_MG_2793Ce soir-là, le gris, le froid et la pluie régnaient en maîtres sur la capitale et c’est au travers une armée de parapluies que je suis passé pour arriver jusqu’aux portes du Bataclan. Et oui, ce ne sont pas quelques gouttes qui arrêtent un metalleux, surtout lorsque l’affiche est aussi alléchante qu’elle ne l’était : Dagoba y faisait son show avec pas moins que Aborted, Gorod et Hacride ! Pas une minute à perdre. A travers vent et marrée, il fallait y aller !

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Hacride

_MG_2060Les premiers à monter sur scène ce soir-là se nomment Hacride et nous viennent de Poitiers. Bien que le groupe commence à être bien connu, les Parisiens ne semblent pas se presser pour venir assister à leur prestation et les musiciens joueront devant une salle à moitié pleine. Le concert commence en douceur avec Introvertion, une chanson dont le début montre tranquillement dans une ambiance malsaine. Puis vient le moment de montrer ce qu’est réellement Hacride : une grosse claque, violente et saccadée tout en restant dans une finesse de jeux exemplaire ! Les musiciens se débrouillent très bien sur scène et semblent tout à fait dans leur élément. On ne tarde pas à voir les cheveux d’Adrien et Benoist, respectivement guitariste et bassiste, partir en headbang sur cette musique à la fois planante et rentre dedans. Leurs riffs permettent de suite à l’auditeur d’entrer dans la musique et de tanguer doucement sur le tranchant de la guitare.

Pendant ce temps-là, c’est Luis qui nous emporte avec son chant oscillant entre la voix claire et le growl bien sec. Le tout, malgré des lumières quelques peu blanchâtres, rend magnifiquement. Mais ce qui impressionne le plus, c’est l’énergie que déploie Florent derrière sa batterie : pure, maitrisée et à 200% dans la musique. Un pur régal auditif !

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Gorod

_MG_2276La salle a fini de se remplir durant le set d’Hacride et c’est devant une fosse comble que les Gorod montent sur scène. Très vite l’énergie qui s’était un peu dissipée pendant le changement de plateau remonte et le public s’enflamme pour la musique des bordelais. Ceux-ci jouent dans une cour bien particulière où la loi du plus compliqué semble régner. Beaucoup de riffs, beaucoup de notes – si possible en très peu de temps. Les non-initiés comme moi sont assez vite déboussolés, mais la voix death de Nutz aide rapidement à se retrouver dans la musique. Alors l’on pogotte sur ce que l’on comprend et tant pis si l’on loupe quelques passages, on réécoutera cela plus tard au calme sur un CD.

Sur scène, les musiciens prennent beaucoup de plaisir à jouer et le montrent : tous ont le sourire aux lèvres. C’est dans cette même bonne humeur que se formeront pogos et circle pit devant la scène. Quoi de plus pour un concert réussit ?

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Aborted

_MG_2467Comment dit-on déjà ? Ah, oui, c’est cela : « Ca déchire ! »

Dès les premières notes, le groupe nous prouve qu’il est là pour bouger et nous faire bouger. Le headbang est de rigueur chez les guitaristes et le bassiste fait littéralement voler sa basse dans tous les sens. Sven – le chanteur – semble quant à lui vouloir échapper à mon objectif en bougeant le plus vite possible. Il n’y a guère que quelques minutes de set où ce dernier se sera un peu immobilisé. Dans le lot, seul Ken, le batteur, semble un peu reposant. Et pourtant, il envoie du bois lui aussi.

Coté public, ce n’est pas plus calme et après un premier wall of death improvisé, c’est une pluie de slammeurs qui s’abat sur scène : jeunes, vieux, metalleux, metalleuses, en kilt ou à chapeaux, il y en a pour tous les goûts ! Certains en profitent pour rester un peu sur scène avec l’air de s’imprégner de la musique sacrée tandis que d’autres se jettent plus ou moins courageusement du haut de la scène. A la demande de Sven, un second wall of death se forme et l’on y retrouvera cette fois-ci une majeure partie de la salle !

Le set se termine « tranquillement » avec un quart de la fosse sur scène en même temps que les musiciens, bref, s’il quelqu’un a pu penser que l’ordre pouvait régner dans la salle, son idée a subi un avortement forcé avec ce set énorme !

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Dagoba

_MG_2793Il est maintenant temps de passer sur LE groupe de la soirée. Et ce n’est pas moins que Dagoba qui a l’honneur de tenir la place de tête d’affiche ce soir.

C’est dans un décor à l’effigie de leur dernier album, Post Mortem Nihil Est, que les quatre marseillais montent sur scène un à un. En commençant bien sûr par Franky Constanza qui reçoit de suite les acclamations du public. Dès les premières notes de I, Reptile, le ton est donné. Le groupe dégage une énergie singulière commune à chacun des musiciens. Tous jouent à leur plus haut niveau.

Le jeu de scène est carré, vivant et énergique. Tout le monde y met du cœur. Très vite, les slammeurs arrivent et montent sur scène – se faisant gentiment repousser par la sécurité – et l’on assistera à des sauts de toutes beauté : les jeux olympiques sont ici bien plus intéressant qu’à Sochi et les candidats s’illustrent dans des figures toutes plus brillantes les unes que les autres ! Il n’est sans doute pas nécessaire de le dire, mais il fait bien plus chaud au Bataclan que dans les déserts russes. Mais chez Dagoba l’on ne fait pas que dans les épreuves individuelles et le collectif trouve très largement sa place lors de l’épreuve de wall of death. On assistera là à un carnage sportif de très haut niveau avant d’enchaîner sur des circle pits qui feront tourner les metalleux comme les baguettes de Franky !

Du côté de la scène, la setlist ne privilégie qu’à peine le dernier album et ressort quasiment tous les hits du groupe tels que Black Smockers (Poseidon) ou The Fall Of Men (Dagoba). Les fans connaissent les paroles sur le bout des lèvres et en profitent pour montrer leurs performances vocales. Que de plaisir d’entendre le Bataclan plein à craquer crier d’une seule voix sur les refrains du combo phocéen ! Dans ce déluge de bonne musique, il n’y a guère qu’entre deux morceaux que l’on peut se reposer. Shawter l’a bien compris et en profite pour donner à boire à son public après Yes We Die pendant lequel toute la salle a sauté sur place d’un bout à l’autre du titre !

C’est après Kiss Me Kraken que le groupe sort de scène, en nage. Mais le public n’est pas décidé à laisser se reposer les Marseillais et crie déjà au rappel. Et rappel il y aura avec des titres comme Maniak ou The Thing Within avant de finir en beauté sur The White Guy (And The Black Ceremony) sous les applaudissements d’un Bataclan bondé !

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Setlist :

  • I, Reptile
  • The Man You’re Not
  • The Nightfall And All It’s Mistakes
  • Black Smockers
  • When Winter…
  • The Great Wonder
  • The Fall On Men
  • Degree Zero
  • It’s All About Time
  • Yes We Die
  • Kiss Me Krakan

Rappel :

  • Maniak
  • Intermission
  • The Thing Within
  • The White Guy (And The Black Ceremony)

(Source : setlist.fm)

Ce fut une très bonne soirée. Un de ces soirs qu’il ne faut se permettre de manquer pour rien au monde et le public parisien l’avait bien comprit car la salle affichait sold out. Un grand merci à Veryshow Production pour ce superbe spectacle et vivement le prochain !

Eladan