Interview avec Coredump

Posté le : 10 juin 2014 par dans la catégorie Interviews
Tags:

COREDUMP-20130716-022Coredump est un groupe de Metal tendance Hardcore’n’roll originaire de Mâcon, formé en 2006. Après deux EP sortis en 2007 puis 2010 et un premier album en 2012 (Heij Tan Mayrd), suivi d’un live enregistré en 2013 (Heij Fulah Mayrd An Lïve), le groupe récidive avec la sortie prochaine de leur deuxième album, De l’Ombre À Nos Poussières, annoncé pour septembre 2014. Occasion en or pour une petite interview avec le groupe et en savoir plus sur son passé, son actu, son avenir, son essence !

COREDUMP-20130716-022

Coredump, avec de gauche à droite : Jean-Matt (basse), Max (chant), Guillaume (batterie) et Alex (guitare)

<br/>

Sons Of Metal : Une petite présentation pour ceux qui ne vous connaîtraient pas ?

Coredump : Nous sommes Coredump. Jean-Matt à la basse, Guillaume à la batterie, Alex le guitariste du groupe et Max, le chanteur.

« Coredump » est un terme informatique (report d’un bug du noyau). Ce nom a une histoire particulière ou c’est juste parce que vous êtes des geeks ?

(Rires) Déjà, on est pas geeks ! Ça vient d’un ancien membre du groupe qui lui, l’était bien par contre ! On trouve que ça correspond bien à tous les messages qu’on délivre dans nos textes, cette histoire de journal, d’un report de bug…

Alex, guitariste. Concert à Bourgoin-Jallieu, le 17 mai 2014.

Concert à Bourgoin-Jallieu le 17 mai 2014.

Puisque tu en parles, on retrouve parfois des messages avec une connotation politique plus ou moins marquée dans vos textes (religion, environnement). Peut-on dire que Coredump est un groupe engagé ?

Nous n’en avons pas la prétention. C’est plus un constat des choses qui nous entourent, au-delà de la politique. C’est plus des thèmes qui nous tiennent à cœur.

Vous vous situeriez plus dans l’apolitisme ?

On ne veut pas que la politique rentre dans notre musique. Nous avons nos idées et on en parle dans nos paroles mais on ne le met pas en avant. On pense que trop faire rentrer la politique dans notre musique l’orienterait vers des choses qui ne seraient pas forcément bonnes pour la musique.

L’idée c’est donc plus de faire réfléchir le public autour de sujets qui vous interpellent.

Oui, plutôt que d’affirmer un bord politique.

Votre deuxième album va sortir en septembre. Comment s’est passée sa préparation ?

Très bien. On a passé quinze jours en studio, au WarmAudio à Décines. Royal ! C’était avec Chris, un super type (également guitariste dans L’Opium du Peuple et Ta Gueule). Il était l’ingé-son de notre premier album et il a encore fait un super boulot pour celui-ci.

L’album est donc prêt à sortir ?

Non, on est dans la phase du mastering. On a préféré prendre notre temps pour le mixage plutôt que de speeder comme d’habitude, histoire de pouvoir revenir dessus si on voulait.

À propos du titre de l’album, on passe de Heij Tan Mayrd à De l’Ombre À Nos Poussières. Est-ce que ça traduit une évolution au niveau de l’état d’esprit ?

Max (chant). Concert à Bourgoin-Jallieu le 17 mai 2014.

Concert à Bourgoin-Jallieu le 17 mai 2014.

Une évolution, oui, quoiqu’il se passe. Après, on pense que les titres de nos albums sont comme les titres de nos musiques. On a tellement d’influences que sur le moment, c’est ce qui nous semblait correspondre le plus en termes de couleur à cet album-là. D’ailleurs, Heij Tan Mayrd correspondait bien au premier album, en tout cas à l’état d’esprit du groupe à ce moment. Même si d’un côté, ça n’a pas changé, Heij Tan Mayrd mais dans l’ombre et avec des poussières ! (rires)

On reste donc sur le même esprit, avec une évolution logique.

Oui, pour nous. Et puis, ça fait écho à nos textes sur ce nouvel album.

Vous parliez de vos influences. J’ai cru comprendre qu’elles étaient diverses et variées. Est-ce que vous pouvez me parler de vos influences communes ?

Les influences majeures, c’est toute la scène Hardcore. Des groupes comme Madball ou Terror. On aime aussi le côté Stoner quand c’est un peu gras. Mais on écoute d’autres choses. Nous pourrions aussi te parler de Meshuggah et Metallica.

Vous avez tourné un clip pour Pavé Rouge, une des chansons de votre prochain album. Est-ce que c’est un morceau représentatif de l’album ?

C’est représentatif du titre en lui-même mais pas de l’album en son entier. On avait l’opportunité de faire ce clip et par rapport aux morceaux que nous avions, Pavé Rouge était celui qui avait une ambiance vraiment particulière. Du coup, ça nous permettait de mettre en image un morceau vraiment à part.

Donc, si on se base sur Pavé Rouge pour avoir une idée du reste de l’album, on risque d’avoir des surprises ?

