Testament (96)C’est en ce jeudi 14 aout que je prends la route pour mon troisième festival de ce mois. Après l’Xtreme Fest et le Sylak, je me rends cette fois-ci dans près de Vannes (56) dans le petit village de Saint Nolff pour l’un des festivals incontournables du sol français : le Motocultor. 45 groupes pour trois jours de festival dans notre belle Bretagne.

Le temps de récupérer mes covoitureurs sur Lyon, puisque ce système est encore le moyen de se déplacer à moindres frais, je prends la route pour une arrivée prévue vers 20h30. Mais c’est sans compter les embouteillages et les aléas météorologiques qui me feront arriver environ vers 22h00. Il est donc 23h00 quand nous arrivons sur le grand parking du Site de Kerboulard où se déroulera le Motocultor. Et là, nous apprenons que pour certains festivaliers l’attente pour accéder au camping dura plus de quatre heures. Nous avons bien fait de prendre notre temps, au final. Le mobile home étant ouvert, je récupère mon bracelet VIP/Presse me permettant d’entrer sur le camping. C’est bon, le festival peut commencer.

Vendredi 15 aout 2014

Après une nuit fraîche et humide, malgré le fait d’avoir passé la nuit dans ma voiture, nous décidons avec quelques amis de descendre sur Saint Nolff, découvrir un peu les alentours du Motocultor et visiter un petit village de la région bretonne, car les portes ouvrent aux alentours de midi et le premier groupe de la journée, The Great Old Ones, ne débute qu’à 13h00. Il est inutile de se presser.

Il est temps d’entrer sur le site du Motocultor et devant nous, se dresse une grande place pouvant accueillir un très grand nombre de personnes. À droite, se trouve la buvette et la restauration, accessible que par l’achat de ticket et sur notre gauche nous apercevons des sanitaires en dur ainsi que des stands tenus par Adipocère, Radio Metal… Au fond à gauche des deux scènes se dressant devant nous, se situe l’entrée pour l’accès VIP/presse où se dérouleront les deux interviews prévues par Sons Of Metal avec Trollfest (vendredi) et Benighted (samedi).

Quelques minutes avant le début du premier groupe, j’apprends que mon collègue ne sera pas de la partie. Il me faudra donc me mettre en condition pour me préparer à enchainer seul trois grosses et belles journées.

The Great Old Ones –  13h00, Supositor StageThe Great Old Ones (40)

Commençons cette première journée par les Bordelais de The Great Old Ones devant un public complètement absent. Dommage car la musique produite par les Bordelais est intéressante même si ouvrir un festival par du Black Metal n’est peut-être pas l’idéal pour réunir la population. Par contre, il faut admettre que la formation fait preuve d’un professionnalisme énorme, car il n’est pas facile de jouer sans personne devant. Sinon, du côté du jeu de The Great Old Ones, le groupe pose les bases avec une musique sombre et lourde qui est cassée par une grosse double pédale et une caisse claire tonitruante prenant les tripes des auditeurs. Cette sensation est appuyée par un chant profond et plein d’émotion mais ce n’est pas ça qui réveillera les spectateurs qui s’amassent petit à petit au pied de la Supositor Stage et qui semblent encore se remettre de la première nuit au camping. Il faudra attendre la sortie du groupe pour que les festivaliers tendent les mains vers le ciel. Un départ de festival en demi-teinte mais très intéressant du point de vue musical.

Temple Of Baal – 13h45, Dave MustageTemple Of Baal (43)

À peine quelques minutes de repos et nous voici repartis avec un groupe restant dans la veine Death/Black Metal avec les Parisiens de Temple Of Baal. La formation aura plus de chance que The Great Old Ones, car le public présent en plus grand nombre sera aussi plus réceptif. D’ailleurs, même de la part des musiciens ça va mieux puisque l’on sent ces derniers plus communicatifs avec les festivaliers qui montent en puissance petit à petit. Par contre, dommage pour les Parisiens, les problèmes commencent puisque malgré un réglage de voix et d’instruments bien réglés, le son en façade se mettra au freestyle, se coupant et redémarrant. Des incidents techniques qui seront réparés par la suite. Cela n’aura toutefois pas choqué le public du Motocultor qui aura été conquis par l’excellente prestation de Temple Of Baal.

Huata – 14h35, Supositor Stage

Huata (1)Avec Huata, on reste dans un style très sobre avec un mélange Doom/Stoner plongeant le Motocultor dans une ambiance sombre et théâtrale, à l’instar du chanteur habillé en prêtre. Rien que par ce dernier, on sent les festivaliers envoutés par sa voix et sa gestuelle. Cependant, si une partie du public s’imprègne très vite de la musique de Huata, on sent le reste de l’audience en retrait et ne sachant pas trop quoi penser de cette prestation pleine d’émotion grâce à des musiciens expressifs et communicatifs. Qui plus est, un point important à souhait est la distinction parfaite des instruments les uns des autres, démontrant que tout commence à bien se passer.

