COREDUMP-20140322-014

Le lendemain du concert au Sovengard à Mâcon, me voici de retour en Isère pour assister au troisième acte de la tournée de Coredump. Les Harcoreux sont une nouvelle fois accompagnés de Fodt. Le duo Kentukids se chargera d’ouvrir la soirée, organisée par l’association Non Mais Non. Comme à son habitude, l’association iséroise a mis les petits plats dans les grands pour nous accueillir dans la salle Revolet à Salagnon, à quelques kilomètres de la ville de Bourgoin-Jallieu et fêter comme il se doit ses deux ans d’existence. Alors, Non Mais Non obtiendra t’il un grand oui pour cette nouvelle édition ?

Kentukids

C’est un duo de rock/folk acoustique qui se présente à nous pour ouvrir la soirée. En total décalage avec le reste du plateau, Kentukids va pourtant parfaitement s’intégrer et mériter sa place. Rien de mieux que de commencer en douceur avant d’attaquer le plat de résistance. Enfin, douceur, c’est vite dit car le duo sait se faire dynamique. Tout commence par une intro jouée par Mathieu. En quelques minutes, le guitariste nous démontre son talent et sa grande sensibilité. Une sensation de calme nous envahit. L’intro finie, Miss Tanchou le rejoint sur scène et le spectacle peut commencer. La chanteuse nous surprend alors avec son timbre de voix que n’aurait pas renié une certaine Janis Joplin. Miss Tanchou s’épanouit dans le blues et les textes mélancoliques mais l’humour et la joie sont bien sûr de mise. La chanteuse nous balade pendant tout le set avec l’aide de Mathieu dont la guitare semble être un prolongement de sa main. Le public n’est pas indifférent à ce duo, visiblement très à l’aise. Kentukids nous raconte diverses histoires, parfois tristes, parfois heureuses mais toujours sincères et touchantes. C’est en toute logique que le public réclame un rappel tout en applaudissant le duo. Ce dernier nous répond favorablement en interprétant un dernier titre, calme et hypnotisant. Une superbe voix, une virtuosité instrumentale indéniable et un charisme énorme. Que demander de plus ? D’en entendre davantage, bien évidemment.

KENTUKIDS-20140322-001 KENTUKIDS-20140322-007

KENTUKIDS-20140322-002 KENTUKIDS-20140322-009

Fodt

FODT-20140322-007Nous changeons complètement de style musical avec les inquiétants mâconnais Fodt. Comme au Sovengard, le groupe commence son concert le dos tourné au public, Sweeney (batterie) et Fly (basse) se chargeant de lancer l’intro sous une lumière rouge sang. Nous sommes prévenus, les bourguignons ne sont pas là pour plaisanter. Le calme qui précédait cette tempête a disparu, les spectateurs s’avançant doucement vers le groupe en se demandant ce qui va se passer. La première déflagration retentit. Fodt vient de provoquer les hostilités. La fureur ne les quittera plus, à l’image de Nigma (guitare) qui ne cesse de bouger et de virevolter, balançant sa six-cordes dans tous les sens. Au centre, nous avons Dante, le frontman occupé à attraper les spectateurs pour les plonger dans son monde. Plus calé que la veille, Fodt réalise un bien meilleur concert, bien que la voix de Dante ne soit hélas pas toujours audible. La basse de Fly est bien mise en avant, donnant un effet dévastateur aux compositions nerveuses du groupe. Derrière, ça tabasse dur. Pour cause, Sweeney se démène sur son kit et ses cymbales. Ce petit bout de femme est réellement impressionnant de force et de technicité, et ne pâlirait pas devant les ténors de la double pédale. Dans la fosse, les spectateurs sont désormais acquis au groupes et les headbangs sont nombreux. La brutalité du groupe vient de mettre K.O les sceptiques. Fodt nous interprète une reprise de Korn, largement appréciée du public puis rejoue l’un de ses titres phares : Oppressor. Le final est identique au reste : rapide et féroce. Une fois encore, Fodt a tout donné. C’est le souffle haletant que les musiciens nous remercient pour notre accueil. Le temps de changer de plateau et nous retrouvons d’autres Mâconnais bien connus : Coredump.

