Ys Theory – The March

Posté le : 14 avril 2013 par dans la catégorie Chroniques
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Genre: Rock / Metal alternatif ©2012

Metal et modernité :
Depuis ses débuts vers 1970, la musique Heavy Metal n’a cessé d’évoluer, piochant ici et là diverses influences musicales. Le Blues associé aux distorsions désaccordées donna donc ses lettres de noblesses à Black Sabbath puis, en y ajoutant plus de rythme, solos et atmosphères, d’autres formations sont aujourd’hui devenues des références.
Difficile à croire que l’on pouvait parler de modernité à cette époque comme on l’entend aujourd’hui. Ce sont ces constants changements dans la structure musicale et la sonorité qui en font preuve. Ainsi, à ses débuts, Metallica pouvait être défini comme « Metal Moderne » des années 80. D’une certaine manière, nous avions d’un côté les fervents défenseurs des valeurs d’origine et de l’autre un nouveau public en quête d’un côté plus violent de la musique, par laquelle ils pourraient plus ou moins s’identifier en ces temps de tension, comme nous avons aujourd’hui les fans de Slayer « contre » ceux de Avenged Sevenfold, tout est relatif. Le public Metal aurait aujourd’hui trop tendance à se fermer à l’évolution moderne de sa musique, des apports de sonorités plus mélodiques ou électroniques, au chant crié souvent insupportable mais il oublie que son style de prédilection, Thrash ou Death Metal devait répondre également à diverses critiques des fans d’un Metal plus traditionnel.

Cette parenthèse ainsi terminée, attaquons l’analyse de cette production du groupe finistérien nommé Ys Theory.
Formé en 2010 par cinq musiciens aux univers relativement différents, le groupe propose un Rock Metal moderne aux accents alternatifs et ambiants. Avant même de lire le descriptif du groupe, le nom est évocateur. Ys la cité engloutie du Roi Gradlon, l’Atlantide des légendes finistériennes et dont on se questionne encore de son existence. À cela s’ajoute un concept que l’on croirait sorti d’un roman, dans un 22e siècle rongé par la corruption, l’insécurité, le renversement du progrès.
Ep enregistré au Slab Sound Studio dont nous en avions déjà parlé lors de la chronique de Dysilencia.
Pour réaliser la pochette de ce disque, le groupe fait appel à Chromatorium déjà connu dans l’Ouest pour avoir réalisé par exemple l’artwork de « A Weavering Path » de leurs compatriotes Under the Abyss.
On aurait pu s’attendre à une introduction progressive qui aurait bien collé à l’univers mais Ys choisi une entrée assez directe, un chant clair aérien qui pourrait rappeler dans une moindre mesure celui de Chester Bennington. « Hidden Pain » est un titre assez réussi mais manquant un peu d’accroche. Le titre suivant, « Eyes and Clouds », se rapproche plus d’un Metal alternatif aux ambiances électroniques et au refrain chanté en clair, plus rythmé que le titre précédant. « Faces », troisième morceau, est assez typé Linkin Park avec un couplet chanté en clair et additionné d’écho, puis repart plus rythmé dans les refrains. Le morceau suivant, éponyme, est certainement celui que l’on aurait attendu pour ouvrir l’album car doté d’une petite introduction montante. Le dernier morceau se démarque peut être un plus du reste, plus direct et gardant d’avantage d’accroche sur les passages clairs par additions de mélodies plus atmosphériques, solo et rythmique Death. Pour moi, il s’agit du titre le plus réussi de cet Ep et un parfait épilogue.

C’est donc là la première réalisation de ce groupe finistérien. On reconnait dans la production la patte sonore du Slab Sound Studio, si l’on a écouté « Boule à Facette » de Dysilencia. La batterie y est peut être mise trop en avant et les passages ou le chant clair intervient ont souvent tendances à manquer d’accroche, mais bien entendu l’objectif du combo n’est pas de faire une musique trop directe et éloignée de leur influences communes plus rock et alternatives, de l’intérêt de mixer justement leurs univers et casseraient de ce fait le concept qu’ils ont instauré sur ce The March aux accents modernes. Ys Theory a également eu l’occasion de partager la scène avec beaucoup de groupes dont la formation montante, bien connue de Sons of Metal, j’ai nommé T.A.N.K.
Et donc, en soutenant cette introduction de chronique, la modernité trouve ses adeptes et ainsi le groupe possède plusieurs atouts afin d’évoluer au mieux sur la scène actuelle en fidélisant le public breton avant, pourquoi pas, de se hisser d’avantage sur la scène française pour proposer leur concept et leur prouver l’existence de la mythique cité engloutie.

AbFoRs.

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