T.A.N.K – 15h20, Dave Mustage

Après une pluie battante qui aura duré près de quarante-cinq minutes et aura demandé aux organisateurs de bâcher le matériel le plus rapidement possible, il est temps maintenant de retrouver le groupe parisien T.A.N.K, face à un public qui, malgré la fraîcheur abattue sur Saint Nolff, est réchauffé et réveillé. D’emblée, T.A.N.K envoie la sauce. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leur musique déménage car ils ne font pas dans la dentelle. Au bout d’à peine trente secondes de set, les plombs sautent, laissant un gros vide pour les musiciens et les festivaliers. Qu’à cela ne tienne, il ne sert à rien de se laisser abattre. La formation s’amuse à faire semblant de jouer et Raf Pener (chant) se verra même donner une bouteille comme micro. Il est vrai que quitte à ne pas avoir d’électricité, autant que l’attente se passe bien. Les festivaliers présents en nombre conséquent l’ont parfaitement compris et la fameuse chanson Tribord/Babord retenti dans l’enceinte du Motocultor. Ça prouve à quel point tous sont motivés et chaud bouillants. Quand on pense que pour les trois premières formations, les spectateurs étaient froids et distants. Raf viendra slammer sur la foule en délire avant que le set puisse débuter. Maintenant que l’électricité est revenue, les Parisiens vont pouvoir démarrer leur set mais ce sera une prestation très écourtée puisqu’entre la pluie et la coupure électrique, le temps imparti s’est grandement écoulé. Mais ce n’est pas ça qui va entamer le moral des troupes car dès la reprise, le quintet déménage tout sur son passage avec une efficacité hors normes. D’ailleurs, la mayonnaise prend à une telle vitesse que le public ne tardera pas à offrir au Motocultor son premier wall of death dans la boue bretonne ainsi qu’un immense circle pit. La magie de la musique fait son office. Mis à part le fait qu’il aura fallu la pluie pour lancer le public à fond dans le festival, il faut bien admettre que T.A.N.K malgré un temps de jeu très écourté, a su mettre les petits plats dans les grands pour déchainer la foule. Une formation à revoir d’urgence sans se poser de question.

TANK (47)

Havok – 16h05, Supositor Stage

Havok (9)Comme à l’Xtreme Fest deux semaines auparavant, les Américains de Havok font un démarrage d’enfer à plus de 1 000 km/h. Cette sensation de posséder les Allemands de Kreator en face de soit refait surface. En plus, la célèbre formation de Thrash se produit sur scène ce soir. Mais revenons à Havok, puisque c’est eux qui nous intéressent. Une alchimie très spéciale se forme entre le quartet et les festivaliers, développant encore un peu plus l’ambiance du Motocultor. Cela se voit par les départs en slams dans tous les sens des spectateurs. C’est bon, on peut maintenant dire que le festival est lancé. Après les soucis de son, les Américains se retrouvent avec un son parfait et grâce à une technique musicale d’une qualité exceptionnelle, il est normal de tomber autant en extase devant une telle prestation scénique. Comment ne pas se déchaîner de plus en plus au fur et à mesure que le set des Américains avance. Encore une nouvelle démonstration du tonnerre qui aura sûrement ravi les fans de Thrash Metal par un dynamisme à toute épreuve.

Mononc’Serge – 16h55, Dave MustageMononc'serge (2)

Après les États-Unis, c’est au tour de Serge Robert, venu tout droit de la province du Québec, de prendre d’assaut la Dave Mustage avec pour seule amie sa guitare. Que l’on accroche ou non avec la musique de Mononc’Serge, il faut admettre que ce que fait le bonhomme est incroyable. Car il n’est déjà pas facile pour un groupe de motiver une foule, mais pour une personne seule sur scène c’est encore moins chose aisée. De ce que l’on peut voir, le public apprécie énormément la prestation du québécois qui le leur rend bien. Nous aurons même droit à une petite leçon de traduction franco-québécoise. Comment dit-on « conduire une voiture en état d’ébriété » dans la version de nos chers cousins d’outre-Atlantique ? Vous ne savez pas, voici la réponse : « chauffer un char chaud ». Après ce petit aparté, Mononc’Serge reprend de plus belle devant des festivaliers toujours aussi motivés et bouillants. D’ailleurs, l’artiste nous offre une petite surprise puisque Andreas & Nicolas (qui se produiront dans quelques heures) viendront interpréter un titre avec lui. Suite à cela, notre cher ami du Québec proposera sa dernière chanson de son set, l’Âge de Bière qui aura pour effet de souder encore un peu plus avant les Bretons de Dawn Of Might.

Dawn Of Might – 17h45, Supositor Stage

Étant donné que l’interview programmée avec Trollfest se rapproche, il ne sera pas possible pour moi de m’attarder dessus. Cependant, le peu que l’on puisse dire c’est que les Bretons de Dawn Of Might produisent un Death Metal très technique, aussi bien dans leur jeu ainsi que dans le chant de Laurent. Le public est toujours ultra chaud et joue de plus belle avec la boue. Par contre, le seul reproche que l’on peut constater est le fait que les membres sont très statiques, ne rendant pas les clichés exceptionnels.

Dagoba – 18h30, Dave Mustage

Tout comme pour Dawn Of Might, votre serviteur ne pourra rester que sur les trois premiers titres de Dagoba, l’heure de l’interview approchant. Que dire sur la formation marseillaise en quelques mots que tout ce qui a déjà été dit. Mis à part que le quartet dégage une aura démentielle, que chaque titre joué prend aux tripes et laisse des traces au plus profond de l’âme. On peut aussi noter que c’est la puissance à l’état pur quand on voit un Franky Costanza (batterie) toujours au sommet de l’efficacité ainsi que Shawter (chant) qui provoque chez les spectateurs peur et respect. D’ailleurs, en l’espace de quelques minutes, nous aurons le droit à un deuxième magnifique wall of death, Shawter demandant aux journalistes de se retourner vers le public pour constater le combat. Bravo aux Marseillais qui ont encore démontré tout leur potentiel. Vivement la prochaine fois.

Dagoba (4)

Andreas & Nicolas – 19h25, Supositor Stage

Pendant que les Nantais d’Andreas & Nicolas se produiront sur scène, je serais en interview avec Trollfest qui, soit en dit en passant, ont la fâcheuse tendance à ne pas se prendre aux sérieux…

Ensiferum – 20h15, Dave Mustage

Ensiferum (29)Il est l’heure pour les festivaliers du Motocultor d’accueillir les Finlandais d’Ensiferum et leur Folk Metal Melodique ultra entraînant. D’emblée, le quintet viking envoie une musique donnant envie de danser et de se prendre par la main. Les Scandinaves savent comment faire pour que le public soit le plus imprégné par le côté celtique de leur musique. De plus, Ensiferum sait comment rendre les spectateurs heureux grâce à la petite touche féminine de Emmi Silvennoinen au clavier qui donne un peu de douceur vocale dans ce monde de brute, sur des puissantes guitares, une basse destructrice et un batteur du tonnerre. Le tout sous le regard et la gaieté des spectateurs qui se bagarrent à coup de boue et lançant des mottes de terre à tout va. Petri Lindroos (chant/guitare) demandera même aux festivaliers de se calmer un peu et d’écouter plus la musique. Mais comment stopper des centaines de personnes à fond ? Le Folk Metal de Ensiferum à très bien fait son office et plus les Finlandais déversent leur joie, plus le public se déplace face à la Dave Mustage pour faire la fête avec eux. C’est donc avec le titre William Tell Overture Finale que l’on entend régulièrement dans les dessins animés que le set du quintet finlandais prend fin, sous un tonnerre d’applaudissements.

