Frontal – DeathEaters (Album)

Posté le : 23 mai 2014 par dans la catégorie Chroniques
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Frontal - Death Eaters coverFrontal se forme officiellement le 3 octobre 2009, à Lyon. Le groupe commence par affronter la scène dans un premier temps, écumant l’hexagone et se permettant quelques premières parties assez prestigieuses et remarquées, notamment pour Devil Driver, Agnostic Front, Sepultura et même Marilyn Manson. Cependant, le combo ne se dépêche pas de sortir leur premier disque car ils l’envisagent comme quelque chose qui doit être travaillé, soigné et parfait pour un début. Ce souci de perfection trouvera son aboutissement avec l’enregistrement de DeathEaters au cours du mois d’octobre 2013. L’album sortira finalement le 23 mai 2014, au cours d’une release party qui sera certainement mémorable.

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Genre : Djent, Death, Progressive - Date de sortie : 23 mai 2014

Genre : Djent, Death, Progressive – Date de sortie : 23 mai 2014

La pochette de l’album, vendu en Digipack, est constitué par une très belle macrophotographie représentant une abeille posée sur de la roche, prise en plongée. Il s’agit d’une reine, en l’occurrence. Même si nous ne voyons pas de prime abord le rapport avec l’album, cela reste agréable et original. Lorsque nous passons à l’écoute, la surprise est tout aussi bonne. D’un point de vue qualité sonore, pas de quoi être déçu. Chacun joue bien à sa place, en place et dans un mix qui ne souffre d’aucune lacune notable. Le son des guitares est à la fois propre et organique, distinct et saturé juste comme il faut. La batterie est impeccable et le chant un poil au-dessus en terme de volume ne choque pas, car il est ainsi mis en valeur comme il se doit. Maintenant, si nous passons au contenu, nous noterons de fortes influences dans le registre moderne du Metal. L’appellation la plus adaptée serait Djent Progressif Death-Core, encore que cela puisse être sujet à discussion. Pour autant, si vous êtes fan de Meshuggah, vous trouverez un groupe qui pourra vous convenir. Les syncopes sont légions et le headbang s’impose mais avec tout ces décalages, difficile de savoir si nous sommes dans le temps ou à côté. Quoi qu’il en soit, les musiciens sont armés d’un niveau technique plus que respectable, se permettant tous ces décalages rythmiques avec une déconcertante facilité. Et cela, sans avoir encore parlé de toutes ces lignes mélodiques qu’ils ont de plus eu le culot d’ajouter. C’est bien là où Frontal se démarquera de ses comparses Djent et où se trouve la fondue qui mène au royaume Death progressif. Le tempo ne défaille jamais, les mélodies sont musicales à souhait et nous nous surprenons à partir sur des envolées métalliques quasi lyriques, dégageant une certaine émotion. Soyons franc, cette émotion n’est pas la joie de vivre. Nous oscillerons donc entre la mélancolie, la rage et l’impuissance. Frontal nous met donc face à une sorte de paradoxe : un jeu basé sur des rythmiques saccadées très présentes, doublé de mélodies et harmonies envoûtantes et efficaces et souvent en fin de comptes, les deux simultanément. Le chant soutenant tout ceci est un growl parfaitement en place, plutôt medium qui ne démérite pas et se fond bien dans la masse sonore.

En définitive, l’ensemble est plus que plaisant. Les clins d’œil aux grands-frères Gojira, Metallica, Pantera et Meshuggah (pour ne citer que les plus connus) sont très présents mais nous les apprécions d’autant plus qu’ils se fondent dans un ensemble bien différent, cohérent et déjà bien mûr. Le titre de l’album nous avait d’abord laissé un peu sceptique (Deatheaters, c’est le nom des Mangemorts de Harry Potter en version originale) mais après écoute, nous comprenons que ce n’était pas nécessairement cette référence qui avait été choisie. Nous invitons chacun à écouter cet album de choix qui ne décevra pas, de par ses qualités intrinsèques qui sont techniques et musicales. Le mariage est réussi et nous sommes satisfaits que Frontal ait pris son temps pour sortir un album aussi bon. Hélas, le plus gros défaut de ce disque, s’il n’y en a qu’un, c’est qu’on voudrait en avoir plus à se mettre sous la dent. Les onze titres défilent trop vite. Il y a fort à parier que cet opus tournera en boucle chez vous aussi. Pour notre part, il repart pour un tour. Et avec un concert dans le coin, nous en serons. Si l’énergie dégagée est au moins aussi intense, nous passerons un bon moment.

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Line-up :

  • Diego : chant
  • Martyn : guitare
  • Morgan : batterie
  • Romain : guitares, choeurs
  • Jonathan : basse

Tracklist :

  • Kronos
  • No More Safety
  • One To Kill Them All
  • Inferno
  • Rise Above
  • New Journey
  • Deatheaters
  • At War With Myself
  • No Pride
  • Psycopatharmy
  • Mind Control