C’est sur les berges de l’Ay, une petite rivière s’écoulant au creux d’une vallée au nord de l’Ardèche, non loin du Rhône que se déroule le festival Rock d’Ay, organisé par Caillette Prod. Pour cette édition 2013, les organisateurs nous ont concocté une très belle affiche, avec Punish Yourself en figure de proue. Le temps est juste splendide mais la chaleur écrasante. Mais au vu du programme, la température risque de grimper considérablement au fil de la soirée.

InfrarougeNous ouvrons le festival avec le rock/fusion d’Infrarouge, un groupe venu de Roanne. Le public se montre timide et reste en retrait. Serait-ce à cause de la chaleur Ardéchoise ? Car beaucoup préfèrent l’ombre. Faut dire aussi qu’il fait très chaud en ce samedi. Les textes d’Infrarouge sont francs, engagés et associés à une fusion bien soutenue. Musicalement, les structures sont variées et très groovy, notamment la basse de Bertrand. Toutefois, si le concert démarrait de façon très énergique, une baisse de régime se fait sentir vers le milieu du set. Heureusement, le groupe terminera sur un final bien rythmé.

Trime teamLa Trime Team prend le relais sur la deuxième scène. Et oui, car il y a deux scènes ! On ne fait pas les choses à moitié chez Caillette. Il semblerait que le Metal/Punk trime treamdes Lyonnais soit un peu plus au goût du public qui se rapproche au devant de la scène. Entre temps le soleil décline et les zones ombragées sont désormais plus grandes. La Trime Team est en grande forme et malgré les aléas sonores du chant de Flo et la guitare un peu brouillonne, la sauce prend très bien auprès du public. Pour le final, Flo fera monter plusieurs spectateurs sur la scène, donnant au concert des allures de fêtes entre potes.

Doberman crew

On enchaîne ensuite avec Doberman [Crew], eux aussi originaires de Lyon qui s’installent sur la scène principale. Aux notes bien emportées de leur styleDoberman crew2 Hardcore-Punk s’ajoute le flow rappé de Keefran, véritable leader charismatique. La sauce prend bien, le public bien présent est déchaîné cette fois-ci, tout comme le chanteur Keefran qui ne tient pas en place sur scène. C’est tant mieux comme ça. Le son est très bon, donnant toute leur ampleur aux riffs rageurs de Will et aux lignes de basse. N’oublions pas la prestation très impressionnante de Pio derrière ses fûts, véritable moteur de cette machine. Un set ravageur qui prouve une fois encore les qualités scéniques de Doberman Crew.

Toyobo 3Retournons sur la petite scène pour voir Tayobo. Le groupe de fusion interprète une musique très dansante et marquée par le jazz. La rupture entre le style de Doberman Crew et celui de Tayobo est assez brutale car beaucoup de spectateurs ont du mal à entrer dans le set. Pourtant, Tayobo sait aussi jouer de manière plus brutale et les riffs rageurs ne tardent pas à apparaîtrent. La présence de deux chanteurs dynamise les compositions aérées et variées du combo. Ça bouge, ça saute, les textes sont originaux et engagés. Une surprise dans ce festival et un groupe qui aura marqué une nette coupure dans le style général.

Punish yourself 3109Puis arrive la tête d’affiche : Punish Yourself. Vous allez dire : quoi déjà ?! Oui, déjà. Le groupe a préféré jouer plus tôt dans la soirée !

Et là, on voit que le public est venu pour eux. Il est complètement déchaîné et ça pogote de partout. Très rapidement, un nuage de poussière s’élève depuis lesPunishyourself 3397 premiers rangs, recouvrant les spectateurs, le matériel des photographes et même les retours posés sur la scène ! La prestation scénique assez théâtrale : les musiciens sont enduits de peinture de la tête au pied, les visages représentent des crânes de style mexicain. Derrière les musiciens, des portes battantes translucides roses en formes de cœur avec des montants ornés de fleurs… Oui, j’ai bien écrit rose ! La couleur, pour ceux qui ne connaissent pas.. Le tout éclairé par des spots donnant du contraste à toutes ces couleurs. On y ajoute un danseur recouvert lui aussi de peinture, faisant plusieurs apparitions au cours du concert dans différentes tenues SM. Voilà pour les yeux !

Punish yourself 3081Pour les oreilles, une sonorité Punk/Rock/Metal Indus des années 80′, 90′, une influence certaine pour Alien Sex friend, The Cramps et une touche d’Iggy Pop. Un son énorme, réglé au poil pour donner toute son ampleur à ce spectacle hors du commun. À l’image de son chanteur, Vincent, complètement déjanté. Vers la fin du set, il slammera sur un public acquis à sa cause, ou à sa folie, c’est selon. Punish Yourself nous quitte sur une démonstration assez originale : le « danseur » zombifié utilisant une meuleuse et des plaques de fer pour réaliser des effets pyrotechniques. Une prestation inoubliable, justifiant à elle seule le déplacement en Ardèche.

Yurakane 3253Arrive le tour des Pallois de Yurakane avec leur hardcore décapant. On voit le chanteur de Punish arriver dans la fosse et se mêler à la foule. Malgré  sa présence, une partie du public a déserté les lieux, même s’il y a toujours une bonne ambiance. Yurakane ne se laisse pas démonter et met un point d’honneur à provoquer un circle-pit. Comme lors du tremplin pour ce même festival, le groupe de Pau exécute parfaitement ses morceaux taillés pour la scène (notamment le rageur « We Don’t Need », repris en chœur par une partie du public). De plus, le groupe nous a réservé une surprise puisque Lokx (chant) fera monter sur scène Max, le chanteur des Coredump, le temps d’un morceau pour un duo explosif. Le son est vraiment très bon, ce qui propulse les compositions du groupe. Une prestation elle aussi remarquable, surtout après Punish Yourself. Un groupe à suivre de près.

Noein 3278On termine le Rock d’Ay sur la voix death et claire de Jenni, la chanteuse de Noein. Le groupe de Rouen à la charge de clore le festival, malheureusement devantNoein 3419 une foule réduite. Cela n’empêche pas les membres de Noein de tout donner. Surtout Jenni, impressionnante de maîtrise vocale avec cette alternance voix claire/growls qui lui semble si facile. Musicalement, le son est très bon et permet d’apprécier les compositions complexe du groupe. Quelques pogos seront lancés durant le set, sans pour autant atteindre le niveau de folie durant Punish Yourself. Noein aura exécuté un très bon set et achevé de belle manière ce festival.

Le Rock d’Ay 2013 est terminé. Une belle affiche, une bonne ambiance aussi bien dans le public qu’en backstage, un accueil « comme à la maison » aussi bien pour les spectateurs que pour les professionnels. Un public bien présent mais un peu plus de monde aurait été pas mal non plus, d’autant que le site peut accueillir plusieurs centaines de personnes et ce, dans un cadre vraiment magnifique.

Un grand merci à tous les bénévoles, en particulier Pedro dit « Maman » au catering, à Kazzik et François au son, à Seb pour les lumières, à Joss et Ludo les barmens de choc et à toutes celles et ceux qui n’auront pas compté leurs efforts pour réaliser ce festival.

Mélissa & Kouni

  1. […] de les revoir, ceux-là. Pour celles et ceux qui s’en souviennent, Infrarouge a ouvert le Rock d’Ay, à Sarras, en 2013. Ce jour-là, cette formation originaire de Roanne nous avait laissé une bonne […]