Cancer – 21h10, Supositor Stage

Cancer (15)On change de pays et de nouveau de style. En effet, avec la formation venue de Grande-Bretagne, nous tombons directement dans un Death Thrash vu et revu mille fois n’apportant rien de très particulier et cassant presque l’ambiance festive émise par Ensiferum. Cependant, si côté jeu on peut trouver cela plat et sans entrain, on sent le public enjoué à l’idée d’en découdre avec nos amis britanniques. Le temps pour votre serviteur de profiter de l’accalmie pour aller grignoter un bout, car la fin de la soirée ne va pas être de tout repos avec les Suédois d’Entombed Ad, les Allemands de Kreator et les Norvégiens de Trollfest.

Entombed Ad – 22h05, Dave Mustage

Entombed AD (84)Après la Grande-Bretagne, si nous faisions un petit tour dans l’un des meilleurs pays du monde sur le plan musical ? Vous ne voyez pas lequel c’est ? La réponse est la Suède. D’ailleurs, votre défi, si vous l’acceptez, est de trouver un groupe originaire de cette nation qui ne tienne pas la route. Mais arrêtons un peu de nous écarter du sujet. Car il ne s’agit pas là de faire de la publicité pour les groupes suédois, mais plutôt d’Entombed AD. D’entrée, la formation démarre sur les chapeaux de roue avec un Death Metal destructeur au possible, dégageant une telle énergie positive que même si une personne se sentait fatiguée, grâce à eux, un regain de vitalité réapparait. Ceci est notamment vrai quand on voit la réceptivité des festivaliers s’étant déplacés en masse pour Entombed AD. Tout est parfait, le seul incident qui viendra contrecarrer le set fabuleux des Suédois sera une panne du son en façade qui ne laissera entendre que les retours posés sur la scène. Mise à part ceci, les Suédois furent parfaits comme tous les autres groupes issus du royaume de Suède.

Trollfest – 23h05, Supositor Stage

Trollfest (34)Nous avons eu les Finlandais, les Suédois, maintenant c’est au tour du troisième et dernier pays scandinave de faire son entrée dans le Motocultor. Et pour représenter leur pays, c’est Trollfest qui se sera déplacé. Si vous n’avez jamais vu la formation norvégienne, ne vous attendez pas à une musique toute belle, toute propre comme sur leur album. En effet, dès les premières secondes, on sent un bordel instrumental organisé car, si à première vue tout semble correct, ce n’est pas du tout le cas. Cependant, le fait que tout ne soit que mélange d’instruments désorganisé avec violon, guitares, saxophone, accordéon, chant et batterie, fait de ce groupe le plus festif qui existe. Il est vrai que l’on peu ne pas forcément apprécier mais il faut savoir reconnaitre que seuls les Norvégiens de Trollfest sont capables d’un tel exploit. De plus, quand les sept compères reprennent le titre de Carlos, Papayou, c’est un public français qui reprend en chœur les « papayou, papayou » lancés par la formation. Une nouvelle prestation qui aura laissé des traces dans le cerveau des festivaliers, car certains titres des norvégiens restent imprégnés en tête sans pouvoir sans séparer. À voir ou à revoir, au risque de devenir accro.

Kreator – 00h00, Dave Mustage

Un des moments les plus attendus du festival va commencer. En effet, si de nombreuses formations peuvent être considérées comme tête d’affiche tout le long du week-end, il en est une en particulier qui ne pouvait pas être oubliée : Kreator et son Thrash Metal emblématique. Les lumières s’éteignent et les enceintes laissent s’échapper la grosse introduction de Mars Mantra, annonçant l’arrivée imminente du quartet germanique. Puis, les guitares prennent place sous les frappes assourdissantes de la batterie avant de laisser le formidable titre Phantom Antichrist. À partir de maintenant, il faudra au public être bien accroché tant les pogos, les circles pits, les walls of death et les slams vont s’enchainer sans jamais faire de pause. On continue ensuite avec From Flood Into Fire qui va être une explosion spectaculaire, grâce Miland « Mille » Petrozza (chant/guitare) dégageant une telle force que nous avons la sensation que nous allons être piétinés par chaque accord ou coup porté à la batterie. Les premières explosions de froid arriveront et mettront encore plus le feu aux poudres à un public chaud bouillant. Quand, par moments, le public se calme, Petrozza lance des « Motoculor Circle Pit, Come on !!! » avec une telle intensité que nous avons la sensation d’être transpercés par une lance jetée à pleine vitesse. Alors, quand vient l’heure du rappel après Civilization Collapse, c’est une série de vague de froid et de confettis qui s’abat sur une foule en plein délire face à des Allemands dévastant tout sur leur passage. Un final monstrueux nous attend avec le dernier titre, Flag Of Hate/Tormentor qui laissera échapper deux gros circles pits ainsi que les remerciements du quartet pour l’engouement du public. Une prestation magnifique qui restera dans les anales. Vivement la tournée avec Arch Enemy en novembre pour reprendre une dose de Kreator.

Kreator (18)

Malevolent Creation – 01h05, Supositor Stage

Malevolent Creation (20)Kreator ayant fini son set vingt minutes plus tard que l’horaire prévu, ce qui n’est pas pour déplaire aux festivaliers, les Américains de Malevolent Creation feront donc les frais de l’heure tardive. Dommage pour eux, car leur Death Metal est puissant et tout parait être parfait. Cependant, il faut bien avouer qu’après un final comme Kreator, il n’est pas facile de se remettre dedans. Si bien qu’un grand nombre de festivaliers déserteront le site du Motocultor, ne laissant alors qu’une poignée de spectateurs apprécier la musique des New Yorkais.

