Genre : Dark / Post Rock ©2013

Tracklist:
1- Light
2- Holder
3- Rebirth
4- Nerves
5- Nevercoming Dawn

Seil, un nom qui évoque bien des choses : une île écossaise, une embarcation à voile légère ou encore, dérivé du Seil de la Baque, « glacier » en occitan et aussi, traduit de l’allemand, « décorder » terme d’alpinisme.
Toutes ces expressions se rejoignent en une seule, l’évasion. C’est bien un sentiment que l’on retrouve dans la musique de cette formation finistérienne créée en 2007 à Brest.
Les débuts ne sont pour ainsi dire pas évident, la faute à un line up un peu instable. Le groupe choisi alors de quitter pour un temps sa terre bretonne au profit des paysages finlandais.
Leur son brut est alors devenu un Rock sombre et atmosphérique dans lequel se croisent Blues et Black Metal ou encore Folk et Post Punk.
Seil est une musique intense dans laquelle se mêlent passages acoustiques et distorsion sur un tempo lent et marqué. Des nappes atmosphériques viennent donner du corps à l’armature en apportant une puissance émotionnelle.

Et ce mélange électro-acoustique prend tout son sens dans un univers assez personnel qui n’est pas sans rappeler Anathema ou Katatonia, couplé à des ambiances que l’on peut retrouver chez Alcest mais aussi aux atmosphères planantes du post-rock de Joy Division.
Et c’est donc sur cet Ep 5 titres « From Streetlights to the Ocean » que Seil nous fait partager son univers sombre et mélancolique. Titre clairement exprimé sur la pochette de l’album, d’un personnage songeur devant « l’océan » face  aux « lumières de la ville » ; de la contemplation de l’horizon et l’inconnu dans notre monde moderne.
D’un titre introductif qui fait une belle entrée en matière, il enchaine directement sur « Holder » qui montre d’emblée son ambition de nous prendre aux tripes à la manière d’un « Souvenir d’un Autre Monde » d’Alcest par des alternances entre acoustique en couplet et distorsion aux refrains. Brendan, chanteur, passe tantôt d’un chant aérien à une voix rauque qui vient donner du corps aux passages de guitares plus soutenu.
« Nerves »  se rapproche par son ambiance de Katatonia à son époque de transition vers un style moins brut. Le chant se veut ici légèrement growlé tout en gardant un côté aérien soutenu puis plus calme vers la fin du morceau. Un titre plus métallique qui enchaîne ensuite sur un « Nevercoming Dawn » qui reprend la recette des groupes Doom ou post-black, très instrumental et progressif.

Cet Ep pourrait paraître trop calme pour figurer dans nos lignes habituées plutôt aux « brutes de décoffrage » mais la réelle intensité du groupe s’épanouie pleinement en live par la présence de chacun des membres, couplée à un jeu de lumière qui porte subitement en transe.
Les structures et compositions se révèlent certes assez simples mais c’est par cette simplicité que Seil arrive à nous convaincre. On peut être le plus technique et démonstratif des groupes mais la complexité peut décrédibiliser par la simple volonté d’exposer son bagage technique.
Ce qui pourrait donc expliquer cette volonté pour Seil à ne pas être rattaché à un style « metal », qui plus est, leur méthode de composition est à la base purement folk, puis réarrangée pour les distorsions.
En attendant de pouvoir réaliser un premier véritable album, le groupe souhaite conquérir la scène locale et pourquoi pas nationale, et renforcer leur exercice de communication. Il existe certainement un distributeur capable de mettre le groupe en avant, tout en lui permettant de perpétuer cet univers personnel au combien prenant. À bon entendeur !

AbFoRs.

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