10356493_10152407147468656_1308415316_nEncore une fois, c’est une longue file d’attente qui s’étire devant les grilles du Zénith de paris. Une file d’attente composée de gens en noir, certains avec des dreads, d’autres le crane orné de pics. Certains arborant fièrement une veste à patch ou un blouson en cuir alors que d’autres profitent de ce beau ciel de printemps pour bronzer en tee-shirt à l’effigie de leurs groupes préférés. C’est donc une belle brochette de metaleux qui attendent devant l’une des plus grosse salle d’île de France pour voir un groupe bien particulier, j’ai nommé Korn ! En effet, les néo-metalleux américains ayant fait découvrir cette musique à plusieurs générations d’ados sont de passage pour remuer la capitale. Et l’on peut dire que l’on trépigne d’impatience de voir ça !

Haktivist

Une fois dans la salle, il est intéressant de tâter l’ambiance. Même si l’on ne voit personne faire des bonds de puce en attendant que le concert commence, on arrive tout de même à rencontrer assez facilement des gens qui ont attendu toute la journée devant la salle pour voir leurs idoles de plus près. Petit à petit la salle se remplie et vient l’heure que le show commence.

C’est sur de gros accords de guitare que la première partie de cette soirée entre en scène. Il s’agit des Anglais d’Hacktivist qui accompagnent Korn sur leur tournée européenne. Même si la plupart des personnes présentes ne savent sans doute pas de qui il s’agit (le groupe joue devant le fond de scène de Korn), ces premiers accords sont accrocheurs et l’on réagit au quart de tour à cette musique. C’est à grand coup de grosse caisse et de basse cinglante que les Hacktivist nous balancent leur Néo-Metal dans la droite lignée sonore de Korn. Vous me direz sans doute que la comparaison est un peu facile mais il n’y a pas plus ressemblant dans la façon de faire sonner sa musique. En revanche, coté chant, nous sommes à des lieux de ce que font les Américains. Les paroles rappées nous rappellent plus Limp Bizkit sans pour autant que l’on puisse véritablement comparer les deux groupes. Très vite, le chant devient l’un des points faibles de ce concert, difficile à appréhender pour ceux qui ne connaissent pas et la maitrise laisse un peu à désirer. Il faudra du temps pour raccrocher la fosse, un temps qui sera d’ailleurs trop long à mon goût si l’on considère les arguments développés par le groupe pour conquérir les Français. Parmi ces arguments, on ne compte pas un mais deux chanteurs au poste de frontman pour aller au plus près du public. On peut aussi citer le bassiste qui en plus de nous envoyer des lignes de qualité, se montre en tant que vrai bête de scène et met toute son énergie pour faire valser son instrument dans tous les sens.

À partir du milieu du set, on peut commencer à entrevoir les conclusions de cette prestation : le groupe est à l’extrême limite entre le Rap et le Metal mais n’arrive au final à assumer ni l’un, ni l’autre. Les morceaux sont trop linéaires pour l’esprit metal mais trop violent pour le Hip Hop. Et même pour quelqu’un friand de ce genre de métissage, comme moi, il est dur de se laisser emporter par la musique. Certes, certains passages semblent plus s’assumer dans le Metal avec des voix criées mais ces lignes vocales sont bien souvent compensées par un chant clair typé « émo » dont la maitrise est plus qu’aléatoire. Au final, loin d’être mauvaise, la performance de Hacktivist ne peut pas pour autant être qualifiée de bonne, ayant laissée de côté une bonne partie du public.