Une première journée de festival qui aura comblé de nombreux spectateurs et fut une franche réussite, malgré un début en demi-teinte pour le public et la météo qui n’aura pas été eu rendez-vous.

Samedi 16 août 2014

Après une deuxième nuit très fraîche, je me décide à aller faire un tour à la piscine de Vannes. À mon arrivée, je m’aperçois que les bassins ne sont ouverts que le samedi après-midi. La ville commence déjà à marquer des points négatifs, le temps de faire quelques petites courses. Je prends la décision d’aller boire un café dans un bar et à ma grande surprise, après être rentré dans quatre bars, aucun d’eux n’aura de prises électriques accessibles me permettant de commencer mon travail. Il me faudra donc attendre l’ouverture du festival pour commencer ce que j’avais prévu. Je raterais donc Yugal, Flying Donuts et Cobra (étant en interview avec Benighted pendant ce dernier).

3-6

Après mon interview de Benighted en compagnie de Kevin Foley, suite à des problèmes indépendants de ma volonté,  je devrais quitter le site du festival avant de pouvoir revenir sur les coups des 18h00.

Benighted – 18h30, Dave Mustage

3-5D’après les échos eus par des confrères, jusqu’ici, le public du Motocultor semblait assez éteint. Par contre, l’arrivée de Benighted semble avoir décuplé leur force et totalement éveillés. Jusqu’à présent, si on prend en comparaison la journée du vendredi, nous n’avons jamais vu autant de monde devant aucune des deux scènes. C’est incroyable comme un groupe peu fédérer un public. Tout va très vite et la formation stéphanoise qui fut déjà excellente à l’Xtreme Fest, dantesque au Sylak, semble encore être montée d’un cran dans leur prestation actuelle. En effet, le terme manque pour décrire la prestation de Benighted tant la formation déverse une énergie incroyable par des riffs, des breaks et des soli monstrueux. Julien Truchan (chant) retrouve peu à peu une deuxième jeunesse et Olivier Gabriel, frais comme un gardon, témoigne de son bonheur par des superbes sauts. De plus, les deux « petits » nouveaux semblent être plus à l’aise dans leur jeu de scène, notamment le guitariste moins crispé et plus concentré sur son instrument. Quant au bassiste, il nous fait la même que les deux semaines précédentes avec une couverture scénique parfaite. Mais ce qui prouve la puissance de Benighted est aussi la déferlante Kevin Foley qui surprend toujours et encore par son jeu de batteur hors normes. Tout ça sous les yeux d’une foule en plein délire qui s’investira encore plus quand Julien à son micro s’emploiera à lâcher un gros « Motocultor ! » et demandera aux spectateurs un circle pit aussi dévastateur que celui de Dagoba sur le titre Carnivore Sublime. Le public ne semblait pourtant pas s’ennuyer tant que ça, mais on sait très bien que les spectateurs veulent ce genre de choses pour se défouler. Vous pensiez être au bout de vos surprises, c’est sans compter l’entrée de Niklas Kvarforth qui viendra faire un duo au chant avec Julien Truchan. C’était quelque chose qu’il souhaitait réaliser depuis longtemps puisqu’ils avaient tourné un clip ensemble. Après le départ de Niklas, nous aurons le droit un wall of death digne des guerriers celtes à la grande époque, avant de finir quelques minutes plus tard par le dernier titre, Slut qui sera hurlé par des milliers de festivaliers. Ce qui finira un set incroyable fantastique de manière explosive, digne d’un feu d’artifice.

Benediction – 19h25, Supositor Stage

3-2Après les dévastateurs Stéphanois de Benighted, difficile de ne pas trouver un peu terne le groupe suivant. En tout cas, c’est ce que semble se dire une grosse partie du public qui se dispersera dès la fin de la prestation alors qu’une petite poche de résistance s’approche de la Supositor Stage pour Benediction.  Malgré le fait que peu de spectateurs soient amassés devant la scène, il faut bien avouer que la formation britannique semble dégager une énergie d’enfer et, qui plus est, n’a rien à envier à Benighted par rapport à la communication. La formation joue excellemment là-dessus, faisant participer les spectateurs à leur musique de façon à les accrocher et leur faciliter l’accroche avec leur musique. De plus, le groupe joue aussi très bien avec les photographes, facilitant les prises de clichés intéressants et n’hésitant pas à lancer des mimiques agréables pour les futures images. Le tout sur un Death technique très intéressant à plusieurs points de vue, tant par leur communication que par leur technique de jeu.

Tagada Jones – 20h20, Dave Mustage

3-15Après une prestation calme mais intéressante de Benediction, nous allons assister à une représentation assez démentielle car, Tagada Jones qui joue presque à domicile va bientôt faire son entrée. Ce qui est certain, c’est que les Rennais sont tellement attendus que la foule, très conséquente pour Benighted, semble s’être doublée. Pour cause, quand on joue à quelques kilomètres de chez soi et qu’on s’appelle Tagada Jones , il existe comme un doux parfum de Bretagne imprégnant le Motocultor de son empreinte. Mais là, c’est plutôt à coup d’instruments et de bonne humeur que le public se laisse asperger par les Bretons à bloc sur la scène. Niko (chant et guitare) dégage une puissance dévastant tout sur son passage, laissant un petit goût d’extase. C’est en toute logique que les festivaliers et les Rennais, au fil des minutes, ne font plus qu’un, embrasant de mille feux le site du Motocultor. Quand vient l’heure du dernier titre, ce sont des milliers de spectateurs qui applaudissent la prestation énorme que vient de fournir le quartet rennais.

