SOMBRA Y LUZ-20130601-018Si vous lisez régulièrement nos articles, le nom de L’American Dreamer ne doit pas vous être inconnu. C’est donc encore une fois dans ce lieu mythique qu’aura lieu une soirée d’anthologie. Car oui, les Sales Majestés ont déjà joué dans ce même bar il y a plus de 20 ans. Vous vous demanderez ce qu’un métalleux fait dans un concert de punk. Je vous répondrais que keupons, métalleux, hardos… Nous somme tous cousins. Cette soirée sent le Rock qui transpire comme j’aime le dire car ce sont les locaux de Sombra Y Luz avec leur Rock teinté de Metal qui auront l’honneur d’ouvrir les festivités. Cette date ayant été annoncée une semaine avant, je suis le seul membre de Sons Of Metal à me rendre à ce concert. Voici donc mon ressenti de cette soirée (sans photos, celles présentées dans cet article datent de concerts antérieurs).

Sombra Y Luz, concert à la Cascade, 1er juin 2013.

Morgan, chanteur de Sombra Y Luz. Concert à la Cascade, 1er juin 2013.

Sombra Y Luz

Après avoir fait la queue devant l’entrée du bar, nous voilà donc un verre à la main en train d’attendre le début du set des Sombra Y Luz. Le bar se remplit à vue d’œil. Au début du set des Sombra Y Luz,Morgan (chant) nous annonce que c’est une date exceptionnelle pour eux car ils sont en plein enregistrement de leur nouvel album. Dès le commencement, la chose qui nous réjouit est la qualité du son, tous les instruments sont clairement audibles. Les titres s’enchaînent sans couac ni temps mort. Les connaisseurs du style de Sombra Y Luz ne seront pas déçus car, comme son nom le sous-entend, le groupe évolue entre ombres et lumières avec des riffs de guitares ravageurs de Manolo, soutenus par la basse puissante et grondante de Riton. La tessiture vocale et le chant en français de Morgan lui permet de pouvoir naviguer dans plusieurs styles : chant rock, scream metal, chant clair. Au fil des titres, la surprise vient du public qui commence de plus en plus à grossir et à clairement bouger, ce qui contraste avec la situation actuelle qui voit les concerts se désertifier. Sur scène, nous avons droit à un festival de sourires. Tous les musiciens, sans exceptions, se font clairement plaisir et jouent décontractés (visuellement, du moins… Nous imaginons bien leurs stress). Plus le set avance, plus cela devient « sportif » dans le bar. Et pour encore plus retourner le public, les bougres nous font la surprise de faire venir Yoan (ndlr : patron du café-concert Le Barbar, autre lieu rock d’Annonay) et accessoirement frère de Ju le batteur qui, pour l’occasion, laisse ses fût à Arthur son neveu (et fils de Yoan) de dix ans et demi. Nous voilà donc avec une brochette familiale de rockeurs Ardéchois sur scène pour nous interpréter le titre « L’étouffé ». C’est donc les deux frangins au chant, Arthur à la batterie, Riton et Manolo à leurs instruments respectifs pour un titre des plus intense. Le groupe se donne corps et âmes sur scène, le public devient de plus en plus hystérique. Les pogos et slams ne se comptent plus, le bar devient une fosse géante. Une fois ce titre passé, nous aurions pu constater une baisse d’intensité. Mais non, il ne faut pas compter là-dessus car les titres s’enchainent encore à un rythme effréné ! Ce soir, nous aurons droit a plusieurs titres de leurs prochain album dont le morceau Vendeur d’armes, clairement brutal avec ses breaks thrashisants et lourds, la basse bien audible donnant une forte profondeur à cet extrait). Ju arbore un sourire de gagnant du loto tout en fracassant ses fûts. Deux autres nouveaux titres nous seront dévoilés. Les Sombra Y Luz finissent leur set avec un morceau typé reggae mais à leur façon car ce titre très « cool man » fini en déluge de riffs, patterns de batterie puissants et de hurlements métalliques. La température ambiante du bar étant montée de plusieurs degrés, nous profitons du changement de plateau pour sortir prendre l’air. L’occasion d’échanger quelques mots avec Yves, guitariste du groupe Les Sales Majestés.