Korn

10356493_10152407147468656_1308415316_nAprès cette première partie peu convaincante, il est temps de passer au groupe que tout le monde attend. Mais avant, il nous faudra encore attendre que le changement de plateau soit effectif. Changement qui, comme d’habitude au Zénith, s’effectue derrière un rideau cachant (presque) la scène et avec projection de publicités sur les côtés. Des publicités qui sont d’ailleurs décriées par le public, que ce soit sur les produits vendus ou sur le fait qu’elles soient déjà en place depuis plusieurs mois. Mais plutôt que de râler sur des pratiques commerciales douteuses dans le milieu culturel, il est intéressant de constater que la fosse semble maintenant pleine. Même s’il reste encore quelques places éparses dans les gradins, la salle semble proche du Sold-Out et il ne serait pas étonnant que la soirée ait fini par afficher complet. Assez vite, la foule commence à scander « Korn ! Korn ! » et c’est après un bon gros quart d’heure de patience que le concert commence enfin.

Les premières notes de Falling Away From Me raisonnent avant que ce ne soit le carnage en fosse. Très vite le public bondi, en levant bien haut les cornes du diable et scandant les paroles à la moindre occasion ! Tout ceci est accentué par un son live de très bonne qualité, une merveille sonore digne d’un son studio. Cela donne bien sûr une fosse en délire qui ressemble plus à une mer un soir de tempête qu’à autre chose. C’est sans doute à cause de cela que les slameurs ne seront pas légions ce soir. Même s’ils seront présents quand même, il faudra attendre le quatrième titre, Love & Meth, pour les apercevoir.

Côté scène, il n’y a pas grand-chose à dire. Il y a tout ce à quoi l’on pourrait s’attendre d’un concert de Korn en grande forme : les musiciens donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre et certains instruments ont du mal à tenir en place tandis que, derrière la batterie, les baguettes de Ray Luzier tendent à voler haut dans les airs tandis que leur propriétaire s’acharne derrière cette énorme batterie aux multiples fûts. Le meilleur moyen de vous décrire ce concert serait sans doute de vous demander d’imaginer Korn sur scène, comme vous les avez sans doute déjà vus en vidéo, mais d’y rajouter une énergie et une aura à vous décrocher du sol. Cette énergie se transmettra d’ailleurs au public qui se montrera infatigable et tiendra le chant haut et fort en duo avec Jonathan Davis. Cette alchimie créera d’ailleurs un étrange exode des gradins vers la fosse, la position assise n’étant définitivement pas adaptée à ce type de concert.

Mais ce qui fait aussi de Korn un groupe exceptionnel sur scène, c’est aussi la grande complicité qui règne entre les musiciens. Cela leur permet de partager très facilement leur amour de la scène aussi bien entre eux qu’avec le public. Tout ceci est sans compter sur l’élément magique qui déchainera vraiment la fosse : Jonathan Davis et sa cornemuse sur l’intro de Shoots and Ladders, un pur moment de folie furieuse où les gradins se sont mis à trembler de par les acclamations du public !

À peine le temps d’une courte interruption après Freak On A Leash que le groupe revient pour finir ce concert en beauté avec trois titres issus de leur premier album éponyme. C’est donc avec Clown et Divine que l’on enchaine avant de finir en apothéose sur Blind ! Le concert se finira par de longs moments de communion entre le groupe et le public, et les plus chanceux auront pu recevoir des médiators, baguettes, tee-shirts et même une peau de caisse-claire des mains du groupe.

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Setlist :

  • Falling Away from Me
  • Twist
  • Got the Life
  • Love & Meth
  • Narcissistic Cannibal
  • Dead Bodies Everywhere
  • Spike in My Veins
  • Get Up!
  • Did My Time
  • Shoots and Ladders / Somebody Someone
  • Coming Undone
  • Here to Stay
  • Never Never
  • Freak on a Leash

Rappel :

  • Clown
  • Divine
  • Blind

Certes, on peut toujours reprocher des choses à un groupe quand il monte sur scène, comme de ne pas avoir joué leur reprise de Pink Floyd, Another Brick In The Wall, mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas dire que ce concert était génial. Merci à Alias Production pour cette magnifique soirée et l’on espère avoir très vite d’aussi bonne dates dans nos contrées françaises !

Eladan 

Photos : Laurine