Le Sylak. Festival se déroulant sur trois jours et proposant toujours de belles affiches. La troisième édition n’échappe pas à la règle puisque ce ne sont pas moins que Nashville Pussy, Biohazard, Eluveitie et Le Bal des Enragés les têtes d’affiches cette année.

Pour des raisons purement personnelles, je ne me suis pas rendu au festival le 1er jour, marqué entre autres par un immense bain mousse. J’arrive donc sur les lieux le samedi 10 août à 11h30, peu avant la première déflagration.

Samedi 10 août 2013

AGNOSTIC FRONT-20130811-004

Le ciel est dégagé, le soleil radieux et un léger vent nous rafraichit. Le site est superbe, nous offrant de nombreux lieux ombragés par les arbres. La scène, quant à elle, ne va pas tarder à être foulée par le premier groupe de la journée.

ULTIMATE-20130810-005Ultimate – 11h30

Il n’y a pas encore beaucoup de spectateurs lorsque Ultimate monte sur les planches. Il est encore assez tôt, me direz-vous. Malgré le faible nombre de spectateurs accoudés aux barrières, le groupe va s’efforcer d’ouvrir la journée de fort belle manière malgré un son très moyen.

Ultimate nous propose un Heavy Metal à tendance Prog, ce qui donne des morceaux assez variés et techniques. La formation alterne chansons énergiques et d’autres plus « calmes ». La conviction y est et Ultimate remplit parfaitement son rôle, à défaut d’avoir livré un set impeccable.

PHYLLISDIETRICHSON-20130810-005Phyllisdietrichson – 12h30

Dans l’espace Presse-VIP, j’entends derrière moi un court dialogue entre deux hommes :

« C’est quoi le groupe suivant ? »

« Phlyssi… Physslli… putain mais faut être bourré pour prononcer ça ! »

« Ah ben c’est qu’on est pas encore assez bourrés alors… »

Effectivement, le nom est difficile à dire mais heureusement, la formation originaire d’Annemasse va nous envoyer une musique « décérébrante », ce qui nous rendra capable de prononcer PHYLLISDIETRICHSON-20130810-008leur patronyme sans se mordre la langue (ou presque). Phyllisdietrichson (c’est presque aussi dur de l’écrire), c’est du Hardcore bien violent qui vous sort les tripes. Les membres du groupe et surtout leur chanteur, Ben, sont très énervés et nous le font savoir dès les premières mesures. Les morceaux sont nerveux avec parfois quelques passages atmosphériques. De quoi perdre quelques vertèbres au moment ou le groupe repart dans un riff très brutal. La prestation est énergique et servie par un son puissant mais pas toujours très clair, hélas. Toujours est-il que les musiciens se donnent à fond et sont remerciés par un public conquis.

CULT OF OCCULT-20130810-003Cult Of Occult – 13h30

Après le Heavy Metal Prog et le Hardcore rageur, voici maintenant Cult Of Occult et son Sludge/Doom. La longue introduction préfigure parfaitement ce que sera l’ensemble du set. Lent, lourd et pesant, avec des basses très massives. L’ambiance est glauque et mélancolique, comme l’apparence des membres du groupe, tous vêtus en noir, la capuche de leur sweet-shirt rabattue sur le visage. Une partie du public accroche, l’autre non. Pour la défense du groupe, il s’agit d’une musique si sinistre qu’elle ne peut s’adresser qu’à certaines personnes, amatrices de cette atmosphère ou celles ayant un vécu dramatique. Quoiqu’il en soit, les Cult Of Occult remportent un certain succès auprès des spectateurs.

14h00 Pause

Je profite du set de Cult Of Occult pour me restaurer. Le site est désormais un peu plus rempli de spectateurs. Tous ne sont pas devant la scène, beaucoup se reposent à l’ombre des arbres ou regardent le spectacle offert par une troupe de « saltimbanques » jonglant avec des quilles. Une artiste-peintre s’affaire sur un tableau commencé la veille (mais je ne verrai pas le rendu final). L’ambiance est très détendue et j’ai plus l’impression de me balader au milieu d’un village vacances que sur le site d’un festival de Metal. Faudrait peut-être en faire part à M6, tiens…

SYLAK-20130810-003

FRONTAL-20130810-008Frontal – 14h30

Les spectateurs se massent soudainement devant les barrières du pit photo. Frontal arrive. Si j’ai d’abord eu du mal à comprendre pourquoi tant de personnes se déplaçaient pour ce groupe, je vais pas tarder à réaliser pourquoi. Le groupe va livrer un set très bon et énergique, propulsé par le batteur Morgan Berthet (Myrath). Malgré le mixage encore une fois médiocre, le public est très réceptif à la musique de Frontal. Le chanteur communique beaucoup avec les festivaliers et rapidement, une empathie naît entre le public et le groupe. Une performance efficace de la part d’un groupe très proche des ses fans.

