_MG_0542Quand on vous a dit que la période des festivals 2014 s’annonçait comme un très bon cru, ce n’était pas sans penser à ce qui nous attendait dès ce mois de mai. C’est en effet lors du week-end de Pâques que nous sommes allés chez nos voisins belges pour goûter à l’édition 2014 du Power Prog & Metal Festival ! Au menu ? Trois jours de festival au son de groupes de tous horizons venant ravir les amateurs du genre, le tout en dégustant les spécialités houblonnées locales sous l’aura bienveillante du beffroi de Mons.

Vendredi 18 avril : premier jour de festival

C’est en fin d’après-midi que commence ce festival, laissant ainsi le temps aux festivaliers de faire tranquillement la route, de déposer leurs affaires à l’hôtel ou de planter la tente pour les plus courageux. C’est donc dans le centre commercial, juste en face de la salle que l’on commencera à croiser nos confrères tout de noir vêtu, occupant les bars et tavernes en attendant l’ouverture des portes. Une occupation qui ne semble pas déranger les locaux malgré quelques extravagances vestimentaires et capillaires. Puis arrive l’heure de l’ouverture des portes et enfin le début du véritable week-end ! C’est dans une salle aux allures d’ancien hangar à avions que se déroule le festival. D’un côté se trouve la scène A et à l’opposé se trouve la scène Ω, deux grandes scènes se faisant face et sur lesquelles vont alterner les groupes pendant trois jours. Allons-y !

Monument

_MG_0049Pour commencer ce festival, c’est face à un groupe massif que nous nous retrouvons avec Monument. On est vite forcé de constater que les musiciens sont absolument à l’aise sur scène et dans leur musique. Venus tout droit d’Angleterre, les cinq gaillards nous livrent leur musique Heavy à l’ancienne dans la plus grande lignée de ce que savent faire nos amis anglo-saxons. Le show est rodé et c’est un grosse claque scénique à laquelle nous avons le droit. En revanche, si coté visuel on prend son pied, coté sonore, l’acoustique de la salle semble poser problème aux techniciens et le son du concert souffrira d’une overdose de basse, brouillant un peu la musicalité du groupe. Mais qu’importe, on profite quand même largement du spectacle. Les musiciens n’hésitent pas à aller d’un bout à l’autre de la scène en sautillant mais le show ne se passe pas que sur scène et le public répond volontiers aux appels du chanteur britannique. Le groupe a d’ailleurs apporté un grand Union Jack qui vient combler cette scène un peu vide. Une originalité sympathique qui s’inscrit tout à fait dans la droite lignée du NWOBHM ! Un commencement sur les chapeaux de roue mais ce n’est que le début de trois jours de concerts !

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Kells

_MG_0128Ce sont des français qui prennent ensuite le relais avec Kells. Les plus obtus classeront juste ce groupe comme une énième formation de metal à chanteuse. Mais ces gens ne doivent pas avoir écouté la musique que nous proposent les Lyonnais. On retrouve ici un metal moderne et très loin des habituels postes auxquels on cantonne les chanteuses. Bercés dans des influences metalcore, on reçoit tout de suite un son lourd, précis, tranchant et ravageant vos tripes. Je ne peux pas m’avancer sur le son album, ou le chant – en français, s’il vous plait – est sans doute plus compréhensible mais en live, le groupe arrache. Bien sûr, on est un peu choqué – ou pas – par la tenue courte de la chanteuse qui n’a pourtant absolument pas besoin de cela, sa voix suffisant à nous faire chavirer dans la violence de la musique. Les Lyonnais auront le privilège de provoquer les premiers headbangs de la soirée. On regrettera tout de même que les musiciens ne soient pas autant impliqués sur scène que leur frontwoman. Mais ce show étant placé en pleine période d’enregistrement pour le groupe, nous leur pardonnons aisément cette petite faiblesse. De toute façon, leur musique se charge pour eux d’envoyer la sauce !

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Furyon

_MG_0233Avec Furyon on repasse sur une musique plus posée avec du gros Heavy « à l’ancienne ». Et forcément, il n’y a rien de tel pour s’échauffer les cervicales, cornes du diables pointées vers le ciel ! Coté son, la qualité s’améliore et l’équilibre rend un peu moins « hangar ». Sur la musique, tous les points du Heavy Metal sont respectés, de la voix à la façon de poser la batterie, en passant par ces solos de guitare léchés.

