Interview Pro-Pain

Posté le : 29 janvier 2014 par dans la catégorie Interviews
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À l’occasion de leur tournée en décembre, le groupe Pro-Pain nous a contacté courant novembre pour parler un peu d’eux, de leur tournée et de leur musique. Voici la retranscription de cette conversation entre Paris et New-York, avec Gary Meskil, chanteur et bassiste de Pro-Pain.

Pouvez vous m’en dire plus sur votre relation avec Zuul Fx, avec qui vous allez faire une tournée européenne ?

Nous les avons rencontré lors d’un concert il y a six ou sept ans de cela. Nous nous sommes rapprochés et sommes devenus amis. Je pense que c’est un groupe vraiment sympa qui joue une musique peu représentée sur la scène mondiale. C’est pourquoi nous voulons leur donner un coup de pouce pour les emmener au niveau suivant. Et ils font actuellement du très bon boulot.

Votre tournée vous permet de promouvoir votre dernier album, « Final revolution », album que vous avez composé seul. Pourquoi cette décision maintenant, vingt ans après vos débuts ?

Lors de nos débuts, je faisais déjà la majeure partie du travail d’écriture. Nous avons continué ainsi durant plusieurs enregistrements, puis nous nous sommes tournés vers une écriture en collaboration avec d’autres écrivains musicaux. Et ce, tout en gardant l’esprit du groupe à travers les morceaux.

Pour The Final Revolution, il faut savoir que nous n’avions pas pour ambition de l’écrire seul au départ. Nous voulions rester dans la continuité du dernier album. Mais quand on a commencé à écrire les morceaux, je me suis rendu compte que ça sonnait beaucoup trop comme le dernier album. C’est pour cela que nous avons changé la manière de procéder. C’est pourquoi j’ai voulu m’en occuper seul, comme à l’époque. Ce qui donne un peu une sensation de retour aux racines. Ce qui a donné pour moi un album beaucoup plus groovy, mais restant dans la continuité de Straight to the Dome (2012).

Qu’est-ce qui vous a poussé à partir en Suisse pour collaborer avec V.O Pulver de Gurd ?

Je le connais maintenant presque depuis vingt ans. On a dû partir en tournée ensemble au moins trois fois. C’est pour ça que j’ai suivi sa carrière de producteur de près. Et quand, il y a quelques années, ce fut le moment pour nous de commencer à travailler avec un producteur, nous nous sommes tournés vers lui. Par ce biais, nous avons voulu revenir à la bonne vieille méthode d’enregistrement. C’est à dire on se rejoint tous, on s’enferme durant quelques temps quelque part, créant ainsi une sorte d’expérience de groupe au lieu de la méthode que nous utilisions, où nous étions distraits par la famille ou d’autres choses.

Nous y avions trouvé une sorte de zone de confort, mélange de bons moments sans le stress habituel qu’on pouvait connaître en studio.

En 2012, nous étions de nouveau à la recherche d’un candidat pour le poste de producteur. Sachant qu’il nous avait produit en 2010 pour l’album Absolute Power et que cela c’était bien passé, nous sommes retournés vers lui pour obtenir le résultat actuel, dont nous sommes très contents.

En tant que membre fondateur de Pro-Pain, pouvez nous en dire plus par rapport à l’instabilité du poste de batteur ?

Je pense qu’être un groupe de notre niveau, dans notre genre musical et surtout avec la longévité que nous avons implique que le groupe ne soit pas complètement stable. De plus, je trouve aussi que bon nombre de groupes similaires à Pro-Pain ont pour changement le plus régulier, le poste de batteur.

Généralement, le batteur ne se penche pas trop dans l’écriture des morceaux du groupe. Leur position peut se rapprocher plus comme celle d’un mercenaire, avec beaucoup de respect. De plus, ils ne sont pas forcément en phase avec celui qui compose. C’est pourquoi je pense que le poste de batteur change énormément. C’est triste car on désire tous que tout ce que nous faisons soit quelque chose d’éternel. Mais c’est jamais le cas et il faut continuer, rechercher quelqu’un de capable avec les qualités nécessaires pour travailler avec, pour que le groupe puisse continuer à aller de l’avant.

Le truc le plus important est d’essayer de rester fidèle à l’image du groupe que l’on aimerait être. Par rapport au line up actuel, nous avons de la chance car nous travaillons avec des membres qui sont doués dans ce qu’ils font. Et Jonas Sanders est un batteur de renommé mondiale que j’apprécie énormément.

En dépit de votre influence sur la scène Hardcore, vous n’avez, d’après ma mémoire, jamais fait de grosse couverture de magazine. Est-ce un choix de votre part ou aimeriez-vous plus de reconnaissance de la part des médias ?

Je ne sais pas clairement, je n’avais jamais regardé la chose dans ce sens. J’ai toujours pris les choses telles qu’elles venaient, en faisant toujours le maximum. Cela ne nous aurait pas dérangé que les médias parlent plus de nous mais il y a déjà tellement de groupes inconnus qui font de la bonne musique. En tout cas, pour notre part nous nous contentons de ce que nous avons.

Quel regard portez-vous sur toutes ces années ?

C’est incroyable le succès que nous avons gagné au fil des années et aussi la longévité que nous avons en tant que groupe. Avoir l’opportunité de voyager, de faire des tournées, c’est génial. Le fait de pouvoir voyager dans tant d’endroits différents, durant tant de temps, je le vois sincèrement comme une expérience unique au monde. Nous avons été capables de nous faire beaucoup d’amis et de voir le monde à travers tellement de visions différentes.

Il est vrai que maintenant, nous avons fait environ plus de 3 000 concerts dans de très nombreux pays. Et ce qui est cool, c’est que cela nous pousse à trouver de nouveaux buts, une certaine inspiration pour aller de l’avant. Ainsi, pourquoi pas visiter des endroits où nous ne sommes pas encore allés, ou visiter des endroits où nous désirons aller comme par exemple le Japon, l’Australie… En tout cas, le groupe continue à avoir des buts, même après tout ce temps.

Quel est votre ressenti sur le Metal/Hardcore actuel ?

Pour moi, la musique appartient aux jeunes des nouvelles générations qui ont cette nouvelle énergie en eux, d’où une « passation de pouvoir » entre chaque génération. Je pense que la génération actuelle a beaucoup à offrir. C’est génial en tout cas de voir que la musique Hardcore soit dans d’aussi bonnes mains. La scène semble aller de l’avant par elle même, en présentant différents trucs en même temps. En tout cas, je pense que la musique Hardcore est toujours en vie et j’ai l’impression qu’une nouvelle génération va émerger.

Qu’est ce que la France représente pour vous ?

Nous avons fait d’excellents concerts en France. En plus, c’est un lieu un peu spécial pour moi. J’aime bien y venir avec ma famille, où même y voyager pendant que le groupe est en tournée. J’aime beaucoup les Français et nous avons eu tellement de bons concerts là-bas. Nous sommes toujours très heureux de revenir jouer en France et j’attends avec impatience la tournée de décembre. Et puis, c’est génial de faire une tournée avec des amis tels que Zuul FX.

Un petit message pour la fin ?

Je voudrais saluer chaudement tous les fans français, ces Français qui touchent la liberté. Vous pouvez nous suivre sur Facebook et je voudrais aussi vous remercier pour cette interview. Nous espérons tous vous voir durant la tournée et je vous conseille fortement d’écoutez notre dernier album, « The final Revolution« , en espérant que vous l’apprécierez tout au tant que nous l’apprécions.

Shiki