Rendez-vous en Suisse. Le stade du FC Bâle nous accueille pour un des festivals Sonisphere de l’été. Quatre groupes sont à l’affiche avec quatre styles assez distincts les uns des autres. Le stade affiche complet pour une affiche démarrée sous un ciel clément mais qui s’est terminée par l’apocalypse s’abattant sur nos pauvres têtes. Nous y reviendrons mais peu importe les éléments, nous chez Sons Of Metal, ne reculons devant rien, jamais ! Cela étant précisé, place au compte-rendu.

Kvelertak

Il est dix-sept heures, le stade n’est pas encore rempli mais les vikings de Stavanger investissent la scène en premier. Le chanteur arbore une sorte de masque à tête de chouette avec ailes déployées. Autant dire que pénétrer comme ça sur scène, marque les esprits. Et les esprits ont été marqués. Les norvégiens ont distillé leur musique composée de Punk, de Rock et de Metal, en passant le tout au shaker. Le cocktail qui en est ressorti était bourré de vitamines. Le groupe a dû en abuser car les musiciens n’ont fait que se déplacer sur toute la scène, arpentant cette dernière dans tous les sens. Une mention spéciale du « balancement de tête et de jambe coordonnées » pouvait être accordé à Marvin Nygaard , bassiste de son état. Ce petit gars est une véritable furie, un métronome à lui tout seul. Que dire également d’Erlend Hjelvik, chanteur et pure machine à remuer les foules. Enfin, la version du titre Kvelertak s’est montrée digne d’une boucherie industrielle. Les dieux norvégiens leur ont même accordé le son, en ce jour. Seul petit regret, le temps de jeu malheureusement assez court, mais nul doute qu’avec une telle présence scénique, Kvelertak peut regarder loin devant son drakkar. Le public ne s’y est pas trompé et n’a pas manqué de saluer comme il se doit la prestation du combo. À revoir très vite.

 

Airbourne

On ne présente plus maintenant le gang de Joel O’Keeffe. Les Australiens s’apprêtent à envahir la scène et du côté du public, la fosse commence à se remplir un peu plus à chaque minute qui passe. La bande son de Terminator se fait entendre et le combo de Melbourne envahit la scène. Amis metalleux qui avez déjà eu l’occasion de voir le groupe sur scène, vous savez ô combien que ce bon Joel ne tient pas en place. Et cela se confirme une fois de plus. L’Australie possède deux symboles nationaux : le koala et le kangourou, et il se confirme que le leader du groupe appartient définitivement à la deuxième catégorie. Dès la première note, le guitariste/chanteur traverse la scène en long, en large et en travers. Il saute, court, s’arrête, repart. Il décide alors de descendre dans la foule, courant le long de la barrière séparant le carré or du reste de la fosse. Il s’arrête devant un groupe de fans ayant démarré un cricle-pit et se met à jouer devant eux en remerciement. Les titres s’enchaînent sans temps mort, juste le temps pour ce même Joel de se descendre une bonne rasade de vin chilien et de repartir de plus belle. On se le dit souvent, mais le sang d’Angus Young circule irrémédiablement dans les veines du leader d’Airbourne. La dernière partie du show approche, juste le temps pour qui vous savez de se casser une canette de bière sur la tête, de la jeter au public et de reprendre de plus belle sa Gibson Explorer à pleines mains et de conclure un set qui, sans surprise, était gagné d’avance vis-à-vis du public qui ovationne un bon moment le quatuor venu de l’autre hémisphère. Passage réussi. Pouvait-il en être autrement ? Non.

 

Alice In Chains

La renommée du groupe n’est plus à faire. Les musiciens d’Alice In Chains sont habitués à la route, aux festivals de tous poils, aux petites et aux grandes affluences. Chose surprenante pour ce soir, Alice In Chains n’était pas au pays des merveilles. Leur prestation s’est avérée assez monotone, voire insipide. Peut-être à cause de la prestation d’Airbourne,moins d’une heure auparavant. Le public avait-il aussi besoin de récupérer ? Car il faisait chaud et lourd à ce même moment, mais cela ne peut pas tout expliquer. La qualité technique et le son ne peuvent être en cause, car nous avons là de véritables professionnels, mais la mayonnaise avec le public ne prend pas, c’est évident. La prestation de William DuVall est bien en deçà de celles auxquelles nous avons été habitués de voir. Il communique peu avec le public mais à sa décharge, ce dernier ne semble que peu concerné par la prestation des Américains. C’est le groupe entier qui semble amorphe, comme vidé de toute énergie. Certes, la prestation est propre mais le groupe joue presque comme s’il était pressé d’en finir. Cela semble long pour tout le monde, le peu de réaction du public en témoigne. Nous ne sommes pas très loin de nous ennuyer, dommage dès lors que l’on connait les possibilités musicales et scéniques du groupe. L’excellent titre qu’est We Die Young a soulevé un peu plus d’enthousiasme, il est vrai, mais trop peu. Rooster vient clore un set malheureusement sans trop de relief. Il faudra vraisemblablement mettre ça sur le compte d’un jour sans, cela arrive et vaut pour tout le monde. Ce groupe a démontré par le passé ce dont il était capable. Malgré les classiques du groupe, ça n’a pas marché ce soir. Oublions cette performance et attendons de revoir la formation américaine sous des cieux plus propices.

