Lorsque le combo australien Airbourne débarque dans la banlieue lyonnaise, avec leurs amis de Corroded et Black Spiders, nous sommes sûrs d’en avoir pour notre argent. À condition d’aimer le Hard Rock sauvage et qui tâche. En tout cas, le public a répondu présent, et c’est après avoir parcouru une très longue file d’attente que j’entre dans la salle Le Radiant, en petite configuration mais blindée. Le temps de sortir le matériel photo et c’est parti pour une série de déflagrations sonores.

CORRODED-20131113-008Corroded

Les Suédois de Corroded ont démarré leur set en trombe, devant une foule de spectateurs accrochés à la barrière du pit photo. L’ambiance est déjà électriqueCORRODED-20131113-001 dans la fosse. Cette même électricité envoyée par un groupe au taquet, jouant des partitions accrocheuses et efficaces, malgré quelques titres en deçà. Le mixage donne un son lourd et puissant aux morceaux mid-tempo de Corroded, et la voix rauque de Jens Westins ne manque pas d’agressivité, mais est malheureusement banale. On préfère se concentrer sur la musique et les soli, très réussis. Niveau look, les membres du groupe sont tous vêtus à l’identique, portant une veste de motard, arborant le nom et le poste du musicien. C’est la classe. Tout comme leur musique, groovy et dansante à souhait. Dommage que les Suédois ne soient pas plus bavards, car nous aurions aimé créer plus d’empathie avec eux. Heureusement, les sourires et clins d’œil à nos égards nous rapprochent d’eux. Leur Hard Rock simple mais ingénieux fait passer un très bon moment à toute la salle, si bien que les spectateurs des premiers rangs ne tardent pas à se lancer dans du headbanging effréné. Une bonne ouverture et une bonne découverte, mais qui sera vite éclipsée par la prestation du groupe suivant.

BLACK SPIDERS-20131113-010Black Spiders

Après une courte intro, le groupe Black Spiders déboule sur la scène du Radiant et BOOM ! Les Britanniques nous mettent une claque sonore d’entrée de jeu. Plus BLACK SPIDERS-20131113-005énergiques, et interprétant un Hard Rock plus varié que leurs prédécesseurs, Black Spiders nous entraine dans un maelstrom de riffs rock n’ rollesques. Les Black Spiders bougent constamment, jouent ensemble, sautent et nous font des signes. Une cohésion assez forte règne dans le groupe, nourrissant leur musique. Manifestement influencés par Black Sabbath, Led Zeppelin ou encore The Stooges, la voix du chanteur rappelant celle de Steven Tyler (Aerosmith), les Black Spiders ont néanmoins leur personnalité, matérialisée par un sens du groove et des mélodies originales. Nous ne décrochons pas de tout le set, et surtout de la prestation du batteur. Ce dernier exécutant un jeu très visuel et acrobatique, avec ses cymbales placées très haut. Après quarante-cinq minutes de set, les Anglais nous quittent sous un tonnerre d’applaudissements. Nul doute que ce groupe aura gagné beaucoup de fans ce soir.

