Interview : Les Marrons d’Ardèche

Posté le : 16 juillet 2014 par dans la catégorie Interviews
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Groupe des tanneries d’Annonay formé en 2008, les Marrons d’Ardèche on su conquérir les cœurs du petit monde alternatif annonéen avec un répertoire abondamment fourni et une expérience live acquise à grands coups de concerts dans les lieux de diffusions locaux. Sortant prochainement leur premier EP 4 titres, ses quatre membres ont accepté de se prêter au jeu de l’interview.

Interview réalisée par Mad Tintin

Sons Of Metal : Je vais d’abord vous laisser vous présenter.

Ivan : On est Les Marrons d’Ardèche. Moi, c’est Ivan et je suis au chant, Pépito à la basse depuis deux ans, Bernardo à la guitare depuis le début et puis Kévin, le petit jeune de 24 ans à la batterie depuis peu.

SOM : Pourquoi ce nom, Les Marrons d’Ardèche ?

Bernardo : Quand on a monté le groupe, on s’est dit qu’il fallait trouver un nom qui attire les gens, les familles, les gamins avec les poussettes et tout. L’idée, c’est d’attirer les parents avec leurs enfants, qu’ils viennent nous voir jouer et qu’ils repartent contents. Enfin, leurs enfants, pas eux mais au moins, on essaie de faire évoluer la race humaine de ce côté-là. (rires)

SOM : Est-ce qu’il n’y a pas une petite référence aux vieux groupes de Rock français, comme Les Chats Sauvages, Les Chaussettes Noires, etc. ?

Bernardo : Nous, on voulait s’appeler Les Slips Jaunes ! (rires) Non, en fait, ça fait référence à plusieurs choses. C’est bien sûr en rapport au fait qu’on soit d’Ardèche et que c’est connu pour les châtaignes mais ça fait aussi référence à la couleur. Quand t’es marron dans la vie, que t’es pas aidé, en galère. Puis c’est aussi parce qu’on a pas monté le groupe pour jouer à l’internationale, mais parce qu’on voulait se marrer entre potes à Annonay.

SOM : Comment le groupe est né, d’ailleurs ?

Bernardo : On avait un pote qui tenait un bar qui s’appelait l’Ellis Park et avec Ivan, on parlait tous les soirs musique avec lui. Un soir, on n’a fait qu’envisager de jouer ensemble et notre pote nous a dit que si on montait un groupe, nous étions pris d’office pour venir jouer dans son bar.

Ivan : On a donc trouvé la première date avant même d’avoir le groupe et ça nous forçait à monter très vite un répertoire pour jouer suffisamment longtemps. C’était en 2008.

Bernardo : On a pris des potes qui étaient même pas musiciens et on leur a appris les bases : le Rock, c’est « boom boom boom ». (rires)

Ivan : Après, avec Bernardo, nous avions déjà joué ensemble dans d’autres groupes éphémères qui ont duré deux ou trois concerts, mais c’était il y a longtemps et ça s’est arrêté en 1993. Quinze ans après, on a conclu que ça nous manquait.

SOM : Vous allez sortir un premier EP après six ans de concerts. Quelles sont vos influences ?

Ivan : Le Punk old school, le Pub Rock, le Garage… Après, on apprécie d’autres styles comme le Metal et le Hard des années 80 mais c’est pas forcément ce qui ressort dans nos compos. Pour faire simple, on fait du Punk’n’roll.

SOM : Vos groupes références ?

Ivan : Pour faire court, tout le Rock énergique et tout ceux qui ont quelque chose à dire. On peut t’en citer beaucoup, il y a les Stooges, les Ramones, les Sex Pistols, Bashung, François Béranger, la vague Grunge et une bonne partie de groupes Punk français des années 80, comme OTH, Les Sheriff, Les Rats, Les Cadavres ou encore Parabellum avec qui ont joue à Saint-Vallier, le 27 septembre au festival Bouge Ton Fest.

SOM : Est-ce que votre EP ne contient que des compositions originales ?

Ivan : Il y a trois compositions perso et une reprise à notre sauce de She Does It Right de Dr Feelgood. C’est le groupe majeur du Pub Rock des années 70.

