RAB-20140423-019Quelques mois après le Headbang Contest qui s’est déroulé ici même, je remonte à bord de la péniche La Marquise, amarrée au quai Victor Augagneur dans le troisième arrondissement lyonnais. Ce soir, cette salle atypique accueille quatre groupes dont trois sont issus de l’ancienne capitale des Gaules. Avec Guerilla Poubelle en tête d’affiche, il y a avis de tempête à l’horizon, d’autant que la soute est quasi pleine. Nul doute que la jauge maximale est presque atteinte pour cette soirée placée sous le sceau du Punk Rock.

POPPER NOSTER-20140423-002Pepper Noster

Le quatuor lyonnais à la charge d’ouvrir la soirée devant un public relativement calme. Le public reste un peu en retrait mais est toutefois réceptif à la Fusion Rock de Pepper Noster. Sioup, le guitariste, est pleinement concentré dans son jeu tout en gardant le contact visuel avec les spectateurs. Sa guitare semble être un prolongement naturel de son bras. À ses côtés, le chanteur Mama assure des parties vocales parfaitement audibles et part régulièrement dans des trips avec son guitariste. Plus discret mais très efficace, le duo basse/batterie composé de Boulon et Gart assure une rythmique que n’auraient pas renié des groupes comme Rage Against The Machine ou Living Colour. Le son est très bon, du moins lorsque nous sommes à proximité de la scène. En effet, les matériaux ayant servi à construire la péniche ne sont pas l’idéal pour guider le son. Mais bon, cela n’empêche pas de profiter de la prestation de ce groupe fort sympathique. Pour finir, Pepper Noster invitera Thibaud et Sofiène du groupe RAB à monter sur scène pour jouer une reprise d’une chanson composée avant la création de RAB. Ceci va donner lieu à un moment de convivialité assez humoristique, Sofiène grimpant sur le dos de Mama afin de chanter dans le micro de ce dernier. Un moment de partage fort agréable entre deux groupes qui se respectent.

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C’est parti pour le concert de RAB, l’acronyme de Rien À Branler, Rage Against Becassine, Rock À Burnes et plein d’autres encore… Si le quintet lyonnais avait déjà réussi à s’approprier les faveurs de la foule au Ninkasi Kao, en ouverture de Tagada Jones, ce soir il franchira un niveau supérieur. Le groupe est très en forme et a envie d’en découdre, comme d’habitude mais l’excitation du public va littéralement obliger les musiciens à mettre le turbo. Dès le deuxième morceau, le public va déclencher un énorme pogo qui ne s’arrêtera qu’à la fin de la prestation de RAB. Un slammer tentera même un saut peu avant la fin. Sur scène, Thibaud s’applique sur ses lignes de chant tandis que les deux guitaristes, Guillaume et Sofiène envoient des riffs plus tranchants les uns que les autres. Les musiciens sont constamment en mouvement, jouent ensemble et montrent une solide complicité entre eux. Par conséquent, la qualité du set est très haute et RAB réalise une performance remarquable. Bien aidés par un son très bien réglé, bien que la basse aurait mérité d’être un peu plus mise en avant, RAB enchaîne les titres en prenant soin de nouer un contact avec son public. Mission réussie puisque les spectateurs sont rapidement acquis à la cause du groupe. La fin arrive inexorablement et pour terminer le concert de manière Rock n’ Roll, Thibaud offre du Jack Daniel’s aux spectateurs du premier rang. Inutile de préciser que ces derniers se pressent pour avoir une goutte de ce liquide malté. Voilà ce qui clôt ce concert que l’on peut qualifier d’excellent. RAB a tout pour devenir un grand groupe et mériterait de fouler plus souvent les planches des grandes salles et festivals français.

