Cover-6h33Les péripéties barrées de 6H33 démarrent en 2010 quand les membres du groupe se décident à jouer ensemble. Cela se passe à Paris. Productifs et plein d’imagination, ils composent assez rapidement leur premier album Orphan Of Good Manners, sujet de la présente chronique, en Avril 2011. En 2012, une rencontre pas si fortuite que ça avec Arno Strobl de Carnival In Coal donne naissance à la collaboration 6H33/Arno Strobl qui démarre avec Giggles Garlands and Gallows, un EP/Album de trois titres durant trente minutes qui sera rapidement victime d’un fort succès (2 300 téléchargements le premier mois.

Au cours de cette année 2012 chargée en dates de concert, notamment en première partie de Carnival In Coal et Shaka Ponk, la collaboration se resserre, donnant le jour à un nouvel album avec Arno Strobl : The Stench From The Swelling – A True Story, en 2013. Nous revenons donc ici à l’origine de la tempête 6H33 au cours des premiers instants de son existence scénique et discographique avec Orphan Of Good Manners.

<br/>

Genre : Death, Pop, Indus, Prog - Sortie : Avril 2011

Genre : Death, Pop, Indus, Prog – Sortie : Avril 2011

La pochette du disque, dans un premier temps, est assez particulière. Le nom du groupe est inscrit assez discrètement en haut, un peu comme une simple annotation. Le dessin, basé sur une symétrie axiale passant exactement au milieu de l’image de haut en bas est constitué de squelettes d’oiseaux, d’un scolopendre et d’autres éléments qui semblent tous d’origine animale. L’ensemble est assez surprenant mais annonçons d’office que cette pochette est assez révélatrice de ce que l’on pourra trouver musicalement sur le disque. En effet, alors que nous écoutons les pistes défiler sur nos enceintes, nous nous rendons compte qu’il s’agit d’un mélange par ailleurs assez improbable et surprenant de styles musicaux. On pourra passer d’un style un peu dancefloor old-school à du bon gros Brutal en passant par de l’Indus, de la Pop, du Neo Metal, du Djent et bien d’autres encore. Un peu de tout en somme, tournant malgré tout globalement autour de l’univers du Metal. Si surprenant que cela soit, il n’en reste pas moins que les transitions sont bien travaillées et les sauts d’un style à l’autre paraissent non seulement logiques, mais aussi évident. En lisant ceci, certains d’entre vous penseront certainement déjà à des influences telles que Devin Townsend, Mr Bungle, Carnival In Coal ou encore Faith No More. Il est certain que si ces groupes n’ont pas été des sources d’une éventuelle inspiration du groupe, alors 6H33 n’existe pas. D’un point de vue technique maintenant, le son est très bien enregistré et mixé, l’équilibre entre les instruments a été minutieusement travaillé. Par exemple les synthés qui ont la part belle sur cet opus laissent cependant bien les guitares s’exprimer. Les chants exécutés par Kinky Zombi (il quittera le groupe peu de temps après cet album et sera remplacé par Rorschach) passent du clair crooner à des growls un peu gras mais bien contrôlés. La basse appuie l’ensemble comme il faut pour donner cette texture typique du gros son. La batterie qui est en fait une programmation de bonne qualité est forcément carrée, mais nous oublions assez facilement grâce à la musique qu’il ne s’agit pas d’un batteur en chair et en os.

6H33 comblera ceux qui sont à la recherche de groupes atypiques qui ne se cantonnent pas à un style donné, capables d’aller un peu partout sans jamais dépasser les limites du bon goût, ou alors ils le défonceront avec brio. Les compositions sont simplement excellentes et on se surprend à écouter divers styles musicaux qui auraient par ailleurs fait un peu tâche dans un morceau qualifié de Metal. En même temps, essayer de définir 6H33 est une mission compliquée et risquée, si elle n’est pas impossible. Orphan Of Good Manners porte définitivement bien son nom : où sont passées les bonnes manières ? Le classicisme d’une composition de base simple et uniforme ? Le groupe nous file une grosse claque et nous laisse là, sans nous donner de raison. Débrouillez-vous ! En y réfléchissant bien, vous aurez l’impression d’avoir été simplement un acteur qui s’est pris une claque dans un film de Tim Burton, sauf que personne ne vous a prévenu qu’il y avait un tournage. Ni que vous étiez acteur. Nous recommandons fortement à tous l’écoute, au moins une fois de cet album hors norme qui rend honneur aux inspirateurs autant qu’aux compositeurs eux-mêmes. Heureusement, il reste deux albums à écouter après celui-ci et s’ils ne sont pas du même calibre, c’est qu’ils sont peut-être même mieux.

F4R537KTP09

Line-up :

  • Kinky Zombi : chant (actuellement dans Mur et Nerv)4NIko : guitare
  • SAD : basse
  • Von Schtrudle : synthés et machines
  • Mr Z : machine et synthés

Tracklist :

  • Lift Off
  • Beretta
  • Black Becky
  • Drunk In Krakow
  • Little Silly Thing (part1)
  • Little Silly Thing  (part 2)
  • The Only One
  • The Fall Of Pop
  • Karmacoma
  • Orphan Of Good Manners
  1. Maryska dit :

    Bravo F4R537KTP09 pour ton article qui donne sérieusement envie non seulement d’écouter l’album, mais de l’acheter format CD pour admirer la pochette à la loupe ^^
    En tout cas, ne l’ayant pas, je me suis empressée de l’ajouter à mon panier sur adopteungroupe.
    N’hésitez pas non plus à faire connaissance – si ce n’est pas déjà fait – avec Giggles, Garlands & Gallows.
    Merci à 6:33 de faire poutrer les morts.