À peine remis du Bouge Ton Fest à Saint Vallier, je dois remonter sur Lyon en compagnie de Mike pour assister au concert des fous furieux The Dillinger Escape Plan, organisé par Gérard Drouot Productions et Eldorado. Les Américains joueront au Transbordeur en configuration Club en compagnie de Maybeshewill et de Circles. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui ouvrent la soirée tandis que la salle se remplit lentement mais sûrement.

CIRCLES-20130929-002Circles

Le combo australien monte sur les planches du Transbo Club devant un public bien fourni mais encore clairsemé. Le Metal Prog de Circles attire quelques curieux et reçoit un bon accueil dès les premières chansons. Pourtant, si le début du concert s’annonçait bien, l’effet de surprise s’essouffle vite, la faute à des compositions peu originales et surtout inégales. Lassant sur la longueur, Circles produit un concert carré avec toutefois quelques bons moments musicaux. La plupart des spectateurs apprécient quand d’autres sortent fumer une cigarette en attendant la grosse déflagration. Au crédit du groupe, une technique maîtrisée, un son bien réglé mettant en avant chaque musicien. Dommage que ça n’ait pas vraiment décollé.

Maybeshewill

Avec ce patronyme improbable, on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Et c’est justement ce qui fera le succès de Maybeshewill ce soir puisque ce groupe sera la grosse surprise. EnMAYBESHEWILLS-20130929-001 effet, les Britanniques ont fait le pari de jouer une musique purement instrumentale. Aucun chant ne viendra se poser sur les compositions alambiquées du groupe, seule la sensibilité artistique des musiciens nous transportera pendant environ 45 minutes. 45 minutes de grand Art ! Le groupe est très bon techniquement, les morceaux sont très variés et alternent entre moments émouvants et instants de bravoure. Toutes les émotions sont retranscrites musicalement et le set des Anglais prend une allure de voyage intérieur. Le public est littéralement capté par cette prestation que l’on pourrait qualifier d’excellente. Les quelques bribes d’électro apportent un cachet particulier à la musique de Maybeshewill, tout comme le synthé qui est clairement l’instrument principal du combo. Très inspiré et novateur, voilà sans nul doute un groupe qui ira très loin. En attendant, c’est une ovation qui est offerte au groupe à sa sortie.

DEP-20130929-011The Dillinger Escape Plan

Ce fut un massacre. Voilà. Merci de m’avoir lu, bonne journée, au revoir.

Non, plus sérieusement, voici ce qui s’est vraiment passé :

Sortis soudainement de nulle part, des dizaines de spectateurs arrivent dans la salle et viennent se masser devant la scène. Il faut bien reconnaître qu’un concert de TheDGE-20130929-003 Dillinger Escape Plan, ça ne se rate pas. Au moins pour voir la folie furieuse qui habite les Américains et aussi celle des fans. À peine le groupe est-il monté sur les planches qu’une énorme déflagration retentit. Le concert démarre, le carnage aussi. Les photographes du premier rang, pris entre deux feux, ne tiennent (survivent ?) que quelques minutes avant de devoir battre en retraite sur les côtés de la scène. C’est qu’entre les fans surexcités derrière et le chanteur Greg Puciato complètement instable se jetant sur les spectateurs pour leur passer le micro, ça devient assez difficile de faire son travail. Le spectacle donné par les Américains est violent, barré, puissant et captivant. À coups de stroboscopes et autres effets de lumières provoquant une épilepsie, le groupe nous en met plein la vue et fait le nécessaire pour nous abasourdir musicalement. D’autant que le réglage du son est impeccable, nous permettant d’entendre distinctement chaque musicien, en premier lieu le batteur Billy Rymer, vraiment impressionnant par sa précision et sa force de frappe. Les compositions complexes du groupe sont parfaitement interprétées et les titres extraits du dernier DGE-20130929-008album ont la part belle dans la setlist. Chaque morceau est propice à provoquer une émeute dans le Transbo Club. Le public est complètement déchainé. Les slams se comptent par dizaines, sans parler des circles pits. Le guitariste Ben Weiman décide lui aussi de faire le show en se suspendant façon cochon pendu tout en jouant de son instrument, ou en se jetant sur les spectateurs pour jouer une mesure asymétrique et torturée. Le concert se déroule à un rythme effréné, marqué par les nombreux slams des spectateurs. Greg, dans un ultime brin de folie, escalade la structure métallique derrière la scène (en fait un escalier), monte sur le balcon et enjambe la rambarde malgré l’intervention d’un agent de la sécurité. Quatre mètres en dessous, les fans s’amassent et se préparent à le réceptionner. Le chanteur saute du balcon et atterri sur les bras des spectateurs qui le font slammer jusqu’à la scène. Le concert de DEP se termine comme il a commencé, c’est à dire dans l’hystérie. Toutes les personnes présentes ce soir sont venues pour en découdre et il faut admettre que ce fut bien sanglant.

Rarement, je n’ai vu une telle violence durant un concert. The Dillinger Escape Plan est décidément un groupe à part, aussi bien musicalement que visuellement. Une attitude purement rock n’ roll  qui nous a ravit. Une réussite.

Merci aux groupes, aux spectateurs pour leur folie,  au personnel du Transbordeur ainsi qu’aux organisateurs Gérard Drouot Productions et Eldorado.

Kouni