VALIENT THORR-20130810-012Valient Thorr – 15h30

Alors là, attention. Une des claques du festival arrive. Votre humble serviteur avoue qu’il ne l’a pas vue venir, simplement parce qu’il ne connaissait pas ces Hard RockersVALIENT THORR-20130810-003 américains (honte à lui). Valient Thorr déboule sur les planches du Sylak suite à l’intro de « 2001 L’Odyssée de l’espace » (Stanley Kubrick). Le chanteur barbu Valient Himself est d’ores et déjà surexcité, presque en transe, au moment où la première note retentit. Le set démarre, ou plutôt explose et l’effet se fera ressentir jusqu’à la toute dernière note, malgré un son toujours pas à la hauteur. Complètement à fond, le groupe interprète ses hits sans ralentir la cadence. Dans la fosse, c’est le début d’un gros carnage avec de multiples pogos et circle pits. Se nourrissant de cette énergie, Valient Himself saute soudainement dans le pit photo, escalade la crash barrière et plonge dans le public sans que la sécurité n’ai le temps de réaliser ce qu’ils se passe ! Le chanteur se fraye un chemin dans la fosse et écarte le public pour créer un large espace vide autour de lui. Il invite ensuite plusieurs spectateurs à s’asseoir par terre derrière lui pour simuler une course d’aviron ! Véridique ! Les festivaliers, morts de rire, seront nombreux à se prendre au jeu. Après avoir ramé durant trois bonnes minutes, Valient Himself laisse les spectateurs ramer seuls et remonte sur scène pour le dernier titre, lui aussi percutant. Ses compagnons ne sont pas en reste, notamment Dr Professor Nitewolf Stangees (basse) qui fait de multiples grimaces aux photographes et Lucian thorr, impérial derrière ses fûts et cymbales. Le set aura duré 45 minutes mais on ne les a pas vu passer. Du bonheur d’un bout à l’autre et un gros délire. Une claque !

MONDO GENERATOR-20130810-004Mondo Generator – 16h45

Restons aux USA avec Mondo Generator, mené par Nick Oliveri (ex-Kyuss, ex-Queens Of The Stone Age). Le bassiste entre rapidement dans le vif du sujet avec son Stoner teinté de Punk et les spectateurs accrochent très rapidement. Le son est enfin bien réglé et nous pouvons apprécier à leur pleine mesure les petites perles interprétées par Nick et ses lieutenants. Le Stoner rencontre depuis quelques temps en France un franc succès et la musique de Mondo Generator n’échappe pas à la règle. Les spectateurs sont acquis à la formation américaine et vont provoquer un pogo pour le final du set, marqué par la très convaincante reprise de « Green Machine » (Kyuss).

Le set de Mondo Generator terminé, il est temps de faire un petit debriefing avec mon subordonné Elovite, plus occupé à tester les crêpes chantilly et autres barbes à papa. Verdict : excellent. Parlons un peu des stands présents sur le site. Du disquaire aux marchands de sapes gothiques, il y en a pour tous les goûts (et toutes les bourses ou presque). Un stand « Sea Shepperd » permet même de soutenir le projet d’exploration sous-marine. Un rapide tour vers les animations disponibles nous permettent de voir quelques festivaliers s’essayer au combat de sumo, à l’attrape-mouche ou encore à cette espèce de gonflable recouvert d’eau permettant de glisser sur plusieurs mètres. Bref, tout est fait pour s’amuser dans la bonne humeur et ne pas céder au coté obscur du satanisme et des messes noires (journalistes de Zone Interdite, si vous me lisez…).

