IMG_8351Il est 4h du matin quand je pars de Moras (petit village isérois situé à environ 40 kilomètres de Lyon). Vous me demanderez sûrement pourquoi se lever si tôt ? La réponse est simple, nous sommes le 3 juillet 2014. Que se prépare-t-il aujourd’hui à 700 kilomètres de Lyon ? La 10e édition du Main Square Festival, sur le joli site de la Citadelle d’Arras. Comment ne pas se motiver pour faire un roadtrip d’une journée aller-retour, surtout avec une affiche aussi alléchante que celle de cette première journée qui vous sera présentée un peu plus bas ? Le temps de récupérer deux fans du groupe mythique qui clôturera la fin de la première des quatre journées du Main Square Festival. Nous voici partis en direction de Lyon pour récupérer le deuxième membre de Sons Of Metal qui fera le déplacement aujourd’hui : Mike.

L’équipage de la voiture est au complet, nous entrons sur le périphérique de Lyon avant de rejoindre l’autoroute et de partir pour près de 660 kilomètres de trajet. Un petit passage dans la ville de Reims, pour compléter et afficher complet dans le véhicule et nous repartons de plus belle sur l’autoroute, à un train d’enfer pour voir les Suédois de Ghost, les Américains de Mastodon et Alice In Chains, ainsi que le groupe britannique faisant parti de la New Wave of British Metal que l’on ne présente plus, la «Vierge de Fer » soit Iron Maiden, pour la suite et fin de la tournée du Maiden England Tour 2013/2014. Autant dire que de nombreux fans ont fait le déplacement car en cette année 2014, la machine Iron Maiden ne cessant de prendre du volume et ne baissant pas de régime, même 38 ans après a création du groupe et 34 après la sortie du premier album au titre éponyme, aura fait deux grandes premières en France avec sa venue au Hellfest, le 20 juin dernier (lire notre article ici) et aujourd’hui même, à Arras.

C’est sur les coups de onze heures et demie que nous coupons le moteur de la voiture, garée à cinq minutes de marche de la Citadelle d’Arras. Le temps de prendre quelques affaires et nous partons tous les cinq en direction du site et de l’entrée. Là, Mike et moi-même prenons congé de nos amis de route que nous reverrons ce soir puisque votre duo de choc a rendez-vous à 14h devant l’entrée technique. Nous aurons donc la possibilité d’entrer parmi les premiers sur le site du festival. La cause en est qu’aux alentours de 15h20, votre webzine adoré est attendu pour l’interview de Mastodon.

Il ne reste plus qu’à attendre tranquillement deux petites heures avant de pouvoir entrer sur le site, pendant lesquelles nous allons pouvoir nous remettre de la route et admirer le superbe lieu où nous sommes.

L’heure tant attendue est arrivée, nous marchons tranquillement vers l’entrée technique du site, où une l’équipe de presse du Main Square viendra nous chercher et nous transportera jusqu’aux tentes VIP-presse. Le tout en golfette. C’est le premier point ultra positif car l’accueil est impeccable et toute l’équipe est au petit soin avec le peu de journalistes présents, à l’heure actuelle sur le site. Puisque seuls les médias interviewant une formation se retrouvent déjà sur un site vierge de tous festivaliers, autant dire que Mike et moi-même réalisons à cet instant que nous faisons parties des rares privilégiés à pouvoir en parler. Le temps pour nous de se poser sous la tente presse, on nous sert des bouteilles d’eau pour se désaltérer et se sera sur les coups de quinze heures pétantes que la sympathique équipe du Main Square, en la personne de Virginie, nous amènera dans l’immense cour servant de backstage. C’est ici où se passent les interviews.

