Breed Machine

Genre : Metalcore © 2013

C’est une chronique un peu particulière que nous vous proposons cette fois. Mike et Patrice ayant tout les deux écouté ce nouvel opus de Breed Machine, ils ont décidé de vous exposer chacun leur point de vue sur cette galette.

L’avis de Patrice :

La formation originaire de Rhône-Alpes, formée en 2004, accouche d’une démo en 2005 puis l’année 2006 voit apparaître le premier album de la formation, appelé Eveil hardcore, un opus tout en puissance. Les scènes s’accumulent et en 2008 sort le deuxième album, énergique et rageur, dénommé Renaissance. Le groupe se montre alors de plus en plus abouti, précis et tranchant. L’année 2011 voit le lancement à la face du monde de leur rejeton intitulé sobrement 3… Violent, brutal, efficace, nous pourrions trouver autant de qualificatifs élogieux pour cet album. La suite infernale arrive en 2013, avec À l’aube du huitième jour. Poussez-vous, la machine tourne à plein régime et ne s’arrêtera plus.

Un quatrième album pour nous annoncer un huitième jour, qui ne se présente pas comme un jour de repos, tant l’énergie et le travail se font ressentir à l’écoute de ce dernier-né de la tribu. Les compositions sont tranchantes et on se laisse à imaginer ce quatrième opus sortant tout droit de l’esprit d’un Max Cavalera en pleine forme, car la fougue dégagée dans cet album n’a d’égale que la puissance d’un fleuve Amazone qui se montrerait en crue. Le chant sait se faire de la place à l’aube de ce huitième jour, c’est puissant, ça vous torture et on pense alors à The Arrs côté voix, ce qui est assurément un compliment. Le couple basse/batterie se charge de bétonner en profondeur. C’est plus résistant qu’un blockhaus, et ça assure en martelant d’un bout à l’autre de cet album. Des titres comme L’unité, Contact, Karma, L’emprise de l’œil, Le sourire d’ange, témoignent de la maîtrise du groupe. Véritables petits brûlots qui permettront facilement la mise en place de délicieux circle pits dans les salles où le groupe s’arrêtera pour délivrer son message. Bon sang, mais écoutez de nouveau Le sourire d’ange… C’est carrément addictif, un morceau comme celui-ci ! Mentions spéciales à Nous mourrons vainqueurs, Sous mon bouclier et Kaigo. Il s’en dégage une force brute, aux accents parfois inattendus mais ô combien efficaces ! Un seul petit (mais alors tout petit bémol), ce succulent album aurait mérité meilleur son.

Patrice

L’avis de Mike :

Chroniquer un album n’est pas chose facile. Il y a toujours un côté affectif, voire personnel, de la part du chroniqueur avec la musique qu’il écoute. Il est parfois difficile d’être objectif avec certains albums et parfois il est difficile de trouver certains défauts. Je vais essayer de ne pas déroger à la règle et rester objectif mais je vais chroniquer un album que j’adore, autant musicalement que textuellement !

Nous voici donc À l’aube du 8ème jour. Cet album vous prend aux tripes et ne vous lâche plus tout le long. Il aura fallut attendre dix ans pour que Breed Machine sorte cet album qui frise la perfection (pas que les trois opus précédents soient mauvais, loin de là).Tout commence par le titre Shinra Tensei avec ses riffs rageurs et ses paroles en français vous accrocher.

Cette pépite (voilà, le mot est lâché) est super addictive pour tout fan de Metal dit « moderne ». On y retrouve des influences non dissimulées de toute la scène Néo-Metal des années 90 – 2000 telles que les groupes Korn, Deftones et Chimaira ( surtout sur la façon de chanter de Mike). Le riffing des guitares nous fait penser à du Korn. Attention, je parle d’influence, et non de plagiat. Ces gars là ont une approche de la musique bien à eux. Le titre La volonté vous déstabilise avec ses passages électro et son final limite mélancolique. Au fur et à mesure que les titres s’écoulent, on se met à headbanguer tout seul devant son pc. Ne rentrant pas dans une mouvance totalement actuelle en se contentant de faire du « Deathcore » mais en piochant quelques morceaux, tempo, growls pour nourrir leur musique, les Breed Machine tracent un chemin qui leur est propre. « À l’aube du Huitième jour » est une oeuvre qui s’écoute et se savoure plusieurs fois, afin d’y découvrir des choses au fur et à mesure. Par exemple, le titre Mille Morts vous donne l’impression que les gars seraient entrés dans votre tête gentiment et auraient ensuite tout fracassé, avant de repartir sans dire un mot.

Tout au long de l’album, on se rend compte de la qualité de production que bénéficie Breed Machine. C’est du haut niveau. Côté musiciens, personne ne peut le contester : la qualité musicale est là. Ja (guitare) parvient à nous surprendre, pas spécialement avec une technicité monstrueuse mais avec ses riffs complètement alambiqués, tel Brian Head Welch (KoRn) sur des titres de Issues (1999). Le bassiste Kriss n’est pas en reste avec des passages géniaux, comme sur le titre Nous mourrons vainqueurs. Titre qui, cela dit au passage, à quelques relents « Hardcore ». Nous avons parlé de tout le monde, à part du batteur Deub qui lui aussi à quelques passages bien plaisants, en plus d’avoir une frappe lourde et cinglante.

J’arrive à la fin de cette chronique et vous l’aurez compris, cet album est une pure tuerie qui fracassera vos cervicales et mettra un désordre chaotique dans votre cerveau. Je pense sincèrement que Breed Machine vient de montrer qu’ils ont le potentiel pour briller sur la scène Metal française. Un groupe à ne manquer sous aucun prétexte en concert. Je vous garantis de vives douleurs cérébrales et cervicales. C’est bien pour cela que nous aimons cette musique, non ?

Mike

Line up :

Chant : Mike

Guitare : Ja

Basse : Kriss

Batterie : Deub