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BANANE METALIK-20130810-019Banane Metalik – 18h05

Les Banane Metalik et leur délire morbide à base de « Gore n’ Roll » se fait attendre plusieurs minutes et l’impatience commence à se faire sentir dans la fosse. La décorationBANANE METALIK-20130810-010 de la scène ne laisse aucun doute quant au spectacle qui nous attend : du sang, de l’horreur et des zombies. C’est justement maquillés en zombies que les musiciens se présentent à nous. Le public réagit en hurlant de joie et le concert débute enfin. Les spectateurs sont déchainés dès le premier titre et les premiers slammers du festival apparaissent enfin. Les vigiles sont sur le qui-vive afin d’assurer notre sécurité dans le pit photo. Les slammers sont toujours interceptés par la sécurité, efficace, et si le spectateur ne peut venir à Banane Metalik, alors Banane Metalik viendra à lui ! En effet, le chanteur Ced 666 saute dans le pit photo à l’instar de Valient Himself quelques heures avant et escalade la barrière. Donnant le micro à quelques spectateurs et serrant des mains, il remontera enfin sur scène pour en redescendre encore une fois. Pour l’avant-dernier morceau, le groupe fait monter une vingtaine de spectateurs sur scène dont le Minotaure Gothique qui prendra le micro, ainsi qu’une femme aux seins nus venue se déhancher avec les zombies (faut dire qu’il fait chaud dans la fosse, placée en plein cagnard). Une fois ces joyeux festivaliers redescendus, le concert se poursuit et le chanteur lance des os et autres objets non identifiés dans la foule. Un spectateur (ou une spectatrice) fera de même, Ced 666 et Bananium (guitare) esquiveront de justesse une paire de tongs. Au bout de 45 minutes, les Banane Metalik prennent congé d’un public chauffé à blanc et complètement surexcité. Les slammers n’auront pris aucun répit, tout comme les musiciens qui auront tout donné.

HAEMORRHAGE-20130810-006Haemorrhage – 19h20

Ne quittons pas le domaine de l’horreur et du sang car les Espagnols d’Haemorrhage s’apprêtent à nous… ausculter (oui, c’était facile). Lugubrious (chant) recouvert de sang, donne le ton d’entrée. Le set sera sanglant et particulièrement brutal. Les membres du groupe sont habillés en chirurgien (la guitariste Ana ayant revêtu un uniforme d’infirmière) et sont couverts de tâches de sang. Aucun doute, ça va charcuter sévère pendant près d’une heure ! Le public adhère rapidement à ce concept et là aussi, comme pour Banane Metalik, les slams et pogos vont pas tarder à apparaître. Pourtant, à y regarder de plus près, la fosse s’est légèrement vidée. Les spectateurs préférant certainement se réhydrater et se restaurer avant d’affronter les derniers groupes. Toutefois, la formation espagnole n’en a cure et se donne à fond pour ses fans, dont certains sont déguisés en chirurgiens. Lugubrious, très en forme vocalement, est au taquet, fait mine de se tailler les veines à plusieurs reprises et incite les spectateurs à faire des circle pits bien bourrins. Un son bien équilibré permet de profiter pleinement du show et les lumières mettent bien en avant l’esthétique sanglante du groupe. Une excellente prestation !

EYEHATEGOD-20130810-002Eyehategod – 20h40

Revenons à un univers plus sobre avec Eyehategod. En effet, après deux concerts assez violents, nous pouvons à nouveau profiter du Sludge bien gras des Américains. Comme pour Mondo Generator, le public adhère immédiatement à cette musique. Les natifs de La Nouvelle-Orléans, ravis de cet accueil, se donnent sans compter sur scène. Ça bouge, ça joue très bien et le chanteur Mike Williams communique bien avec les festivaliers. Ce dernier semble parfois entrer en transe mais ça se comprend aisément en écoutant les longs passages atmosphériques caractérisant la musique de Eyehategod. On flirte parfois avec le Doom et on se surprend à penser au Black Sabbath des débuts. Une excellente performance, servie par un très bon mixage.

