Electro / Gothic Metal ©2013

Aujourd’hui, 26 avril 2013, je décide de m’astreindre d’introduction à cette chronique afin de rentrer plus rapidement dans le vif du sujet. Non pas par manque de motivation mais pour la simple raison que cet album de The Veil, intitulé An Electrical Sun, m’a surpris au point de préférer en exposer pleinement mon ressenti sans en perdre une miette.
Bien que gardant beaucoup d’affinités pour le Gothic Metal, je me suis rendu compte que je n’en écoutais plus autant au profit de la scène extrême. A l’écoute de cet album, un mot m’est revenu souvent à la bouche : wouah…

Formé en 2004, le quatuor britanno-nantais est composé de Jensara Swann au chant, Ben Notox aux claviers, Chris Besson à la guitare et Thomas Njodr à la batterie. Ils sortent un premier Ep en 2006, Sleeping Among Serpents puis Reveilations l’année suivante rapidement suivi par Vestige.
Quand le Cd m’est parvenu, j’avoue avoir été assez intrigué par l’appellation donné par Finisterian Dead End, label qui se glisse dans quelques-unes de nos autres chroniques, « Dark Wave/Metal ». Moment de réflexion : à quoi cela peut-il bien ressembler ? J’avais une petite idée, synthés froids sur rythmique légèrement industrielle, mais j’eus l’agréable surprise de constater que s’en était assez différent. Pour décrire pleinement le style, il s’agit d’un Metal Gothique aux accents électro-indus légers. Tout est parfaitement mélangé afin de ne pas rendre le tout trop indigeste ni trop répétitif.
Durant l’écoute on sent une grande présence des claviers, les parties électroniques sont assez discrètes et sont utilisées surtout pour donner de la forme, à juste dose, en début de titre. Pour en revenir à ces claviers, à la première écoute on a une légère sensation de déjà entendu quelque part, sans vraiment arriver à mettre le doigt dessus, très symphoniques et en parfait adéquation aux sonorités plus synthétiques. Peut-être un semblant d’un certain groupe de Black Symphonique français… Anorexia Nervosa? C’est assez simple à expliquer puisque l’album a été enregistré et mixé par Neb Xort à son studio Drudenhaus, très réputé en France.  Il apporte donc en quelque sorte sa « patte » sonore.

D’un premier titre introductif et mystérieux, nous entrons dans l’univers dés le second morceau. Notre oreille est titillée par des accents Black Metal et avant-garde que l’on trouvera régulièrement durant l’album. Et ce « Dark Wave/Metal » prend tout son sens à l’écoute de « 1908 », froid et sombre, rappelant la scène Cold et tout droit sorti d’un Pornography des Cure rehaussé de guitares donnant un morceau à la fois moderne et peu agressif pour une oreille habituée aux sonorités dark/new wave.
« Swallow the Black Ink » et « Nikolas and the Magnetic Storm » entre autres, empruntent des atmosphères électro-indus assez proches de celles de Combichrist, toujours additionnées d’orchestrations symphoniques. Le chant de Jensara arrive également, bien que parfois légèrement vocodé, à s’adapter aux changements d’influences sur le long de l’album, ce qui le rend peu linéaire et apporte plus de diversité. Sur ce Electrical Sun, mon coup de cœur serait certainement « Electrogrammaton », lourd et planant et qui délivre une puissance orchestrale sur le refrain. En général, je suis un peu réfractaire à tout ce qui touche l’électro, même en matière de Metal, à l’exception de quelques formations industrielles comme Fear Factory ou Strapping Young Lad. Mais sur cet album, tout est léger et subtilement dosé, tout va très bien ensemble.

De The Cure à Nine inch Nail, de Lacrimosa à Darzamat en passant par Skinny Puppy ou Crematory et Théâtres des Vampires, une constante sensation de déjà-entendu mais The Veil les concilient en élaguant en largeur le style Gothic Metal plus fondamental. Ce style qui a tendance à se racoler à un jeune public adepte de la scène Metal Symphonique à chanteuse, assez esthétique, ou plus extrême à la Cradle of Filth. Mais ils en oublient certains principes jusqu’à parfois renier les origines de cette musique qui se veut plutôt être une culture à la manière de la scène Metal.
Encore une fois ce cher label Finisterian Dead End tire une belle carte, des leaguers à l’univers tous différent, ce qu’on attend.
Pour ceux et celles qui voudraient se réconcilier avec le Gothic Metal, The Veil est la parfaite entrée en matière et certains seront tentés de découvrir pleinement la genèse de la scène gothique.

AbFoRs.

  1. Waylander dit :

    Un chronique vraiment super qui donne envie d’écouter plus en profondeur ce groupe 🙂