Petite explication de l’endroit en quelques mots. Imaginez-vous entrer dans une hacienda, en passant un grand et splendide porche. Vous découvrez ensuite une immense cour dans laquelle est installée le catering pour le staff des formations et les musiciens, tables de billard, babyfoot…. Mais ce qui est le plus beau, sont ces petites estrades en teck, avec des fauteuils très agréables installés un peu partout dans la cour. Après ce bref aparté, il ne nous reste plus qu’à attendre patiemment notre tour pour l’interview avec l’adorable Brann Dailor, batteur du groupe Mastodon. Interview que vous pourrez retrouver prochainement sur notre site.

Une interview, des autographes et quelques photos plus tard, votre équipe de choc est de retour dans l’espace presse avant de profiter de la place de la Citadelle d’Arras encore désertique, puisque les portes pour le public n’ouvriront qu’à 16 heures. Nous admirons alors l’immense Main Stage installée pour l’occasion qui sera la seule à être utilisée ce soir, comme seuls quatre groupes se produisent aujourd’hui. Un encas plus tard et une petite boisson, nous prenons la direction de la barrière du Main Square, car il est déjà l’heure de l’arrivée des festivaliers. Il serait dommage de ne pas pouvoir être idéalement placé pour la suite des festivités. D’ailleurs, une fois la barrière prise d’assaut par votre duo, elle ne sera lâchée qu’à la fin d’Iron Maiden,à 22h50. Maintenant calés à l’endroit parfait, nous voici rejoints par la horde de spectateurs (environ vingt mille, ce soir), voulant à tout prix être au meilleur endroit pour l’alléchante affiche qui débutera à 17h15, avec la messe noire de Ghost.

Ghost

13-25Le clocher de la citadelle d’Arras annonce 17h25 quand les Suédois Ghost débutent leur set. Nous voilà partis pour trente-cinq minutes de plaisir intense. La messe noire proposée par la formation est d’une efficacité impressionnante car, que l’on accroche ou pas avec la musique de Ghost, on ne peut qu’admirer les déguisements envoûtants. Il est vrai que côté musical, on ne peut pas dire que de grosses difficultés soient présentes. Papa Emeritus II (chant) dégage une puissante aura par sa tenue, rappelant un pape chrétien. On sent alors un public soudé qui serait à même de se jeter d’un avion si on le lui demandait. Du côté instrumental, la qualité est bien présente et l’on sent que même sans avoir un jeu particulièrement complexe, la technicité dont fait preuve Ghost est bien réelle. En effet, si on excepte un clavier en retrait total sur cette grande scène du Main Square, on ne peut qu’admettre que les deux Nameless Ghouls aux guitares, donnent une démonstration talentueuse.  De l’autre côté, le doublé de Nameless Ghouls à la basse et à la batterie dégage une telle énergie que les festivaliers du Main Square se trouvent sous le charme de la messe des Suédois. Il est en effet très facile de se plonger rapidement dans l’ambiance proposée par la formation, surtout avec des titres comme Year Zero, mettant les points sur les « i » d’emblée, ou avec la dynamique Stand By Him ou encore l’étouffant Monstrance Clock qui terminera le concert de très belle manière, puisque le public reprendra en chœur les « Come Together » de Papa Emeritus II. C’est donc sous une pluie d’applaudissement que prend fin le show de Ghost et nous comprenons aisément pourquoi le groupe monte les échelons à une telle vitesse. Cependant, le seul petit bémol que nous pourrions pointer du doigt, est le fait que ce genre de formation ne devrait pas se voir en plein jour mais de nuit, car les effets de lumières doivent être simplement magiques. Sinon, malgré un léger retard d’entrée en scène, les Suédois ont fait le nécessaire pour chauffer les festivaliers, avant les Américains de Mastodon et Alice In Chains.

Setlist Ghost :

  • Year Zero
  • Con Clavi Con Dio
  • Elizabeth
  • Prime Mover
  • Stand By Him
  • If You Have Ghosts
  • Ritual
  • Monstrance Clock

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Nous entamons une petite attente de vingt minutes, avant de pouvoir admirer sur le plateau du Main Square la première des deux formations américaines : Mastodon. Autant dire que si pour Ghost, l’arrière du site de la Citadelle d’Arras semblait encore bien vide sur la deuxième moitié, après avoir jeté un rapide coup d’œil, on ne peut que se rendre compte que le public est presque entièrement arrivé.

