11. Pentagram (19)C’est par une belle matinée de septembre que je prends la route pour Torcy, petite ville située à environ 30 kilomètres de Paris. Pourquoi ce trajet, me demanderez-vous sûrement ? La raison est simple, le Parc de Loisirs de Torcy accueille la première édition du Fall Of Summer Festival. Quand on voit l’affiche, comment ne pas vouloir faire le déplacement puisque pour cette première, l’équipe du festival à mis le paquet en faisant venir des groupes tels que Aura Noir, Venom, Carcass, Pentagram, Sodom et Watain, pour ne citer qu’eux.  C’est donc sur les coups des 18h00 que j’arrive dans le Parc de Loisirs, où se trouve un terrain de golf splendide et un lac magnifique. En plus d’une affiche alléchante, le cadre est idyllique.

Le site est particulièrement facile à trouver, ce qui donne déjà un très bon point à l’organisation. Le temps de se garer sur le parking encore désert ; ce n’est pas très étonnant puisque les concerts ne débuteront que vendredi à partir de 15h45 ; près de l’entrée du camping et du site du Fall Of Summer. Nous pouvons déjà voir le placement des scènes dont l’une se trouve sur la plage du lac. Dommage que l’annonce de la météo ne soit pas très clémente. Mais ça, nous le verrons bien au fur et à mesure. Après un petit tout rapide des lieux, il est l’heure pour moi de prendre une bonne nuit de sommeil, car les journées de vendredi et samedi ne vont pas être de tout repos. En effet, chaque journée finira à trois heures du matin avec Vampire le vendredi et Bömbers le samedi. Autant dire qu’il va falloir s’accrocher pour tenir la cadence.

Vendredi 5 septembre

Après une bonne nuit de sommeil, l’attente débute et va être un tant soit peu longue car la bruine ne permettra pas de profiter du parc qui, sous le soleil, doit être très intéressant. Pendant ce court laps de temps, profitons-en pour découvrir un peu le coin à côté de la Francilienne et de nombreux centres commerciaux qui permettront de se mettre au sec avant le début des hostilités avec Cruxifiction à 15h45.

Cruxifiction – 15h45, Sanctuary

Cruxifiction (60)C’est après une attente plus longue que prévue due aux agences que le site du Fall Of Summer ouvre enfin ses portes et laisse entrer le millier de spectateurs attendant tranquillement sur le parking et dans le camping. C’est donc sur les coups de 16h05, soit avec vingt minutes de retard que les Français Cruxifiction ouvrent le bal devant un public quasi absent. Dommage car la puissance, l’énergie et la communication dont font preuve les musiciens se font largement sentir. Il ne manque que des festivaliers enjoués pour que ce début de festival soit parfait. Votre serviteur profitera de cette première formation pour faire le tour du site. Nous trouverons deux belles buttes surplombant le site, permettant aux spectateurs de se mettre en hauteur pour admirer les deux scènes. La Sanctuary où se produit Cruxifiction, ainsi que la belle et grande Blackwaters, située sur la plage du lac du Parc des Loisirs. Autant dire un endroit paradisiaque, compte tenu du fait que nous sommes à quelques kilomètres de Paris. Il ne manque plus que les spectateurs, car pour cette première prestation, le Black Metal de Cruxifiction aura fait incroyablement bien son office.

Mercyless – 16h45, SanctuaryMercyless (56)

C’est au tour des Mulhousiens de Mercyless de grimper sur scène. Le début du concert fait penser à une messe noire, nous plongeant dans l’ambiance du Black Metal. Toutefois, la formation ne fait pas dans le noir, mais dans du bon vieux Death teinté de Thrash, par-ci par-là. Du point de vue technique, la formation semble plus aboutie que Cruxifiction. L’engouement du public pour les Français se fait plus présent même si ce n’est pas encore au top. Le chanteur-guitariste Max Otero communique plus et le style musical en est pour quelque chose. Si l’intro du set de Mercyless fait plus penser à un concert de Black Metal, la formation déverse ensuite pendant près de quarante-cinq minutes un Death Technique destructeur où les cymbales résonnent comme le son des cloches d’une église, mélangé à la puissance des guitares. On sent maintenant que le public se met peu à peu dans l’ambiance de la fête.