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Epysode

_MG_0346Epysode fait partie de ces groupes de metal mélodique aux accents d’opéra et dont la place de chanteur n’est pas tout à fait définie. C’est par épisodes que l’on verra cinq vocalistes alterner sur scène. Ce changement quasiment constant de vocaliste est vite oublié avec le petit jeu de devinettes auquel on peut se livrer pour savoir quel musicien vient de quel groupe. En effet, mis à part le guitariste Samuel Arkan qui se revendique d’Epysode, tous les musiciens viennent d’une autre formation. Que ce soit le bassiste Mike LePond qui nous vient de Synphony X ou encore Léo Margarit connu pour être le batteur de Pain Of Salvation, on redécouvre le « Qui-est-ce ? ». C’est la même chose du côté des vocalistes, dont nous retrouverons une bonne partie plus tard dans ce festival dans Borealis, Evergrey ou encore Triosphere. Passé cette avalanche de noms, venons-en au concert en lui-même. Et, à l’image des headbang de Julien Speutels, le clavieriste qui manquera de peu, et ce plusieurs fois, de se taper la tête sur son instrument, ce show est renversant, déstabilisant et envoûtant en même temps. Les musiciens affichent une belle présence scénique et envoient du bois, tandis que les voix nous permettent de nous envoler. En parlant de s’envoler, que dire de la power-balade que nous offre le groupe. En live, c’est magnifique et comme le dit le groupe dans les paroles We Are Not Like Everyone (Nous ne sommes pas comme tout le monde – NDLR) ça, on veut bien le croire. Au final, il en faut peu pour émouvoir des metalleux.

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Pagan’s Mind

_MG_0440De ce premier jour de concert, Pagan’s Mind n’est pas le groupe qui m’a le plus marqué. On ne va pas leur en vouloir, parmi cette déferlante de bons groupes, il est dur de se faire un place dans la tête des gens. Nous retiendrons tout de même la formidable énergie déployée par Nils au chant qui viendra faire bouger les premiers rangs d’un bout à l’autre des planches, à coup de grands mouvements avec les bras.

Mais pour assurer sur scène, avec Pagn’s Mind, il faut aussi compter sur Ronny qui se démène derrière ses claviers. Claviers qui sont d’ailleurs fixés sur un stand pivotant, permettant ainsi à ce dernier d’occuper un maximum d’espace tout en restant au même endroit ! Si je n’ai pas été plus convaincu que ça par ce concert, il n’y a pas de doute que le groupe a quand même fait une très bonne performance et a ravi une bonne partie du public. Un groupe à suivre et à ré-écouter en album !

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In Extremo

_MG_0531Autant commencer par être honnête avec vous, je ne connaissais pas ce groupe et c’est une tare ! In Extremo, c’est bon, c’est sautillant, c’est joyeux ! À la limite entre le néo-metal à la Rammstein – le chant allemand n’étant pas étranger à cette comparaison – et le Folk à la Eluveitie, c’est un mélange parfait pour faire bouger les foules. Les guitares sont là pour assurer le coté violent de la musique tandis que les binious, cornemuses et autres instruments peu habituels dans le metal viennent vous faire valser. On est assez vite amenés à danser et la chenille ne met pas plus de temps à se former dans la fosse. Sur scène, le décor permet d’optimiser le jeu de scène, laissant assez souvent les guitaristes en arrière-plan au profit des flûtistes qui viennent communiquer leur bonne humeur au public. Pour ce qui est du frontman, Micha, son chant assure la cohésion du public et relève d’une étrange mélodicité que l’on trouve assez rarement dans la langue de nos voisins germains. Ce dernier réussit à occuper tout l’espace de la scène tout en restant toujours présent, même lorsqu’il chante de derrière la batterie grâce à un décor à la Iron Maiden. Un très bon set donc pour un groupe qui le mérite vraiment.

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Pain

_MG_0608Voici venu le dernier groupe de la soirée et pas des moindre puisqu’il s’agit des Suédois de Pain. Ici, le décor est sobre, seuls quelques petits éléments viennent personnaliser la scène, tel que le masque de Jason trônant fièrement sur la batterie depuis plusieurs années. Mais pas besoin de plus, vu les musiciens qui sont de vrais bêtes de scène.

