En ce samedi 29 juin, c’est par une météo plus digne d’un mois de novembre que je prends la route en direction du Brin de Zinc. Ce soir, la super salle chambérienne et son équipe offrent à son public le groupe de rock progressif cubain Anima Mundi. Alors, si vous pensiez avoir tout vu et entendu dans ce domaine, préparez-vous à une belle découverte !

Anima Mundi

Il est environ 21h15 quand les membres d’Anima Mundi prennent place devant le puIMG_9038blic du Brin de Zinc. L’entame est instrumentale mais n’en est pas moins fabuleuse pour autant. L’ambiance qui s’installe transporte peu à peu les spectateurs sur les pentes du « Machu Picchu ». Nous avons alors la sensation d’incarner « Tintin » et de partir à la recherche du « professeur Tournesol » avec plusieurs sherpas à notre tête. Le tout grâce à la douceur des carillons utilisés par le chanteur Emmanuel Pirko Farrath qui à chaque fois qu’il les utilise, nous laisse flotter au grès du vent. Pour rajouter une couche à notre marche maya, Emmanuel nous offre une petite balade en pirogue grâce au superbe son d’un gigantesque bâton de pluie. Mais si cela n’est pas assez enchanteur pour vous, attardez-vous sur la qualité technique du guitariste Roberto Diaz. Car chaque solo que nous offre Roberto est une leçon guitaristique d’envolée magistrale. Mais le plus impressionnant est la retenue dont fait preuve José Manuel Govin car à chaque frappe, nous sentons quIMG_9085’il veut se déchaîner sur sa pauvre batterie. Certains diront que le côté Rock progressif est trop mis en avant, mais ce qui fait le charme et la beauté d’Anima Mundi, c’est de nous proposer deux sets très différents. En effet, après environ 1h30 de jeu, Roberto Diaz nous annonce qu’ils vont faire une pause d’une vingtaine de minutes avant de nous jouer la seconde partie de leur dernier album. Il précise d’ailleurs que cette dernière sera plus sombre. Nous voici donc partis pour un entracte. Du jamais vu sur un seul groupe. Mais tant mieux, on profitera plus longtemps de ce quinquet cubain. De retour sur scène, le groupe reprend dans un registre rythmique plus rapide et nous sentons déjà que cela convient beaucoup mieux au batteur JosIMG_9098é Manuel Govin qui arrive à lâcher ses coups régulièrement. Tout devient alors plus cohérent, le chant un tantinet hésitant d’Emmanuel prend de l’ampleur et le jeu technique instrumental s’intensifie de plus belle. Si les quatre gros claviers utilisés par la belle Virgina Peraza était peut-être un peu trop en avant sur la première partie, gâchant ainsi la paisibilité de leur jeu, là c’est le jour et la nuit car chaque note nous transperce et nous frappe de plein fouet. L’instant est magique et chargé d’émotion. Et en tant que spectateurs, nous hésitons à applaudir de façon à ne pas gâcher ce moment. Mais ce qui aura été surement le plus émouvant est le rappel demandé par un seul homme dans le public et le sourire de ces artistes incroyables face à cette demande.

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Beaucoup de groupes de Rock progressif déçoivent par leur jeu et leur manque d’inventivité. Mais en ce qui concerne Anima Mundi, je vous conseille sérieusement de jeter une oreille à cette formation cubaine qui vaut grandement le détour. Bravo à ces cinq musiciens de talent. Merci au Brin de Zinc pour nous faire vivre encore et toujours des moments comme celui-ci.

Dommage que le public n’est pas été plus présent. Alors, messieurs dames, si vous voulez continuer à voir des groupes venir en France, faites le déplacement ! Car il n’est pas nécessaire de payer 50 € pour aller en concert quand plein de petites salles offrent des concerts merveilleux et souvent chargés d’émotion pour moins de 10€ !

ELOVITE

  1. chronique des plus justes pour qualifier ce groupe talentueux!