Agressor – 17h30, Blackwaters

Agressor (33)Il est l’heure d’ouvrir la scène Blackwaters, située sur la plage. Pour cela, quoi de mieux que la formation d’Antibes, les pionniers de la scène Death-Thrash Agressor, pour enfin réveiller les foules ? C’est en toute logique que la formation déverse son Thrash technique à grand coup de basse et de batterie devant un public des plus conséquent, tandis que le doux son des guitares résonne dans les retours et les colonnes d’enceintes de la scène Blackwaters, faisant trembler chaque grain de sable de la plage. Grâce à l’énergie développée par Alex-Colin Toquaine (chant- guitare) ainsi que par le reste de la formation, les festivaliers entrent de plein fouet dans l’évènement et font preuve d’un engouement digne de ce que l’on attend d’un festival. Après tout, cela n’a rien d’étonnant puisque nous sommes déjà à la troisième formation de cette première journée. En attendant, Agressor continue de dérouler son jeu tonitruant à des vitesses incroyables que seul un TGV peut atteindre, sous le regard ébahi de la foule.

Bölzer – 18h15, Sanctuary

C’est avec surprise, en entrant dans le pit photo que nous nous apercevons que Bölzer est un duo basse-guitare. À sa tête, nous trouvons un bassiste au physique de dieu venu du Valhalla, tant il en impose par sa carrure phénoménale. Cependant, si côté scénique, ce bassiste géant prend une place folle, du côté musical il faut avouer que tout cela est très spécial car on sent nettement un mélange Doom, Black, Death, Stoner plongeant dans une atmosphère très étrange la scène Sanctuary. Si on regarde de plus près les festivaliers, on sent un public à fond et en extase face à ce dieu nous donnant une leçon de musique. La première surprise de la soirée même si, personnellement, il m’a fallu plusieurs minutes pour m’imprégner de la musique des Suisses.

Exumer – 19h00, Blackwaters

Exumer (15)Dès l’intro grésillante, on a la sensation que les New-Yorkais d’Exumer vont déployer une énergie explosive et pleine d’entrain. D’ailleurs, ça ne traîne pas car pour leur première prestation en France, la formation ne se pose pas de question pour ravir sa fan base présente en masse. On sent réellement que la sauce a pris et que le public est entré dans la soirée. Il était temps car après eux viendront les Grecs de Rotting Christ. Autant dire que les festivaliers ont intérêt à répondre présents. Musicalement, le groupe est un monstre technique déversant un Thrash Metal aux épreuves du temps, détruisant tout sur son passage et démontrant tout le potentiel du quintet. Par exemple, le chanteur Mem V Stein se donne à cent pour cent dans sa prestation scénique et vocale. Il est impressionnant de voir un groupe se lâcher autant, surtout pour sa première prestation dans un pays. Quoi qu’il en soit, quand les New Yorkais terminent leur set, c’est un public conquis qui laisse partir la formation. Il m’est avis que beaucoup auront pris une grosse claque.

Exumer (45)

Rotting Christ – 19h50, Sancturay

Rotting Christ (58)Comme à leur habitude, les Grecs de Rotting Christ démarrent en trombe avec une petite musique teintée d’intense son de clavier. Pendant ce temps, le public s’amasse au fur et à mesure dans la scène Sanctuary. C’est donc devant un nombre de spectateurs conséquent que la formation grecque débute sur les chapeaux de roues avec une efficacité démentielle. La puissance de leur musique ne tarde pas à prendre la mayonnaise avec le public, car l’énergie dont font preuve les Grecs est venimeuse et s’attache peu à peu aux festivaliers comme sur sangsue. De plus, si l’on porte une oreille attentive, on entend toute la beauté des mélodies de la musique grecque à travers certains titres de la formation entraînant peu à peu de cette manière tout le public avec eux jusqu’à ne faire qu’un. La fin du set se termine donc sous la joie des festivaliers qui se seront encore plus imprégnés de l’ambiance du festival avant l’entrée en scène des Norvégiens.