ELMER FOOD BEAT-20130810-006Elmer Food Beat – 22h00

L’avant-dernier groupe de la soirée se nomme Elmer Food Beat et s’avance sur les airs du jingle de la 20th Century Fox suivi du générique d’ouverture des Star Wars. LesELMER FOOD BEAT-20130810-005 Nantais ont la lourde tâche d’introduire les Nashville Pussy mais vont relever ce défi haut la main. Formation complètement décalée, EFB va remporter tous les suffrages auprès du public. Et à entendre les refrains repris ardemment par les spectateurs du premier rang, je soupçonne le groupe de bénéficier d’une côte de popularité assez importante. En écoutant les paroles et en voyant la dégaine du chanteur, on comprend tout de suite. EFB, c’est de la déconne à l’état brut et c’est tout ce qu’on demande ! Le groupe joue à fond sur l’autodérision et l’humour graveleux. Pour preuve, ce slow durant lequel le chanteur Manou fera monter une spectatrice sur scène pour danser langoureusement avec elle. Bien sûr, le slow en question comporte des paroles très portées sur le sexe, accentuant ainsi l’aspect délirant du slow. La spectatrice repartira avec des souvenirs plein la tête et une casquette à l’effigie du groupe breton.  Dans la fosse, l’ambiance est très festive et bon enfant. Quelques ballons (en fait des préservatifs gonflés) atterrissent régulièrement dans le pit photo et sur la scène. Le groupe s’amuse lui aussi, principalement Manou qui multiplie les sauts et utilise une épuisette en guise de guitare. Le son est excellent, tout comme le jeu de lumières, donnant ainsi au spectacle d’EFB une qualité irréprochable, en plus de la prestation des musiciens et de l’interprétation mémorable de « Le plastique, c’est fantastique » ou encore « La caissière de chez Leclerc », pour ne citer que ces titres. Pourtant, le concert se termine et après un dernier « Merci les filles !!! », EFB se retire pour laisser la place aux chattes de Nashville.

NASHVILLE PUSSY-20130810-015Nashville Pussy – 23h30

Pas d’intro, pas de fioritures, le set démarre sur les chapeaux de roues avec « Keep On Fuckin ». Blaine Cartwright (chant, guitare rythmique) et sa femme Ruyter Suys NASHVILLE PUSSY-20130810-010(guitare) sont au taquet dès le début, tout comme la nouvelle bassiste Bonnie Buitrago qui n’a rien à envier à sa prédécesseur Karen Cuda. Blaine hurle dans son micro pour faire réagir le public, qui s’exécute aussitôt et se lance dans un furieux pogo durant le redoutable « Wrong Side of a Gun ». Le son est tout simplement excellent, les guitares tranchantes comme du verre nous donnent des uppercuts à chaque accord. C’est pourtant sur ce point que le concert des sudistes va en prendre un coup. En effet, très tôt dans le set, Ruyter sera victime de problèmes récurrents avec sa Gibson SG, obligeant la plantureuse guitariste a interrompre le concert pendant plusieurs minutes. Le public finit par s’impatienter et Blaine invitera les spectateurs à huer sa compagne. Ne parvenant pas à résoudre ses ennuis techniques, Ruyter prendra une autre guitare qui rencontrera elle aussi un problème quelques chansons plus tard. Finalement, ces problèmes finiront par être résolus et Ruyter pourra de nouveau jouer comme si elle était possédée. La guitariste NASHVILLE PUSSY-20130810-016saute, se jette par terre et ne s’arrête pas une seconde, à part pour se réaccorder car vu les coups qu’elle donne, l’accordage ne tient pas plus d’une chanson. Le public est déchainé et les slammers s’en donnent à cœur joie. Le groupe aussi, d’ailleurs. C’est connu, il y a une histoire d’amour entre les Nashville Pussy et la France et Blaine se fait un plaisir de nous le rappeler dans un court discours exprimé en partie dans notre langue. Bonnie, l’alter ego « basse » de Ruyter, fait leNASHVILLE PUSSY-20130810-011 spectacle dans son coin et ses lignes de basse percutantes donne encore plus de groove aux morceaux. Ainsi, les titres issus du dernier opus « From Hell To Texas » (le plus lent et groovy du combo de Géorgie) sont transfigurés en live. « Why Why Why » et « I’m So High » remportent un immense succès auprès du public (même quelques vigiles battront la mesure). Du fait de l’interruption en début de set, celui-ci paraît court et c’est donc avec une impression de trop peu que nous arrivons au final complètement dément : « Go Motherfucker Go ! ». Joué à 200 à l’heure, ce hit nous met une dernière claque. Le groupe l’achève sur un larsen, un peu à la façon de Motörhead à la fin de « Overkill » et les musiciens quittent la scène, à l’exception de Ruyter qui s’est littéralement écroulée sur les planches. Immobile, elle reste là plusieurs minutes avant que deux bénévoles ne viennent la chercher et la porter dans les loges. Un dernier geste de la guitariste pour nous saluer et les lumières s’éteignent définitivement, du moins jusqu’à demain. Un concert débordant d’énergie, avec des musiciens à 1 000 % de leur motivation.

