murmurationIl y a quelques années de cela déjà, en 2006, le groupe Sick Sad World naissait à Nantes. Dans un premier temps, le groupe officiait dans un registre assez différent de ce qu’il joue désormais, envoyant une musique plutôt axée Heavy Metal et Punk. Cependant, de changements de line-up en apports musicaux extérieurs, le groupe évolue et se transforme petit à petit. C’est en 2011 que tout se stabilise avec la formation que nous connaissons toujours. Les Nantais peuvent ainsi plus efficacement partir à l’assaut des salles et nous montrer ce qu’ils ont fait pour en arriver là, et la manière dont leur idée première s’est développée au fil du temps. Ne tenant pas à en rester simplement là, ils signent chez Send The Wood Music pour l’enregistrement de leur premier album, Murmuration qui sort en avril 2014, sujet de la présente chronique.

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Genre : Post-hardcore, Sludge, Ambiant - Sortie : 17 avril 2014

Genre : Post-hardcore, Sludge, Ambiant – Sortie : 17 avril 2014

Pour commencer, disons simplement que l’illustration en couverture est très bien faite et efficace. Un humanoïde qui semble en état de putréfaction, ou sinon dans un état étrange, en position de crucifié, en blanc sur fond noir duquel semblent s’évader des oiseaux blancs et rouges. Nous pourrons également penser à un arbre. Personnellement, ceci nous a rappelé une scène tirée de The Crow 2, City Of Angels (Tim Pope, 1996) quand Ashe, écartant les bras, laisse les corbeaux s’emparer du démon de la ville, le dénommé Judah. Quoi qu’il en soit, cette pochette produit son effet. Voyons désormais si le contenu qu’elle renferme sera aussi marquant. La musique est bien enregistrée et de ce point de vu là, pas grand chose à signaler. Aucune des pistes ne laisse transparaître de défaut notable. Le mixage est également très bon. La voix est parfois mise un peu en avant par rapport aux autres instruments, à des moments qui paraissent le nécessiter. Notons tout de même que l’égalisation globale tire un peu vers les mediums et que, comparativement à ce que nous entendons de la musique enregistrée à l’heure actuelle, cela manquerait un petit peu de basses. Ce qui, d’un côté, pourrait passer pour un défaut, fait en fin de compte une des qualités de ce disque, puisque le son n’en est rendu que plus lisible, moins écrasant et correspond bien avec les ambiances distillées ici par le groupe.

Musicalement parlant, les compositions sont très bien arrangées. Les tempi sont plutôt lents. L’ambiance est tantôt calme et mélancolique, tantôt oppressante et lourde, comme chargée de reproches et de colère rentrée. La batterie martèle d’une façon métronomique, ne s’impose pas mais accompagne l’ensemble de façon discrète comme il faut. La basse enveloppe les mélodies, passe parfois devant sur certaines parties avec un son bien à elle qui permet de la distinguer tout au long du disque. Les guitares servent davantage à l’ambiance que les autres avec des mélodies à deux voies, des accords qui s’éloignent souvent des classiques power-chords. La voix passe d’un growl medium aigu bien gras évoquant le Hardcore, à une voix claire tout ce qu’il y a de plus touchante et propre. L’évolution dans chaque morceau est claire et logique et l’enchaînement des morceaux semble lui-même correspondre à la narration d’une histoire, ce que l’on pourra apprécier en passant les pistes dans l’ordre donné, même s’il n’y a pas de contre-indication à les passer dans un ordre différent, à part peut-être l’enchaînement intro et piste 2 qui semble indissociable.

Le style musical qui paraît de prime abord évident, se révèle finalement assez compliqué à labelliser. Nous aurions parfois envie de dire qu’il s’agit de Post-hardcore, parfois de musique d’ambiance, parfois de Sludge, de Doom ou même de musique de film. Mais l’ensemble dépasse cela en effaçant efficacement les frontières entre les genres et Sick Sad World parvient à s’approprier un style qui nous évoque beaucoup de choses mais sans rester statique, en nous obligeant à réviser notre jugement entre chaque partie. Nous pourrons avantageusement écouter ce disque plusieurs fois d’affilés, sans nous ennuyer. Pourtant, il ne faudra pas s’attendre à avoir des morceaux qui ne durent qu’une minute ou deux. Ici, la musique prend le temps de se développer, de grandir, d’évoluer. Un peu comme ce groupe qui sort un peu du lot dès ce premier album, après huit années de maturation qui nous semblent, tout à coup, parfaitement justifiées.

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Line-up :

  • Julien D : chant
  • Julien R : basse
  • David N : batterie
  • Antonin L : guitare
  • Erwan W : guitare

Tracklist :

1- Spread Your Wings…
2- … And Burn The Crows
3- Obsolete Obstacle
4- Prophecy
5- Rebirth
6- Ghost Voice
7- Missing Bro
8- Old Path
9- Island

http://www.sicksadworldband.fr/