Interview Doberman Crew

Posté le : 11 septembre 2013 par dans la catégorie Interviews
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Nous avons profité de la venue du groupe lyonnais Doberman Crew au festival Rock d’Ay pour interroger son charismatique chanteur, Keefran. En plus d’être terriblement gentil, le leader de la meute de chiens enragés est également très bavard au sujet de son groupe et nous fait partager son analyse du « music business ». Retour sur un entretien décomplexé avec un passionné.

Interview réalisée par Melissa aus Frankreich, le 20 juillet 2013 à Sarras.

Keefran, lors du concert au Rock d'Ay.

Keefran, lors du concert au Rock d’Ay.

SOM : Quels sont les échos de votre dernier album ?

Keefran : Le truc est sorti il y a un an, en mai 2012. Nous n’avons eu que des retours positifs de la part de tous les webzines, magazines et radios spécialisés dans le genre. Tout le monde a trouvé qu’on avait mieux travaillé que sur le premier album, et c’était le but du jeu d’évoluer d’un album à l’autre. C’est très satisfaisant pour nous de voir tous ces bons retours.

SOM : Quels sont vos projets futurs ?

K. : Nous avons fait 50 dates à peu près pour cet album là. Nous allons fêter la centième en automne avec des potes avant d’entamer l’écriture du troisième album en décembre. On va s’enfermer dans une espèce de baraque pendant quelques jours pour ça. Enfin je dis un troisième album mais on ne sait pas encore trop la gueule que ça aura, un Ep ou un album, je ne sais pas trop.

SOM : Quelles sont vos influences ?

K. : Nous avons plein d’influences. Tu as déjà écouté notre son ? Nous mélangeons plein de choses : jamais assez Punk pour les punks, jamais assez Hardcore ou Metal pour les autres mais on mélange toutes ces choses là. C’est une grosse fusion, très Metal mais un grosse fusion. Mon chant est en français, plus rappé ou hurlé mais compréhensible, on aime vraiment un tas de choses comme un grand écart entre Slayer et Portishead, mais ça reste Metal.

SOM : Quel est ton meilleur souvenir de concert ? Et avec quelle tête d’affiche ?

K. : Qu’est-ce qu’on a fait dernièrement qui était bien marrant… (quelques secondes de réflexion). Avec Tagada Jones et Lofofora, on avait bien ricané au Ninkasi (Lyon, ndlr), on avait galéré parce que le système son était tombé en panne donc toutes les balances n’ont servi à rien. On a fini par chanter des chansons sur scène, c’était vachement cool. C’était il y a un an. Un autre, au-dessus de Nancy, Firstrage avec un accueil du tonnerre !

SOM : Et ton pire souvenir ?

K. : Toujours le même, avec Ministry. On avait ouvert pour eux un soir au Transbordeur (Villeurbanne, ndlr) où on s’était fait jeté à 20h parce qu’il ne fallait pas mélanger le staff américain avec le reste du staff de la tournée. Je crois que c’était la seule date française de la tournée à avoir une première partie de la ville. Mais costaud sinon ce concert, on a joué devant des gens qui n’en avaient rien à foutre !

SOM : Comment vois-tu l’évolution de la scène Metal depuis tes débuts ?

K. : Ça dépend, je trouve que c’est en dents de scie. Après, il y a un reproche que je fais tout le temps, c’est qu’il y a un passage de relais qui ne se fait pas forcément entre des groupes qui sont en place et ont déjà une belle notoriété. Nous jouons souvent avec des super groupes et on a l’impression que c’est toujours le même schéma. C’est redondant tous ces groupes qui jouent tout le temps et ce serait bien qu’il y ait des groupes qui arrivent derrière et qui soient un peu tirés vers le haut par ces groupes là justement, parce que ça se fait pas. C’est un peu dommage. Il y a comme un passage de relais qui ne se fait pas entre les générations de groupes depuis de nombreuses années avec des gens en place qui n’amènent pas vers eux les jeunes en disant « allez, on se partage le gâteau » ou « on fait découvrir de nouvelles gueules ».

SOM : En parlant de tout ça, depuis combien de temps es-tu dans le milieu ?

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Pio, un des batteurs les plus impressionnant de la scène Metal lyonnaise.

K. : Depuis de très nombreuses années. J’ai joué dans plein de groupes différents et n’ai jamais considéré la musique comme un métier. Après, quand on part en tournée, nous sommes organisés dans une structure qui s’appelle M2M Entertainment que je tiens avec Pio (batteur de Doberman Crew, photo ci-contre, ndlr) et je m’occupe de toute la partie booking/diffusion, montage des tournées et des dates. On se heurte toujours à la notoriété qui fait qu’on te dit : « ah oui, tu es untel, ça marche » et tu as beau avoir ouvert pour des centaines de groupes et participé à un paquet de festivals, tu restes toujours dans ton coin si t’es indépendant, quand t’es pas soutenu par une grosse structure. La scène Metal est en dents de scie parce qu’il y a un tas de trucs mortels, des tas de groupes qui restent en place mais qui ne font pas forcément croquer le gâteau. Tu vois où je veux en venir ? Voilà, l’explication est un peu barbare, mais bon ! Sinon, en ce qui concerne les autres activités, nous organisons pour la troisième année « Le Père Noël et Ses Rockeurs » au Transbordeur, en partenariat avec le Secours Populaire que nous sommes allés voir dans le but de collecter des fonds et des jouets pour eux.

SOM : Peux-tu nous parler de tes autres projets musicaux ?

K. : Il y a un truc qui m’éclate bien à faire de temps en temps, c’est DJ Lamoroso. C’est un mix où je passe des disques punk, hardcore, folk et celtes en soirée. Ah et puis je fais un cover band des Red Hot Chili Peppers : Suck My Chili Peppers, avec des gars supers costauds.

SOM : Pour finir, un petit mot pour les fans ?

K. : Euh… coucou !

Merci à Keefran de nous avoir accordé un peu de son temps pour nous répondre.

Pour découvrir l’album « Le Grand Soir », c’est sur Bandcamp. Bonne écoute !