Mastodon

IMG_8322L’heure de Mastodon est arrivée et nous avons la sensation que les festivaliers attendent avec impatience de voir ce que vont donner les titres du dernier album, Once More Round The Sun, sorti le 24 juin 2014. Quoi de mieux que le magnifique artwork de l’album comme fond de scène, pour plonger les festivaliers dans l’ambiance en un claquement de doigts. D’emblée, les Américains ne vont pas faire dans la dentelle en nous offrant Black Tongue, tiré de l’avant-dernier album The Hunters. Le but recherché étant de soulever le public, c’est chose faite, du moins les premiers rangs car les festivaliers se trouvant plus loin ont l’air d’être un peu moins engagés. Mais cela n’est qu’une opinion parmi tant d’autres. Par contre, si Ghost ne brillait pas par sa technique musicale recherchée, Mastodon est bien à l’opposé. Cela s’explique aussi du fait que la formation évolue dans un Metal Progressif tonique et efficace. De plus, comme nous le constaterons avec The Motherload, Chimes At Midnight et High Road, le travail sur les trois chants de Brann Dailor (batterie), Troy Sanders (basse) et Brent Hinds (guitare), résonnent comme un boulet de canon aux oreilles des spectateurs. Si, sur l’album, le triplé donne une esquisse sensation à l’écoute, en live, le rendu propulse sur un nuage à travers monts et vallées, notamment grâce aux soli des guitaristes Brent Hinds et Bill Kelliher. Les festivaliers étant tellement subjugués par le talent musical des Américains que nous nous retrouvons trop vite à la fin du set, car dix titres pour une formation comme Mastodon, c’est un peu comme un hors d’œuvre. Mis à part le fait que le set ait été un peu court et trop rapide, Mastodon a su élever le niveau de jeu et mettre la barre haute pour Alice In Chains. La formation a su réunir sous une même bannière les spectateurs qui se seront vraiment réveillés sur les derniers titres proposés par les Américains.

Setlist Mastodon :

  • Black Tongue
  • Divinations
  • Bladecatcher
  • Crystal Skull
  • Megalodon
  • The Motherload
  • Blasteroid
  • Chime At Midnight
  • High Road
  • Aqua Dementia

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Il est 19h05 environ, quand Mastodon prend congé des festivaliers du Main Square chaud bouillant et prêt à en découdre avec le reste de la soirée. Nous partons donc pour une dernière attente d’une vingtaine de minutes et de changement de plateau, avant l’entrée en scène de Alice In Chains. Après eux, ce sera les Britanniques de Iron Maiden.

Alice In Chains

IMG_8351Il est 19h25 lorsque Alice In Chains débarque sur la scène du Main Square et avec eux, l’ambiance au sein de la Citadelle D’Arras change du tout au tout. En effet, si certains spectateurs semblaient en retrait durant Ghost et Mastodon, nous avons la sensation que le style musical proposé par les Américains permet sans aucun problème de réunir les vingt mille personnes attendues ce soir, sous une bannière commune. Déjà, si nous regardons les deux grands écrans géants situés de part et d’autres de la Main Stage, nous pouvons nous rendre compte que la place du clocher de la Citadelle d’Arras est archi pleine et prête à exploser. C’est chose faite, dès le départ du premier titre, Them Bones qui mettra tout le monde d’accord sur le talent scénique du groupe et surtout de William DuVall (chant). En effet, l’aura qu’il dégage est tout simplement d’une efficacité surprenante, tant il est difficile de le lâcher des yeux. De plus, la formation élève d’un grand cran la technique instrumentale de la soirée. Cette dimension n’en est que plus flagrante quand Jerry Cantrell (chant/guitare) lâche son premier solo, on a la douce sensation que le public se soulève d’un seul homme. La preuve en est puisque étant situés à la barrière, nous commençons à être pressés comme des citrons. Au fur et à mesure que les minutes avancent, cette sensation que nous éprouvons ne partira pas et les Américains ne baisseront pas d’intensité dans leur jeu, alliant dynamisme, puissance, efficacité et sobriété dans leurs déplacements sur scène et leur rapport avec les festivaliers. Cela est presque dommage car la fin du set arrive beaucoup trop vite avec Rooster, sans que l’on est eu le temps de s’en rendre compte. Nous pouvons applaudir ce que vient de réaliser Alice In Chains car on sait que passer avant un groupe tel que Iron Maiden, n’est pas du tout une chose aisée. On peut saluer le public qui n’a rien lâché de bout en bout et est maintenant prêt pour les Britanniques.