Le deuxième se termine dans une ambiance bien Rock n’ Roll. Les spectateurs retournent tous à la buvette ou sous leurs tentes. La troisième et dernière journée sera plus axée sur le Hardcore et sera riche en surprises. Mais vous découvrirez ceci demain !

Dimanche 11 août 2013

 AGNOSTIC FRONT-20130811-008

Après une nuit courte mais reposante, il est temps de retourner sur le site du Sylak. Aujourd’hui, la journée sera sous le sceau du Hardcore et du Punk !

J’arrive au festival juste à temps pour voir le début du concert de Own The Owner.

OWN THE OWNER-20130811-006Own The Owner – 11h00

On se met directement dans l’ambiance avec le Metalcore mélodique des Lyonnais Own The Owner. Bien que le groupe soit très jeune (il fêtera ses 1 an très bientôt), il dispose déjà d’une belle assurance. Musicalement, la formation lyonnaise originaire de Bourg-en-Bresse se démarque avec des compositions variées et intéressantes, avec un côté sombre. On peut sentir une influence des Anglais de Bring Me The Horizon. Le son est mieux réglé que la veille mais le public est encore très disparate. Même si peu de spectateurs sont présents et pas vraiment réceptifs, ça n’empêche le groupe de bien faire son travail. Mention spéciale pour le bassiste Rem, très dynamique et mobile. Un très bon concert dans l’ensemble qui aura ouvert la journée de fort belle manière.

SEDATIVE-20130811-007Sedative – 12h00

Quand on choisit le nom Sedative pour baptiser son groupe, on a plutôt intérêt à jouer une musique qui donne l’effet inverse de ce type de médicament. Heureusement pour nous, Sedative va nous secouer fortement. Le public est désormais un peu plus nombreux et beaucoup attendent le groupe avec intérêt. Immédiatement, les spectateurs et moi-même sommes captivés par la brutalité de la formation originaire de Chamonix. Sedative joue un Death/Grind assez brut de pomme et dispose d’un son très puissant. Le set est carré, captivant et impitoyable pour nos cervicales. Le groupe est impressionnant musicalement parlant et VinZ, le chanteur, est un véritable leader maitrisant son organe vocal. Il faut l’entendre rugir et hurler ses paroles pour s’en rendre compte. Le public, lui, a très vite compris et les circle pits ne tardent pas à se déchainer. Une prestation excellente, à classer parmi les meilleures du festival. Tout simplement.

DISSIDENT PACHYDERME-20130811-006Dissident Pachyderme – 13h05

Calmons-nous les esprits avec le Stoner de Dissident Pachyderme. Placer un groupe de ce courant musical juste après une déflagration de Death peut sembler étrange du fait que plusieurs groupes de Stoner furent programmés hier et malheureusement pour le groupe lyonnais, ce choix va un peu plomber leur performance. En effet, une large partie du public a quitté la fosse pour rejoindre la buvette ou les stands de merchandising. Pourtant, Dissident Pachyderme vaut la peine de s’y intéresser, ne serait-ce que pour la richesse musicale de leurs compositions. Morceaux atmosphériques et planants ponctués de passages instrumentaux juste géniaux, le groupe maitrise son sujet et s’éclate avec les spectateurs qui sont restés devant les barrières. Ces derniers sont complètement acquis au groupe. Si d’un point de vue instrumental, il n’y a aucun reproche à faire, il n’en est pas de même pour le chant, manquant de justesse. Toujours est-il que le groupe délivre une très bonne prestation, malgré un problème technique concernant la batterie, en fin de set.

