Interview Wild Dawn

Posté le : 21 mars 2014 par dans la catégorie Interviews
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WildDawn_01logo (1)C’est dans un pub australien pas loin du Moulin Rouge, en plein cœur de Pigalle, que nous nous installons avec Greg (chant et guitare) et Morgan (batterie) pour cette interview, avant d’assurer la première partie de Nashville Pussy à la Machine du Moulin Rouge.

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Morgan, le 3 février 2014 à la Machine du Moulin Rouge (Paris)

Morgan, le 3 février 2014 à la Machine du Moulin Rouge (Paris)

Sons Of Metal : Pour vous connaître un peu mieux, je suis curieuse par rapport à votre nom « Wild Dawn », « L’Aurore Sauvage ».

Greg : A chaque fois qu’on me pose la question je dis juste « ça sonnait bien ! » La vraie définition c’est qu’avec Romain, lorsqu’on a créé le groupe, on a essayé de trouver un nom et on s’est dit « Wild, Wild, Down, Dawn…Dawn c’est bien ! » Ça donne un genre, c’est bien ! Puis « Aurore Sauvage », on est jeunes, voilà !

SOM : Vous avez la même formation depuis le début ? C’est le même line-up sur tous les albums ?

Greg : Oui, sur tous les albums c’est le même line-up. Il y a eu deux batteurs avant Morgan. A la base je ne chante pas, je joue de la guitare, mais on n’a jamais trouvé de chanteur qui allait bien et je chantais le moins mal, donc on a dit « Tu chantes ! » On n’a pas eu d’autres musiciens. On a eu un autre bassiste mais on à l’époque on ne s’appelait pas encore Wild Dawn.

Morgan : Vraiment, au premier concert c’était déjà nous quatre. Ça n’a pas bougé !

SOM : En écoutant vos deux albums, on sent une réelle différence. Le premier est plus rock australien, il fait penser un peu à Airbourne…

Greg & Morgan : Oui, oui, oui !

Greg : Le premier est un peu moins, je ne dirais pas « recherché », mais il est plus « direct ». Plus spontané. Après, c’est notre niveau de l’époque. Je n’ai pas la même voix, on n’a pas le même jeu de guitare, Morgan ne tapait surement pas pareil et du coup on a franchi un cap avec le deuxième album « Pay your dues ». Là, on s’est vraiment questionné à chaque fois que l’on écrivait un morceau, on se disait : « Est-ce que ça va accrocher ? Est-ce que je vais pouvoir faire une ligne mélodique à la voix derrière ? Est-ce que la batterie et la basse vont bien ensemble ? » On se posait plus de questions. Le processus de création a été plus long et on était aussi, je pense, beaucoup plus inspirés parce qu’on a eu pas mal de galères. Mais du coup, ça aide à concevoir un album. Généralement, les bons albums, ça veut dire que les mecs en ont chié, je peux te le confirmer !

SOM : Et vous écrivez tous les quatre ?

Greg : Généralement oui.

Morgan : Pour la composition c’est surtout Romain (guitare lead) qui amène les bases, après…

Greg : Morgan ne fait pas de guitare, c’est emmerdant !

Morgan : Je ne fais que de la batterie, donc c’est vite trouvé ! (Rires)

Greg : Après Alex des fois, à la basse, ramène deux, trois idées à lui comme ça… Mais on va dire que la majorité des morceaux on les amène en répet’ avec Romain. On bosse un truc, on les propose à Morgan et Alex, ensuite Morgan passe ça à la moulinette et il déclare : « Les mecs, vous n’êtes pas dans le temps, on va tout refaire. » (Rires)

Morgan : On remet ça de façon plus musicale.

Greg : On bosse à quatre en répet’ et on amène une base avec Romain.

Morgan : Les bases, chacun les met de son côté, et puis après quand on met ça en commun, on voit ce que ça donne, s’il y a des choses à modifier ou pas. Il faut que ça plaise à tout le monde.

Greg, le 3 férvrier 2014 à le Machine du Moulin Rouge

Greg, le 3 férvrier 2014 à le Machine du Moulin Rouge

SOM : Et pour les textes c’est pareil, il y en a un… ?

Morgan : Pour les textes c’est le chanteur. Chacun son truc ! (Rires)

Greg : Pour le premier album, c’était avec mon petit anglais de Français, je faisais ce que je pouvais. Et puis sur le deuxième, j’ai pris du « skill », du coup je fais des textes un peu plus réfléchis, plus chiadés et c’est moi qui les écrit parce que… (Rires) J’ai demandé de l’aide et puis j’ai arrêté puisque ça ne marchait pas de toute façon.

