Parfois, la vie réserve de belles surprises. En fait, c’est surtout dont les choses arrivent qui sont surprenantes. Le concert de ce soir, au Ninkasi Kafé de Lyon, en fait partie. Au départ, il n’était pas prévu que je vienne me promener dans le septième arrondissement lyonnais, loin d’être mon coin préféré de la cité. Pourtant je suis là, sur la terrasse du lieu en question, à braver le froid humide et le vent glacial. Tout ça parce qu’il y a quelques semaines, lors de ma venue en Ardèche pour un concert privé, je fus réveillé par un groupe qui venait répéter dans ce lieu gardé secret. Passé la désagréable sensation qu’on vient de me priver d’un sommeil tant espéré que nécessaire après une nuit d’excès, et surtout après avoir ingéré un café salvateur, mon esprit vient à penser que la musique jouée par ce groupe cartonne bien. Ce groupe, c’est Dagyde. Et c’est pour eux que je suis venu ce soir. Après la découverte en studio de répèt, viendra la confirmation en live ?

DAGYDE-20131203-002Dagyde

Comme d’habitude, le bar-restaurant est bien rempli. Les gens mangent, discutent, les couples s’étreignent et les curieux s’avancent vers la scène, là où Dagyde prépare son matériel. Il est 21 heures et le concert commence, doucement. Le groupe lyonnais s’élance dans un Fusion Rock énergique et endiablé, avec quelques variations très intéressantes. Pourtant, la sauce a du mal à prendre. Pas que l’interprétation soit mauvaise (loin de là) mais parce qu’il manque un chanteur. En effet, Dagyde n’a pas de vocaliste dans ses rangs et nous livre un set uniquement instrumentale. Alors, certes, il y a de nombreux passages très funky, où le groove d’Emma (basse) fait littéralement décoller nos pieds du sol. Si la musique de Dagyde est dansante, elle contraste avec l’attitude des musiciens. À l’exception de la bassiste, souriante DAGYDE-20131203-003et mobile, le groupe ne bouge pas et garde les yeux rivés sur les instruments. Ainsi, le guitariste Rémi ne regarde pas le public ou même ses camarades, préférant se concentrer sur sa six-cordes. Techniquement, le groupe s’en sort bien malgré quelques erreurs discernées par ci, par là, mais rien de bien grave. La guitare aurait gagné à être un peu plus mise en avant, contrairement à la platine du Dj Judbass. Dagyde a assuré l’essentiel, à savoir nous maintenir intéressés. Les applaudissements du public sont là pour le confirmer, bien qu’il aura fallu attendre les derniers morceaux pour voir les spectateurs bouger, récompensant les efforts d’Emma, très communicative avec nous. Mais, pour se faire une réelle idée de leur potentiel, il faudrait les revoir accompagnés d’un chanteur. Mais pour un premier rendez-vous, c’est plutôt encourageant et j’avoue avoir envie de les revoir. À découvrir !

SCREW YOU GUYS-20131203-005Screw You Guys (Funk The Nation)

En quittant la scène, quelques minutes plus tôt, Emma nous avait promis un grand moment avec Screw You Guys. La bassiste ne nous aura pas menti. Dès SCREW YOU GUYS-20131203-002l’entame du set, les musiciens se montrent très dynamiques. En particulier le chanteur et le bassiste qui, au vu de sa longue chevelure et son attitude, semble plus disposé à jouer dans une groupe de Thrash Metal. Mais, il va rapidement nous démontrer qu’il mérite sa place dans Screw You Guys, avec son jeu de basse impressionnant de technicité. Influencé par les ténors de la Fusion Rock, tels Rage Against The Machine, Screw You Guys nous oblige à bouger nos corps raidis par le froid. Un chant bien rythmé, animé d’un SCREW YOU GUYS-20131203-007excellent flow à la Zach De La Rocha (RATM) nous emmène dans les hauteurs tandis que les lignes de basse rondes et mélodiques nous font secouer la tête. Le guitariste use de divers effets pour agrémenter ses soli très fluides. Les phasers et autres wah-wah sont légions (peut-être un peu trop, l’effet tue l’effet au bout d’un moment). La mélodie reste la priorité et c’est tant mieux. Le public est très réceptif et entre rapidement dans la danse. Les morceaux enchaînés par le groupe sont variés et disposent chacun d’excellentes parties très funky. Le bassiste nous casse la bouche par sa virtuosité (même quelques ratés ne suffiront pas à ternir son mérite) tandis que le batteur, impérial, ne relâche jamais ses efforts. Ça joue vite et bien, tout en restant groovy. Les échanges avec le public sont nombreux et les spectateurs du Ninkasi le leur rendent bien car les applaudissements sont nourris. Screw You Guys s’est mis le public lyonnais dans la poche en l’espace d’une heure à peine et doit remonter sur scène pour interpréter un rappel ravageur.

Setlist :

  • What
  • Right
  • Beat Like You
  • Curling
  • Anachronic
  • Jus a Man’s Right
  • Like A Hurricane
  • Count Of 4
  • Dance Hole
  • BYWSM
  • Human Zoo
  • Deep Dirty
  • Palpation

Le Ninkasi Kafé s’est donné pour mission d’offrir des découvertes musicales à sa clientèle chaque mardi. Une très bonne initiative, surtout quand elle permet à de tels groupes de se mettre en lumière, devant un public pas forcément constitué d’aficionados. Merci aux groupes, au personnel du Ninkasi et au public pour cette soirée.

Kouni

  1. lola dit :

    j’y étais et c’était génial!!! On veut revoir Screw You Guys, découverte épatante ! merci également a Dagyde pour ce moment sympa