MONDO GENERATOR-20130810-007

Il est maintenant temps de faire une petite pause. Un petit tour rapide sur le site me permet de revoir les saltimbanques d’hier s’entrainant avec leurs quilles, mais cette fois dans les costumes de sumo. Défi en partie réussi. L’ambiance est toujours aussi détendue et beaucoup de festivaliers se reposent à l’ombre des arbres, en attendant les grosses pointures de la journée. Si ces dernières n’arriveront que plus tard, un groupe « inattendu » pour ma part s’apprête à réaliser LA performance du festival…

TARLD-20130811-015The Amsterdam Red Light District – 14h05

À peine arrivés sur scène, les musiciens sont déjà au taquet. The Amsterdam Red Light District (Tarld) nous balance direct son Hardcore rageur en pleine poire. Lourde, rapide,TARLD-20130811-018 violente, la musique de ces lyonnais produit un véritable choc dans la fosse. Le chanteur, Elio, n’a aucun mal à tenir le public dans sa main. Constamment en mouvement et terriblement charismatique, Elio vient nous prendre par les tripes. Comme si ça ne suffisait pas, le vocaliste descend de scène et sort du pit photo micro à la main pour rejoindre la fosse afin de pogoter avec les spectateurs. Un nuage de poussière de trois mètres de haut ne tarde pas à apparaître en plein milieu de la fosse. Le vocaliste revient ensuite sur scène en enjambant les barrières mais ne se calme pas pour autant. Elio s’assied par terre et demande au public de l’imiter. Après avoir compté jusqu’à quatre, le chanteur et le public se lèvent soudainement et sautent comme un seul homme. Mais il n’y a pas que le chanteur qui fait le spectacle, le guitariste Maxime captive également notre attention avec ses nombreux sauts de cabri. Rock n’ Roll jusqu’au bout, le guitariste se blessera au visage et saignera abondamment du nez pendant tout le concert. Pas de quoi ralentir la cadence toutefois, Tarld se donne à fond pour retourner le Sylak. Mission largement accomplie pour la formation lyonnaise. Un véritable électrochoc et un groupe à surveiller de très près !

MUMAKIL-20130811-002Mumakil – 15h05

Après la tornade Tarld, voici le raz-de-marée Mumakil. Dans un registre différent de leurs prédécesseurs, les Suisses de Mumakil vont nous livrer un Grindcore assez massif. Très en forme vocalement, le chanteur s’impose comme un des meilleurs vocalistes que j’ai entendu dans ce registre. Le son est là aussi très bon, bien que la voix soit mixée un peu trop en avant. L’interprétation est très carrée, chaque musicien étant pleinement concentré. Le batteur est réellement impressionnant, avec un niveau de jeu très élevé. Le public est très réceptif à cette prestation et va se lancer dans plusieurs circle pits bien bourrins. Une très bonne performance des Helvètes.

DOWNSET-20130811-005Downset – 16h00

La première vague des « Big Five » du Sylak arrive enfin. Les hardcoreux de Downset s’avancent devant nous et entrent directement dans le vif du sujet. Ni une ni deux, un gigantesque circle pit éclate dans la fosse. Les Américains précurseurs du Hardcore/Hip Hop sont particulièrement en forme, surtout le chanteur qui arpente la scène de long en large. Le chanteur rejoindra à maintes reprises le public près de la crash barrière pour lui faire chanter les paroles et ça se bouscule pour venir hurler dans le micro ! Il réclamera plusieurs fois un circle pit et les spectateurs seront trop heureux de répondre à sa demande en créant un véritable chaos dans la fosse. Un set en tout point remarquable, dynamique et joué à toute vitesse. Et dire que ça ne fait que commencer…

AGNOSTIC FRONT-20130811-005Agnostic Front – 17h30

Le célèbre instrumental « L’Estasi Dell’ Oro » d’Ennio Morricone retentit dans les enceintes, annonçant un concert épique, tout comme le film dont il est la bande-son.AGNOSTIC FRONT-20130811-027 Quelques minutes de calme avant la tempête, un court laps de temps rythmé par cette composition grandiose et par les cris du public qui réclame les New-Yorkais.

Soudain, la musique est coupée et les membres d’Agnostic Front surgissent de derrière leurs amplis, s’avancent brutalement sur le devant de la scène. L’imposant chanteur Roger Miret monte sur ses retours et lève les bras pour stimuler le public. Celui-ci hurle sa joie et le groupe entame son premier titre. La foule se déchaîne d’un seul coup et provoque un carnage où se mêlent circle pits, pogos et slams. La sécurité est sollicitée à tous les endroits pour contenir les nombreux slammers. Plusieurs photographes sont bousculés dans le pit, dont votre serviteur qui reçoit même un coup de pied derrière la tête de la part d’un slammer récupéré par trois vigiles. C’est la guerre dans la fosse !

