Juste après avoir fini l’enregistrement de leur prochain album, One Of Us Is The Killer (à paraitre le 17 mai prochain), The Dillinger Escape Plan était à Paris pour promouvoir leur nouvelle galette. L’occasion pour Sons Of Metal de s’entretenir avec Ben Weinman, guitariste et membre fondateur du groupe.

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Ben WeinmanPeux-tu nous décrire à quoi ressemble le nouvel album ?

Comment il est ? Je ne sais pas, tu l’a écouté ? (rires) C’est très dur d’être objectif à propos de son propre travail. Surtout quand on vient de le terminer, on l’a encore en tête. D’habitude je n’ai pas vraiment d’impressions sur un de mes albums, juste après l’avoir fini. Il faut que je les réécoutes quelques mois, voire quelques années après pour avoir un avis plus objectif dessus. Pour moi, c’est juste un nouvel album. Je ne pense pas qu’ils s’enchaînent logiquement, je pense plutôt que ce sont des travaux séparés qui s’additionnent.

Parlons un peu de votre tournée. Elle va commencer dans deux semaines et pour le moment, vous n’avez toujours pas annoncé de dates en France. Vous allez quand même venir jouer par chez nous, non ?

Oui, en ce moment on continue d’ajouter des dates et tu sais, les États-Unis sont si grands que l’on doit jouer partout. Et une fois que l’on aura fini les States, on va pouvoir partir en Europe. On passera en France courant octobre normalement.

Comment avez-vous procédé pour créer cet album ?

Heu… Comment on a fait ? … Quand on commence à composer on se met simplement dans le bain, on ne pense pas trop. On ne sait pas vraiment où on va. On y va, simplement. On pose une idée puis une autre et ainsi de suite. Des fois, ça commence avec de la guitare, des fois avec du piano, des fois avec un rythme de batterie. Il n’y a pas qu’une seule façon de commencer à composer. On commence et après… whoua ! Ça continue.

TDEP One Of Us Is The KillerEt vous êtes vous inspirés du travail de d’autres artistes pour cet album ?

Ho, oui. On a très certainement été inspirés par de la musique, par nos expériences, par des films. Tout, en fait. Mais c’est dur parce que la plupart des musiques qui nous faisaient vibrer quand on étaient plus jeunes prennent, comme tout le monde, de l’âge et donc on se dirige progressivement vers quelque chose d’autre sans oublier cette musique qui est toujours importante pour nous.

Vous êtes connus pour être très « dynamiques » en concert. Est-ce que vous composez en pensant au rendu scénique des morceaux ?

Des fois, oui. Plus particulièrement quand on sent que la chanson va vraiment marcher en live.

Et comment faites-vous pour tenir la cadence des concerts et toujours avoir autant d’énergie ? Vous avez un entraînement physique ?

(Rires) Non, je ne m’entraîne vraiment pas pour la scène. Je passe mon temps assis devant mon ordinateur pendant près d’un an avant de partir en tournée. On ne s’entraîne pas à être comme ça, c’est simplement la seule manière que l’on connaisse de faire des concerts. Quand on y est, on ne peut pas en faire plus physiquement, mais on y va au maximum.

C’est quoi ton meilleur souvenir dans The Dillinger ?

Il y en a beaucoup et on me demande souvent ça. Mais il y a tellement de choses qui se sont passées qu’au final, on a du mal à en sectionner un seul. Je pense que jouer sur scène avec Nine Inch Nails a été un moment énorme pour nous, mais à chaque fois que l’on découvre un nouvel endroit dans le monde, c’est génial aussi. Que dire, on a joué en Malaisie l’année dernière, c’était magnifique. Il y a toujours plein de nouvelles choses qui arrivent.

Et quel est ton pire souvenir ?

Il y avait un moment dans le groupe où tout le monde se prenait la tête. Personne ne voulait être au même endroit et c’était probablement en 2007… C’était vraiment pas cool comme moment.

partysmasherlogoIl y a quatre ans vous avez créé votre propre label, Party Smasher Inc. Qu’est ce que ça vous apporte ?

Ce que ça nous apporte, c’est que nous pouvons toujours essayer de nouvelles choses sans se soucier de ce que dira le label. La seule chose qui est vraie à propos de la musique c’est que personne n’en sait quoi que ce soit. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de faire de la musique, il n’y a que la manière dont on le ressent qui est la bonne. Et c’est cette liberté que ça nous offre.

Est-ce qu’il y a un groupe avec lequel vous aimeriez jouer ?

Hum… on a joué avec tellement de monde, c’est dur de choisir un groupe… J’aimerais bien jouer avec King Crimson.

Vous avez joué un peu partout dans le monde mais où est votre public favori ?

En France, bien sur ! On aime jouer dans beaucoup d’endroits mais je pense que nos endroits préférés sont quand même Londres, Paris et Sydney en Australie. La France à très vite été très importante pour nous, parce que les Français se sont vraiment montrés compréhensifs avec notre musique avant que quiconque ne le soit. Les Français sont vraiment ouverts d’esprit et aiment repousser les limites tout le temps. Donc c’est vraiment un bon public.

C’est un peu bizarre parce qu’en France, on considère que ce n’est pas bien d’écouter du metal et là, tu nous dis que nous sommes très ouverts d’esprit.

Les Français sont plus aventureux que nous autres Américains, je pense. Bien sûr, il y des gens qui sont très conservateurs mais en France, ceux qui veulent être des artistes vont aller beaucoup plus loin et repousser les codes.

Est-ce qu’il y a un groupe que tu aimerais promouvoir ?

On a joué quelques concerts avec des amis qui s’appellent Animals As Leaders. C’est un très bon groupe, très technique mais aussi très intéressant. J’aime beaucoup ce qu’ils font.

DEP_PressShot1Tu es le seul membre fondateur à
être encore dans le groupe, comment est-ce que le groupe a évolué selon toi ?

Hum… je pense que ma responsabilité en tant que membre fondateur est de m’assurer que l’on continue à faire cette musique que l’on ressent nous, mais aussi qui corresponde à ce que les gens veulent entendre de nous. Quand nous avons commencé, personne ne nous connaissait et donc nous faisions juste la musique que nous voulions. Maintenant, je pense que la chose difficile pour le groupe, c’est de maintenir une certaine éthique et de continuer à jouer du Dillinger. À être « vrais », tout en continuant d’évoluer. C’est ça le challenge aujourd’hui.

Un dernier mot pour la fin ?

Merci de soutenir The Dillinger. Merci à tout les Français qui nous suivent. Nous sommes très impatients que les gens puissent écouter l’album et aussi de venir jouer chez vous. J’espère vous voir nombreux quand nous passerons en octobre.

« Merci » (ndlr : en français dans le texte )

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=2UtqIstf2oU]

Retrouvez « One Of Us Is The Killer », à partir du 17 Mai 2013 dans les bacs.

Eladan