Aura Noir – 20h45, Blackwaters

Aura Noir (52)Que dire d’Aura Noir, sans s’attirer les foudres des fans des Norvégiens qui évoluent dans une musique tout ce qui est des plus Black Thrash, donnant une réelle originalité à leurs compostions. Avec Venom et Carcass, c’est surement le groupe le plus attendu de la soirée. Quand on jette un coup d’œil à l’arrière, on s’aperçoit très vite que la colline et la plage sont blindées. C’est un signe qui ne trompe pas. Que l’on accroche ou non avec ce que proposent les Norvégiens, il faut admettre que la qualité est là et que l’engouement du public est fort. L’équipe du Fall Of Summer vient de taper le deuxième grand coup de la soirée après la programmation d’Exumer.

Borknagar – 21h45, Sanctuary

Il est temps pour moi de prendre une petite pause pendant le set de Borknagar.

Venom – 22h45, Blackwaters

Venom (3)C’est parti pour les très attendus Venom. Non, ce n’est pas l’ennemi de Spiderman mais bien l’un des piliers de la scène Thrash-Heavy de ces dernières décennies qui se produira sur cette première édition du Fall Of Summer. La formation aura donc répondu présente à l’appel des organisateurs.  Quelques secondes suffisent pour remplir la fosse de la scène Blackwaters car les festivaliers ont pris d’assaut la plage du Parc des Loisirs. À peine les lumières blanches s’éteignent que la scène se retrouve plongée d’une lueur rougeâtre et nous pouvons entendre les « Venom ! Venom ! » s’évader du public. Voilà pourquoi on parle de tête d’affiche. Quand on s’appelle Venom et que l’on a un tel vécu, pourquoi ne pas commencer fort par un des titres que tout le monde connait : Black Metal, histoire de lancer les hostilités. C’est l’effervescence dans le pit et les slammers (enfin, un qui sera passé sous le nez de la sécurité six fois en l’espace d’une chanson) affluent de toute part. Cependant, une fois Black Metal terminée, tout redevient très calme. À croire que c’est le seul titre que les festivaliers ne connaissent ? Bien sûr que non, car voici le titre Antichrist, repris en chœur par les spectateurs. Entre chaque chanson, nous entendons s’élever du public des « Venom, Venom, Venom » avant que le groupe ne recommence à déverser sa puissance destructrice. Le batteur est un exemple parfait de ces qualités qui, couplées à la magistrale leçon de guitare ainsi qu’à un chant entrainant, ressemble à s’y méprendre à une déferlante emportant tout sur son passage. Le titre Resurection continue à en être une bonne preuve puisque la double pédale prend au plus profond des tripes et les headbanguers reprendront leur va-et-vient de la tête de plus belle, au son de la lourde basse. Je vous laisse imaginer la fin grandiose qui nous attend avec le trio tueur. Histoire de clore les débats et finir ce set grandiose, les trois compères nous offriront un rappel magistral avec le dernier titre de leur show, Witching Hour, avant de laisser les spectateurs totalement sous le charme se diriger doucement vers la scène Sanctuary pour Impaled Nazarene.

Impaled Nazarene – 00h00, Sanctuary

La faim me tenaillant, je profiterais du set des Finlandais pour me requinquer.