Mumakil – 22h05, Supositor Stage

3-10C’est maintenant aux Genevois de Mumakil de prendre d’assaut un des deux plateaux du Motocultor. D’emblée, on a la sensation d’avoir un deuxième Benighted. Tout va très vite et le quartet ne s’embarrasse pas avec les chichis musicaux. Car pour eux, le tout est de foncer droit devant sans se retourner. Cela fonctionne plutôt bien. Techniquement, Mumakil propose des choses intéressantes et quand on sait que Kevin Foley a joué dedans, il m’est avis que les marques de jeu qu’il a laissé lors de son passage à dû marquer les esprits de son ancien groupe. Le seul petit bémol que l’on pourrait leur reprocher, est le manque de dynamisme scénique qui donne une certaine lassitude au set des Genevois qui auront tout de même démontré un potentiel musical intéressant .

Les Sheriff – 22h05, Dave Mustage

3-9Avant dernière ligne droite avec les Montpelliérains Les Sheriff. D’emblée, on reste stupéfait par le nombre de spectateurs qui s’est encore agrandi. Mais d’où viennent-ils ? Où étaient-ils ? Si bien que pour se frayer un chemin jusqu’à l’entrée du pit photo, cela ne va pas être simple puisque nous sommes obligés de faire le tour des milliers de spectateurs amassés devant la Dave Mustage . Les lumières  s’éteignent et c’est parti pour une heure de set déjanté que ce soit dans le public ou sur la scène. En effet, la formation qui commence déjà à avoir pas mal de bouteille, ne donne pas l’impression d’avoir été rattrapé par les effets de l’âge quand on voit le dynamisme avec lequel le quintet envoie la sauce. L’exemple le plus époustouflant reste l’énergie du chanteur Olivier Téna, dégageant un petit quelque chose d’indescriptible, tant rien que le fait de le regarder donne envie de clamer et sauter partout. D’ailleurs, le public ne contredira certainement pas ce point puisqu’il règne une ambiance festive hors du commun dans le beau site du Motocultor. Les « papys » du Punk ont l’air de retrouver leurs vingt ans face à un public complètement déjanté. Serait-ce un nouveau regain de vitalité pour cette formation qui n’a plus rien à prouver ? Suite au prochain rendez-vous. Quoi qu’il en soit, tout n’est que bonheur et puissance instrumentale à travers le batteur Emmanuel Larnaud, décochant des coups d’une extrême violence presque pour rappeler que dans le Punk, eux aussi savent le faire. Une prestation énorme avant le passage de Behemoth sur cette même scène ainsi que GBH et Shining sur la Supositor Stage.

GBH – 23h05, Supositor Stage

3-7Après les papis du Punk français, c’est au tour des Anglais de Birmingham de mettre le feu aux poudres. La sauce prend instantanément puisque l’énergie du groupe prend au plus profond des tripes des spectateurs. Tout comme sur Les Sheriff, de nombreux spectateurs sont amassés face à la Supositor Stage. Il est vrai qu’il est difficile de ne pas être subjugué par la qualité que propose la formation britannique quand on sait que dans les années 70, des groupes tels que 999 ou The Toy Dolls ont aussi vu le jour. De plus, votre serviteur s’était déjà attaqué à ces deux formations du Punk britannique et le moins que l’ont puisse dire, c’est GBH ne leur fait pas défaut. Tous les ingrédients choisis par GBH s’assemblent de manière parfaite, un peu comme des cristaux de glace s’imbriqueraient les uns les autres. C’est impressionnant de pouvoir assister à une telle cohésion entre un public et des musiciens. Comment ne pas se laisser porter par cette osmose qui semble voguer au sein du festival créant une ambiance presque intouchable et magique quand on sait qui se produira après eux.

Behemoth – 00h00, Dave Mustage

Petite intervention d’un des organisateurs qui expliquera que suite au blocage du matériel de Behemoth à Amsterdam, les Polonais auront accepté de se produire mais qu’ils joueront sans maquillage, sans décor et avec du matériel prêté par les autres formations. C’est donc un set très particulier et une chance inouïe pour les milliers de festivaliers de voir la prestation de Behemoth. C’est très professionnel de leur part de ne pas annuler leur set quand on sait que tout tourne au travers de l’ambiance scénique. Ce sont donc des spectateurs présents en nombre impressionnant qui se sont amassés pour voir ce concert unique qui tombera le masque de Behemoth. Il faut tirer notre chapeau à la formation, car jouer sur du matériel prêté n’est pas facile. Mais quand on entend le fabuleux son qui caractérise les Polonais, on est en droit de se dire que même après 23 ans d’existence, la formation peut encore prouver qu’elle possède du talent et peut relever n’importe quel défi. En effet, leur jeu ne pâtit pas du tout du fait que le matériel ne soit pas le leur, bien au contraire, cela donne du piment et démontre à quel point le niveau technique du quartet est élevé. Même sans maquillage, le bassiste Orion en impose toujours autant car son ossature et son jeu font de lui un monstre. Quant à Nergal, il reste toutefois encapuchonné et porte des lunettes de soleil afin ne pas gâcher tout le mystère qui tourne autour de lui. En ce qui concerne Inferno (batterie) et Seth (guitare), ces petits problèmes n’affecteront pas leur jeu à eux non plus. Si je ne trouve pas que le guitariste Seth apporte réellement à la formation, il n’en est pas de même pour Inferno qui appuie là où ça fait mal grâce à un jeu formidable. Imaginez alors quand le set de Behemoth prend fin à quel point c’est un public conquis qui laissera la formation quitter la scène sous une pluie de chauds applaudissements.

