MUR (Album éponyme)

Posté le : 04 avril 2014 par dans la catégorie Chroniques
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Mur - MurLes briques élémentaires de la fondation de MUR ont été cimentées ensemble en 2010, se lançant dans la création d’un projet original dépassant les styles existants. L’enregistrement de ce premier opus verra cependant le départ prématuré de Matthieu, l’un des membres fondateur du projet, ce qui n’altèrera en rien la volonté de fer des survivants. Ceux-ci poursuivront donc l’enregistrement purement instrumental de l’album avant de trouver une nouvelle voix en la personne de Christophe Denhez(In The Guise Of Men, Jarell), qui se verra confier la délicate mission de poser ses vocalises sur l’ensemble. MUR sort ainsi à la toute fin de février 2014 un mini album (ainsi nous est-il proposé, à moins qu’il ne s’agisse d’un maxi-EP ?) de cinq titres, sans autre nom que celui du groupe.

Genre : Post Hardcore - Sortie : 26 février 2014

Genre : Post Hardcore – Sortie : 26 février 2014

La pochette du disque, d’une sobriété minimaliste et efficace, nous plonge dans une ambiance à la fois sombre et moderne. Le fond est noir ; le nom du groupe fait descendre deux lignes parallèles coupées par une perpendiculaire, faisant ressembler le tout à une sorte de guillotine. Au milieu se trouve un point blanc pixellisé qui nous évoque une étoile observée de très loin. Le tout est blanc sur fond noir, le message est clair : ça va trancher. A la première écoute, nous sommes un peu déstabilisés. Le disque s’ouvre en effet sur une ambiance Black Metal, mais dès lors que nous pensons le style posé, un changement de cap brutal nous emmène en plein Post-Hardcore. Cette tendance à un métissage assez large se confirme par la suite, et nous pouvons considérer que MUR tourne principalement entre ambiances Black et côté dissonant et syncopé du Post-Hardcore, sans négliger quelques incursions et clins d’œil à l’Indus et au Néo-Metal. Le son est bien travaillé et évoque une prise live de par son énergie et son orientation medium-aigu. Le mix est nickel, personne n’est au-dessus, dans une parfaite osmose musicale. La voix officie dans un style très Hardcore, étalant des growls medium qui collent aux ambiances musicales et nous immergent en des terres désolées et post-apocalyptiques, emportés par la colère et la tristesse. Les passages isolés de synthé contribuent à cette ambiance sombre, et les riffs bien composés permettent la transmission d’un sentiment d’instabilité au cours de breaks qui mettent mal à l’aise, renforcés par un début de bruitisme (utilisation de bruits en tant qu’éléments musicaux –NDLR) entre chaque morceau.

Décrire cet album n’est finalement pas chose aisée, MUR étant un groupe assez atypique. Et de fait, le style de musique envoyé ici ne sera pas forcément reçu positivement par tout le monde. Cependant, les membres du groupe ont osé nous proposer une véritable création et ce qui nous paraît être le défrichage des terres inconnues. Les amateurs de musiques Post-Hardcore, et ceux qui n’ont pas peur des expérimentations en tous genre (dont nous sommes) pourront foncer tête baissé et trouver pleine satisfaction dans l’écoute de cet opus qui, contrairement à un mur qui démarque une limite, ressemble plus à la première pierre que l’on pose afin de construire un édifice solide. Si vous aimez le Black-Metal ou même le Hardcore, vous pourrez également trouver une satisfaction à écouter ces cinq compositions originales qui ne ressemblent, au final, à rien d’autre que du MUR. Nous considérons personnellement cet album comme une grande réussite, qui aurait probablement été encore meilleure avec plus de titres, et qui méritera toute votre attention ainsi qu’une place chez vous. Au vu de l’énergie délivrée et ressentie en cours d’écoute, nous avons hâte d’assister à une prestation live afin de confirmer ces prémisses prometteuses.

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Line-up :

  • Julien Granger : batterie
  • Philippe Bettinelli : guitare
  • Alexandre Michaan : synthé, programmation
  • Thomas Zanghellini : basse
  • Christophe Denhez : chant

Tracklist :

  • Hugo Suits
  • Hermetic Party
  • Feed The Swamp
  • Dominance
  • I’d Rather Have You Dead Than Pregnant