Setlist :

1. Them Bones

2. Stone

3. Again

4. Check My Brain

5. Man In The Box

6. Hollow

7. We Die Young

8. Would

9. Rooster

 

Metallica

Que dire de plus sur la légende du monde Metal ? Tout a été dit sur ce groupe depuis fort longtemps. Mais une fois de plus, le groupe crée l’évènement sur cette tournée estivale en laissant le choix au public de voter pour entendre les titres qui lui font envie. Un Metallica « à la demande » donc. Votre serviteur a eu la chance de prendre le train des mets à ses tous débuts en 1983 et quelques trente et une années plus tard, faire un live report d’un groupe parti de rien pour arriver là où il est en restant objectif, est une sacrée gageure. Le stade est maintenant plein comme un œuf, l’impatience du public à revoir le groupe se fait sentir. Des inserts vidéos relayés par les écrans géants incitent le public à voter pour un dernier titre à choisir entre Fuel, Wherever I May Roam et Orion. Ce sera le dernier titre cité, visiblement approuvé par la foule. La nuit pointe doucement son nez mais pas seulement, elle est accompagnée en cela par un ciel qui fait peur à voir de loin. The Ecstasy Of Gold (Ennio Morricone) ouvre le set et comme à son habitude, la musique est reprise en chœur par la foule. S’enchaînent ensuite Battery et Master Of Puppets, titres qui déclenchent nombre de circle pits par-ci et par-là. Puis arrive Ride The Lightning, titre ô combien de circonstance, car c’est à ce moment précis que les dieux choisissent de déclencher foudre et orage infernal. Des trombes d’eau s’abattent sur le public et le devant de la scène. Ce n’est plus une pluie qui s’abat sur nos pauvres têtes, c’est le Viêt-Nam ici ! Cela n’empêche pas les musiciens et tout particulièrement James Hetfield, de rester sur le devant de la passerelle du snake-pit et de jouer comme si de rien n’était. Dans le genre des nouveautés que le groupe affectionne, on peut aussi voir sur scène une trentaine de fans sélectionnés assister au concert depuis les côtés de la scène. Une bonne idée et sûrement l’idée du siècle, dès lors que vous vous retrouvez être l’un de ces heureux élus. Le show se poursuit sous cette pluie devenue apocalyptique sans que cela ne semble affecter rien, ni personne. Le sublime The Unforgiven se fait entendre suivi de Creeping Death et de son véhément « Die ! Die ! », repris à l’unisson par l’intégralité du stade. Cette tournée voit aussi l’apparition d’un nouveau titre, Lords Of Summer, titre au riff accrocheur dans la lignée du dernier album en date, Death Magnetic et qui aurait pu figurer dessus sans aucun problème. Le restant du show se déroule, enchaînant hymne après hymne. Le son est parfait, comme à l’habitude. Arrive ensuite le très attendu Whiskey In The Jar (The Dubliners), apprécié à sa juste valeur. Le set se termine par Enter Sandman, auquel on aurait sûrement préféré un Whiplash, Metal Militia, The Call Of Ktulu ou autres titres plus rares encore. Le groupe revient et nous délivre une superbe version de St-Anger pleine de rage et de furie. Le moment émotionnel de la soirée s’en vient juste après avec Orion, morceau intemporel et hors normes, joué de fort belle manière, avec beaucoup de respect. Un moment à part dans ce concert. James ne manque pas de s’adresser à la fin du titre, à l’immensément regretté « Clifford Lee Burton, qui est toujours avec nous ». C’est beau, émouvant, splendide. Seek And Destroy vient achever la soirée avec son lot de ballons bien connu de tous. Le titre est joué sous les projecteurs du stade, allumés dans leur intégralité, mettant ainsi un peu plus de clarté sous cette pluie qui continue de s’abattre sur nous tous. Deux heures et demie d’un show mené de main de maître pour un public conquis d’avance et venu en masse pour voir la légende. Première fois pour certains, de nombreuses autre fois pour d’autres, le set de Metallica s’est avéré de haut niveau. La foule quitte le stade, trempée, lessivée, rincée mais heureuse.

Setlist :

1. Battery

2. Master Of Puppets

3. Welcome Home (sanitarium)

4. Ride The Lightning

5. The Unforgiven

6. Creeping Death

7. Lords Of Summer

8. Sad But True

9. Fade To Black

10. And Justice For All

11. One

12. For Whom The Bell Tolls

13. Whiskey In The Jar (reprise The Dubliners)

14. Nothing Else Matters

15. Enter Sandman

16. St.Anger

17. Orion

18. Seek And Destroy 

 Pat

  1. Tom dit :

    tu m’en a donner des frissons Pat !

  2. tjm dit :

    concert magique ,de quatre pro du métal en un mot c était génial