AGNOSTIC FRONT-20130811-012Sur scène, c’est la même chose. Les musiciens sont complètement surexcités et nous offrent un concert très énergique, en plus d’être carré. Le son est clair et puissant,AGNOSTIC FRONT-20130811-002 parfait pour rendre honneur aux compositions nerveuses d’Agnostic Front. Le rythme ne baisse jamais et nous ne sommes pas arrivés au bout de nos émotions. Un enfant d’environ neuf ans réalise un superbe slam et arrive dans le pit photo. Roger Miret l’a remarqué et demande à la sécurité de le faire grimper sur scène. Le gosse arrive aux côtés du chanteur qui le prend immédiatement dans ses bras et le porte comme s’il était son propre fils. Le temps d’une chanson, cet enfant aura partagé un moment extraordinaire avec l’une des pointures du Hardcore made in NY. Voulant faire durer le plaisir, Roger invite le jeune métalleux à rester pour un nouveau titre. Ce dernier sera rejoint par son jeune frère puis par son père pour un headbanging effréné. Une vraie famille de rockers ! Sans oublier leur mère restée dans la fosse, des étoiles plein les yeux. Les bonnes choses ont pourtant une fin et après que la famille soit redescendue dans la fosse, Agnostic Front amorce la fin de son set avec deux titres explosifs. La fosse se remet à mosher une dernière fois. Une ambiance juste incroyable, avec un groupe au top de sa forme et à l’esprit bon enfant. Grandiose !

BAL DES ENRAGES-20130811-019Le Bal des Enragés – 19h05

Peu avant le début du concert, la fosse s’est considérablement remplie. Le site affiche complet (le festival parviendra à atteindre les 4 500 entrées sur l’ensemble duBAL DES ENRAGES-20130811-041 week-end) et les spectateurs n’en peuvent plus d’attendre ce « reunion-band » qu’est le Bal des Enragés.

C’est Reuno (Lofofora) qui ouvre le bal de fort belle manière avec une reprise de Bérurier Noir, « L’empereur Tomato Ketchup ». Le chanteur est au taquet et incite le public à se lâcher. Ce qu’il fera durant tout le concert. Avec son charisme et son talent, Reuno soulève la foule qui saute au rythme des standards du Rock. Rapidement rejoint par ses confrères Vincent Véhixe (Punish Yourself) et Poun (Black Bomb A), le concert passe la vitesse supérieure pour nous offrir des reprises diablement bien réinterprétées. « I Wanna Be Your Dog » (Iggy Pop), chantée par Vincent donnera l’occasion à un « acteur » de venir sur scène affublé d’une tenue SM et de jouer avec le chanteur à la crête.

BAL DES ENRAGES-20130811-023Au fil des titres, nous pouvons voir qu’une belle complicité existe entre les musiciens, notamment entre Reuno et Poun qui chantent régulièrement en duo, moments assez dynamiques tant les deux vocalistes sont à fond. Schultz, guitariste et chanteur respecté de Parabellum fera également deux interventions au micro (« FeuerBAL DES ENRAGES-20130811-032 Frei ! » de Rammstein et « Cayenne ») et épaulera ses amis sur plusieurs titres avec son touché de guitare si groovy et Rock n’ Roll. Le titre « Maxwell Murder » (Rancid) donnera lieu à un violent mosh dans la fosse, avec comme point culminant le court mais difficile solo de basse qui provoquera quelques ruptures de cervicales parmi les premiers rangs. En parlant des spectateurs, certains se sont déguisés pour l’occasion. Ainsi, nous pouvons voir les gars de la sécu récupérer deux femmes Vikings, un homme déguisé en Blanche Neige, un panda géant ou encore un couple portant des couches pour adultes. Tout un délire. Je vous assure que c’est vraiment surprenant lorsqu’on est dans le pit photo, de se détourner quelques secondes du groupe pour jeter un œil sur le public et de voir atterrir devant soit un gigantesque panda… Bref, revenons au concert. Si derrière moi, les slams BAL DES ENRAGES-20130811-038connaissent une croissance exponentielle, il en est de même pour l’énergie déployée par les Enragés. En raison d’une setlist raccourcie, les musiciens se donnent à 1 000 % pour nous laisser repartir rassasiés. Ce ne sera pourtant pas le cas, car après la redoutable triplette « Walk » (Pantera), « Enter Sandman » (Metallica) et « Refuse/Resist » (Sepultura), nous avons une sensation de trop peu. Il faut malgré tout respecter l’horaire et celui-ci déborde déjà légèrement, ce qui conduira à un allongement du planning. Mais ne gâchons pas notre plaisir, nous avons eu droit à une performance excellente, servie par des musiciens motivés au sommet de leur art.