Carcass – 01h00, Blackwaters

Carcass (44)Quand le groupe de Liverpool Carcass débute son set, le site est noir de monde. Dès le départ, l’ambiance monte d’un cran et devient presque palpable. C’est impressionnant car l’énergie musicale que transmet le quartet est incroyable, les compositions sont toutes aussi surprenantes les unes que les autres. Jeffrey Walker (chant, basse), gérant tout ce petit monde, dégage une aura énorme. On ressent chaque mot sortant de sa bouche comme une décharge électrique qui nous prendrait au plus profond de l’âme. Carcass est tout simplement grandiose. La capacité que la formation possède à rassembler le public laisse pantois. Quand on assiste à une telle puissance technique, il est très aisé de se laisser porter par les douces mélodies des guitares et ainsi se laisser propulser vers le ciel étoilé de la région parisienne. Lorsque la formation termine son set, ce sont des festivaliers amassés en nombre sur la plage du site qui laissent partir les Britanniques de Carcass.

Vampire – 02h00, Sanctuary

L’heure tardive et le froid saisissant, votre serviteur ne s’attardera pas pour voir la prestation de Vampire.

Une première journée ma foi fort intéressante avec de très bons moments et très grosses surprises.

Samedi 6 Septembre

Après une courte nuit de sommeil due à la fin tardive du dernier groupe Vampire, les festivaliers se réveillent tranquillement sous la brume. Aujourd’hui, nous n’aurons pas longtemps à attendre car cette seconde journée va être des plus palpitantes, puisque nous attaquerons le premier groupe Can Of Works à midi et nous finirons par le tribute de Motörhead,Bömbers, à deux heures du matin. Autant dire que ce samedi risque d’être long et fatigant. Mais quand on aime, on ne compte pas.

Can Of Worms – 12h00, Sanctuary

1. Can Of Worms (52)Il est midi quand les Bayonnais de Can Of Worms attaquent leur set de quarante minutes. C’est donc devant un site désertique que la formation déverse toute sa rage. Il faut dire que terminer à trois heures du matin et démarrer à cette heure ne laisse pas énormément de temps pour se ressourcer. Ceci dit, les absents ayant toujours tord, ils pourront lire ce qu’ils ont loupé. Can Of Worms propose un Thrash très classique, rappelant en tout point les sets dévastateurs de Kreator. Tout comme les Allemands, leur musique réveille et déménage à cent dix pour cent. Si bien que je ne pourrais que trop vous recommander d’aller jeter une oreille sur les compositions des Bayonnais et d’aller les voir en concert, sans hésiter. Le fait de jouer à un tel niveau pour un début de journée, tend à dire que la formation n’a rien à envier aux gros du genre. Le niveau technique de la formation est incroyable, tant et si bien que les spectateurs partiront d’eux-mêmes en circle pit sans que les musiciens n’aient rien demandé. Can Of Worms nous offrira, en guise de dernier titre et pour les cinéphiles, une petite dédicace au gigantesque tank dans Terminator qui écrase les crânes dans la séquence d’introduction. Ce dernier est toujours aussi ravageur et la folie régnant parmi les festivaliers, de plus en plus présents devant la scène Sanctuary, se fait sentir. Ayant joué à une vitesse folle avec dix minutes d’avance, c’est avec plaisir que nous reprendrons une couche de Can Of Worms avec un petit cover de Thrash 80’, juste après le traditionnel hands up. Histoire de finir en beauté, à la demande du guitariste Kroxk, un dernier circle pit se mettra en forme sous la double pédale destructrice avant que les Bayonnais ne prennent congé des spectateurs.

Vorkreist – 13h00, Sanctuary

Après les talentueux Can Of Worms, il est difficile pour les oreilles de passer d’un très bon Thrash Metal 80’ à un Death-Black lourd, pesant et répétitif. C’est ce qu’on du se dire de nombreux festivaliers s’étant amassé au fil du set des Bayonnais mais qui le seront moins pour Vorkreist. D’ailleurs, comme de nombreux spectateurs, votre serviteur en profitera pour aller se rassasier.

