the-book-of-eliotGenre : metal moderne            ©2013

Un sacré écrivain, cet Eliot ! Le genre de référence qui pourrait, par exemple, servir de base à un album-concept pour un groupe de metal français. Une idée à méditer quand on regarde le manque cruel d’intellectuel dans les paroles en règle générale et… attendez une seconde… il se trouve qu’un tel album existe déjà puisqu’il est apparu dans les bacs le 22 avril 2013, sous le doux nom de The Book Of Eliot ! Quelle coïncidence ! Une œuvre signée Hord, des Montpelliérains également aux rênes du label Sendthewoodmusic qui nous ont subjugué en 2010 avec un The Waste Land aux petits oignons, dévoilant un groupe prompt à évoluer dans le bon sens, plus précisément en bonifiant son metal indus initial avec davantage d’humanité. Le transfert  d’Hadrien des samples vers le chant hurlé en live est en partie à l’origine de ce revirement puisqu’il a permis à John, guitariste-chanteur depuis 2007, de se focaliser sur le chant mélodique. Trois ans après, nos cinq amis débarquent avec leur album le plus travaillé et pas seulement au niveau des textes, car là où les deux premiers albums baignaient clairement dans un esprit cyber, The Book Of Eliot (mixé et masterisé par Magnus Lindberg, produit par Hord) est le fruit d’une volonté de suivre l’ère du temps, en particulier le metal progressif moderne dans lesquels excellent les grands Devin Townsend ou Textures pour leur mélange de gros son et de plages atmosphériques. Non pas que l’indus ait été mis de côté, mais il se veut simplement plus discret.

Ce qui surprend chez ce groupe, c’est qu’on aurait tendance à penser qu’il a tout donné sur The Waste Land et que le fait de taper aujourd’hui dans un metal plus « in » le ferait perdre en originalité, alors que pas du tout. Même si effectivement, des pistes comme « At The Gate », « On Collision Course » ou « Kindermord » renvoient (in)directement aux deux artistes cités plus haut, il ne faut pas s’arrêter sur ce détail car la musique de Hord est devenue encore plus riche, non seulement au niveau technique mais aussi parce que Hadrien s’est mis au scream et que John ne s’occupe plus que du chant clair. Un choix judicieux qui marque la différence avec le passé du groupe et qu’on ne peut qu’approuver vu le résultat époustouflant. Comme à son habitude, le groupe nous laisse souffler avec un morceau planant (« The Sleepless Journey ») perdu au beau milieu d’une violence rappelant le premier album Reborn From Chaos (2006) avec des titres comme « Confession », « Landscape With The Fall Of Icarus » ou « The Unwaverings » sous une forme différente certes, qu’on pourrait qualifier de clin d’œil français au regretté combo Strapping Young Lad.

Une réalisation majeure pour ce groupe qui peine tristement à se faire connaître sur notre territoire pour les même raisons que certains membres de la Klonosphère : la phobie de la modernité. Tant pis pour celles et ceux qui ne désirent pas s’aventurer dans d’autres contrées que la violence pure et dure. En attendant, nous autres allons continuer à savourer cet album qui ne souffre que d’un léger « défaut » mais pour le comprendre, il faut avoir écouté Textures pendant plusieurs années. Oui, The Book Of Eliot n’est peut-être pas si authentique que ne l’était son prédécesseur mais putain, c’est incroyablement bien foutu et les refrains sont toujours aussi accrocheurs. Du Hord, quoi !

Noisyness.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=9was_ej9Uis]

  1. trashcok dit :

    Sympa la review, surtout très sympa ce morceau, très belle découverte pour ma part!

    Petit PS : la voix du début me fait énormément penser à du Strapping Young Lad. étrange mais sympa !!

  2. trashcok dit :

    comme il est dit plus haut d’ailleurs