C’est sans grande surprise que le concert commence avec le sample d’intro de Same Old Song, une introduction classique à tout concert de Pain qui se respecte. Le ton est donné et le metal moderne et industriel vient nous retourner les tripes. À partir de là, ce ne sont que des tubes du groupe qui vont être joués, laissant ainsi peu de place dans la setlist au dernier album du groupe You Only Live Twice (2011), dont seulement deux extraits seront joués durant le set. Mais cela ne peut faire que plaisir aux fans de la première heure qui auront le droit à pas moins de quatre titres de Rebirth (1999) et je ne pense pas que qui que ce soit se plaigne encore d’entendre des tueries telles que End Of The Line ou On And On. Ces morceaux sont toujours un vrai plaisir en live. En revanche, si du côté de la setlist on ne peut qu’apprécier les choix qui ont été fait, on remarquera vite que Peter (chanteur et guitariste) n’est pas au meilleur de sa forme et cela se ressent sur ses performances vocales. Les passages criés ne semblent pas lui poser de problème mais le chant plus modéré semble lui échapper. Mais on ne va tout de même pas lui reprocher d’être malade, l’important est de donner un show dantesque et c’est ce à quoi s’emploient tous les musiciens. Ça bouge, ça headbang de partout et le pied de micro à tendance à valser au rythme de la musique. Bref, les Pain n’ont plus à prouver qu’ils sont des bêtes de scène.

Le groupe prendra quelques minutes de repos avant la fin du set, sans doute pour laisser un peu de répit à la voix de Peter, avant de finir ce set avec Supersonic Bitch, Let Me Out et enfin le traditionnel Shut Your Mouth sans lequel un concert de Pain n’en serait pas vraiment un.

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C’est donc en apothéose que ce termine cette première journée de PPM, une journée qui nous a déjà donné des frissons et de très bons souvenirs. Quelques heures de repos seront bien nécessaires avant de pouvoir entamer la journée suivante.

Samedi 19 avril

Burning Circle

_MG_0741C’est avec un groupe venu de Serbie que nous commençons cette seconde journée de festival. Après une longue intro, les Burning Circle nous livrent un Metal Progressif de qualité à grands coups de double pédale et d’ambiances bien maîtrisées. Les instruments sont biens travaillés et n’hésitent pas à aller chercher des lignes techniques pour faire valoir cette musique. Le tout est magnifiquement accompagné par la voix d’Aleksandar, dont la polyvalence vient renforcer la diversité de la musique.

Mais c’est au niveau scénique que le groupe pèche. Les musiciens sont assez statiques et seul le bassiste semble être à l’aise avec la taille de la scène. Il faudra attendre le milieu du set pour que les guitaristes commencent à regarder ailleurs que leur manche et le claviériste semble reclus au fond de la scène. Si je vous parle de cela, c’est que ces détails sont mis en relief par Aleksandar qui, malgré une volonté de faire partager le public, est relié à son pied de micro par un retour oreillette le rendant ainsi très peu mobile. C’est donc avec une impression mitigée que ce concert se termine, le public semblant partagé entre cette opposition : musique et performance du groupe.

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Grenouer

_MG_0857Le groupe suivant nous vient de Russie mais c’est avec un drapeau ukrainien que le chanteur a décidé de monter sur scène. Un geste dont la signification n’a pas été donnée mais ayant laissé plus d’une personne pensive quand à cette dernière. Mais c’est à la musique que l’on s’intéressera ici. Nous sommes assez emballés par ce mélange de rock et de metal industiel mais très vite, la comparaison avec d’autres groupes du genre tels que Sybreed met en exergue les défauts du groupe. Si la prestation sur scène n’est pas dénuée d’intérêt, bien qu’atypique et déroutante avec les contorsions du chanteur, la musique semble manquer de ce petit plus permettant à tous les éléments de s’emboîter. Et surtout, la qualité vocale laisse à désirer, tant sur la justesse que sur le timbre de voix.

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Triosphere

_MG_0937Nous avions déjà pu écouter la veille, le chant d’Ida Haukland lors de sa prestation au sein d’Epysode. Il est maintenant tant de découvrir cette voix dans sa formation originelle. C’est dans un tout autre registre que l’on se retrouve ici. Triosphère n’est pas un mélange entre Tryo et la Klonosphère mais bien un groupe de Power Metal tout droit venu du grand froid : la Norvège. On remarque tout de suite que le public s’est déplacé en masse pour venir voir le combo nordique et ce, malgré l’heure encore matinale pour un festival. Et il y a de quoi. La voix d’Ida est de toute beauté dans cette musique efficace et parfaitement maîtrisée. La musique alterne des passages bien énervés avec des solos de guitare de toute beauté. Pour ce qui est de bouger sur scène, personne n’est en reste et tous les musiciens se donnent à fond sur scène sans se soucier de la grandeur de cette dernière. On sent bien que malgré quelques problèmes techniques, le show est rodé. La présence scénique semble être une seconde nature chez ces musiciens, y compris pour le batteur, pour qui le PPM est pourtant la première date jouée avec Triosphere. Autant vous dire que le gap avec les groupes précédents se fait fortement ressentir. Le concert donnera même l’occasion à l’un des guitaristes de venir jouer dans la fosse, démontrant bien l’intention de Norvégiens de conquérir la Belgique !