Den Saakaldte – 14h00, Sanctuary

3. Den Saakaldte (6)Après les Français de Vorkreist, pourquoi ne pas continuer sur le même ton avec les Norvégiens de Den Saakaldte, ce qui aurait presque tendance à sonner l’heure de la sieste, tant leur Black ne sera pas des plus dynamiques et des plus transcendants. À part quelques petites poches d’invétérés du genre, on ne sent pas le public conquis par le concert. J’aurais plutôt tendance à noter que le quintet plombe l’ambiance, ceci est dû au manque d’attitude positive et d’expression faciale qui ne jouent pas du tout dans leur faveur. Vous l’aurez très certainement compris, un set sans grand intérêt qui sera très vite oublié.

Code – 15h05, Sanctuary

4. Code (19)Histoire de continuer dans le Black Metal, nous allons avoir la chance d’assister à un set des Britanniques de Code. Du moins, c’est ce que nous dit l’alléchante explication du livret. Autant dire que dès les premières notes envoyées par les Anglais, on se rend très vite compte que, hormis quelques passages de voix typée du genre, la formation n’a rien à voir avec du Black Metal. Après la vivacité de Can Of Worms en début de journée, cela fait du bien de voir un groupe plein d’entrain. Il faut compter sur le chanteur Wacian plein de vie et agréable à regarder, de par sa gestuelle ample et efficace. D’autant que lui et son bassiste Syhr parviennent à rameuter les troupes devant la petite scène Sanctuary, rendant la place du Fall Of Summer plus vivante que Vorkreist et Den Saakaldte. De bon augure pour le prochain groupe : les Allemands de Debauchery.

Debauchery – 16h10, Sanctuary

Comment décrire Debauchery ? Commençons par le visuel car nous n’avions pas encore eu de formation avec un vrai et beau décor. Avec les Allemands, c’est chose faite grâce à l’artwork de fond de scène, affichant une tête énorme ornée de superbes cornes ou du côté scène avec des mannequins féminins ensanglantés, disposés de part et d’autre du plateau. Du côté musical, la formation allemande a tout compris, proposant un mélange Death et Rock d’une efficacité incroyable. Le public ne se trompe pas sur la qualité du set et les festivaliers sont présents en nombre. Qui plus est, le Death’n’Roll déversé par la formation allemande est d’une telle puissance que les festivaliers sont emportés au septième ciel.

5. debauchery (66) 5. debauchery (16)

Assassin – 17h15, Sanctuary

6. Asssassin (83)Après mon coup de cœur pour Can Of Worms ce matin, Assassin est la claque de la deuxième journée. Parler de baffe est un doux euphémisme, tant la formation allemande nous retourne, au propre comme au figuré.  La formation est de la même génération que ses compatriotes Kreator, pour ne citer qu’eux. Leur Thrash ravageur nous plonge en un instant dans l’atmosphère 80’ à gros coup de riffs et de frappes. Comme pour Debauchery, le public sera présent en masse. La formation fait tout de même partie des piliers de la scène Thrash Metal allemande, ce qui implique que le groupe ne sort pas de n’importe où et possède une fan base importante. Pour beaucoup aujourd’hui, il m’est avis qu’Assassin fut une terrible et bénéfique découverte qui restera gravée dans les mémoires.

Salem – 18h00, Blackwaters

Les Israéliens sont en place pour ouvrir la scène Blackwaters. Ce sont eux qui furent choisis pour débuter la fête sur la grande scène du Fall Of Summer. Dès le coup d’envoi du set, on ne sent pas un réel engouement de la part du public qui n’est pas très présent du côté de la plage. Cette formation éclectique est passée au fil des années par plusieurs courants musicaux. Nous aurions pensé que le public serait présent pour le set de Salem qui ne restera pas un des moments clés du festival.

Artillery – 18h45, Sanctuary et Ahab – 19h30, Blackwaters

N’étant pas dans les meilleures dispositions, je me verrais dans l’obligation de ne pas assister au set des deux formations.