Bernardo : C’est le groupe anglais qui a remis le Rock’n’Roll au goût du jour, à une époque où ceux qui dominaient les groupes de Rock faisait des morceaux interminables et toujours plus sophistiqués. Ils faisaient du Rock’n’Roll basique, rythmé et dont les chansons duraient trois minutes. Le Pub Rock, c’est un peu l’avant-garde du mouvement Punk, un retour au Rock simple et efficace avant 1977.

SOM : Au-delà des trois morceaux de l’EP, vous avez d’autres compositions personnelles ?

Ivan : On en jouait d’autres avant mais on les a laissé tomber. Après, on en a plein mais nous ne les jouons pas, parce qu’elles ont besoin d’être retravaillées. Dernièrement, on joue des reprises sur les trois quarts d’un set.

SOM : Quels groupes reprenez-vous ?

Bernardo : Il y a à boire et à manger et c’est toujours retravaillé à notre façon. On peut te citer les Stooges, Dr Feelgood, MC5, les Sex Pistols, les Ramones, Chuck Berry, Bashung, Gerard Morsay… Pour faire simple, on reprend ce qui nous plaît en y mettant notre son, avec une tendance à reprendre les faces B, comme Girlfriend de Sham 69 qui est le morceau le plus cool du groupe, alors que personne le connaît. C’est un peu ce qui nous a fait continuer à faire de la reprise : beaucoup de morceaux excellents ont été oublié, quand c’est pas tout simplement les groupes. Ça permet de faire découvrir ou de redécouvrir au public des titres et des artistes qui valent le coup.

Ivan : C’est lié à la naissance du groupe. T’as une date avant même que le groupe sache jouer, t’as pas le choix, tu tapes dans les reprises et tu choisis ce que tu trouves bon pour avoir envie de le jouer vite.

SOM : La prochaine étape, c’est l’album ?

Bernardo : Concerts, d’abord. Le problème, c’est que j’ai un paquet de compos qui datent du temps ou je jouais avec mon frangin et où il n’y a pas tout à jeter mais qui vont devoir être retravaillées en profondeur.

Ivan : On a aussi des textes sans musique et des musiques sans texte, ce qui fait tout autant de boulot avant de sortir un album. On aurait éventuellement deux compos avec les textes et la musique, mais qui auraient besoin d’être actualisées.

SOM : Où est-ce que votre EP est enregistré ?

Ivan : Enregistré et masterisé par le Kazzik Studio, dans les tanneries d’Annonay.

Bernardo : On a signé un contrat à vie avec Kazzi. (Rires)

SOM : La sortie est prévue pour quand ?

Bernardo : On lance un appel à quelqu’un qui pourrait nous faire un logo et une jaquette qui soit présentable, pour être vendu pendant les concerts. D’ici là, on sait pas trop quand ça sortira.

SOM : En six ans d’activité, quelles ont été les principales évolutions du groupe ?

Ivan : On a changé plusieurs fois de bassistes et de batteurs. Trois chacun. Au-delà de ça, on a bien évolué techniquement et cela a même été remarqué par Sons Of Metal (voir le live report « La 100 ème de la Tartarie« ).

Bernardo : Après, on a tellement fait de dates entre la Deûme et la Cance (les deux rivières qui traversent Annonay, ndlr) qu’on y est à l’aise. On sait qu’il y aura toujours des gens qu’on connaît et qui apprécieront ce qu’on joue, ça aide pour bien jouer et s’éclater sur scène. C’est sûr qu’avoir un batteur qui sort du conservatoire, ça nous aide bien du point de vue technique. (Rires)

SOM : Quel est le morceau qui vous donne le plus la pêche à jouer en live ?

Pépito : Production

Kevin : Mister E

Ivan : J’aime bien Production mais j’aime bien aussi certaines de nos reprises, celle de Sonic Reducer des Dead Boys, pour en citer une.

Bernardo : J’aime tous les morceaux. Après, Production arrive à me faire dresser les cheveux quand on est bien dans le groove.

SOM : Un dernier mot pour les lecteurs de Sons of Metal ?

Pépito : Venez à nos concerts. La maquette qu’on a fait, c’est bien mais les concerts, c’est mieux du point de vue humain.

Kevin : Eclatez-vous bien !

Ivan : Rock’n’roll for ever, écoutez du rock, du rock, du rock, et du Metal, évidemment.

Bernardo : Un message pour Mike : c’est pas toi qui m’a interviewé, va te f… ! (rires)

Mad Tintin