Setlist Alice In Chains :

  • Them Bones
  • Dam That River
  • Check My Brain
  • Again
  • Hollow
  • Man In The Box
  • No Excuses
  • Stone
  • We Die Young
  • It Ain’t Like That
  • Would
  • Rooster

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Alice In Chains parti, nous entamons les trente-cinq dernières minutes qui nous séparent du Saint Graal de la soirée. En effet, que se soit pour les milliers de spectateurs venus pour la « Vierge de Fer », Mike ou pour Elovite, les minutes ont l’air de ressembler à des heures. C’est toujours le même effet que provoque l’attente de l’entrée du groupe mythique britannique. Sur ce laps de temps, l’ambiance monte d’un cran au fur et à mesure que l’horaire fatidique approche. Il est 20h40 quand les spectateurs scandent les premiers « Maiden, Maiden, Maiden » et à se lâcher, ainsi qu’applaudir tout et n’importe quoi. Comme le technicien torse nu se baladant sur scène, auquel nous crierons tous d’une seule voix « à poil ! », pendant que d’autres continuent à clamer « Maiden, Maiden, Maiden ». Tandis que nous entrons doucement dans les dernières dix minutes avant l’entrée en scène des Britanniques, la foule se presse de plus en plus contre les crashs barrières car personne ne veut en louper une miette. Dernier coup d’œil au clocher de la Citadelle d’Arras, plus qu’une minute avant l’intro, la chanson Doctor Doctor du groupe UFO.

Iron Maiden

Il est 21h quand l’intro résonne dans les colonnes d’enceintes de la Main Stage. Déjà, le public plus connaisseur et habitué reprend en chœur les paroles. Nous sommes en plein dedans. Dès la fin, l’intro Rising Mercury précédant l’entrée des Anglais et donnant le feu vert pour découvrir le décor surgit dans les enceintes. Le public, déjà chaud bouillant, ne va pas tarder à s’enflammer. Vous allez très vite comprendre pourquoi. Dès la fin de Rising Mercury, les festivaliers débutent le chant en même temps que Bruce Dickinson, toujours caché, à l’instar du reste de la troupe. Seul Nicko Mc Brain s’est mis en position, derrière sa superbe batterie. Pour l’instant, seule la voix de Bruce avec les accords marquant le changement de phrases, se font entendre. Une fois l’intro finie avec « Seven you desires », les instruments montent en puissance sur les « claps claps » du public. Encore quelques secondes, le temps de chauffer un peu plus le public et Iron Maiden entre d’un coup d’un seul, sur la scène accompagné par les jets de flammes tandis que les spectateurs s’embrasent comme on allumerait le feu dans la paille sèche. Comme à son habitude, Bruce Dickinson surplombe ses compères et le public, à l’emplacement qu’il préfère sur le décor. Nous sommes partis pour presque deux heures de bonheur intense sous les riffs magiques, la tonique basse et l’énorme batterie des Britanniques. Les premiers soli tombent à la suite de « When Gabriel lies sleeping, this child was born to die » qui ravira la foule en délire.