Cancer – 20h20, Sanctuary

10. cancer (39)Lorsque les Anglais de Cancer entrent sur scène, c’est un public présent en nombre qui est amassé devant les barrières de la scène Sanctuary, le trio étant connu pour ne pas faire dans la dentelle. À chaque fois que je les vois, impossible de me souvenir si j’ai vu la formation. Mais quand le bassiste aux longues dreads débarque, l’effet Cancer revient en un instant. Dès que les Britanniques démarrent leur Death Metal, il ne faut pas longtemps pour qu’une osmose naisse entre eux et le public pendant près de cinquante minutes.

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Pentagram – 21h10, Blackwaters

Probablement la formation le plus attendue du festival. Pour cause, les Américains de Pentagram sont l’un des piliers de la scène Rock mondiale. Quand le quartet débute son set avec à sa tête, le talentueux Bobby Liebling (chant), on ressent à ce moment toute la beauté de la musique de Pentagram. La foule est en délire. L’explication est simple puisque Bobby Liebling transmet de manière spectaculaire son ressenti, sans oublier les superbes mélodies de la guitare de Geof O’Keefe. Le bonhomme est impressionnant car on sent le reste des produits pris dans sa jeunesse et nous avons la réelle sensation que Bobby plane à des milliers de kilomètres de la terre. Il est vrai que l’efficacité instrumentale et vocale dont fait preuve la formation américaine est venimeuse. Ce venin s’accroche et s’imprègne au fil des minutes dans le centre nerveux des festivaliers, comme la gangrène. C’est tout bonnement superbe d’assister à un tel moment, permettant à chaque spectateur de s’évader hors du temps et de l’espace et d’oublier pendant quelques minutes ses problèmes.

11. Pentagram (19)

Ascension – 22h10, Sanctuary

Simple musicalement et pas vraiment extraordinaire. Il faut s’attarder sur l’ambiance scénique que la formation à mise en place. À ce niveau, Ascension à mis le paquet grâce à de nombreuses bougies situées de toute part du plateau, ainsi que de la fumée et des lumières rouges plongeant le site dans un monde musical à part. Que l’on aime ou pas, il faut bien avouer que le public apprécie grandement ce que proposent les Allemands.

Sodom – 23h00, Blackwaters

13. Sodom (18)Pour continuer dans les groupes cultes, l’équipe du Fall Of Summer nous offre les Allemands de Sodom. Dans quelques minutes, le coup d’envoi de leur set va donc être lancé. Dès leur entrée, le trio démarre sur les chapeaux de roue afin que le public se plonge le plus rapidement possible dans leur show. Trois minutes après le début du concert, un circle pit se forme dans une lumière bleutée et sous le regard des trois compères continuant de dérouler leur puissant Thrash Metal. C’est la guerre dans le milieu et cela ne s’arrange pas au fil des minutes puisque les slammers partiront par vague. Ceci ne s’était pas encore passé depuis le début du festival. Quand le titre Sodomy And Lust est annoncé par Tom Angelripper (chant, basse), ce sont des festivaliers en furie qui reprennent en chœur les paroles de la chanson. On sent à ce moment une réelle cohésion entre Sodom et des festivaliers ingérant ce bonheur transmis par le trio allemand. Lorsqu’arrive Remember The Fallen, titre annonçant la fin du set, le public aura totalement lâché les chevaux. Ce moment fut des plus fabuleux et des plus extasiant. Encore un groupe dont certaines générations pourront se vanter d’avoir vu sur scène.

Enslaved – 00h00, Sanctuary

14. Enslaved (5)Nous entamons la dernière ligne droite du festival et pour commencer, prenons un autre des nombreux groupes norvégiens présents sur l’affiche : Enslaved. Après le Thrash de Sodom, il est préférable de repasser de manière progressive dans l’univers du Black-Dark Metal, surtout quand on sait que Watain se produira juste après. C’est donc devant un public toujours aussi fourni que les Norvégiens déploient toute l’énergie musicale qui les caractérise. Les guitares et le chant de Enslaved  transportent les festivaliers vers des cieux que les Scandinaves savent nous faire atteindre, grâce à leur sonorité si particulière. Au vu des réactions des spectateurs, cela fonctionne à merveille, le quintet norvégien sachant exprimer sa joie grâce à un jeu de scène expressif. La suite du set n’est que transmission virale d’énergie et de bonne humeur, jusqu’à ce que nous soyons libérés de leur étreinte avant Watain.