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Serenity

_MG_1190Il est rare de pouvoir juger un groupe dès les premières notes de l’introduction choisie pour leur concert. Mais avec le thème de Game Of Thrones, Serenity tape fort et remporte l’adhésion du public avant même de jouer une seule note ! Mais il reste encore à convaincre par la musique et c’est pari gagné pour ce groupe de Metal Symphonique. Ce sont des compositions puissantes, énergiques et bien pensées qui nous sont proposées par ce groupe plurinational qui arrive à mêler à la perfection la brutalité des compositions avec la douceur du mélodique, un mélange de toute beauté qui vient rehausser les standards du genre. Le tout est porté par les voix de Gregor Nehauser et de Clémentine Delauney, deux voix complémentaires qui s’alternent ou s’entremêlent tout au long du concert pour nous faire vibrer. Cette musique est aussi portée par des musiciens qui n’hésitent pas à communiquer leur amour de la scène au public à grand coup de mise en scène ou d’improvisation aussi bien entre les deux vocalistes qu’avec les musiciens. Le groupe affiche une grande complicité et cela se ressent dans leur musique.

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The Black Tartan Clan

_MG_1512Suite à l’annulation du passage d’Equilibrium quelques jours auparavant, ce sont les Belges de The Black Tartan Clan qui ont pour mission de combler l’horaire laissé vacant. Décrit comme « le plus breton des groupes belges », c’est un mélange de folk, de punk et de metal que nous ont livré les gaillards du Clan du tartan noir. (ndlr : Le tartan est le motif traditionnel que l’on retrouve sur les kilts)

Avouons-le, cette musique ne sonne ni belge, ni bretonne mais c’est plus du côté de Boston que l’on pourrait retrouver des similitudes avec notamment les Dropkick Murphys. Le son plus que déplorable sur ce set, n’a malheureusement pas aidé à apprécier cette musique et c’est avec une grande déception que l’on se contentera d’imaginer le son de la plupart des instruments par rapport au show plus que correct que nous a délivré le groupe.

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Borealis

_MG_1571Après cette petite et peu convaincante escapade dans le registre punk, nous revenons vers la ligne directrice de ce PPM avec Borealis et son Power Progressif. Jouant pour la première fois en Belgique, les Canadiens ont amené avec eux un set carré et huilé dont l’énergie n’aura pas manqué de faire vibrer le public. Mais il n’y a pas que cette énergie qui nous aura fait vibrer, il y a surtout la voix de Matt Marinelli dont la tessiture et la maîtrise sont une pure merveille à écouter. Cependant, malgré un certain nombre d’atouts dans leur musique, les Borealis devront attendre le milieu de leur set pour que le public accroche à leurs compositions, sans doute le passage d’une musique punk à un metal progressif ayant des tendances à traîner en longueur n’est-il pas le plus simple. Qu’importe, les Canadiens se sont donnés à fond et pour une première performance en territoire belge, c’était plutôt réussi !

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Emergency Gate

_MG_1777On retourne sur un style un poil plus énervé avec Emergency Gate. Le groupe made in Germany vient nous prendre à revers avec un death metal melodique dont la violence vient un peu dénoter dans cet univers du PPM. La musique est basée sur de gros riffs de guitare bien bourrins, accompagnée d’un clavier à la sonorité quasi indus. Mais de ce clavier, il n’y a pas que la sonorité qui vient titiller le spectateur. En effet, Daniel Schmidle est un joueur de Keytar, ces claviers qui se tiennent en bandoulière comme des guitares et n’hésite pas à jouer de sa liberté de mouvement pour aller trouver le public ! Cet ensemble est mené par Matthias Kupa, un chanteur tout de blanc vêtu au milieu de musiciens en noir. Sa voix aux multiples intonations rappelle un peu celle de David Draiman (Disturbed) et apporte une dimension en plus à cette musique déjà bien riche. Rajoutons Mario Lochert comme troisième bête de scène dans ce groupe dont le niveau à la basse, combiné à un jeu de scène dynamique, est bluffant. Il est donc juste dommage que le public ait choisit ce moment pour se reposer et donc vider un peu la fosse.