Shining – 01h05, Supositor Stage

3-14Nous entrons maintenant dans la dernière ligne droite de ce samedi soir avec les Suédois de Shining. À peine sommes-nous placés dans le pit que Niklas Kvarforth va demander à un photographe de s’approcher avant de l’attraper par les cheveux et de lui taper la tête contre la scène. Comment alors ne pas s’attirer les foudres des médias ? Un combat s’engage alors entre lui et la presse présente dans le pit photo pour éviter de se retrouver devant lui. Car les choses dites à son sujet s’avèrent exactes. Beaucoup ont tendance à dire qu’ils n’hésitent pas à cracher sur les photographes et c’est vrai. Si bien que nous devons être prudents pour ne pas nous retrouver asperger de whisky, nous et notre matériel. Après une dizaine de minutes épique pour nous, nous sortons enfin du pit et pouvons prendre place pour voir la fin du set de Shining. Le moins que l’on puisse dire, c’est que si du côté de Niklas ça ne tourne pas rond et que le bonhomme doit encore avoir des séquelles de son enfance, du côté technique instrumental, tout n’est qu’envolée magistrale. Quand on écoute les titres de Shining, on aurait tendance à se laisser porter et divaguer au gré des envoûtantes guitares de Peter Huss et Euge Valovirta. De plus, tout comme cet après-midi, une autre surprise attend les festivaliers car Julien Truchan viendra chanter sur un des titres des Suédois. Il faut admettre que si l’on accroche pas avec Niklas Kvarforth, côté instrumental, tout est parfaitement équilibré et psychédélique de haute voltige.

La deuxième journée du festival s’achève sur un set complètement barré de Shining mais le public aura assisté à de très belles prestations et aux dires de beaucoup, Brother Dege aura été d’une incroyable intensité. Dommage ne pas avoir pu assister à cela. Il est temps pour le public de rejoindre ses pénates, car une troisième grosse journée nous attend demain.

3-16

Dimanche 17 aout 2014

Après un réveil matinal et un petit tour à la piscine de Vannes, il est temps pour moi de revenir rapidement sur le site de Kerboulard car en ce jour du Seigneur, le premier concert débutera à midi tapante. Autant dire qu’il ne faut pas trainer pour être à l’heure pour journée qui promet d’envoyer du lourd avec des formations comme Kortini, Loudblast, Epica, Testament et bien d’autres encore.

Anticorpse – 12h00, Dave Mustage

Anticorpse (1)La journée commençant une heure plus tôt que les deux précédentes, le groupe breton Anticorpse démarrera son set devant un Motocultor très vide, occupé par des spectateurs qui se réveillent juste. Cependant, de leur côté les Bretons envoient un Death Metal puissant et d’une telle violence que l’on a du mal à apprécier. Cela est sûrement dû à l’heure matinale. Quoi qu’il en soit, il m’est avis que la formation devrait être revue dans des conditions plus agréables pour apprécier leur musique à sa juste valeur, sans avoir la sensation de ce faire détruire les oreilles au petit matin. Ce que propose Anticorpse est vraiment intéressant musicalement et la petite touche qu’apporte Julie (guitare) ne laisse pas indifférente. Un groupe à suivre avec intérêt ?

Mobutu – 12h45, Supositor Stage

Voici une des grosses surprises de cette édition 2014 car la formation balance un Rock’n’Roll entrainant et simple. Un peu plus de monde s’est déplacé pour assister au set de Mobutu qui, de par l’entrain des musiciens, réveille un doucement mais surement les festivaliers. Le trio est un brin plus communicatif qu’Anticorpse, ce qui donne une pêche monstrueuse au public qui n’a jamais été aussi nombreux sur un des premiers groupes. C’est la première grosse surprise de la journée, pour beaucoup de monde. En tout cas, pour votre serviteur c’est le cas et il faudra surveiller cette formation de très près car avec des résonnances à la AC/DC ou à la Iron Maiden, il faut bien admettre que Mobutu a mis la barre assez haute.

Headcharger – 13h30, Dave MustageHeadcharger (67)

Après Mobutu, nous restons dans la veine Rock’n’Roll avec Headcharger. Il est vrai qu’après le gros Death Metal d’Anticorpse, enchainer par des styles moins violents fait du bien aux oreilles. Au vu du nombre croissant de spectateurs, on comprend aisément que beaucoup préfèrent un style plus posé pour démarrer cette dernière journée et nous sentons aussi que l’ambiance continue de monter en puissance, avant l’arrivée des pointures dans quelques heures. Car, aujourd’hui est un jour très chargé avec Obituary, Epica, In Extremo… Du lourd attend les spectateurs qui vont se faire de plus en plus présents au fil des minutes.

Qantice – 14h15, Supositor Stage

Une conférence de presse tombant en même temps que Qantice, je n’aurais le plaisir d’assister qu’à un titre avant que la formation ne prenne congé des festivaliers. Désolé par avance pour les fans du groupe. Nous apprenons à ce moment que Six Feet Under ne jouera pas (leur bus étant en panne à plus de dix heures de route de Saint Nolff), la formation sera remplacée par les Français de Arcania.

Church Of Misery – 15h00, Dave Mustage

Church Of Misery (54)Si vous ne connaissez pas Church Of Misery, vous ne ressortirez pas indemne de la prestation, car ce que propose ce groupe laisse des traces. La formation nous vient directement du pays du soleil levant, c’est-à-dire le Japon. Si vous étiez une semaine auparavant au Sylak, vous avez certainement pu apprécier le style très spécifique des Nippons. En effet, Church of Misery a regroupé le Stoner et le Doom pour faire de leur musique un monde noir, lourd et étouffant. Si sur album, je ne ressens pas forcément cette sensation, cela prend tout sens en live. Quand on voit le chanteur Hideki Fukasawa, on se rend très vite compte que le monde de Church Of Misery est complètement psychédélique. D’ailleurs, lui-même semble être dans une quatrième dimension tant il a l’air de planer au gré de la musique produite par ses compères. L’état du chanteur semble se transmettre aux festivaliers qui se laissent porter par la radicale déferlante Church Of Misery. De leur côté, Ikuma Kawabe (guitare) et Tatsu Mikami (basse) nous emmènent vers des cieux plus cléments, laissant les problèmes de chacun derrière eux. Mais ce n’est pas la seule chose qui laisse pantois les spectateurs, puisque le talent des Japonais est incroyable. Notamment un taping du bassiste magnifiquement effectué qui reste pantois, comme cette leçon musicale qu’offre Church Of Misery. Il est donc normal qu’au moment de quitter la scène, ce soit un tonnerre d’applaudissements qui résonne dans l’enceinte du Motocultor avec un public totalement conquis par les Japonais.