Arrive ensuite les feux d’artifice à l’annonce de Can I Play With Madness. Sur ce titre, nous aurons le droit au premier et au seul « Scream For Me, France ! » de Bruce Dickinson, sous les puissantes guitares d’Adrian Smith, Dave Murray et de Jannick Gers. Une poignée de secondes plus tard, le temps de changer l’artwork de fond de scène en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous partons d’emblée sur les pentes de The Prisonner, extrait du troisième album, The Number Of The Beast (1982), avec un Nicko McBrain aux baguettes, enchainant les frappes avec la précision que nous lui connaissons. Bruce nous offre enfin le tant attendu « Scream For Arras », le premier d’une nombreuse série et la fosse déjà embrasée de mille feux, devient un véritable enfer. Le tout sur un solo magistral d’Adrian Smith,digne des grandes époques très vite accompagné par le solo de Dave Murray, tandis que Jannick chauffe les spectateurs grâce à son dynamisme et sa gestuelle, pendant que nous pouvons voir toute la rage débordante du créateur et fondateur de Iron Maiden, Steve Harris qui, malgré ses problèmes de dos, semble prendre un pied du tonnerre à jouer ici pour la première fois. Quand arrive la fin de The Prisonner, c’est un enchaînement parfait que nous font les Britanniques sur l’explosif 2 Minutes To Midnight qui transporte les fans sur les sentiers de la perdition et de la guerre. C’est sur le dernier refrain « Midnight, Midnight, Midnight, it’s all night. » que prend fin le titre tiré de l’album Powerslave, sous les hurlements du public et sous l’applaudissement grandissant de la foule. Nouveau changement d’artwork et c’est la première vraie prise de parole de Bruce, sous les « Maiden, Maiden, Maiden », si bien que le monsieur sortira son premier speech : « Doucement, l’autre mot s’il vous plait, je suis un vieil homme », tandis que Nicko, levé derrière sa batterie, fera coucou au public. Il enchaîne ensuite un petit discours rapide, nous demandant : « Vous étiez au Hellfest ? Pour moi, ce festival est très cool. Une cloche, une église et le diable ? C’est la première pour nous ici et la première fois pour vous ici, avec nous. Nous sommes les rosbifs, vous êtes les grenouilles (sous le regard et le sourire de Steve Harris) mais il n’est pas possible pour moi de manger une grenouille entière. Seulement les pieds ! ». C’est parti pour Revelations et son intro efficace, puissante et sèche. Bruce reprend le micro pour nous dire : « Vendredi, allez les bleus ! » avant d’enchainer sur un « hey, hey, hey » repris en chœur par les festivaliers, augmentant encore un peu plus l’ambiance et l’énergie se trouvant dans la Citadelle d’Arras. Alors quand arrive l’emblématique The Trooper avec son Eddy de fond de scène en tenue de combattant anglais et son Union Jack, l’explosion de joie du public se fait sentir car nous reprenons de plus belle le chant, sous le regard du sextet britannique. C’est au tour de Bruce Dickinson d’arriver en tenue militaire du 18ème siècle et de faire voltiger l’Union Jack dans tous les sens.

