THE PELVIS DOUGLAS-20140905-001Vendredi 5 septembre 2014, dans le deuxième arrondissement de la ville de Lyon, approximativement une heure de l’après-midi. Les rues de l’ancienne capitale des Gaules sont animées par les enfants qui jouent et quelques vieillards jouant à la boule lyonnaise dans un parc près de l’église Sainte Blandine, à l’abri du père soleil particulièrement brûlant. La chaleur est étouffante. Je me dirige vers les Terreaux, là où se terre le groupe Home Taping. Grâce au métro, le trajet est rapide et les tunnels offrent une fraîcheur bienvenue, à défaut d’être nauséabond. J’arrive au lieu de rendez-vous. Seul le chanteur est là. Les membres du groupe arrivent les uns après les autres et après un rapide chargement du matériel, nous partons enfin pour Carsan, dans le sud, pour jouer avec Banane Metalik, The Pelvis Douglas et El Castafiore.

Après un voyage qui aura duré deux heures et permit de voir les magnifiques paysages du sud, nous voici enfin arrivés à la salle des fêtes de Carsan qui, ce soir, sera le théâtre d’un évènement consacré au Punk Metal organisé par l’association Génération X. Le temps de se rafraîchir et voici que le premier groupe, El Castafiore, monte sur les planches.

El Castafiore

EL CASTAFIORE-20140905-001Il est 21 heures lorsque les instruments entonnent leurs premières notes. La salle commence à être bien remplie et le parking est déjà occupé par de nombreux camions de Punks à chien. El Castafiore, groupe de Punk par excellence originaire de Montpellier, commence son set devant des spectateurs encore un peu épars mais déjà bien chauds. Le groupe mise sur l’ambiance et la fête, comme nous le prouve les accoutrements des musiciens. Bien leur en prennent car les spectateurs entrent rapidement dans le vif du sujet. Ça pogote doucement, les premières bières sont renversées sur les voisins, les applaudissements retentissent au son très influencé par le Rock n’ Roll. Si les chansons sont semblables techniquement, il n’en est pas de même des paroles, celles-ci abordant plusieurs sujets de société. Toutefois, il n’y a aucune prise de tête dans le jeu de El Castafiore, ils sont là pour la fête avec le public et tout ce qui compte, c’est que les spectateurs se laissent embarquer par les riffs de guitares, la basse grondante et la batterie percutante. Mission largement accomplie par le groupe qui aura réussi à chauffer le public pour la suite, tout en ayant du succès.

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The Pelvis Douglas

THE PELVIS DOUGLAS-20140905-001Quelques minutes plus tard, voici un autre groupe de Punk n’ Roll, cette fois-ci venu de Apt, The Pelvis Douglas. Dès la première chanson, nous sommes étonnés par la voix de la chanteuse Perrine, proche de celle d’une très jeune fille. Pourtant, la vocaliste monte vite dans les tours et se sent à l’aise sur scène. L’énergie dégagée par la jeune femme est contagieuse, le public se rassemble devant la scène et bouge au rythme des riffs décochés par Yann. Ce dernier et Perrine sont particulièrement mobiles, la chanteuse ne cessant d’arpenter la scène et mettant toute sa conviction dans ses paroles, comme si sa vie en dépendait. Il faut la voir s’emparer du pied de micro et monter dans les aigus avec une facilité déconcertante, du moins vu depuis la fosse. Une réelle complicité règne dans ce groupe atypique et on se laisse entraîner au gré des notes, jusqu’à la fin du concert. C’est déjà fini ? The Pelvis Douglas nous accordera un rappel mais en raison du timing, devra rapidement descendre de scène.

