Ça faisait un bon moment que je ne suivais (presque) plus ce qui se passait au niveau de la scène mélodique française. Trop de lyrisme, d’orchestrations et d’ego démesurés avaient fini par me détourner de cette partie de la scène metal. Et pour tout vous dire… j’ai bien eu tord ! Et le report qui va suivre vous expliquera pourquoi.

Quand je suis arrivé a la Scène Bastille ce soir là, je me suis demandé ce qui se passait. Une large queue de metalleux de tout âge et de tout horizon attendait devant la salle et il n’était même pas 19h30. C’est un fait notable, le public parisien était mobilisé.

Apparition

_MG_5652Quand les Apparition montent sur scène, la salle est déjà quasiment comble. Le groupe nous offre un metal mélodique assez basique à grands coups de chant féminin et des sample d’orchestration. Malgré tout, la musique a le mérite d’être sobre. Et la très jolie voie de la chanteuse amène une jolie sonorité au tout, même si cette dernière a de temps en temps quelques légères faussetés mais rien de grave, l’ensemble est beau à l’oreille.

Coté scénique, le groupe manque un tantinet de dynamisme, même si cet aspect s’améliore vers la fin du set.

La grosse surprise a en fait résidé dans la langue maternelle du groupe, la même que Shakespeare. En effet, ce sont des Anglais qui ouvrent en France pour des groupes français ! Il y a de quoi perdre son latin.

Nos amis de l’outre manche nous montrent en tout cas qu’ils savent aussi faire du bon metal mélodique et Apparition en a convaincu plus d’un ce soir.

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Asylum Pyre

_MG_5801Première constatation, le groupe n’en est pas à son coup d’essai et cela se voit (et s’entend). Les fans sont venus nombreux et mettent une très bonne ambiance dans la salle. Ne serait-ce que les « on t’entend pas » et « Ha, c’est mieux » criés bien fort en réponse aux problèmes de micro de la chanteuse qui montre la grand cohésion de la scène mélodique française (et oui, je vous avais prévenus, il n’y aura que ça au programme aujourd’hui). On apprend d’ailleurs par le groupe que certains fans sont venus des quatre coins de la France spécialement pour cette date.

Le groupe affiche une bonne cohésion sur scène et est à la recherche de dynamisme. Si quelques soucis techniques viennent perturber le show, les Asylum Pyre savent en tirer profit et s’en servent pour faire participer le public et nous offrir quelques moments insolites comme le partage du seul micro disponible entre la chanteuse et le guitariste qui fait des chœurs.

Le show acquière une certaine ampleur et heureusement, la musique suit. On a le droit à de jolies envolées mais sur une base bien métallique. La voie de Heidi Chaos tend à nous faire planer par sa maîtrise et nuance sa douceur par quelques passages plus rentre dedans. Un petit régal musical.

Mais, me direz vous, je parle d’un groupe de mélodique mais je n’ai pas encore abordé la partie sample/claviériste. Et bien oui, il y avait bien un claviériste mais caché dans son coin, dans l’ombre. De plus, l’utilisation de samples ne permet pas de savoir quand il joue ou non. C’est dommage, mais nous ne pouvons pas demander aux groupes d’être parfaits, je n’aurais d’ailleurs pas grand chose à dire autrement.

On a en tout cas du mal à ne pas accrocher sur la musique d’Asylum Pyre et à la vue des bras levés dans la fosse et même des headbangs (bien que la place vienne à manquer car la salle est pleine), nul doute que le public apprécie. Certains se sont d’ailleurs rués sur le stand de merch à la fin du concert.

C’est donc une très bonne découverte mais le concert n’est pas encore fini, et la soirée a encore de bonnes surprises en stock.

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Setlist :

  • Wil You Belive Me?
  • Dead In Copenhagen
  • The Frozen Will
  • Laughing
  • Fifty Years Later
  • Juste Before The Silence
  • These Trees
  • The Herd

Whyzdom

_MG_63032Les Whyzdom nous ont donné rendez-vous ce soir et c’est en grandes pompes qu’ils sont venus. Au programme : musique de très bonne facture, jeu scénique plus que travaillé et présentation de leur nouvelle chanteuse. Un programme bien chargé pour la soirée mais qui a fait mouche.

Tout commence dés les premières notes où des torches s’allument de chaque coté de la scène. Les membres du groupes arrivent un par un sur la scène et sont tous bien applaudis pendant que le sample d’intro de « On The Road To Babylon » impose une ambiance quasi martiale.  Très vite, les guitares viennent nous rappeler que nous sommes à un concert de metal et la musique fait son effet, entre émerveillement, puissance et volupté. Puis, c’est au tour de Marie de faire son entrée sur scène et de saluer le public qui n’attendait qu’elle pour que le groupe soit au complet, avant de prendre le micro. Sa voix vient rajouter une dimension supplémentaire à la musique par une approche très « moderne » du chant mélodique.

C’est une mise en bouche très appréciée et le plat principal s’annonce tout aussi bon. Le groupe nous gâte de titres tels que « The Spider », « Dancing With Lucifer » ou encore la surprise de la soirée, la chanson progressive plébiscitée par les fans sur internet : « Cathedral Of The Damned ». Avec tout ça, l’ambiance ne peut que être au rendez-vous et ce n’est pas pour déplaire au public du groupe. Des musiciens, seul le claviériste semble un peu en retrait, ne jouant pas tout le temps et peut-être un peu coincé derrière son instrument. Les guitaristes nous montrent un jeu de scène bien maîtrisé, dans des tenues quelques peu excentriques (oui, une chemise « chinoise » avec un pantalon en cuir, je qualifie ça d’excentrique, inhabituel, mais ce n’en est pas moins classe.) Le bassiste ne se fait pas oublier non plus et dégage beaucoup d’énergie d’un bout à l’autre de la scène. Mais celle qui fait la plus grosse partie du show, c’est bien Marie qui va d’un bout à l’autre de la scène, n’hésitant pas à accompagner son chant de grands gestes ou même à s’agenouiller par terre, au plus près du public. De plus, de nombreux accessoires viennent étoffer le spectacle, comme les flammes en fond de scène, la machine à bulle, les cartes à jouer ou encore le sable, venant augmenter la profondeur de la prestation.

C’était vraiment un très bon concert que nous ont donné les Whyzdom et les membres de ce groupe ont tout pour devenir des étoiles, comme celles que j’ai pu voir briller dans les yeux de leurs fans à la fin de la prestation.

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Setlist :

  • On The Road To Babylon
  • The Spider
  • Atlantis
  • Cassandra’s Mirror
  • The Train
  • Dancing With Lucifer
  • Cathedral Of The Damned
  • Daughter Of The Nigth

Pour conclure cette parenthèse mélodique dans ce monde de brute qu’est le metal, je pense qu’il est important de remercier La Scène Bastille d’accueillir des concerts de cette qualité, et je ne peut que vous conseiller d’aller écouter ces trois groupes en live et en album, ça vaut le détour !

ELADAN