FODT-20140322-006 FODT-20140322-001

Coredump

COREDUMP-20140322-014La dernière fois que Coredump a joué pour le Non Mais Non, c’était en décembre 2012 en ouverture de Black Bomb A. Ce qui était par ailleurs le premier reportage de votre serviteur. Bref. Ce soir-là, beaucoup dans l’assistance avaient dit que Coredump furent plus appréciés que les Parisiens. C’est du moins ce que me disent quelques spectateurs avant que les Bourguignons n’entament leur concert avec leur nouveau single : Pavé Rouge. Et ça commence très fort. Les riffs plus complexes mais toujours aussi groovy plaisent aux spectateurs. Max s’applique sur ses paroles mais est malheureusement desservi par une reverb qui va rapidement devenir désagréable. Le groupe affiche un meilleur rythme que la veille et cette fois, pas d’incidents pour Alex et ses cordes. Le guitariste est en pleine forme et confiant. Rapidement, le jeu de scène va devenir le centre d’attraction avec la gueule cassée de Max cachée par son micro. Plus discret scéniquement mais très présent musicalement, Jean Matt nous assène de violents coups de basse avec une forte distorsion. Dans la pénombre, Guillaume (batterie) joue ses patterns avec une grande précision. Ça envoie du steak, quoi. Le chanteur profitera de quelques secondes pour nous parler d’une souscription lancée pour aider le groupe à financer son deuxième album prévu pour septembre 2014, De l’ombre à nos poussières. Les spectateurs accrochent au style Coredump et se rapprochent de la scène. Très vite, les headbangs sont légions et des pogos sont lancés. Les nouveaux morceaux remportent un franc succès, plus particulièrement la chanson Le Huitième Art sur laquelle le public se met à danser. Sans aucun doute le titre le plus apprécié parmi les nouvautés. Il faut dire qu’avec son groove et son riff tout droit sorti du bayou de la Louisiane, il est difficile d’y résister. Après quelques hits comme Assologie ou Dictateur, Coredump termine son set par la reprise de Ace Of Spades (Motörhead… non mais sérieux, faut vraiment que je le précise ?! ) mais après cette dernière cartouche, le public en redemande de vive voix. Les Mâconnais reprennent leurs instruments après une rapide concertation et nous rejoue Le Huitième Art ! Et c’est reparti pour un immense pogo. Cette fois, c’est la fin. Presque. Car les spectateurs réclament encore un rappel ! Coredump cède sans trop de résistance et nous offre L’Empire du seigneur du pire, titre d’ouverture de son premier album, Heij Tan Mayrd. Cette fois, c’est réellement terminé et Max conclut sur la souscription du deuxième album avant de nous lâcher avec humour un « barrez-vous !!! », avant de laisser la place à l’animateur Dj L’amoroso qui prendra soin de finir la soirée en beauté.

COREDUMP-20140322-007 COREDUMP-20140322-018

COREDUMP-20140322-014 COREDUMP-20140322-004 COREDUMP-20140322-021

Sur l’affiche de la soirée, nous pouvions lire : « Non Mais Non, deux ans et toutes ses dents ! » Face à la brutalité du plateau, nous sommes heureux d’avoir pu conserver toutes nos dents, il est vrai. L’association a encore réussi sa soirée, dans la bonne ambiance et l’amour de la musique. Souhaitons-leur de nombreuses autres belles années. Dommage qu’il n’y ait pas eu plus de monde, mais l’appel de la choucroute garnie organisée dans la salle des fêtes voisine aura eu raison des ventres.

 Retrouvez Kentukids sur Facebook

 Découvrez le clip Oppressor de Fodt

Découvrez le nouveau clip de Coredump, Pavé Rouge

Kouni