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Banane Metalik

BANANE METALIK-20140905-002En raison d’un calendrier de tournée très chargé, les Banane Metalik joueront en avant-dernier afin de ne pas finir trop tard. Voici donc devant les fiers représentant du Gore n’ Roll made in France. Du moins si les musiciens parviennent à terminer leur balance. Malgré le fait que le groupe ait mis deux heures à régler le son avant le début de la soirée, ce dernier recommence un soundcheck qui commence à s’éterniser pour le public, agglutiné devant la scène. Comme au Sylak l’an passé, le groupe se fait longuement désirer. Ce qui agace quelques spectateurs, trop impatient d’en découdre malgré la chaleur moite qui a envahit la salle. On se croirait dans un sauna et cela ne fera qu’empirer lorsqu’enfin, les Banane Metalik se présentent devant nous. Dès la première chanson, les pogos sont déclenchés par une trentaine de personnes. Certains glissent, d’autres slamment. L’ambiance est mise. Si les membres du groupe sont satisfaits de l’enthousiasme des spectateurs, il n’en est pas de même avec le son, le chanteur et le contrebassiste s’en plaignent régulièrement jusqu’à ce qu’il décidé de changer les micros. Après ce démarrage laborieux, le concert peut enfin prendre sa vitesse de croisière, le groupe ne ralentissant plus une seule fois le rythme. Une fois la machine bien lancée, impossible de l’arrêter ! Ça tombe bien, personne n’a l’intention de lui barrer la route. Ced666 (chant) descendra dans la fosse pour chanter au milieu du pogo tandis que derrière lui, ça balance du bon Rock n’ Roll. Le groupe nous offre une prestation solide, malgré les aléas du son, et Ced666 fait le show à lui tout seul, invectivant le public, montant sur les enceintes et se promenant sur la scène. Pour la première date de la tournée, Banane Metalik aura fait une belle entrée en matière, malgré un début de concert poussif. Les musiciens nous remercient une dernière fois avant de jouer les rappels, explosifs, et nous quitteront une bonne fois pour toutes, leurs masques tombant en lambeaux à cause de la température caniculaire qui règne dans la salle.

Home Taping

HOME TAPING-20140905-011Après un changement de décor et un rapide soundcheck, Home Taping fait sonner les instruments. Si la salle s’est vidée après le concert de Banane Metalik, de nombreux spectateurs reviennent pour voir les Lyonnais. Au fur et à mesure des premiers titres, la foule sera de plus en plus nombreuse. Home Taping démarre son set avec un tout nouveau titre, Cumul de mandales avant d’enchaîner sur les classiques du dernier album en date, En Campagne. Le public accroche immédiatement et de nombreux pogos sont lancés dans toute la salle, jusqu’à la régie. Ça bouge dans tous les sens, à tel qu’il devient délicat de prendre des clichés sans risquer une bousculade ou un coup de coude. Joss (chant), toujours aussi communicatif, présentera son groupe et expliquera l’ordre de passage chamboulé en prétextant que son groupe a glissé sur une peau de banane métallique. Les titres s’enchaînent et chacun remporte sa part de succès. Sur scène, on constate une solide complicité entre les musiciens, Ludo (guitare) et Seb (basse) jouent ensemble et les regards s’échangent avec le nouveau batteur du groupe, Pio, arrivé derrière les fûts en début d’année. Le groupe sort d’une semaine de studio (pour l’enregistrement d’un nouvel Ep) et force est d’admettre qu’il en sort plus efficace. L’interprétation des titres est carrée et plus énergique que jamais. Le manque de rodage se perçoit légèrement mais les spectateurs n’ont cure de la perfection technique. Les Home Taping envoient du lourd et c’est tout ce qui compte pour eux. Lorsque vient le rappel, une spectatrice monte sur scène pour animer un peu la fin du concert. Passer derrière Banane Metalik n’était pas chose aisée mais les Lyonnais ont su éviter cet écueil, de bien belle manière.

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Les instruments se taisent, les spectateurs quittent la salle et vont continuer la fête plus loin. Il est temps de ranger le matériel et de retourner à la vie réelle. Les membres de l’association Génération X auront réalisé un travail remarquable et réservé un accueil que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Un énorme merci à eux et nous leur souhaitons une bonne continuation. Longue vie à eux !

Merci également aux groupes El Castafiore, The Pelvis Douglas, Home Taping et Banane Metalik pour ce grand moment de Punk n’ Roll. Et surtout, merci aux spectateurs d’être venus si nombreux, c’est vous qui faites vivre la scène, ne l’oubliez jamais !

Kouni