Ce soir là, Base Production mettait le Rock et le Metal progressif à l’honneur, dans la salle du Divan du Monde. Et pour cela, ce n’est rien de moins que les Norvégiens de Leprous et les Polonais de Blindead qui viennent nous rendre visite dans la capitale ! Il y avait déjà de quoi saliver, rajoutez les Parisiens de Nemost en première partie de ce combo déjà fatal, et vous aurez une bonne idée de l’état d’excitation de certains fans de progressif devant la salle.

 Nemost

_MG_7749Les premiers à monter sur scène sont donc nos petits français de Nemost. Bien qu’encore très jeune, le groupe vient de sortir son second album « As The Oceans Burn », distribué avec le magazine Metallian du mois d’octobre, en kiosque quelques jours plus tôt. Une belle petite publicité pour le groupe mais le plus dur reste à faire : convaincre en live !

Et pour cela, la formation à plusieurs atouts dans sa poche. En plus de leur Death mélodique de qualité, ce sont des musiciens de caractère qui sont sur scène devant nous. Si l’on peut reprocher à certains d’être un poil trop statiques, ce n’est pas le cas de tous et Johan, guitariste, nous prouvera que même sur une scène encombrée du matériel de trois groupes, il est possible de trouver encore un peu d’espace pour faire voltiger manche de guitare et cheveux longs. Un autre atout du groupe s’appelle Arnold et c’est par son charisme que ce chanteur sait se démarquer : mimiques, mouvement maîtrisés, gestes amples, on sent l’habitude de la scène.

Même si le public n’est pas forcément des plus réceptifs au début du concert, le groupe part très vite à la conquête des cœurs en entamant tout suite par « Sardanapale », une chanson issue de leur premier album « The Shadow’s Trail » et qui a déjà fait ses preuves en live plus d’une fois : une intro à la guitare classique avant d’envoyer du bois, ça marche tout le temps ! À coté, d’autres titres comme « Fight » et « Lifeless Heart » laissent plus planer l’auditeur et seront l’occasion de mieux profiter de l’ambiance dégagée par le groupe. Mais l’un des morceaux qui aura le mieux marché, est sans doute « Respawned », un morceau avec une énergie à vous rompre les cervicales !

Même si l’on peut leur trouver encore quelques imperfections, ce fut une très bonne prestation pour les Parisiens et l’on en redemande.

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Setlist :

  • Sardanapale
  • Beasts and Bullies
  • Fight
  • Lifeless Heat
  • The Aimless Endevour
  • Atomnium
  • Respawned

Blindead

_MG_7792Ce sont ensuite au tour des Blindead de monter sur scène. Le groupe est en support de Leprous sur leur tournée européenne et nous sentons assez vite leur habitude de la scène. Cette scène est d’ailleurs un espace qui leur est propre et bien personnalisé : le fond de la scène est transformé en un grand écran de projection pour y montrer différentes vidéos, afin d’agrémenter les chansons. Des vidéos en noir et blanc, d’une esthétique de toute beauté, montrant divers objets et corps mais auxquelles il manque malheureusement le lien entre l’image et les sujets des chansons pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas les chansons.

C’est dans ce décor imposant et assez joli que les Polonais nous livre leur Metal Progressif. Au menu, c’est une musique emplie de mélodies et sur laquelle le clavier prend une place à part. Un Metal Progressif d’une rare intensité, à l’esthétique sonore tout aussi poussée que le visuel nous est offert ce soir là, sur scène. Ici, assez peu de gros riffs de guitare, tout est fait pour embellir les musiques et nous transporter dans les limbes de leur univers particulier et envoûtant. La voix de Patryk Zwolinski se montre d’une grande douceur et vient très largement contribuer à l’atmosphère planante et énergique qui se dégage de Blindead.

La seule chose venant troubler cette ambiance si particulière de réflexion et de puissance, est le changement et l’accordage quasi obsessionnel des instruments, basse comprise, entre chaque morceau ! Cela est sans doute nécessaire, mais crée des vides dans un concert qui, sans ces interruptions, serait tout simplement exceptionnel. Ha, et l’autre petit détail qui est venu bousculer cette prestation, est la mise en veille de l’ordinateur gérant la projection en fond de scène, mais ce fut l’occasion d’apprendre comment se dit « batteries faibles » en Polonais.

Malgré ces ombres au tableau, Blindead reste pour moi une très bonne découverte et un show magnifique.

À aller voir de toute urgence !

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Leprous

_MG_8013Vient ensuite la tête d’affiche de la soirée, j’ai nommé, Leprous ! Très vite, on se rend compte que la place vient à manquer dans la « petite » fosse du Divan du Monde, me poussant à aller apprécier le concert depuis la balustrade. Et je n’ai aucun regret d’avoir pris de la hauteur pour mieux voir, tellement ce concert était riche, visuellement parlant !

Leprous, c’est quoi ? Je serais bien tenté de vous répondre que c’est un ovni musical de qualité, mais cela vous laisserait sans doute encore dans le vague, alors, tentons d’être plus précis.

Déjà, ce n’est pas du Metal à proprement parler mais, plutôt une musique hybride entre le Metal progressif et le Rock ambiant, à la frontière entre ces deux mondes, et prenant uniquement les avantages de chacun. Une musique étrange, jouée par des musiciens dont la technicité est poussée à son paroxysme, tout en restant dans l’humilité. Et j’avoue humblement m’être pris une claque monumentale quand à cette maîtrise instrumentale.

Mais ce qui frappe le plus dans Leprous, c’est le chant de Einar Solberg qui fait penser à des groupes comme U2, avant que l’on se rende compte que, non, cette voix cristalline venant percer la stratosphère n’est pas comparable à celle d’autres chanteurs. Elle se classe bien au dessus du lot !

Cet univers auditif particulier est accompagné de visuels développés un peu dans la même veine que ce que l’on a pu voir avec Blindead, mais cette fois ci, répartis sur de multiples écrans, placés tout le long de la scène. Cela apporte une pointe de mystère en plus et contribue à nous plonger dans un univers puissant à nous donner des frissons !

Pas un seul instant, il n’est possible de détacher le regard de la scène, de fixer son attention sur autre chose que cette musique hypnotique et envoûtante. On ne sent plus le temps passer, nous faisons corps avec cette musique.

Et quand cela s’arrête, une seule pensée reste dans notre cerveau : c’est un vrai régal !

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Eladan