Abinaya– Beauté Païenne – (Album)

Posté le : 10 avril 2014 par dans la catégorie Chroniques
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Abinaya - Beauté PaienneAbinaya,originaire de Paris, formé en 2002 et composé de quatre membres, nous livre son album Beauté païenne succédant à Corps et force. Une pochette aux relents culturels indiens mais de la à dire que les esprits de Vishnou et de Ganesh habitent cette galette, c’est un pas que nous ne franchirons pas. Allons découvrir l’envers du décor.

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Style : Metal Ethnique – Sortie mars 2014

Style : Metal Ethnique – Sortie mars 2014

Quand un groupe a l’idée et la volonté d’intégrer des influences extérieures à la grammaire purement metal, l’oreille ne s’y trompe pas. Abinaya fait partie de ces rares groupes à franchir le pas. Alors, amis metalleux, vous aurez ce plaisir d’entendre des rythmes et des percussions venant habilement se mêler à la batterie. On pense immédiatement à Soulfly, maître incontesté en la matière et Abinaya possède cette intelligence qui lui permet d’éviter de tomber dans le plagiat du combo de Max Cavalera pour en développer son propre style. Bien sûr, il y a ces percussions qui jalonnent avec bonheur chaque composition mais pas seulement. Les riffs de guitare sont exécutés par un pur mathématicien, tant ils se montrent carrés à l’extrême. Des riffs allant d’une lourdeur parfois si prononcée qu’ils vous en privent presque de respirer, jusqu’aux riffs ultra rapides et puissants vous fluidifiant le sang jusqu’à l’hémophilie. Abinaya agit directement sur votre métabolisme, tenez-le vous pour dit. L’Epitaphe et Nord-Sud vous transporteront complètement de part leur richesse, leur furie et leur créativité. Là ne sont pas seulement les seules choses positives de cet album. Almees et ses incursions orientales transpire le talent du quatuor : changements de rythmes, break mélodieux, voix féminine en support, du djembé, des percussions et un riff dévastateur… On se dit que tout y est mais non, car il y a une voix. Une voix rauque et puissante mais aussi très mélancolique comme sur Le Noir Soleil. Des textes en français viennent compléter ce très beau tableau. Une mention toute particulière pour Le Nouvel Insurgé aux accents empruntés à Korn. Un morceau très réussi tout autant musicalement que textuellement. Il y a donc dans cet album matière à faire trembler les murs et déclencher parmi la foule une réaction en chaine comme autant d’électrons qui s’agiteront frénétiquement sur Arawaks, deuxième titre de l’album par exemple. Mais le véritable hachoir de cet opus se nomme incontestablement Haine, un titre à l’accent très proche de Biohazard. Enfin, s’il fallait un morceau pour résumer cet album, il ne pourrait s’agir que de Beauté Païenne car tout ce qui fait qu’Abinaya est une entité à part se trouve dans ce titre. Puissance, dangerosité, mysticisme. Comme peut l’être la forêt amazonienne dans ses aspects aussi fascinants qu’inquiétants.

Abinaya a visé juste avec son deuxième album qui vient s’inscrire dans la droite lignée de son prédécesseur. Il en a gardé l’énergie brute, tout en y distillant un zest de maturité supplémentaire. Abinaya peut mener sa barque où il le souhaite. Les dieux veillent sur lui.

Tracklist :

  • BeautéPaienne
  • Arawaks
  • Haine
  • L’Epitaphe
  • Nord-sud
  • Le Noir Soleil
  • Almees
  • Le Nouvel Insurgé (à Jules Valès)

Pat

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