Baron Samedi – Avant l’asphyxie (Album)

Posté le : 18 juillet 2014 par dans la catégorie Chroniques
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Baron Samedi coverLe groupe a vu le jour en septembre 2011, en terre toulousaine. Du nom de l’esprit vaudou, le groupe se compose de cinq membres. Nous trouvons donc Victor Ginicis au chant, Théo Roumier à la guitare, Félix Roumier à la basse, Léa Cuny-Bret au saxophone et enfin, Sacha Cantié à la batterie. Prenons donc une grande respiration et plongeons dans cet album avant que l’asphyxie ne nous guette.

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Style : Rock alternatif – Sortie : 2014

Style : Rock alternatif – Sortie : 2014

Baron samedi se veut éclectique, le groupe puise son style dans tout ce qui peut lui attraire. Preuve en est le premier morceau dispensé par le quintet, Avant l’asphyxie qui, à lui seul, fait étalage de nombre d’influences présentes tout au long de cet album de six titres. On peut y entendre un riff de guitare qui pourrait avoir été emprunté par moments à Iron Maiden, tant il se montre fluide. Mais aussi à quelque chose de plus sombre et de plus lourd, très typé Metal. Néanmoins, l’apparition du saxophone fait basculer le groupe dans une autre dimension. Les chœurs viennent en appui et nous entendons des growls se juxtaposer au chant. Surprenant et réussi. Que dire du break mélodique qui emmène le morceau jusqu’à sa fin, on y retrouve un côté inspiré de Jacques Higelin dans sa réalisation. Enfin, la voix est emprunte à celle du vocaliste de Noir Désir que l’on ne présente plus. Voici donc ce que le groupe est en capacité de proposer, et tout cela sur un seul premier titre. Nous parlions de Noir Désir justement, et le deuxième titre Les yeux clos fait véritablement penser à ce que pouvait écrire les troupes de Bertrand Cantat en leur temps. Le troisième morceau ne dément pas non plus le titre précédent. Le style de chant utilisé par Victor se mue presque en copie conforme de celui du vocaliste de Noir Désir, peut-être un peu trop, même. Mais la qualité des textes est là ainsi que dans le chant, une certaine forme d’obscurantisme et de poésie que l’on pouvait entendre chez ce parolier hors normes qu’était Jacques Brel. Nous sommes loin du Metal, du Rock sous sa forme la plus large en citant Brel, me direz-vous ? Oui, mais Baron Samedi se veut universel et sait prendre ce qu’il veut de la musique avec un grand « M » pour en faire son avantage. Et puis, Brel n’était-il pas un peu rebelle dans son genre et en son temps, en poussant son chant à la limite du hurlement à certains moments ? Nothing to say mettra tout le monde d’accord avec ce titre retrouvant une guitare hurlante dans sa première partie. Le chant exécuté en anglais se montre de facto plus personnel et convaincant. La suite du titre s’articule en changements de rythmes et le sens de la mélodie est bien présent. Tout cela passe bien. L’accélération finale est elle à ranger dans le Metal et nulle part ailleurs. L’album se termine par les très belliqueux et accrocheurs Racine humaine et Sentence électrique. Rentre-dedans pour le premier cité, et de nouveau un côté très Noir Désir pour le dernier, surtout dans la narration. Mention particulière pour la partie jouée au saxophone, c’est efficace. Enfin, le son de cet album touche au très propre, le tout est équilibré, on sent beaucoup d’implication dans cette production.

Cet opus a de la qualité, les compositions sont fouillées et recherchées. C’est une bonne entrée en matière et un bon premier album. Il ne lui reste qu’à s’affirmer encore plus en tant qu’entité propre et encore plus singulière. S’inspirer de Noir Désir est un choix princier, s’en éloigner quelque peu pour trouver son graal sera un choix de roi pour Baron Samedi.

Tracklist :

  • Avant l’asphyxie
  • Les yeux clos
  • Memento Mori
  • Nothing to say
  • Racine humaine
  • Sentence électrique

Pat

www.facebook.com/baronsamedi