Je mets du temps à les écrire, je ne suis pas chanteur à la base alors ça me fait chier d’écrire ! Tu peux le dire dans l’interview, j’en ai rien à foutre ! Ça me fait chier d’écrire, j’aime bien chanter, mais écrire c’est nul ! (Rires)

En fait, je me base beaucoup sur des expériences personnelles, sur l’humeur du moment. Il va y avoir des textes qui sont un peu « vénère » parce que je suis « vénère », des textes qui sont un peu plus posés, un peu moins mélancoliques, c’est chiant à dire parce que je suis dans des périodes de ma vie qui font que. J’essaye de me baser sur ce que je ressens, parce que je trouve que ça donne une âme au texte. Je pense que c’est bien, et sans parler d’exportation ou quoi que ce soit, c’est bien d’avoir des bons textes, c’est la base d’une chanson.

SOM : Tu ressens plus ce que tu chantes.

Greg : Oui exactement, c’est plus personnel. Je ne raconte pas l’histoire d’un type, je ne raconte pas mon histoire non plus, mais je raconte ce que je ressens, ce qui me parle.

SOM : Même le dernier morceau ?(ndlr : « I hate my band » dont la fin laisse entendre les bruits d’une rixe)

Greg : Réponse oui ! Des fois on se saoule, des fois on ne peut plus se sentir dans le groupe, mais c’est comme ça, ça arrive…

Des fois Morgan, il n’est jamais content ; Alex, il est toujours à l’ouest ; Romain, il est tout le temps à s’agacer… Et moi je dois surement faire chier pour des raisons qui me sont propres. Non, mais je ne fait jamais chier (Rires)

Ce texte là m’a inspiré parce que je l’ai écrit en cinq minutes, en sortant d’un « Vous me cassez les couilles, c’est bon ! » Du coup je rentre chez moi, je me fais chier, je vais écrire un truc et voilà c’est fait !

SOM : Pour en venir à la musique et à vos influences, j’ai vu que vous citiez des noms connus avec lesquels vous avez partagé la scène lors de vos tournées. Sont-ils devenus aussi des influences ?

Greg & Morgan : Electric Mary.

Greg : C’était notre première tournée – j’entends par tournée enchaîner des dates, je ne sais pas combien on en a fait mais plus d’une quinzaine. On est partis un mois en tournée avec les australiens d’Electric Mary et c’était une première expérience de tournée qui s’est plus ou moins bien déroulée. En tout cas avec Electric Mary, ça s’est merveilleusement bien passé !

Morgan : C’était super !

Greg : Ce sont des crèmes les mecs, ils sont super cools ! Il nous est arrivé à peu près toutes les galères qu’un groupe de rock puisse rencontrer sur une tournée, aussi bien le camion qui tombe en rade très loin de chez nous et de la salle de concert, que notre escroc de manager qui est parti avec la caisse en oubliant de nous payer… Mais par contre, ça nous a carrément influencés, ils (Electric Mary) ont une expérience de scène qu’on n’avait pas à l’époque et ils nous on conseillé au niveau de l’attitude : « Tu sais, tu ne devrais pas faire ça, tu devrais plus faire ça ; essaye de penser à ça quand tu fais ça… » Mine de rien, ce sont des petits trucs qui font que les mecs quand ils envoient, ça envoie grave, et toi à côté tu te dis que tu as encore des trucs à travailler. Ils nous ont vraiment boostés … inspirés et boostés !

Pay Your Dues, second album de Wild Down (novembre 2013)

Pay Your Dues, second album de Wild Down (novembre 2013)

SOM : Vous avez fait des premières parties de Koritni, Audrey Horne, Girlschool…

Greg : Même si ça ne nous inspire pas musicalement, on a toujours du bon à prendre des groupes qui ont plus de galon parce que sur scène ils ont leur style et on ne se copie pas, de toute façon ce n’est pas notre but. On ne copie jamais, on essaye toujours de donner notre âme.

Morgan : On s’en inspire

Greg : Il y a toujours des choses à apprendre, il faut rester humble dans le milieu musical français.