Inquisition -15h55, Supositor Stage

La faim me tenaillant, je ne serais pas de la partie pour les Américains d’Inquisition.

Koritni – 16h45, Dave Mustage

Koritni (21)Après un bon petit repas, il est temps de revenir pour le groupe franco-Australien Kortini mené par mister Lex Koritni. Dès le coup d’envoi du premier titre proposé par Koritni, on sent une ambiance conviviale s’installer au sein du public et sur scène. Comme à son habitude, le quintet est souriant et heureux de jouer. Il est notamment plus vrai que la joie qui se dégage de la Dave Mustage est rendue à cent pour cent par les festivaliers du Motocultor à la bande à Lex. Après du gros Black Metal, ca fait de nouveau du bien de retrouver la veine Hard rock avec des énormes soli de guitare envoyés par Manu Livertout et Eddy Santacreu qui mettent tout le monde d’accord. La même chose se produit avec Vivi,celui-ci offrant au public une véritable leçon de basse, la deuxième aujourd’hui puisque la première fût donnée par le bassiste de Church Of Misery, Tatsu Mikami. Au fil des minutes, on sent des spectateurs de plus en plus enjoués et sous l’emprise de la formation franco-Australienne qui ne cesse de surprendre à chaque passage sur scène par une qualité de jeu efficace et splendide. Quand le set prend fin, le quintet Koritni quitte la Dave Mustage sous les regards étoilés des festivaliers.

Koritni (49) Koritni (89)

Naive – 17h35, Supositor Stage

N’étant pas dans les meilleures dispositions pour assister au set de Naive, je prendrais quelques minutes pour passer du côté du coin VIP/Presse pour discuter un peu avec les autres médias présents sur le Motocultor.

Obituary – 18h20, Dave Mustage

obituary (36)Après un excellent show deux semaines auparavant pour le public de l’Xtreme Fest, Obituary s’apprête de nouveau à ravir les Français mais cette fois-ci, dans notre belle Bretagne. D’emblée, les Américains démarrent leur set sur les chapeaux de roues, surprenant une nouvelle fois par la qualité technique. Tout comme début août, nous aurons le droit à un aperçu en live de quelques titres tirés du nouvel album, Inked in Blood qui sortira dans les mois à venir, ce qui permettra de nous faire ou refaire une plus ample idée de la qualité du prochain opus. C’est donc devant un public présent en masse que Obituary, emmené par le talentueux John Tardy, va ravir des festivaliers pendant pas loin de cinquante minutes de set ravageur. D’ailleurs, cela se sent par le jeu de basse totalement destructeur qui continue de noyer le poisson sous une pluie d’explosions, ou se frayant tant bien que mal un chemin au travers du public grâce à Donald Tardy (batterie), arrachant tout sur son passage à l’image d’un monster truck géant équipé d’un rouleau compresseur. Mais, là où nous autres festivaliers prennent une nouvelle respiration avant de finir à mille lieux sous la mer, ce sont grâce aux guitaristes Kenny Andrews et Trevor Peres ne cessant par une rythmique incroyable et des riffs ravageurs, d’appuyer où ça fait mal. C’est-à-dire au plus profond de l’âme du public. Le set d’Obituary prend fin avec le titre Slowly We Rot sous les applaudissement des spectateurs, ravis d’avoir pu assister à une prestation aussi énergique et pleine d’entrain.

Loudblast – 19h15, Supositor Stage

loudblast (3)Après les trois superbes prestations de Benighted à l’Xtreme Fest, au Sylak et ici même, c’est au tour de Loudblast de monter sur les planches du Motocultor pour le grand plaisir des spectateurs. Votre serviteur avait déjà pu voir la formation quelques mois auparavant avec les Stéphanois durant leur tournée hivernale et les Lillois m’avaient laissé un peu sur ma faim. Ce qui ne sera absolument pas le cas aujourd’hui et pour cause, on sent la formation remontée à bloc et prête à en découdre avec les festivaliers pour leur donner ce qu’ils attendent. Dès les premières secondes, Loudblast part à mille km/heures, dévastant tout sur son passage un peu comme une moissonneuse batteuse qui ravagerait un champ de blé. D’ailleurs, l’image est bien choisie puisque nous sommes actuellement dans un pré. Vraiment formidable d’assister à un tel dynamisme de la part des Lillois qui enchaînent les titres en déployant une énergie si dense. Nous avons la sensation que le Motocultor va exploser. Juste après Obituary qui avait déjà placé la barre très haute, il fallait le faire, car on connait la qualité des Américains qui ne font pas dans la dentelle. Loudblast, avec à sa tête Stéphane Buriez, aura monté d’un cran l’ambiance du festival grâce à du gros son et un public qui fut déchainé du début à la fin.

In Extremo – 20h10, Dave Mustage

In extremo (67)Si vous n’avez jamais vu les Allemands d’In Extremo sur scène, vous pouvez vous déplacer sans hésiter car vous ne le regretterez pas. En effet, voici la grosse claque que votre serviteur s’est prise dans la tête, tant la musique des Allemands est inattendue. Vous allez très vite comprendre. La formation, au nombre de sept musiciens, ressemble plus à groupe de saltimbanques tout droit sortit d’un film médiéval qu’à un véritable groupe. À l’instant où la troupe lance son premier titre, il faut bien avouer que ce n’est plus un concert auquel nous assistons, mais à une fête médiévale où le peuple serait les spectateurs. La formation n’a pas peur de mélanger les instruments tels que la nyckelharpa, la cornemuse médiévale, la harpe ou encore la flûte, avec les guitares électriques, la basse et bien sûr la batterie. Il faut reconnaître que beaucoup de groupes de Folk Metal ont fait le pari de regrouper un paquet d’instruments aussi folkloriques les uns que les autres, mais le rendu festif est loin d’égaler In Extremo. Pour cause, cette variété d’instruments donne une réelle envie de se prendre par la main et de former une ronde pour danser au gré du son soufflé par les cornemuses. Si le groupe se fait réellement plaisir, c’est un public complètement sous le charme de la musique festive des Allemands qui se fait de plus en plus présent devant la Dave Mustage, si bien que si nous tournons le regard, c’est un Motocultor noir de monde qui est venu voir l’excellente et fabuleuse prestation d’In Extremo. Quand le set des Germains prend fin, un gros vide est laissé dans le cœur des festivaliers qui auraient souhaité en profiter quelques minutes de plus.

