In Arkadia, la rage au ventre

Posté le : 18 juin 2014 par dans la catégorie Interviews
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IN ARKADIA-20140607-001In Arkadia est un groupe lyonnais, formé en 2005 et connu plusieurs changements de style musical avant de se fixer sur un mix Death Metal/Metalcore à partir de 2011, année durant laquelle leur line-up a radicalement changé. La fin de leur conséquente tournée initiée en 2012, passait par le Teilia Open Air Festival 2014, où nous étions également. Rencontre…

Propos recueillis par Mad Tintin, photos de Kouni. Interview réalisée le 7 juin 2014 au Teilia Open Air.

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Sons Of Metal : Commençons classiquement par une petite présentation.

IA : Nous sommes In Arkadia, Flo à la batterie, Ben à la guitare, Thibault à la basse, Jérémie deuxième guitare, Alix au chant et Bébert notre ingé son. On est un groupe de Metalcore/Death Metal de Lyon.

Le groupe existe depuis 2005, c’est bien ça?

Flo était dans une formation qui s’appelait In Arkadia en 2005 mais ce n’est plus du tout le même line-up. Nous considérons donc que la formation existe depuis 2011.

On peut donc considérez qu’avec cette formation, vous n’avez qu’un album à votre actif ?

Oui, Eyes Of The Archetype qui est sorti en 2013, et nous avons un second album en préparation qui devrait sortir courant 2015.

Si on prend en compte la période d’avant 2011, cela fait en tout cinq albums et un EP. Il y avait déjà pas mal de variations d’un album à l’autre. Comment gériez-vous ces changements de style ? De la même manière que les autres musiciens. Il y a toujours des évolutions, même si c’est vrai que celles que nous avons vécu étaient peut-être un peu plus importantes. Nos goûts évoluent, nos envies évolues mais l’année charnière reste 2011, avec un changement radical de line up. On s’est retrouvé à cinq dans un groupe. On a recherché des membres pour jouer un certain type de zik, parce qu’on voulait partir dans une direction beaucoup plus américaine. Il y a encore de gros relents suédois sur notre album de 2013, mais on se dirigeait de plus en plus sur la scène américaine. Là, on a les deux pieds dedans et on se prépare à sortir de beaucoup plus Core que Death Metal. Jusqu’à longtemps, on était à quelque chose comme 70% Death 30% Core. Là, on va tendre davantage vers un équilibre 50/50 voire même peut-être 60% Core. Nous allons également introduire pas mal de sonorités Black Metal, il va encore y avoir des évolutions. On gère ça simplement, en jouant la musique qui nous influence, comment on a envie de la jouer. Après, c’est au groupe de suffisamment communiquer sur ça et d’adapter son dialogue pour qu’il soit cohérent avec sa musique.

Après, il faut remettre tout ça dans le contexte, on jouait du Death Metal, on joue du Death Metal, nous jouerons du Death Metal. On a d’ailleurs un nouveau titre qui sort aujourd’hui (le 7 juin) : Pride As Knife, qu’on a décidé de sortir à la fin de cette tournée, après un gros rythme de 120 concerts en deux ans. Ce nouveau titre sert à montrer nos nouvelles orientations et commencer à diriger le public vers notre prochain album.

IN ARKADIA-20140607-002On peut donc définir votre style de Death Metalcore ?

On va dire que c’est l’équilibre entre du Death Metal et du Metalcore, en gros. S’il faut citer des groupes, tantôt on nous situe du côté de Carnifex et Whitechapel, tantôt du côté de Parkway Drive. On a même des chroniques qui nous rapprochent. Mais s’il faut nous coller une grosse étiquette, oui, on fait du Death Metalcore.

Et donc avec une pointe de Black pour l’album à venir ?

Oui, on a essayé parce qu’on est tous assez fans de Black Metal, des trucs dissonants, hyper mélo tout en étant très méchants. On a donc commencé à en incorporer. Nous avons voulu l’éviter pour Eyes Of The Archetype parce qu’il y avait déjà un gros changement mais pour le prochain album, on a déjà commencé à jeter deux ou trois idées. Ça sonne plutôt pas mal et on est plutôt à l’aise là-dedans. Le résultat est très atypique des premiers retours qu’on en a, mais on va probablement s’orienter là-dessus, ça nous correspond bien.

Selon vous, cette ligne Death Metal que vous garder a-t-elle permis de garder une base de fans depuis 2005 ?

La fanbase a tout de même beaucoup changé en 2011. On jouait dans un style Children Of Bodom vieillissant puisque c’était déjà fait, depuis longtemps et en mieux. On a commencé à ajouter une esthétique et un son plus américain, plus dur et rythmé et certains ont continué d’apprécier ce qu’on faisait, mais notre public a tout de même beaucoup changé. Ça va sans doute continuer d’évoluer vers une base de fans qui portent des casquettes et des shorts et avec un peu de chance, ça continuera de plaire au public qui porte des treillis et des cheveux longs.

Concernant le nouvel album, vous êtes en pleine préparation. Comment ça se passe ?