Nous ne sommes vraiment pas loin de l’extase. Les Britanniques le savent et vont nous pousser dans nos derniers retranchements, car il va être l’heure de The Number Of The Beast et de son intro sombre et noire pleine de charme, sur laquelle nous découvrirons une nouvelle image d’Eddy, le septième homme de la bande, représentant cette fois la pochette du dernier album, The Final Frontier ainsi que la statue de Satan, grimpant peu à peu sur le derrière de la scène et fixant le public de son regard rouge. Ce n’est que sur « despair » que les jets de flammes embraseront totalement le Main Square et son public pour ne plus retomber jusqu’à la fin. Pour les non-connaisseurs, ce titre phare de la formation est toujours l’un des plus attendus sur scène, notamment pour son refrain : « 6.6.6, The Number Of The Beast » dégageant une sensation de puissance et de liberté hors du commun. Sur chaque refrain, des jets de flammes de part et d’autre du plateau, léchant le visage du spectateur par sa chaleur savoureuse et sécurisante, ou encore par son final explosif et ravageur, tant du côté instrumental que du côté spectaculaire. C’est maintenant l’heure de changer de décor, grâce au Phantom Of The Opera. Le temps pour Nicko McBrain de poser trois légères frappes sur les cymbales de son énorme batterie et les guitares se déclenchent aussitôt. Au milieu du titre, après un petit délire de Dickinson, le feu se rallumera de toutes parts, avant d’enchainer par deux magnifiques soli de Dave Murray et Jannick Gers, toujours en équilibre sur son retour.

Nous enchaînons ensuite par l’efficace Run To The Hills qui même après 32 ans d’existence, à toujours l’effet escompté puisque la batterie de Nicko résonne comme un roulement de tambour dans les oreilles des festivaliers. La grande mascotte d’Eddy, habillée en général de l’armée, va faire son entrée sur scène. Le septième membre prend réellement part à la fête, sous de splendides feux d’artifices et sur le solo dynamique de Dave Murray. Eddy se dirige vers Jannick Gers qui, comme à son habitude, joue avec lui, le combattant guitare à la main face à l’épée. Iron Maiden enchaîne ensuite de plus belle avec le titre faisant allusion aux années d’or, comme le dit la chanson elle-même, c’est-à-dire Wasted Years mais vous l’aviez deviné, n’est-ce pas ? Nous entrons dans la dernière ligne droite. Pour les derniers titres avant le rappel, quoi de mieux que le splendide Seventh Son Of A Seventh Son, ainsi que de sa fabuleuse statue d’Eddy tenant dans ses mains une grosse boule de voyance, rappelant le single The Clairvoyant. Le titre étant très théâtral, l’ambiance créée par les guitares, la basse de Steve Harris et le jeu de Nicko McBrain est lourd, de façon à plonger le public dans une noirceur abyssale pendant que Bruce, les cheveux plaqués en arrière et vêtu d’une immense veste noire, nous conte l’histoire du septième fils. À l’entame de « Today is born the seventh one », un orgue apparaît sur le côté droit de la scène, plongeant un peu plus ce titre au côté sombre dans l’obscurité mélodique et calme, démontrant une nouvelle fois tout le talent de la Vierge de Fer, avant de monter en puissance et de déchaîner les éléments musicaux au travers d’une basse ravageuse, une batterie dévastatrice et des guitares aux accents ultras techniques. Quel splendide choix, surtout quand on sait que le titre suivant est Fear Of The Dark, l’un des titres de Iron Maiden qui, à chaque écoute en live ou sur Cd, me fait oublier tous les problèmes existentiels de ma vie. On ne parle pas de la redoutable efficacité de cette introduction exemplaire. La suite n’est que bonheur et joie, où les chants ainsi que les « Oooh Oooh Oooooooh » prendront part dans le public, avant de reprendre en chœur le refrain. Nous aurons le droit à un autre « Scream for me Arras » à la fin du titre, avant de pouvoir écouter le titre éponyme des britanniques, Iron Maiden. Bruce nous lance une nouvelle fois « Scream for me, Arras, Iron Maiden ! ». Le sextet ne donne pas l’impression d’être fatigué, c’est à ça que l’on reconnait les grands car même après 38 ans d’existence, les membres du groupe semblent toujours aussi frais qu’un gardon et l’âge ne semble pas les toucher. Mais revenons au présent. Sur scène comme dans le public, c’est l’extase.