AIRBOURNE-20131113-002Airbourne

La musique du générique de Terminator 2 – Judgement Day (James Cameron, 1991) retenti dans les enceintes. Des spots rouges éclairent le backdropAIRBOURNE-20131113-005 reprenant la pochette du dernier album, « Black Dog Barking ». Dans la fosse, la tension monte de seconde en seconde, les spectateurs hurlent « Airbourne ! Airbourne ! » en cadence. Soudain, les Australiens surgissent du fond de la scène et font exploser le riff de « Ready To Rock ». Le public saute et hurle. Joel O’Keeffe s’empare du micro, sa Gibson Explorer blanche marquée d’impacts en mains. À ses côtés, ses lieutenants David Roads (guitare rythmique) et Justin Street (basse) assurent les parties rythmiques, cadencées à un train d’enfer par le frère du vocaliste, le batteur Ryan O’Keeffe. Comme à son habitude, le groupe est très vif. Les musiciens se déplacent souvent, David et Justin échangeant parfois leur place pour satisfaire les fans. Les hits s’enchainent à grande vitesse, chaque fois introduits par un court discours de Joel. Ainsi, nous avons droit à une série de tubes avec « Too much, too young, too fast », le très rapide « Girls In Black » ou encore le groovy « Cheap Wine & Cheaper Women », sur lequel le chanteur boit presque cul-sec une bouteille de vin rouge, en ne manquant pas de nous féliciter pour la AIRBOURNE-20131113-012qualité de notre production viticole. Le public participe avec ferveur au spectacle d’Airbourne, en chantant les refrains, en slammant, sans oublier ces sempiternels headbangs. Joel grimpe sur les épaules d’un technicien et fend la foule pour aller jouer un solo au fond de la salle, à côté de la sono. La sono, justement, parlons-en. Le son est très inégal. Si la guitare et la voix de Joel sont bien (trop) mises en avant, il n’en est pas de même pour la guitare de David et la basse de Justin. En s’éloignant de la scène, ça s’améliore quelque peu, mais ce n’est pas non plus l’extase auditif auquel on pourrait s’attendre pour un groupe de cette ampleur. Ce point négatif est heureusement contrebalancé par la prestation du groupe, de très haut niveau. Difficile d’entendre une fausse note, tant le concert est rôdé et les titres maîtrisés. Mais, là aussi, un léger malaise se fait sentir au bout d’un moment. Étant fan de Rock australien et notamment des vétérans AC/DC, je ne peux m’empêcher de voir beaucoup de gimmicks d’Angus Young être récupérés par Joel. À commencer par les longs soli entre deux morceaux. Certes, c’est toujours plaisant d’assister à ces élans électriques, mais c’est loin d’être original. Heureusement, la manière peu orthodoxe de Joel d’ouvrir les cannettes de bière reste toujours hilarante à regarder. Après avoir ouvert six cannettes en les frappant sur son crâne, elles finiront par atterrir dans le public, après un joli lancer de quatre mètres. Aux dernières nouvelles, aucunAIRBOURNE-20131113-010 spectateur ne fut blessé par une bière sauvage en perdition. Après une heure de jeu qui aura fait la part belle au premier album, le rappel est amorcé par une sirène assourdissante et des bruits de moteurs d’avions. Suite à un crash d’engin, le groupe lance le titre « Live It Up », premier single extrait du dernier album. Le furieux « Raise The Flag » est presque méconnaissable, du fait du mixage qui noie les guitares. La fin du concert approche et c’est l’incontournable « Runnin’ Wild » qui va mettre un terme à cette soirée. Les Australiens vont nous faire plaisir en étirant ce morceau sur plus de dix minutes, avec force de soli et un medley constitué des titres « Live And Let Die » (Guns n’ Roses), « Dog Eat Dog », « Let There Be Rock » (AC/DC) et « Paranoïd » (Black Sabbath). Finalement, Airbourne nous aura mis notre claque. Du coup, le concert semble court (1h30 de jeu) mais aura été très intense. Malgré tous les défauts que nous pourrions leur trouver, ça n’en reste pas moins un sacré groupe de scène.

 Setlist :

  • Ready To Rock
  • Too Much, Too Young, Too Fast
  • Girls In Black
  • Back In The Game
  • Diamond In The Rough
  • Black Dog Barking
  • Cheap Wine & Cheaper Women
  • No Way But The Hard Way
  • Stand Up For Rock n’ Roll

Rappel :

  • Live It Up
  • Raise The Flag
  • Runnin’ Wild

Voilà pour cette soirée très réussie. Un plateau très équilibré, car nous aurons eu droit à trois interprétations du Hard Rock : celui des Suédois, des Anglais et de leurs cousins australiens. Nous Productions a encore tapé juste avec cette affiche. Le public fut au rendez-vous et ça fait plaisir de voir une salle vibrer comme cela.

Merci aux groupes, au personnel du Radiant, à Nous Productions et surtout au public qui aura largement contribué à mettre une ambiance incroyable.

 Kouni