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Arno, chanteur des Sales Majestés. Concert de St Vallier, 28 septembre 2013.

Arno, chanteur des Sales Majestés. Concert de St Vallier, 28 septembre 2013.

Les Sales Majestés

À notre retour dans le bar, on peut se rendre compte de la foule présente ce soir. Pas moins de 200 personnes ont répondu à l’appel du Punk Rock. Le reste de la soirée s’annonce des plus bouillonnantes ! Cette impression sera confirmée dans les secondes qui suivent. Le combo monte sur scène et ne fait pas dans la dentelle. Dès les premières notes, une vague d’énergie se dégage de la scène pour happer tous les spectateurs. Même si les punks des Sales Majestés font ça depuis plus de trente ans, il n’en demeure pas moins qu’ils donnent tout et tout de suite. Le son est très bon, les musiciens ont l’air heureux d’être ici avec nous. Rappelez-vous, nous sommes dans un bar en Ardèche, le cadre parfait : un bar aux connotations Rock, au milieu d’un département entouré de collines et de montagnes. Si les musiciens ont l’air ravis d’être ici, c’est aussi clairement le cas du public qui le montre de la plus belle des manières car ce soir, c’est l’exemple parfait de ce qu’est le Rock au sens large. Dans la fosse, nous côtoyons aussi bien des keupons, crêtes avec blouson en cuir, badges, rangers et toute la panoplie que des métalleux de tout âges. Une communion intergénérationnelle. Reparlons un peu musique ! Au niveau de la setlist, nous avons droit à une panoplie des titres écris par les Sales Majestés depuis quelques années. Des chansons ultras fédératrices telles que Camarades, Johnny s’en va t’en guerre, Mes frères ou encore P.P Haine reprise en chœur par le public. L’énergie déployée par tout le monde rend l’air à la limite du respirable mais  cela ne dérange personne car  le public est complètement hystérique. Ça devient un festival de pogos et de slams, les corps transpirants s’entrechoquent, la bière coule à flot. Une vraie soirée Rock And Roll comme on aime ! Les membres du groupe ne lésinent pas sur la dépense d’énergie. Plus la soirée avance, plus la fosse devient un « no man’s land ». Nous avons même droit à plusieurs slams de la part d’Arno, le chanteur. Les Sales Majestés font un punk des plus traditionnels, donc ne vous attendez pas à des riffs de virtuose mais, ce soir, le set est clairement bon et très bien exécuté. Vous me direz : « Ouais mais les mecs font ça depuis des années ! ». Je suis d’accord mais rien n’enlève ce sens du rythme qui vous transporte et ces textes engagés et enragés. Autant politiquement que moralement. La setlist défile vite. Même trop vite, dirons-nous. La setlist terminée, le groupe quitte la scène mais pas pour longtemps. Le public hurle dans tous les sens pour obtenir un rappel. Et quel rappel ! Les musiciens remontent sur scène et remettent le couvert en donnant encore plus d’énergie. Mais où vont-ils s’arrêter ? Le public répond de la même manière. Ça slamme, ça pogote, ce soir c’est no limits, les amis. Comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous arrivons vers le terme de cette prestation. Le bar est jonché de gobelet de bières, de litres de bières et de sueur.

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Beaucoup de monde en profite pour sortir prendre l’air, mais ce n’est pas pour autant que la soirée est finie car les premiers feedbacks du concert fusent de droite à gauche et nous comprenons vite que tout le monde est unanime : c’était une excellente soirée ! De notre côté, nous avons Yves qui nous rejoint pour discuter de tout et de rien. Nous parlons musique, Punk et même Metal. C’est l’occasion de parler musique avec un passionné. Petite anecdote, Yves nous dit que le Punk existera toujours car les Punks sont comme de la mauvaise herbe. Une partie des membres s’apprêtent à quitter le bar mais viennent nous saluer et nous remercier de cette ambiance de folie (le lendemain, ils joueront dans le Gard). Ils nous donnent rendez-vous ici-même dans 20 ans et croyez moi, nous y serons !!

Un grand merci aux Sales Majestés et Sombra Y Luz, à Kazzi qui a aussi œuvré à leur venue et un grand merci l’American Dreamer pour cette soirée sous le signe du Rock.

                                                                                                                                                                             Mike