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MasterPlan

_MG_1943C’est maintenant au tour d’une grosse pointure allemande de nous faire face sur scène. Dans la droite lignée de leurs ainés, les MasterPlan maîtrisent le Power Metal germanique à merveille, tout en y ajoutant une dose mélodique fortement appréciée. On sent bien que chaque musicien est très à l’aise sur scène et même si le groupe semble plus âgé que la moyenne, tous sont là pour vivre leur musique en même temps que le public. Le sourire des musiciens est communicant et on se laisse vite transcender par cette ambiance créée par une sélection assez stricte de musiciens hors pair. Coté set-list, nous aurons eu le droit à une bonne partie des classiques du groupe, permettant ainsi aux fans mais aussi aux néophytes de s’y retrouver et de profiter pleinement de ce concert. Une réussite, donc.

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Evergrey

_MG_2021C’est une salle comble qui assiste à la prestation d’Evergrey, ou plutôt à ce que l’on peut en voir derrière cet épais rideau de fumée qui s’est accumulé sur scène. C’est donc plus à des ombres chinoises que l’on a à faire en ce début de set, un concert en niveau de gris. Le groupe nous lance une musique lourde, assez basique, renforcée par un clavier aux arrangements divers et n’hésitant pas à passer par une multitude de sons allant du piano à des samples technos pour enjoliver le tout. À ceci, nous pouvons rajouter deux guitares qui nous assènent de bons gros riffs et solos, un chanteur, un bassiste et surtout une bonne grosse couche de double pédale. Même si le son n’est pas parfait, voire même assez loin d’être qualifié de « bon », voici le mélange qui a fait bouger le PPM à grands coups de power balades douces et tranchantes. On notera particulièrement la prestation de Henrik Danhage à la guitare, nous donnant l’impression de particulièrement apprécier ce concert. Après ce set d’Evergrey, une question subsiste : comment peut-on être toujours gris et jouer sur une guitare bleue ? (ndlr : suite à cette blague de très bas niveau, le rédacteur s’est vu trancher l’artère fémorale.)

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Rage

_MG_2160Nous entamons maintenant le trio de tête de ce samedi avec pas moins que Rage ! Dès le début de ce concert, une remarque nous frappe : ça envoie ! On sent tout de suite que les Allemands ont de la bouteille mais la scène n’en est que plus énorme. Le groupe bénéficie d’un son plus que respectable par rapport à l’acoustique de la salle et Rage en profite pour nous retourner les tripes comme eux seuls savent le faire. La pêche du groupe est communicante et pas à un seul moment, les musiciens ne laisseront retomber l’ambiance. Le public aussi ne laissera rien tomber et une grande partie de la salle acclamera le groupe pendant tout le show. Notons d’ailleurs le très énergique Are You Going Down With Me qui a donné naissance à des pogos, headbangs, slams et même quelques moshpits ! Il ne manque plus qu’un Wall Of Death pour avoir la quinte de la fosse métaleuse.

Pendant une heure de pêche d’enfer, les rageux ont rassemblé des générations de tous bords dans un grand élan de riffs tranchants à souhait. Chaque note va droit à son but et fait mouche sur les auditeurs, un vrai délice. Même le groupe semble surpris de l’ambiance mais c’est avec plaisir qu’ils en remettent une couche à chaque fois !

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Amorphis

_MG_2339On continue dans le très haut niveau avec les Finlandais d’Amorphis ! Il s’agit là d’un groupe qui ne passe pas inaperçu, même après la prestation explosive de Rage. Il faut dire, certains fans semblent être venus quasiment uniquement pour eux, amenant tee-shirts et drapeaux à l’effigie du groupe. Le groupe assure surtout par la qualité de sa musique : un mélange de tout ce qui se fait de mieux dans le Metal. D’autant plus que la formation profite de ce concert pour passer en revue bon nombre d’époques du groupe, nous faisant ainsi voyager dans le temps, mais aussi décoller vers un univers qui n’appartient qu’à eux. Comme d’habitude, Tomi Joutsen mène la barque derrière son énorme micro steam-punk. Mais le groupe n’est pas en reste et arrive très facilement à se faire une place aux cotés de ce frontman charismatique.

Le public semble ravi de ce concert et nous pouvons voir passer de nombreux slams dans la fosse. Il faut dire qu’avec des titres tels que Silver Bride, Sky Is Mine ou Skyforger, l’ambiance n’est jamais bien loin ! Et que dire de House Of Sleep qui vient magnifiquement conclure ce concert dans une vague d’énergie et de passion musicale. Une pure merveille.