Watain – 01h00, Blackwaters

15. Watain (12)Après les Norvégiens d’Enslaved, c’est au tour des Suédois de Watain de prendre place pour interpréter leur set. Si vous n’avez jamais vu la formation, nous commencerons par parler du fabuleux décor recouvrant la totalité de la scène, plongeant les festivaliers dans une ambiance noire. Ce n’est qu’à l’entrée des musiciens que tout va prendre forme, Erik Danielsson (chant) arrive sur scène avec un flambeau, un peu à la manière d’un prêtre le tendant face au public, avant de se tourner vers la batterie et de mettre le feu à l’intérieur de deux grosses flasques pour que le décor prennent entièrement feu. Ce que proposent les Suédois est propre et profond, musicalement. La lourde ambiance se disperse grâce au décor et aux déguisements des musiciens. Sur un titre du set, on voit Erik Danielsson s’accroupir face à la batterie et verser un liquide dans une coupelle ressemblant en tout point au Graal. Puis, d’un coup d’un seul, il lance aux visages du public une espèce de pâte épaisse qui s’avère être du sang. Cela n’a l’air de choquer personne, les festivaliers s’en donnant toujours plus à cœur à joie. Nous avons la sensation que le festival prendra fin en apothéose grâce à des jets de flamme et des jeux de lumières superbement bien choisies. Au moment de partir, ce sont des festivaliers en extase qui acclament leur dieu suédois. Encore un superbe concert vient de se terminer et nous prenons doucement le chemin de la scène Sanctuary pour Bömbers.

15. Watain (2)

Bömbers – 02h05, Sanctuary

16. Bombers (48)Il n’est pas la peine de s’attarder des heures sur Bömbers. Le nom parle de lui-même. Voyez-vous le rapprochement ? La réponse se trouve dans la discographie de Motörhead, Bömbers étant peut-être l’un des plus anciens tribute band du bombardier britannique. Le trio norvégien ne fait pas que reprendre du Motörhead mais plonge le public dans l’ambiance du groupe anglais. Quand on voit Abbat (Immortal) débarquer sur scène, on ne peut que noter la ressemble avec le grand Lemmy Kilmister. Si nous fermons les yeux, nous remarquons que sa voix est similaire à celle du Britannique. Nous ne pouvions donc pas rêver mieux pour finir cette superbe première édition du Fall Of Summer. On notera aussi qu’après Watain, le public sera resté en masse pour assister à ce gros tribute. Le trio nous offre des titres comme Kill By Death ou Ace Of Spades afin de conclure parfaitement cette deuxième journée, sous les applaudissements d’un public conquis. Les Norvégiens reviendront alors pour un rappel de folie, marquant ainsi la fin du festival.

Il est temps pour les festivaliers de quitter le site. Bravo à toute l’équipe du festival pour cette organisation au top. Vivement la prochaine.

Nous conclurons par :

  • Les coups de cœur de la rédaction : Can Of Worms, Venom, Pentagram, Debauchery,Bömbers, Sodom.
  • La déception du week-end : Vampire.
  • Les grosses surprises : Can Of Worms, Bömbers, Exumer , Assassin.

Les plus :

  • Mention spéciale pour la sécurité,
  • Le staff du festival,
  • L’équipe de bénévoles,
  • Le Lieu idyllique,
  • L’accès.

Les moins :

  • Les problèmes de son du début,
  • Les sanitaires,
  • Le pit photo de la scène Blackwaters.

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