ELUVEITIE-20130811-015Eluveitie – 20h45

Après une bonne série de concerts sous très haute tension, les organisateurs ont eu la bonne idée de calmer les ardeurs du public avec Eluveitie. Les SuissesELUVEITIE-20130811-019 affichent tous un large sourire et font montre d’une belle énergie. Le public, bien qu’un peu réduit, est toujours bien présent et donne de la voix sur chaque chanson. Le son est très bien calibré et permet d’entendre distinctement ces instruments peu courants comme la mandore, le bodhran ou la vielle à roue (jouée par Anna Murphy, également chanteuse). Chrigel Glanzmann (chant principal, une multitude d’instruments…) agit en maître de cérémonie celte et nous distille ces histoires de batailles et de héros. Un voyage dans le temps et à travers les contrées. Si musicalement, le groupe assure et effectue un set impeccable, les compositions sont quant à elles plutôt prévisibles. Toutefois, les passages « dansants » sont réussis et donne au public ce qu’il veut : de l’énergie. Le côté épique de la musique des Helvètes est renforcé par un jeu de lumière sublime et par le sourire radieux de la violoniste Meri Tadic, prenant visiblement énormément de plaisir à jouer devant nous. Le groupe sait y faire pour mettre l’ambiance et Chrigel parviendra à provoquer le premier Wall Of Death de la journée.

BIOHAZARD-20130811-006Biohazard – 22h50

C’est avec quarante minutes de retard sur le planning (retard imputable aux concerts précédents) que les Américains de Biohazard se présentent sur scène. LeBIOHAZARD-20130811-012 gang de Brooklyn fait face à un public très fourni, complètement surexcité. À peine le groupe a t-il entamé son premier morceau qu’un énorme cirlce pit est lancé. Le son est massif mais des problèmes surviennent dans les retours du chanteur-guitariste Billy Graziadei qui ne s’entend pas. Malgré cela, le groupe délivre une prestation de très haut niveau. Nous n’en attendions pas moins des précurseurs de la fusion « Metal/Rap ». Billy succombe aux sirènes des fans qui l’acclament et saute dans le pit photo pour les rejoindre. Aidé par deux vigiles, il escalade la barrière et se tient en équilibre dessus. Soutenu par quelques spectateurs du premier rang (dont Mike, notre directeur de BIOHAZARD-20130811-009publication et créateur de ce webzine), le six-cordiste blond exécutera un solo et tapera quelques « High Five » avant de remonter sur scène. Ses collègues Bobby Hambel (guitare) et Scott Roberts (basse) sont constamment en mouvement, ce qui les rend difficiles à photographier (le flou n’est pas notre ami, sauf le flou artistique). L’énergie déployée est telle que les musiciens transpirent très vite à grosse gouttes. Les festivaliers aussi, d’ailleurs. L’un d’eux parviendra à déjouer la sécurité et montera sur scène pour headbanger devant la batterie de Danny Schuler, impérial sur son kit. Les musiciens s’en amusent et après un bref échange de sourires, le fan quittera la scène. Biohazard poursuit son set et le terminera en beauté avec un titre ravageur. Une fois les instruments posés, les New-yorkais descendent dans le pit pour serrer les mains et remercier leurs fans. Une attitude respectable pour un groupe aussi notoire.

La troisième édition du Sylak se termine ainsi, sous les applaudissements adressés à Biohazard. Les bénévoles du festival monteront enfin sur scène et recevront une superbe ovation. Il faut dire que cet évènement est une réussite, tant au niveau de l’accueil que de l’organisation.

Félicitations aux organisateurs et à tous les bénévoles. Merci aux groupes et aux animateurs pour nous avoir donné autant de plaisir pendant ce week-end.

Le rendez-vous est d’ores et déjà pris pour la quatrième édition du Sylak, les 9, 10 et 11 août 2014 !

Kouni

  1. magnifique reportage sur sylak ! félicitations et merci !! le papa…