THE SUPERSUCKERS-20140914-002C’est dans un Warmaudio réaménagé que je reviens pour assister à la venue des Américains Supersuckers. Ils seront introduits par deux groupes locaux, Hystery Call et Ta Gueule. Les spectateurs arrivent au compte goutte mais la salle sera presque pleine dans quelques heures. Le temps de commander une bière, de se place et c’est parti pour Hystery Call.

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Hystery Call

C’est le trio lyonnais qui fête cette année ses vingt ans d’existence qui monte en premier sur les nouvelles planches du Warmaudio. La scène est désormais beaucoup plus grande, plus aérée et plus profonde. Hystery Call démarre sa prestation devant un public très épars, peu impliqué. C’est fortement dommage car le trio se donne à fond et interprète ses morceaux avec beaucoup de précision et de plaisir. Mathias (contrebasse, chant) et Alex (guitare, chant) nous entraîne littéralement dans leurs univers, fait de désert, de films noir et d’individus peu fréquentables. Leur musique siérait parfaitement à un film de Quentin Tarentino ou de Paul Thomas Anderson. L’accoutrement des musiciens, très inspiré de la mode de l’entre-deux guerres, nous donne l’impression d’être dans un cabaret enfumé où l’on consommerait de l’alcool de contrebande sous la menace de la prohibition. Hystery Call sur scène, c’est une invitation au voyage temporel. La voix sensuelle d’Alex nous berce tandis que Mathias nous entraîne avec son slap endiablé. Hélas, l’acoustique ne rend pas honneur à leur jeu énergique et groovy. La batterie trop mise en avant couvre la guitare et la contrebasse, à peine perceptible. Mathias bénéficiera de quelques minutes de pause pour nous offrir un solo de contrebasse impressionnant. Les regards complices s’échangent entre le couple et chacun pousse l’autre pour rester au top. Résultat : un excellent concert qui aura vu quelques spectateurs se déhancher. Les applaudissements sont vifs et le trio nous quitte. Nous les reverrons au Marché Gare le 10 octobre prochain. Ne les manquez, ils valent sérieusement le déplacement.

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Ta Gueule

TA GUEULE-20140914-004Après le Rockabilly de Hystery Call, voici le Punk de Ta Gueule. C’est une nouvelle fois sous la forme d’un trio que se présente le groupe lyonnais, quelques mois après son concert au Panorama. Les spectateurs sont un peu plus nombreux, ce qui va donner l’occasion à Kris (guitare, chant) de les faire participer un peu. Il introduit ses chansons par un court sketch teinté d’humour noir : « Quand vous chopez une MST, vous faites quoi ? Ben vous la repassez à quelqu’un d’autre, comme un rhume. Voici 666phylis ! ». Les cartouches sont tirées les unes après les autres, sans vraiment de répit. Derrière les fûts, Romain abat un travail impressionnant et demandant beaucoup d’endurance. La basse d’Adrien « one, two, three » Faure est bien audible et percutante. Les spectateurs se rapprochent progressivement de la scène au fur et à mesure que le concert avance dans le temps. Kris nous annonce que le groupe entre en studio en décembre en vue de sortir un album en début de l’année prochaine. Pour l’occasion, nous avons droit à un tout nouveau morceau, aussi rageur que les précédents. La rage, ce n’est pas ce qui manque au sein de ce trio. Chaque titre est une invitation à se briser la nuque et à pogoter. Pourtant, le public reste étrangement immobile. Ce n’est pourtant pas la faute à Kriss qui essaye, tant bien que mal, à faire bouger les spectateurs en lançant un appel au circle pit qui restera lettre morte. Les occasions sont pourtant nombreuses pour se déchaîner avec entre autres Jonage Gym, Masturbation Strangulatoire, Hardcore Muscles et Karaté, 666phylis… Heureusement, le groupe est bien remercié par un tonnerre d’applaudissement à la fin du concert.

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Supersuckers

THE SUPERSUCKERS-20140914-004Une curieuse introduction résonne dans les enceintes du Warmaudio, présageant l’arrivée du combo américain. En effet, nous entendons une foule puis un extrait d’un live. Enfin, le groupe arrive sur scène sous les acclamations d’un public désormais bien fourni. La salle est presque pleine, bien qu’il reste encore la place pour une trentaine de personnes. Ne boudons pas notre plaisir, il est toujours réjouissant de voir une telle affluence dans une période si mauvaise pour les salles de concert. Les membres de Supersuckers empoignent leurs instruments et c’est parti pour une bonne dose de Rock n’ Roll. Comme me le dit un ami : « Si t’aimes pas Supersuckers, c’est que t’as rien compris au Rock n’ Roll ! ». Et il a parfaitement raison, le bougre. La musique de Supersuckers suinte le Rock et le Blues avec une touche sudiste qui rappelle parfois ZZ Top ou encore Lynyrd Skynyrd. Des relents de Country sont également perceptibles. En bref, ça groove à fond sur chaque chanson. Impossible de ne pas secouer la tête, taper du pied ou claquer des mains à l’écoute de tous ces hits. Les spectateurs se pressent contre la scène, presque à portée des musiciens et d’Eddie Spaghetti, chanteur et bassiste au centre de l’attention avec son allure de cow-boy et sa voix entretenue au whisky. À ses côtés, ses guitaristes assurent des soli mélodieux et sont loin de faire de la figuration. Marty « Metal » Chandler ne tient pas une seconde en place et vient régulièrement au bord de la scène, guitare en avant et presque dans le visage des spectateurs et celui de votre serviteur, soit dit en passant. À la batterie, Chris Von Streicher assure des patterns précis et parfaitement rythmés. Supersuckers nous embarque avec eux sur les routes poussiéreuses du sud des Etats-Unis et nous ne voyons pas le temps défiler. La fin s’approche mais le groupe nous réserve ses dernières pépites musicales qui feront durer le plaisir encore quelques minutes. Jusqu’au bout, le public encourage le groupe, quelques spectateurs du premier rang tapent les cordes de la basse d’Eddie, lorsque celui-ci la leur présente. Finalement, les musiciens achèvent leur concert dans un larsen puis posent leurs instruments. Le quatuor salue le public puis quitte la scène sous les applaudissements nourris d’un public conquis.

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Pour un retour au Warmaudio, il fut très plaisant de voir cette salle vibrer à ce point. Espérons que le succès de cette soirée en appelle d’autres et ne reste pas une exception, où la désertification des salles est désormais la norme.

Merci à Adrien et au personnel du Warmaudio pour leur accueil. Félicitations aux groupes et merci pour ce moment. Merci également au public qui a bien répondu présent et animé la soirée.

Kouni