DustBowl – Another Kind Of Black

Posté le : 31 décembre 2013 par dans la catégorie Chroniques
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DustBowl - Another Kind Of Black (2013)

DustBowl – Another Kind Of Black (2013)

Voici plusieurs mois que les DustBowls nous teasait avec l’enregistrement, puis la sortie de leur nouvel album. Et il faut dire, après le petit bijou qu’est leur précédente galette, In Recoil, les attentes étaient de taille et les fans du groupe se languissaient du DustBowl nouveau.

Tout d’abord, il est important de s’attarder un peu sur le titre de ce nouvel opus, avant d’aller écouter ce qui se cache sur le disque. En effet, si vous ne connaissez pas encore le groupe, ne vous laissez pas tromper par le titre de l’album : Another Kind Of Black n’a pas vocation à renouveler le Black Metal. Les DustBowl évoluent plutôt dans un registre de Gothic Rock à leur propre sauce et pouvant s’inscrire aux cotés de nombreuses dénominations plus ou moins farfelues, tournant autour du Metal Melodique en général. Autant vous dire que si vous êtes amateurs de musiques extrêmes et de Djent déjantés, cet album ne vous sera pas d’une grande utilité, si ce n’est pour vous bercer le soir. Si, au contraire, vous aimez prendre le temps de déguster des arrangements tout en finesse, alors vos oreilles devraient sans doute déjà être entrain de réclamer l’écoute de ce CD.

Alors, mettons la galette dans la platine et voyons ce que cela donne.

A la première écoute, on peut dire que c’est un peu brusque. Le démarrage sur « C.Compressus » n’est pas des plus tendres avec l’utilisateur ayant mal réglé le volume de son lecteur, le son se montre un poil indigeste sur les premières notes. La guitare est rêche, un peu criante et semble chercher sa place dans une musique dense dont la voix occupe une bonne partie de l’espace sonore. C’est une surprise, par rapport à la précédente galette In Recoil qui bénéficiait d’un mixage quasi parfait pour porter la musique. Et c’est bien là le point de noir de cet album, une qualité de production inférieure aux précédents opus. On sent très largement que quelque chose à changé dans la fabrication de ce CD et l’enregistrement « home studio », sans aucun doute très bien motivé, ne semble pas porter ses fruits. Où, peut-être, est-ce la volonté d’avoir une musique plus « noire ».

Mais passons ce défaut qui rebutera à la première écoute et attardons nous sur la musique, car c’est bien de cela que l’on parle ici. Globalement, la musique de DustBowl s’articule autours de deux axes majeurs : le chant et les effets. Combinés ensembles, cela donne une musique vivante, oscillant entre le Rock Psychédélique et le Metal Mélodique bien énergique. On retiendra quasiment tout de suite certaines lignes de chant, telles que le refrain de « C.Compresus » avec les « Alive ! Alive ! » punchy ou le début de « Almighty« , où le chant grave se fait magnifiquement accompagné par une guitare en son clair. Ici, tout est pensé, posé et évolue ensemble. Une unicité qui nécessitera plusieurs écoutes pour en distinguer les multiples détails et finesses qui font la richesse des morceaux. Et c’est bien dans ces petits détails que prend vie la musique du combo parisien. Dans ces changements incessants d’orchestration, permettant à l’auditeur de se balancer doucement pendant 55 minutes sur des chansons mid-tempo, sans jamais s’ennuyer comme avec le très bon « Solar Soul System« , plein de subtilités. Ce qui est embêtant sur cet album, c’est que chaque morceau pris à part contient d’excellents éléments et quand le disque achève sa rotation, l’esprit à bien du mal à savoir lequel l’a marqué plus qu’un autre. Alors, faute de morceau « préféré », l’on repart directement sur une nouvelle écoute.

Bon, bien sur, je ne parle pas ici de l’ovni qu’est la reprise de « Live On Mars ? » de David Bowie (Hunky Dori – 1971) qui vient magnifiquement clore cet album d’une manière originale et inattendue, en revisitant ce grand classique qui s’adapte tellement bien à la sauce DustBowl !

DustBowl nous livre donc ici un album qui, certes comporte quelques points négatifs, mais contient tout de même une musique fort agréable qui ravira les tympans de tout mélomane avide de nouvelles expériences.

Eladan