On est à la bourre comme avec tout ce qu’on fait. Là, on avance un peu à tâtons parce qu’on a encore une tournée à terminer. Il nous reste quatre ou cinq festivals et on va pouvoir se lancer pleinement dans ce nouvel album. On est actuellement sur la composition et on espère partir pour l’enregistrement dans deux ou trois mois. Nous avons jeté des idées sur le papier pour l’instant, il faut d’abord les mettre en place avant d’attaquer le studio.

Ou iriez-vous enregistrer ?

On se dirige vers Convulsound, un studio lyonnais qui a fait notre dernier titre. Ça nous changerait des gros studios, même si c’est un pari assez risqué, après le Kohlekeller en Allemagne qui est un très beau studio.

Et pour le mastering ?

Nous n’en sommes pas encore là. On commence à se poser des questions parce qu’il va falloir réserver mais on ne sait pas encore trop. Nous attendons d’abord d’avoir fini la tournée. Nous sommes sur un rythme relativement infernal et l’on voudrait se laisser un peu de temps.

C’est vrai qu’avec 120 concerts sur deux ans, il y a peu de groupes qui en font autant. On se donne les moyens de faire ce qu’on aime. Faire de la scène, c’est ce que l’on préfère et nous avons à cœur de montrer au plus de gens possible ce qu’on fait, histoire de pas rester sur un disque dur de PC. On a ratissé vraiment très large, en jouant tout autant dans des petits patelins en France que dans des salles énormes à l’étranger, notamment au Japon avec The Faceless.

Et en dehors du Japon, d’autres dates à l’étranger ? On a tourné en Russie, en Ukraine, en Moldavie, après nous sommes surtout partis en Allemagne, en Autriche et en Suisse. On va aller en Espagne sous peu, puis retourner en Allemagne. En fait, nos dates françaises nous ont permis de décrocher des contrats intéressants avec des bookers européens qui sont chargés de nous trouver des dates dans leur pays, et qui travaillent vraiment très bien.

Des grosses dates prévues en France, d’ici la fin de tournée ? On joue au WHY’NOT Fest à Saint-Eloi les 18 et 19 juillet, avec les potes de Kronos et de The Walking Dead Orchestra. Ensuite, nous avons des bons plans pour l’année prochaine, on ne préfère pas en parler maintenant tant que ça n’est pas confirmé, mais on espère que ça se fera.

Côté tournée internationale, y a-t-il des pays dans lesquels vous n’avez pas encore joué que vous aimeriez vraiment visiter ?

Wall Of Death déclenché par In Arkadia durant leur concert au Teilia Open Air.

Wall Of Death déclenché par In Arkadia durant leur concert au Teilia Open Air.

L’Angleterre et les Etats-Unis, mais c’est vraiment très compliqué. L’Angleterre est très protectionniste du milieu et c’est très difficile de s’introduire sur la scène. On sait pertinemment que c’est le premier pas vers les Etats-Unis par la suite, et c’est notre objectif à terme parce qu’on a une musique qui se défend pas mal là-bas, et que l’on aimerait bien se frotter au berceau de notre style. Pour le moment, on se frotte au Death Metal Core français, avec d’excellents groupes comme The Walking Dead Orchestra ou Atlantis Chronicles, mais nous avons vraiment hâte de se mesure à de gros piliers américains et prendre du galon. Avec The Faceless, pendant la tournée japonaise, on a beaucoup appris de leur professionnalisme et on espère pouvoir continuer à progresser avec d’autres.

Quel regard portez-vous sur la scène Metal française ? Il y a une énorme différence entre la scène Metal et la scène Hardcore. Comme nous sommes à cheval entre ces deux scènes, on a pu constater que les orgas Hardcore écrasaient tout sur leur passage. C’est la grosse scène qui marche actuellement, avec des groupes inconnus qui te remplissent des salles de 500 personnes alors que pour la scène Metal, tu vas faire venir Vader et il n’y aura que 40 entrées. C’est toujours le même message qu’il faut adresser au public de la scène Metal : allez voir des concerts, achetez du merch parce que sans ça, on est rien. Un groupe aura beau faire de la très bonne musique et avoir la meilleure volonté, s’il n’a pas un minimum de moyens, il n’avancera pas. Mais au-delà des artistes, ce sont surtout les orgas qui ont besoin de soutien. Elles se plient en quatre pour nous accueillir et si le concert se passe mal, c’est sur elles que ça retombe.

Après, franchement, tout le monde dit : « la scène française, c’est nul » alors qu’on a fait des dates de ouf en France comme des dates à l’étranger où le public ne bougeait pas. La scène Hardcore française est vraiment incroyable, il y a énormément de soutien et j’invite les métalleux à s’en inspirer, même si on sait que c’est un petit peu la guéguerre entre les deux.

Pour finir, quelques mots pour les lecteurs de Sons of Metal ?

Pour les musiciens, travaillez, c’est important. Les filles, mettez plus de mini-jupes, c’est important. Soutenez la scène que vous aimez et pas que sur Facebook. C’est pas en postant des commentaires sur des webzines que la scène vivra. Si tu kiffes un groupe ou une musique, il ne suffit pas de poster un statut « supporte ta scène » pour la faire vivre.

Mad Tintin