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My Dying Bride

_MG_2588Voici venu la fin de cette seconde journée de festival et c’est à un groupe de Doom Metal que l’on a confié la tâche de conclure ce jour-ci. Il y a fort à parier que beaucoup attendaient My Dying Bride avec beaucoup d’impatience mais il est malheureusement difficile de passer après des groupes tels que Rage et Amorphis sans avoir une musique aussi percutante. Non pas que la mariée mourante ne fasse pas une musique tout à fait remarquable, mais il est difficile de prendre part à un univers dépressif et meurtri dans un festival, surtout passé une certaine heure et que certains aient absorbé une certaine consommation d’alcool. Même si le groupe est vite boudé par une partie des festivaliers, il n’en reste pas moins une ambiance sonore et visuelle assez hallucinante, à mille lieux de ce qui nous a été proposé jusque-là. C’est en douceur et avec des mouvements posés que le groupe fait passer la douleur ressentie dans ses compositions. Tout est pensé, contrôlé et c’est esthétiquement fort bien réussi. Au lieu d’inviter le public à venir découvrir leur monde, c’est en restant dans leur bulle que les My Dying Bride réussissent à nous y engloutir. Une tête d’affiche assez déconcertante, donc, mais dont l’attrait n’est plus à prouver !

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Dimanche 20 avril

Voici le troisième et dernier jour de festival et l’on commence à sentir la fatigue sur les festivaliers qui commencent à devenir moins matinaux. C’est aussi presque le cas de notre équipe qui n’assistera qu’aux dernières notes du premier groupe de la journée, finalistes de la Metal Battle – le tremplin du PPM. C’est donc avec les Amon Sethis que nous ouvrirons ce dernier jour au Lotto Mons Expo.

Amon Sethis

_MG_2699C’est ici un groupe bien atypique que nous avons devant les yeux, à la limite entre le prog, le mélodique et le gothique. Une musique hors normes dont les bases sont vite posées : Julien, le chanteur et sa bande nous emmène faire un voyage dans l’Egypte antique, au plus près des dieux et de leurs intrigues. Si le concept est assez minimaliste sur scène, se résumant à un livre – ou plutôt devrait-on dire un grimoire – l’ambiance prend vite le pas et l’on se retrouve quasi inconsciemment à faire des signes d’Illuminati à l’instar de Julien.

Le groupe nous quitte sur un superbe Pharaoh’s Army aux ambiances lourdes et aux paroles entêtantes, un titre qui touche juste et qui incitera un certain nombre de spectateurs à les retrouver après le concert pour acheter en exclusivité leur nouvel album, The Final Struggle (lire la chronique de l’album) dont la sortie officielle n’était que quelques jours après le festival. Un album qui, je l’espère, donnera une dimension encore plus vaste à ce groupe qui se classe déjà comme l’une des découvertes de la cuvée 2014 du PPM !

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Sunburst

_MG_3070C’est maintenant avec un groupe grec que nous nous retrouvons : Sunburst et leur melo à tendance progressive. Force est de constater que la prestation offerte par nos amis sud-européens est de bonne qualité mais sans être explosive pour autant. Les musiciens sont carrés et le mixage joue en leur faveur. Les guitaristes et le bassiste du groupe restent sur des positions assez stables, préférant faire bouger la fosse à grand coup de headbangs. Du côté de Vasilis (chant), si le pull « superman » ressemble à s’y méprendre à un pyjama, sa voix aux accents heavy est un vrai régal et nous oublions bien vite ce détail de goût. Sa prestation vocale est d’autant plus impressionnante que le son sur scène semble être mauvais et il faudra même interrompre un morceau pour demander aux techniciens de régler les retours comme il faut.

L’autre élément mélodique du groupe se trouve dans les solos de guitare magnifiquement interprétés par Guss, dont la technicité parvient à allier la mélodicité.

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Ravenscry

_MG_3228Prenez garde, le corbeau croisse et c’est de noir vêtu que les Ravenscry montent sur scène. Fort heureusement, on découvre bien vite que le groupe italien n’a de cris de corbeau que le nom. C’est avec un chant mélodique dans la mouvance lyrique que le groupe nous invite à découvrir son univers. À ce son cristallin  ajoutez de gros riffs, quelques arrangements de guitare, le tout assuré par des musiciens complices et de très bon niveau et il n’y a plus qu’à se laisser emporter par la beauté du show, headbanger et scander des « Hey ! Hey ! » à la demande de Gulia (chant) pour passer un bon moment.