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LE REPARATEUR-20140423-001Le Réparateur

Je dois être honnête avec vous, chers lecteurs. J’ai vu Le Réparateur l’an dernier, dans un bar ardéchois et l’expérience fut assez mauvaise pour votre serviteur qui décida de ne pas écrire de live report sur ce concert. Suite à quoi, je m’étais fait un avis très défavorable sur ce duo de Punk Rock. À tel point que j’ai clairement classé ce concert dans mon Flop 5 de l’année 2013. Et bien, j’ignore quelle est la raison mais le groupe que j’ai vu sur scène en Ardèche n’a rien à voir avec ce que je vois ce soir à la Marquise. Bon, sérieusement, je ne serais jamais adepte de ce Punk sur roulettes mais il faut reconnaître que Le Réparateur sait embarquer un public dans son délire. Le duo formé de Thibaud (chant, guitare) et Aksel (batterie) fait preuve d’un incroyable énergie et semble très soudé. Bienvenue dans le monde de la déconne et du second troisième degré. Ces deux musiciens ne se prennent pas au sérieux sur scène mais font les choses très sérieusement. À commencer par le décor de scène, un peu loufoque avec ces autocollants qui désignent des objets évidents comme la grosse caisse ou l’ampli guitare. Thibaud, vêtu d’une robe qu’il finira par retirer sous l’effet de la chaleur exténuante de la scène, s’applique sur ses paroles et ses soli tandis qu’Aksel tambourine comme un sourd. Le public est clairement entré dans le délire et chante les refrains. La chanson Les gens riches ne meurent jamais rencontre un énorme succès et le duo fait durer le plaisir en allongeant le dernier couplet. Ayant remarqué la présence d’un homme habillé d’une robe rose, Thibaud l’invitera à monter sur la grosse caisse pour prouver au public qu’il ne porte pas de sous-vêtements. Ce que le spectateur fera avec humour, provoquant l’hilarité du public. Ce même public qui ne cesse de pogoter à chaque chanson du duo, transformant la soute de la Marquise en véritable hammam flottant. Une prestation solide et convaincante de la part d’un duo qui a parfaitement rempli sa part du contrat, à savoir : chauffer le public pour Guerilla Poubelle.

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GUERILLA POUBELLE-20140423-001Guerilla Poubelle

Après une telle démonstration de la part du Réparateur, Guerilla Poubelle arrive devant un public déjà chaud bouillant, prêt à brûler ses dernières réserves d’énergie. Dès l’entame du set par le trio parisien, le public provoque un pogo beaucoup plus violent que ceux vus jusqu’à présent. Sous nos pieds, nous sentons les cloisons bouger, gonfler et se détendre suite aux sauts des moshers. La péniche commence légèrement à tanguer sur le Rhône. La férocité des pogos n’a égale que celle dégagée par Guerilla Poubelle. Le trio est là pour mettre le boxon et il le fait bien ! La soute est désormais une véritable fournaise et il devient difficile de respirer, la fatigue se fait sentir de plus en plus. Victimes eux-aussi de cette chaleur extrême (preuve en est la quantité de sueur qui recouvre les instruments et la brillance des cordes), les Parisiens ne ralentissent jamais le rythme. Les titres s’enchaînent et défilent rapidement, aucun répit n’est accordé au public lyonnais. Et puis, qui en voudrais, d’ailleurs ?! Le chant manque un peu de clarté mais heureusement, les spectateurs connaissent les chansons par cœur, ainsi sur chaque refrain, nous avons droit à une immense clameur qui résonne dans toute la soute. Le groupe s’éclate complètement et profite d’un instant pour fêter l’anniversaire de leur chauffeur, avant de repartir de plus belle par une série de soli, chaque musicien exécutant le sien. Le batteur finit en sous-vêtements, le corps ruisselant de sueur et pour le final, Guerilla Poubelle nous réserve une surprise. Le groupe démantèle la batterie pour la réinstaller dans la fosse, au pied de la scène. Le bassiste et le guitariste-chanteur descendent également pour jouer au milieu des spectateurs. Le concert se termine sur les chapeaux de roues au plus près des fans du groupe pendant que l’humidité recouvre les hublots de la soute.

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J’ai rarement vu la Marquise aussi remplie, avec un public autant excité. Labyrinthe Tour a frappé fort avec ce plateau. Quatre groupes performants et talentueux, un public très participatif, une salle presque pleine. Autrement dit, le rêve pour tout organisateur de concerts. Ce rêve s’est réalisé ce soir-là. Nous quittons la salle et remontons sur le pont afin de nous réhydrater. Beaucoup ont perdu des litres d’eau en quelques heures et l’air frais qui traverse la ville sera salutaire. Tout comme la pluie fine qui tombe sur les quais.

Merci aux organisateurs et aux groupes pour cette soirée extraordinaire et surtout, merci au public de s’être déplacé massivement et d’avoir tout donné.

Kouni