Colossus – Lobotocracy (Album)

Posté le : 07 mars 2014 par dans la catégorie Chroniques
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colossus_lobotocracyColossus est un groupe ayant vu le jour dans le Nord-Pas-de-Calais  en été 2007, suite à la rencontre de Fabien et Jordan au sortir de deux projets musicaux distincts. L’idée du groupe étant là, après quelques sessions de recrutements et diverses tentatives, un line-up définitif et cohérent est trouvé à l’automne 2008, ceci faisant évoluer Colossus d’un style définitivement death metal à autre chose, comme nous le verrons ensuite.Les compos voyant le jour commencent à être jouées sur scène environ un an plus tard entre le Nord de la France et la Belgique. Le succès rencontré pousse ainsi le groupe vers une première séance d’enregistrement qui voit son couronnement avec la sortie du premier album « Fragments » en juin 2010. Sans s’arrêter de jouer entre temps, la formation sévit à nouveau en sortant son second opus « Lobotocracy » fin Février 2014 chez Klonosphère. C’est sur ce second album que portera notre chronique.

Genre : Death Metal - Sortie : 28 février 2014

Genre : Death Metal – Sortie : 28 février 2014

La pochette du disque est propre et très soignée. Le travail graphique derrière ne laisse aucun doute. Nous y voyons trois humanoïdes avec des câbles plantés à l’arrière du crâne, semblant pratiquement les traverser en ressortant par la bouche ou les yeux. Leur peau est fissurée comme s’ils étaient usés tels du parchemin, et ces personnages semblent partiellement mécanisés. La typographie du nom du groupe ne laisse pas au hasard ses influences, et nous savons avant même d’enfourner le disque que nous allons avoir droit à un moment assez brutal. Disons juste que le fourreau de cette arme auditive fait déjà assez envie. Nous passons ensuite en phase d’écoute. Il n’est pas difficile de remarquer que la production est excellente. Si nous devions juste dire quelque chose sur le son, c’est qu’il y a probablement un poil trop de basses, comme si on avait poussé un peu le « loudness » de l’ampli sans nécessairement le vouloir. Ceci dit, cela ne gêne pas du tout l’écoute et colle plutôt bien au style. Gageons qu’il s’agisse d’un réglage volontaire, car l’album a été enregistré et mixé professionnellement. Mais trêve de bavardage, laissons place à la fureur. Car oui, disons-le clairement, cet album ne nous laisse aucun répit. Du début à la fin nous serons impitoyablement soumis à une ambiance sombre et violente qui exsude le sang et la sueur. Les guitares balancent des riffs ciselés qui partent dans des envolées techniques qui nous emportent loin, ou qui nous clouent au sol avec des riffs plus lourds, plus lents, plus oppressant… La basse nous nargue gentiment en meublant les silences de ses petites phrases bien senties, tout en jouant un rôle de soutien très appréciable et même remarquable. La batterie est implacablement carrée et nette, fournissant une base imbattable. L’ensemble est tout bonnement parfait. Pour la voix nous avons droit non pas à un, mais à deux vocalistes. Bien entendu, ce ne sont pas des mièvreries attendrissantes qui sont débitées, et nous ne surprendrons personne en disant que le registre des voix est plutôt dans le growl du type sévère et bien gras. D’un côté on pensera (sans que ce soit une copie dans les deux cas bien sûr, il s’agit juste de se faire une idée globale satisfaisante) à du Joey Jordison un peu énervé (enfin, plus que d’habitude disons) et de l’autre à un John Gallagher pas très content. En quelque sorte cela donne un côté growl un peu plus aigu et un autre côté plus grave. Et comme ils sont deux à nous susurrer des mots doux, cela nous laisse d’autant moins de répit. Est-il nécessaire d’ajouter qu’il n’y a pas de chant clair ?

Pourtant, dans ce monde de brutes épaisses où nous vivons, en écoutant cette musique par ailleurs bien brutale, force est de constater une grande finesse dans la composition. Le groupe alterne parties aux rythmes effrénés et passages plus ambiants, dissonances et assonances, mélodies et clusters. Nous pourrions nous dire que c’est une sorte de patchwork mais non, le hasard n’est pas plus de mise ici que partout ailleurs avec ce groupe. Il faut se rendre à l’évidence : la maturité est atteinte. La machine tourne à plein régime. Les musiciens s’entendent bien et savent tous où ils veulent aller – et ils nous donnent une sacrée envie de les y suivre en plus (et une bonne claque en passant). Ce n’est pas vainement qu’ils nous disent être « ceux que l’on appelle diables ». En ce qui concerne le classement dans un genre musical, nous avons aussi trouvé que c’était assez particulier. Du Colossus ? Oui, en fait c’est bien cela. Pour se faire une idée quand même, admettons qu’il y a parfois un petit côté brutal-death, math-core, black, heavy, hardcore, djent… Bref il y a de tout, tant que c’est violent, et parfois pas que. En tous cas ce n’est ni sympho ni indus si cela peut aider quelqu’un.

Que dire d’autre ? Il faut absolument jeter une oreille là-dessus. Nous avons été totalement séduits par cet enregistrement qui sort du commun tant par ses qualités de production que par ses compositions entraînantes et l’équilibre de l’ensemble. Ce que nous n’avons pas encore fait : mesurer la progression avec « Fragments ». Et bien il y en a bel et bien une. Si vous connaissez déjà ce premier album, vous ne serez pas déçu puisque ça évolue dans le bon sens. Alors que nous étions en territoire death-metal, avec des petits quelque chose en plus, ces « petits quelque chose en plus » ont pris plus de place pour faire de Colossus un groupe différent qui commence clairement à se démarquer du lot et qui nous donne bien envie de suivre plus avant la progression. Certes trois ans et demi séparent ces deux sorties, mais si en deux ans de composition nous avons pu observer cette progression positive conséquente, nous ne pouvons qu’imaginer ce que sera la prochaine fois. Pour l’instant profitons de la sortie de « Lobotocracy » et allons soutenir le groupe. Une belle réussite.

 Line-up :

  • Jordan Verheylesonne : chant
  • Fabien Brimeux : chant
  • Delphine Lefebvre : guitare
  • Maxime Dufeutrelle : guitare
  • Grégoire Bayard : basse
  • Romain Verheylesonne : batterie

Tracklist :

  • The combustion point
  • Evilution failure
  • The beyond chronicles
  • The path of retaliation
  • We are the ones called devils
  • Uninvited guest
  • Endless torments
  • The worst clone award
  • Hellsurrection – Part 1
  • Hellsurrection – Part 2
  • Seize my final breath

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