Ouais, même si on retrouve quand même cette « couleur » quoiqu’il se passe dans l’album, ça n’en est qu’une parmi toutes les couleurs du disque.

Jean-Matt (basse). Concert à Bourgoin-Jallieu, le 17 mai 2014.

Concert à Bourgoin-Jallieu, le 17 mai 2014.

Pour les paroles, c’est issu d’un travail collectif ou c’est l’œuvre d’un parolier attitré ?

Le fonctionnement n’a pas été le même pour le premier et le deuxième album. Sur le premier, il y avait beaucoup de co-écritures et quelques titres entièrement écrits par Max, mais c’est principalement lui qui a écrit pour le second. Ensuite, c’est toujours soumis et validé par le groupe dans son ensemble.

Vous disiez dans un autre interview, il y a deux ans, que la scène Metal française était mal exploitée, méconnue. Est-ce que vous avez noté une évolution depuis ?

Ils essaient de nous faire croire que ça s’arrange mais ça n’a pas beaucoup évolué. Il y a quelques groupes qui essaient de se bouger mais c’est toujours la même merde. Il y a de moins en moins de lieux.

Et l’émergence de festivals de Metal à divers endroits de la France, ça ne favorise pas l’ouverture de lieux ?

Ça met en lumière les styles de musique, effectivement, mais ça ne fait pas tourner les groupes réellement. Ça fait faire des interviews de groupes ou des documentaires sur les chaînes publiques sur le thème avec un peu de dérision pour que la pilule passe mieux (Le Metal expliqué à ma mère) mais hormis ça, on reste dans la stigmatisation du metalleux mangeur d’enfants. Quand tu vois des reportages sur le Hellfest aujourd’hui, pour parler du plus gros festoch’, la plupart du temps c’est pour dire : « attention, les metalleux viennent retourner la ville ». Même pour certaines salles, les diffuseurs s’imaginent tout de suite qu’un groupe de Metal va jouer plus fort que les autres, alors que c’est le même nombre de décibels, au final. Ça et tous les a priori habituels : problèmes avec les flics, bagarres, incendies…

Après la sortie de l’album, d’autres projets ?

Guillaume (batterie). Concert à Bourgoin-Jallieu, le 17 mai 2014.

Concert à Bourgoin-Jallieu, le 17 mai 2014.

Une bonne grosse tournée pour l’album est en train de se caler. Tout ce qu’on attend, c’est de pouvoir regagner réellement la route après une période de dates au coup par coup parce qu’on était en train d’enregistrer. Mais ça nous permet de rôder le set.

Après on a toujours plein de projets. Là, nous sommes partis sur un collectif avec d’autres groupes de Mâcon, ça se met en place.

Ça bouge à Mâcon ?

Ça bouge bien grâce à un nouveau lieu : le Sovengard. On parlait des problèmes de la scène Metal tout à l’heure et pour le coup, nous avons un lieu qui accueille régulièrement du Metal à Mâcon avec une double prog’ par semaine, le vendredi et le samedi. Ça reste une petite scène mais ça n’a pas froid aux yeux. Ça permet une émulsion dans les groupes locaux. Ça donne envie à des petits groupes de jouer, d’aller un peu plus loin. C’est toujours bon d’avoir des petites salles à l’échelle locale, les SMAC c’est sympa mais ça n’aide pas à l’émergence des groupes locaux.

Après, ce n’est pas la seule salle à faire de la diffusion de groupes de Metal. Le Saint-Antoine en a fait avant et continue d’en faire tous les dimanches. Mais le Sovengard, c’est un projet qui nous tient à cœur parce que c’est résolument tourné Rock, là où le Saint-Antoine est plus généraliste et pas dans la même ambiance.

C’est vraiment plaisant d’avoir des ouvertures de lieux du genre dans une période où on constate qu’un tas de lieux de diffusion disparaissent, qu’ils soient généralistes ou plus spécialisés. On est dans un vrai cercle vicieux avec des gens qui ne vont plus en concert, des patrons de bar qui ont de moins en moins de monde et qui osent moins faire jouer des groupes.

Sur scène avec Reuno (Lofofora), Bourgoin-Jallieu, le 17 mai 2014.

Sur scène avec Reuno (Lofofora), Bourgoin-Jallieu, le 17 mai 2014.

Quelle est la solution, selon vous ?

La seule solution, c’est de se bouger. Tenir la position et montrer l’exemple. Le minimum, c’est de sortir de chez soi et d’aller voir les potes. Mais la vraie question à se poser, c’est pourquoi les gens se bougent plus. L’argent manque et il y a une flemme générale qui s’est installée, avec des gens qui préfèrent rester à la maison devant la télé ou en ligne avec les copains. T’ajoutes à ça le fait qu’on te rabâche que c’est la crise et que si tu bouges le soir, tu vas manquer à la fin du moins… Tout ça mis bout à bout, t’as une espèce de terreur qui se met en place.

Un dernier mot pour les lecteurs de Sons of Metal ?

« Mot », et merci !

Interview réalisée par Igor.

Photos de Kouni.

Découvrez Coredump sur http://coredump.bandcamp.com/