SOM : Question sur un tout autre sujet : vos chemises à carreaux. Je me suis dit : « soit ils aiment le Grunge, soit c’est une admiration pour les bûcherons ! »

(Rires)

Greg : La véritable histoire c’est qu’on jouait au Divan du Monde il y a un an, et un ami journaleux qui nous connait très bien et qui connait très bien l’organisateur me dit : « Les mecs, demain il faut vraiment envoyer, ça va être plein! Il faut vraiment envoyer la sauce, mais essayez de taper sur une image, essayez de trouver un truc un peu « catchy », je suis sûr que ça peut prendre ». Comme je n’étais pas convaincu, il me fait : « Regarde Metallica c’est les hommes en noir, les Beatles c’est le costard, il faut vous trouver un truc un peu atypique. Une fois je vous ai vu à un concert et vous aviez tous une chemise à carreaux, ça l’avait fait grave ! » J’ai répondu que ce n’était pas du tout voulu !

Morgan : Oui, le hasard !

Greg : Et il me dit : « Si vous avez tous une chemise à carreaux, voilà ton identité, tu l’as ! Pour déconner, demain, mettez tous une chemise à carreaux ». Donc j’envoie un message aux potes et on fait le concert avec nos chemises à carreaux, et dans tous les reports, mais absolument tous, c’était « Wild Dawn le groupe aux chemises à carreaux…. » Et ça a pris tout de suite !

Morgan : Maintenant on nous le ressort à chaque fois !

SOM : Quand je vous ai vous au Raismesfest, je me suis dit « Tiens ! Ils ont tous des chemises à carreaux ! ». C’est vraiment un truc qui marque ! Comme c’est souvent associé au Grunge, je trouvais la question intéressante… Si on revient à vos albums : ils sont autoproduits ?

Morgan : Le CD en lui-même est autoproduit. Que ce soit l’enregistrement, le pressage, tout ce que nous avons fait, l’artwork et tout ça.

Greg : Il faut trouver les bonnes personnes, et après tout est autoproduit derrière. On a la chance d’avoir trouvé des gens compétents aussi bien pour l’enregistrement que pour le mixage. On arrive à s’entourer des bonnes personnes, qui nous ont fait un super travail !

Morgan : Même pour l’artwork du CD

Greg : Oui Stan W Decker, qui fait à peu près tous les artworks du monde je crois…

Morgan : Oui il en fait beaucoup, même des grands groupes.

Greg : Même pour des supers groupes. Nous, ça nous permet d’avoir des gens compétents qui bossent pour nous, avec les moyens du bord, et on espère que ça prend…

Greg : La Machine du Moulin Rouge c’est cool !

Greg, le 3 février 2014 à la Machine du Moulin Rouge (Paris)

Greg, le 3 février 2014 à la Machine du Moulin Rouge (Paris)

SOM : C’est sympa ! Et la première partie avec Nashville Pussy, ça fait longtemps que c’est prévu ?

Morgan : Depuis décembre. On avait le plan, on essayait de se mettre dessus mais on n’a eu la confirmation qu’en décembre 2013.

Greg : On voulait faire toute la tournée avec Nashville, mais on s’y est pris un peu tard pour demander. Donc après on a contacté Rage Tour (ndlr : organisateur de la date sur Paris) qui nous a dit que ça ne leur posait pas de problème et qu’ils allaient le proposer aux salles. Celles-ci ont pris des groupes locaux, ce qui est bien pour promouvoir la scène locale, et Rage nous a dit qu’ils ne pouvaient nous placer que sur l’une des deux dates qu’ils produisaient à Paris, donc on a pris quand même. Nous voilà donc au Moulin Rouge pour envoyer du lourd !

Ça va être un bon concert, avec un groupe qu’on écoutait avant même de faire de la musique, donc c’est marrant.

Morgan : Oui, c’est vrai que, du coup, on finit par jouer avec des groupes qu’on écoutait ou qu’on a vu en concert avant de monter nous-mêmes un groupe. Tu ne t’attends pas à finir par jouer, partager la scène avec eux.

Greg : J’aimerais bien que ça m’arrive pour Metallica ! Nashville Pussy je les ai vus il y a six ans à Orléans, je ne m’attendais pas à jour avec eux un jour. C’est marrant !

SOM: Comme quoi, tout arrive !

Morgan & Greg : Oui, c’est exactement ça !

SOM : C’est que vous êtes sur la bonne voie !

Morgan & Greg : On espère !

SOM : Merci beaucoup à tous les deux pour votre temps et d’avoir répondu à mes questions ! Et surtout bon concert !

Morgan & Greg : Merci et toi, et bon concert aussi !

Propos recueillis par Diana le 3 février 2014 à Paris