Dans la fosse, les premiers rangs répondent parfaitement au groupe mais nous regretterons un peu le manque d’enthousiasme du reste de la sale. Salle qui n’affiche d’ailleurs toujours pas plein ce dimanche matin. On déplorera aussi la gestion du son qui s’avère plus qu’aléatoire, laissant paraître certains instruments par intermittence. Au final, le groupe pêche sur la linéarité de son show et la seconde moitié du concert commencerait à paraître pâle si l’on ne faisait pas attention au bûcheron se tenant derrière la batterie, Simon, qui s’amuse à grands coups de baguettes sur ses fûts tout en gratifiant le public de grimaces totalement adaptées à son jeu : la finesse de la brutalité !

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Persefone

_MG_3513Voici l’un des rares représentants du metal d’Andorre, principauté située entre la France et l’Espagne, qui joue devant nous. Les Persefone semblent bien décidés à nous prouver qu’ils font du metal aussi bien que tout le monde. Malheureusement, le son de la salle ne les mettra pas à leur avantage et cela se ressent très vite pour un groupe dont les ambiances semblent être une des pièces maîtresses de la musique. Malgré cela, les musiciens se donnent à fond et les grunts déchaînés de Marc, le vocaliste, auxquels viennent s’alterner les chants clairs de Miguel, claviériste, donnent un ensemble de très bonne facture. Le jeu de scène est dynamique et très structuré mais laisse parfaitement transparaître le plaisir du groupe à se trouver sur scène. On espère pouvoir bientôt revoir ce groupe dans nos contrées et si possible, avec un son de meilleure facture.

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Dragonland

_MG_3763Avec Dragonland, il ne faudra pas longtemps pour remarquer la parfaite harmonisation entre la musique du groupe et le nom du festival. C’est donc à grand coup de Power Metal Progressif et mélodique que le public sera arrosé sur ce set. La formation suédoise est détonante sur scène et viendra chercher le public dès les premiers morceaux. C’est d’ailleurs sur cette proximité avec le public que va se jouer tout le show pour donner cette superbe ambiance. Jonas, au chant, ira même jusque dans le public pour chanter. Le public qui n’aura pas lésiné sur les slams pour cette musique s’y prêtant particulièrement bien. Il y a fort à parier que Dargonland a ravi ses fans et en a rallié d’autres au passage !

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Vanden Plas

_MG_3814On connaît bien le niveau de nos amis allemands quand il s’agit de faire du Power Metal, mais nos copains germains sont loin de s’en tenir à cette discipline et c’est avec tout autant d’excellence que les Vanden Plas nous montrent que le prog allemand à sa place au panthéon. Même si leur musique est loin d’être aussi accessible que leurs prédécesseurs suédois de Dragonland, le groupe ne tardera pas à nous emmener dans leur univers aux ambiances prononcées. Les orgues et pianos de Günter nous plongent au cœur d’un univers mystique et grandiose, tandis que la superbe performance d’Andy, au chant, permet à chacun de suivre le cours de cette musique aux structures torturées de toute beauté. Tout est fait ici pour faire planer le spectateur et ce sera chose faite pour ce concert envoûtant !

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MaYan

_MG_4063Quand on voit MaYan, on comprend vite qu’il s’agit (encore ?) d’un superband de Metal Melodique. Venant de pays différents, les musiciens sont quasiment tous issus de formations prestigieuses telles qu’Epica, Symmetry ou encore After Forever. Et cela se sent par un niveau musical très élevé. Le combo est loin de nous livrer de la technique pure et c’est avec beaucoup de musicalité que les guitaristes ses permettent de nous mettre une raclée mélodique et avec le sourire, s’il vous plait !

Se répartissant la tâche, les trois vocalistes seront là pour nous aider à plonger un peu plus dans la démence de leur musique et à faire corps avec ce joyeux bordel. On se retrouve à headbanger sans vraiment en avoir conscience, l’ordre émanant directement de cette musique vous ratatinant les organes. Une tuerie.

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Fates Warning

_MG_4343Les Américains de Fates Warning ne sont pas réputés pour tourner souvent en Europe. Leur dernier passage en France remontant à 2012 et 1995. C’est donc avec entrain que les fans du groupe se sont précipités au Lotto Mons Expo pour un concert qu’ils risquent de ne pas revoir avant longtemps.

