et tournoiements sont nombreux mais aucun pain ne sera de la partie. Vu l’état de fatigue des musiciens à la fin du set, on réalise qu’ils ont livré une grosse prouesse physique (en plus de la prouesse musicale bien sûr).

Les spectateurs sont également épuisés mais ravis. Une tuerie cette soirée je vous dis !

Setlist :

  1. Les nerfs à vif
  2. Yech’ed Mat
  3. Pavillon noir
  4. W
  5. Descente aux enfers
  6. Zéro de conduite
  7. Combien de temps
  8. Manipulé
  9. Cargo
  10. S.O.S
  11. Un Kulte
  12. Les connards
  13. L’otage
  14. Contre courant
  15. Ecowar
  16. Le feu aux poudres
  17. La traque
  18. Les compteurs à zéro

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Un énorme merci aux groupes, à Franck et l’équipe du Brin de Zinc pour cette affiche explosive, ainsi qu’aux survivants des pogos (s’il y en a).

N’hésitez pas à jeter vos deux oreilles sur Coredump et Tagada Jones si vous ne connaissez pas !

KOUNI

  1. Marc-antoine dit :

    Sympa la dernière photo sur laquelle je suis dessus 😉
    pour la setlist, c’était bien celle affichée au sol. mais elle n’a pas été totalement appliquée lors du concert. Les compteur à zéro à été joué bien avant. de plus il y a eu la reprise de Parabellum « Osmose 99 » et la reprise des sheriff « Jouer avec le feu ».
    Marc-Antoine

    • metalkouni dit :

      J’ai repris la setlist telle qu’elle était indiquée et je n’ai pas eu le temps de demander au groupe les modifications apportées ou les reprises jouées à la fin du set. Les aléas du reportage…