Le décor à une nouvelle fois changé, des statues de glace se sont hissées en fond de scène. Nous allons bientôt arriver au petit solo de Dave et les doigts de Steve Harris sur sa basse annoncent un nouveau « Scream for me Arras ! » avant l’apparition de la statue d’Eddy, représentant la pochette de Seventh Son Of A Seventh Son. Nous repartons ensuite de plus belle vers le final de la chanson, avec un Jannick Gers déchainé, faisant tourner sa guitare dans les airs comme une balle de tennis. Fin de l’acte principal, le temps pour la formation de lancer médiators, wristband et autres objets dans la fosse. Le calme revient sur scène mais pas dans le public, car la clameur monte avec « Maiden, Maiden , Maiden ». Puis, d’un coup, le Churchill Speech se fait entendre dans les immenses colonnes de son. Ceci annonce le retour des Britanniques avec Aces High et son décor de la guerre de 14-18. Bruce est habillé en pilote, ce qui lui va bien puisque le chanteur est pilote lui-même. Les flammes reviennent plus brûlantes que jamais sur « Running, scrambling, flying » et nous entamons tellement fort le refrain que ce n’est pas sûr que les spectateurs installés derrière nous entendent Bruce chanter. Le final n’est que joie, chaleur et bonheur avant d’entamer l’avant-dernier titre de la soirée, The Evil That Men Do, donnant une véritable leçon de basse, de guitare rythmique, de soli avec Jannick et de batterie avec le batteur fou Nicko. Un dernier « The evil that men do » puis l’explosion de feux d’artifices vient mettre un terme à ces fabuleux titres. Iron Maiden nous offre maintenant la vraie dernière ligne droite de la soirée avec la dévastatrice chanson Sanctuary, marquant le moment où tous peuvent se lâcher comme le démontre le solo de Jannick Gers, complètement déjanté, il faut bien l’admettre. M’est avis que le bonhomme l’a un peu loupé. Cependant, ça ne choquera personne. La fin tonitruante du set de Iron Maiden arrive et avec elle, son avant-dernier concert de la tournée du Maiden England Tour 2013/2014 (le dernier sera le 05 juillet, au Sonisphere anglais). Il est maintenant temps pour les spectateurs en extase de relâcher la pression, grâce au cover des Monthy Python, Always Look on the Bright Side of Life qui accompagnera les fans tranquillement. Histoire de finir en beauté, une immense ronde se forme pour que la fête de cette première soirée s’achève d’une exquise manière.

Setlist Iron Maiden :

  •  Doctor Doctor (UFO)
  • Rising Mercury (Intro)
  • Moonchild
  • Can I Play With Madness
  • The Prisonner
  • 2 Minutes to Midnight
  • Revelations
  • The Trooper
  • The Number Of The Beast
  • Phantom The Opera
  • Run To The Hills
  • Wasted Years
  • Seventh Son Of A Seventh Son
  • Fear Of A The Dark
  • Iron Maiden

 Rappel :

  •  Churchill’s Speech (Intro Aces High)
  • Aces High
  • The Evil That Men Do
  • Sanctuary
  • Always Look On the Bright Side Of Life (Monthy Python – Outro)

Il est temps pour nous de se rendre une dernière fois sous la tente presse, afin de remercier nos hôtes avant de reprendre une longue route vers dans notre région Rhône-Alpes. Que dire de cette journée, qui fût une parfaite réussite tant au niveau de l’organisation, d’une qualité exceptionnelle que pour la gentillesse de l’accueil des VIP ou de la presse. Quatre groupes qui ont mis le feu aux poudres tout l’après-midi en montant crescendo, en commençant par la spectaculaire messe noire de Ghost, la puissance technique de Mastodon, l’énergie de Alice In Chains et  pour finir, l’apothéose avec les Britanniques que nous attendions tous, Iron Maiden. Merci à toute l’équipe du Main Square pour cette soirée et nous suivrons avec intérêt la suite de vos prochaines affiches, car cette dixième édition à tapé très fort, ce qui promet d’être de bon augure pour les soirées Rock et Metal sur le festival.

Elovite et Mike