In extremo (15) In extremo (4)

Belphegor – 21h05, Supositor Stage

La suite des évènements étant chargée, il est temps pour moi après une bonne série de photos, de prendre une petite pause avant Epica et Testament  qui promettent de finir en beauté cette édition 2014 du Motocultor.

Epica – 22h00, Dave Mustage

Peut-être l’un des moments les plus attendus du festival. En tout cas pour les photographes, car la belle Simone Simons (chant) est toujours un régal pour les objectifs. Nous voici donc partis pour une dizaine de titres et un pur moment de bonheur de Metal Symphonique, en compagnie des Hollandais de Epica. On attaque d’emblée avec The Second Stone, tiré du dernier album, The Quantum Enigma. Les guitares, la batterie et le clavier enveloppent le site du Motocultor de leurs puissantes harmonies. Puis c’est l’entrée de la grande Simone Simons et les spectateurs éclatent de joie à sa vue. C’est bon, nous sommes entrés de plein fouet dans le set de Epica. L’efficacité du groupe que l’on connait est bien présente, donnant un coup de fouet royal aux festivaliers et rameutant de plus en plus de monde sur la Dave Mustage. Les titres s’enchainent à une vitesse vertigineuse, si bien que l’on a du mal à s’accrocher au wagon hollandais. C’est excellent de voir la formation dans une telle forme et ayant retrouvé leur puissance vocale et instrumentale. On se rappellera que la dame, sur les derniers concerts du groupe (un an auparavant, environ), était enceinte, rendant les tournées compliquées. Mais arrêtons un peu de penser au passé et restons dans le présent, car les titres choisis ce soir par les Hollandais sont particulièrement efficaces et bien interprétés. Si bien que nous avons du mal à réaliser que le set touche à sa fin quand l’intro de Consign To Oblivion se dégage des façades, avant d’exploser à la face des spectateurs et d’être reprise en chœur par des festivaliers chauds bouillants. Après un superbe final, c’est un public en extase qui laisse les Hollandais quitter la scène. Vivement la prochaine.

Epica (98)

Arcania – 23h05, Supositor Stage

Arcania (47)C’est le moment pour Arcania de fouler les planches de la Supositor Stage avec leur set qui clôturera la première des deux scènes. Le premier constat que l’on peut déjà faire, est que le nombre de personnes amassées devant la scène ne sera pas le même que pour Epica et Testament (juste après). Dommage que les gens n’aient pas fait plus d’efforts pour venir voir les Français qui, il faut le dire, font preuve d’une assurance énorme. Il faut tirer notre chapeau à la formation pour avoir accepté de remplacer au pied levé les Américains de Six Feet Under. Les personnes ayant fait l’effort de les soutenir dans cet exercice difficile sont à applaudir fortement. Bravo à Arcania pour une prestation d’une super qualité et pour être arrivé à accrocher un nombre de spectateurs de plus en plus grand au fil des minutes. Un coup de pub d’enfer pour cette formation française qui aura eu la chance de fermer la Supositor Stage et de jouer avant la pointure américaine Testament. Un groupe à voir sans hésiter.

Testament – 00h00, Dave Mustage

Testament (18)Depuis le temps que je rêvais de voir Testament sur scène, c’est maintenant chose faite. Dans quelques minutes, les Américains prendront place sur la Dave Mustage pour la dernière prestation de cette édition du Motocultor. Imaginez un peu le nombre de personnes s’étant rassemblées pour fêter la fin du festival avec eux. Nous démarrons en trombe avec Rise Up qui va déchaîner une dernière fois les festivaliers. Autant dire qu’après Epica et Obituary, l’équipe du festival à mis le paquet pour finir cette troisième journée en beauté. Cela se ressent au vu de l’ambiance pour ce dernier groupe. Tout va très vite et les Américains ne laissent rien au hasard grâce à leur Thrash Metal teinté légèrement de Heavy, détruisant tout sur son passage un peu comme un ouragan de force cinq. C’est formidable d’assister à ce fabuleux set d’un des piliers du genre, car il va devenir de plus en plus difficile de voir ces formations sur scène. Il faut donc profiter de chaque instant et prendre chaque remerciement de Chuck Billy (chant) comme une offrande qui serait faite à des dieux. Le set prend donc fin trop rapidement au goût des festivaliers du Motocultor, mais la formation nous offrira un formidable 3 Days In Darknessqui mettra un terme à ce splendide show aux milles couleurs.

Voici une nouvelle édition du Motocultor qui s’achève et qui aura marqué les esprits des festivaliers avec des surprises, des coups de cœur et le plaisir d’avoir revu certains groupes. Mis à part l’ouverture du festival le jeudi qui aura déplu à un grand nombre de personnes pour accéder au parking, ce Motocultor aura encore une fois tenu ses promesses et nous attendons avec impatience l’édition 2015.

Nous finirons l’article par :

  • Les coups de cœur de la rédaction : In Extremo, Trollfest.
  • La déception du week-end : Aucune.
  • Les grosses surprises : Testament, Havok, Mobutu, TANK.

Les plus :

  • Mention spéciale pour la sécurité qui aura subi pendant trois jours des vagues incessantes de slameurs.
  • Équipe réactive (suite à l’annulation de Six Feet Under)
  • Les sanitaires.
  • L’équipe de bénévoles.

Les moins :

  • Les problèmes de son du début.
  • Les tickets-restaurants et buvettes.
  1. Jack'N Roll dit :

    Sympa la chronique du guide du routard.
    Je sais dorénavant que je ne dois pas tenter la piscine de Vannes le samedi matin 🙂
    Merci !