Avançant avec un prog très mélodique, le groupe réussi à faire sonner doucement la brutalité de leur musique, caressant les cordes de leurs guitares pour en faire sortir des sons purs et durs, venant vous envoûter doucement. Le concert sera marqué par cette dualité entre l’impression de douceur et de facilité avec laquelle les musiciens sortent ces sons de leurs instruments et l’énergie délivrée par cette musique. On se retrouve hors de l’espace-temps, se contentant de simplement apprécier cette musique.

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Fintroll

_MG_4451Voici venues de drôles de créatures aux oreilles pointues. Mi trolls, mi elfes, on ne sait pas trop. Les visages grimés de blanc, ils montrent très vite leur côté farceur en tirant la langue au public. Au nombre de six, les créatures envahissent la scène sous les acclamations des fans. Certains s’étant même accolés à la barrière pendant le set précédent pour être sûrs de ne rien louper de leurs idoles. Il s’agit bien évidemment des Finlandais de Fintroll et l’on avait le droit de s’attendre à show énorme avec un tel nom. Cela n’a pas loupé. Les musiciens donnent toute la bonne humeur qu’ils ont en stock et le show est visuellement très réussi ! Il n’y aura pas de miracle du côté de l’acoustique de la salle mais ce n’est pas ce qui va entamer la bonne humeur transmise par ce gros son de basse accompagné de synthés festifs. Le mélange ne peut que faire effet. On bouge, on tape dans les mains et l’on sautille sur place pour les personnes se trouvant à l’extérieur de la fosse. Pour ce qui se passe au milieu de cette dernière, vous vous doutez sans doute que le circle pit y règne en maître incontesté et l’on y trouvera des metalleux trempés, suants à grosses goûtes dès les premières chansons ! Les slams aussi auront leur place au milieu de ce joyeux chahut. Ce n’était peut-être pas le chaos optimal que peut déclencher un concert de Fintroll mais c’était déjà pas mal. L’apothéose étant bien sûr réservée à la fameuse Trollhammaren qui a fini sur une marée de slameurs. Un très bon concert !

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Therion

_MG_4633Même en aimant un style de metal, on ne peut pas aimer tous les groupes et c’est mon cas avec Therion. Cependant, que l’on accroche à la musique de ce groupe ou pas, on est forcé de constater que leur prestation est scotchant. Dès le début du show, l’énergie dégagée dans la salle, émanant à la fois du groupe et de la fosse, prend aux tripes. L’ensemble, bien que répartit assez strictement sur scène suivant le rôle de chaque instrumentiste, affiche une cohésion parfaite. Le show est parfaitement maîtrisé et personne n’est en retrait ou ne prend le dessus sur les autres.

Le public est bien sûr aux anges et participera activement au show en chantant ou frappant des mains. Il faut dire que les Therion ont réservé une belle surprise au public montois avec plusieurs extraits de leur futur opéra rock, des morceaux qui n’ont pas laissé le public indifférent ! Et que dire de leur reprise de France Gall, Poupée de Cire, Poupée de Son, qui prend devant un public francophone une dimension énorme dont on ne se serait pas douté à l’écoute du dernier album !

Alors certes, je ne suis toujours pas fan de Therion, mais en live, ça roxe !

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Saxon

_MG_4760Voici le clou du spectacle. Commençant avec Sacrifice, titre éponyme de leur dernier album (2013) les Anglo-saxons mettent la barre très haute. Mais le groupe la passe sans problème et enchaîne un show de toute beauté devant une foule déchaînée ! La musique heavy de nos voisins anglais à massé le public devant la scène et semble avoir aussi attiré de nombreux médias. La salle est surchauffée et le groupe en profite pour en donner encore plus. Biff Byford n’hésitera pas à prendre le temps de discuter avec le public, devant même attendre la fin des ovations pour pouvoir parler.

Loin de modérer ses fans, le groupe enchaîne les hits tels que Power And The Glory ou Hammer Of The Gods, à un rythme aussi soutenu que leur musique est heavy à souhait.

C’est en paothéose que Saxon clôturera cette édition 2014 du PPM avec Princess Of The Night, un tube qui a déjà fait ses preuves mais qui va encore une fois droit au but !

_MG_4764 _MG_4792L’édition 2014 de ce PPM Festival fut une véritable réussite. Trois jours de bons groupes et de bières (belges évidement), le tout pendant les premiers beaux jours de l’année, c’est un régal et on ne peut que s’impatienter pour l’année prochaine !

Voir l’album photo complet du festival (Facebook – Eladan Elraïr Photography)

Eladan